Interview : Michel Kawnik, Association Francaise d’Information Funéraire (AFIF)

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L’Association Française d’Information Funéraire, l’AFIF, est pour certains un acteur incontournable de la profession, et pour d’autres, un empêcheur de tourner en rond. Une chose est certaine : l’AFIF, aujourd’hui, est incontournable. Nous avons interrogé Michel Kawnik, son président, sur l’actualité des pompes funèbres.

Le syndicat des thanatopracteurs

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Michel Kawnik

Michel Kawnik voit d’un très bon œil la création du SPTIS (Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et salariés). « C’est très bien que les thanatopracteurs s’organisent en acteurs responsables de la profession. Il est important de présenter et faire connaître cette activité. » Michel Kawnik reproche un peu aux entreprises de pompes funèbres leur mainmise sur l’ensemble des prestations « Les familles devraient pouvoir faire appel directement à un thanatopracteur de leur choix, indépendamment de l’entreprise de pompes funèbres » en ligne de mire, les grands groupes de pompes funèbres associés à de grands groupes de thanatopraxie, qui faussent la liberté de choix.

Michel Kawnik est d’ailleurs ouvert à la discussion « Nous avons mis en place, avec l’AFIF, une charte de qualité pour les pompes funèbres. Une charte similaire pour les thanatopracteurs serait envisageable. » En tout cas, l’AFIF soutient l’initiative, partant du principe que les thanatopracteurs sont des acteurs majeurs de la profession, et qu’il est indispensable qu’ils puissent défendre leur profession et leur point de vue et deviennent un interlocuteur à part entière des familles.

La « mode » du low cost

Sur le low cost, Michel Kawnik est nettement plus réservé. « Toute chose a un coût. La vendre trois fois plus cher, ce n’est pas bon, mais la vendre deux fois moins cher, ce n’est pas bon non plus, c’est du dumping, cela a toujours des conséquences néfastes. ». Surtout, selon lui, on est dans des ”coups” qui n’ont plus grand’chose à voir avec le métier des pompes funèbres « Le métier des pompes funèbres, c’est avant tout l’accompagnement de la famille, ce sont des métiers de services. est le service quand la famille passe commande sur internet, doit faire elle-même la mise en bière de leur défunt ? est l’écoute ? » Michel Kawnik prend pour exemple le nouveau service mis en place par une filiale des pompes funèbres de la ville de Paris « Pourquoi, à votre avis, le service est uniquement proposé sur internet ? Imaginez-vous un conseiller funéraire qui explique en face à face à la famille qu’elle va devoir se débrouiller pour faire les démarches, la mise en bière, voire le creusement ? Il se ferait casser la figure ».

De surcroît, Michel Kawnik voit d’autres effets sociétaux « Pour ce service, il faut mourir dans certains hôpitaux, et se faire inhumer dans certains cimetières. C’est quoi cette histoire ? Si vous mourez chez vous ou dans le mauvais hôpital, vous payez plus cher ? Si vous voulez un autre cimetière, vous payez plus cher ? Où est-elle, l’égalité face à la mort ? »

L’homme, calme et poli, lance un « c’est un attrape-c… » qui en dit long. « Les familles attendent un professionnel sérieux, compétent et à l’écoute » avec des prix raisonnables et justifiés, adaptables en fonction des moyens de chacun, il est vrai que l’on peut faire aussi compétitif et plus souple que le low cost « l’essentiel, c’est l’accompagnement des familles » insiste-t-il. Un mot résume sa vision du low cost « Tout cela est malsain ».

Le funéraire aujourd’hui

Sur les sujets d’actualité du monde funéraire, Michel Kawnik est égal à lui-même : d’une franchise imparable, sans jamais se départir de sa courtoisie. Sur les Sublimatoriums Leclerc « Ça fait vingt ans que je connais Michel Leclerc, son discours est rôdé, mais depuis tout ce temps, il répète la même chose. Florian Leclerc est un très gentil garçon, mais il est le préte-nom de son père. Je ne vois pas l’intérêt aujourd’hui pour un franchisé de prendre son enseigne ». Quand au four à crémation révolutionnaire, Michel Kawnik éclate de rire « Il y a quelques années, il expliquait avec un bout de tuyau trouvé dans la rue qu’il allait le faire avec du carburant de fusées. Aujourd’hui, vous me dites qu’il est passé à l’hydrogène ? Eh bien, demain ce sera le nucléaire. Et puis, quand bien même, il y a des réglementations. Michel Leclerc peut bien essayer d’avoir des milliers d’années d’avance sur tout le monde, au final, la réalité le rattrapera ».

L’on comprend vite que Michel Kawnik et Michel Leclerc ne passerons pas leurs vacances ensemble « Toutes ses propositions, ses déclarations, il ne dit rien de neuf. Certes, il y a 25 ans, il y avait le monopole, il était au bon endroit au bon moment. Mais aujourd’hui, son discours, ça rime à quoi ? ».

Le rachat de Roc’Eclerc par Daniel Abittan n’est pas primordial « Tout cela, c’est de la finance. Un groupe est racheté par un fond de placement, qui va le développer et le revendre cinq ans plus tard avec un bénéfice. Regardez, tous les groupes changent de main tous les cinq ans. Au final, ça ne change rien au niveau des consommateurs ».

Et, à contre-courant des oiseaux de mauvaise augure, Michel Kawnik se montre rassurant à propos des petits indépendants « Les pompes funèbres sont avant tout une activité de service de proximité. Une famille ira chercher un professionnel près d’elle, pas une enseigne à 300 kilomètres. Un indépendant peut devenir un acteur majeur sur son secteur, sa zone de chalandise, puisqu’il faut l’appeler ainsi, en proposant de bons services et une bonne écoute. Après, une petite société familiale n’a pas les même moyens de communication qu’une grande au niveau financier. Il y a d’autres solutions, par exemple l’AFIF. En adhérant à notre charte de qualité, une société donne des gages de confiance, et c’est important. »

Le mot de la fin est plus réservé. « Depuis 1992, je n’ai jamais manqué un salon du funéraire, que ce soit à Paris ou Lyon. Cette année, je me demande si ça en vaut la peine ». Pourquoi ? « Le salon est proposé par une fédération qui ne propose rien de nouveau. Ils sont dans le discours ”tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes”, mais non. Et je n’ai pas l’impression qu’ils soutiennent justement les petits indépendants. Si c’est pour entendre la même chose, quel intérêt ? »

L’AFIF a une vision globale et attentive du milieu du funéraire aujourd’hui. Un point de vue clair, tranché et argumenté, que nous vous feront régulièrement partager dans Funéraire info.

Le site Web de l’AFIF se trouve ICI

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3 COMMENTAIRES

  1. En réponse à la remarque tout à fait fondée de Claire Sarazin quant à l’avis donné par Monsieur Kawnik au sujet du SPTIS, je tiens au nom de notre Syndicat à faire cette réponse qui ne souffrira d’aucune ambiguïté :

    Que Monsieur Kawnik voit d’un très bon oeil la création du SPTIS est une chose, il est libre de ses paroles mais nous ne tirons aucune gloriole de ce commentaire vus les propos mensongers qu’il a encore tenu dans une interview donnée au Monde dans son édition internet du 27 Juillet dernier .

    Et c’est sans parler aussi de toutes les informations erronées comme cette interview faite par Elisabeth Morlas dans l’édition de Capital de novembre 2006 où vous qualifiez les assistants funéraires de “commerciaux du corbillard” et où les différents services proposés étaient affublés de “camelote mortuaire”!

    Monsieur Kawnik est resté 100 ans en arrière et plus précisément au 23 Prairial An XII (un peu d’histoire) où les “jurés-crieurs” vêtus de leur casquette macabre et munis de leur clochette annonciatrice de décès faisaient trembler les bonnes gens de la peur occasionnée par ces croques-morts venus voler leurs deniers!

    Cette époque est révolue cher Monsieur au moins autant que l’utilisation d’une table réfrigérée ou de carboglace à la place d’un soin qui offre des garanties bien supérieures que les moyens que vous citez et ne ressemble en rien à la “piqûre de formol” que vous avez déjà employée pour qualifier notre intervention car vous n’avez aucune connaissance en la matière puisque n’étant pas thanatopracteur vous-même .

    Monsieur Kawnik aime la polémique et s’y adonne de main de maître à chaque Toussaint auprès de certains médias peu regardants sur la qualité de l’ interlocuteur qu’ils choisissent et qui amène l’eau croupie au moulin de la polémique et du discrédit sur une profession pourtant honorable qui agit quotidiennement dans l’intérêt des familles endeuillées .

    Quant à la “Charte” proposée par Monsieur Kawnik, le SPTIS n’a attendu personne, il a mis au point un Code de déontologie que tous les thanatopracteurs de France qu’ils soient salariés ou indépendants et indépendamment du fait qu’ils soient membres ou non de notre Syndicat Professionnel, peuvent signer et arborer au sein des établissements funéraires qu’ils côtoient.

    Enfin, le Président de l’ AFIF semble ignorer que certaines familles font déjà appel directement aux thanatopracteurs sans pour autant passer par un opérateur de Pompes Funèbres et même si cette manière de nous joindre reste encore marginale elle tend à se développer petit à petit notamment en province mais pour le savoir il faut exercer et ne pas se réfugier derrière des idées reçues ou toutes faites en cédant aux conclusions hâtives et sans fondement dont cette personne nous abreuve à la moindre occasion.

    Monsieur Kawnik s’écoute trop parler et se gargarise mais Monsieur Kawnik se trompe et s’enfonce toujours un peu plus dans la démagogie et la partialité, inexorablement….
    Régis Narabutin, Secrétaire du SPTIS

     

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