L’urne de pépé est au chaud sur la cheminée, la (mauvaise) humeur du Week-end

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La loi : nul n’est censé l’ignorer, et la violer ou outrepasser ses droits est donc passible de punition. Mais qui est chargé de la faire appliquer ? Et quelles sanctions en cas de non respect ? Preuve par l’exemple

« Contrevenant », comédie en un acte

164340_104166486326167_3883026_n-300x225 L'urne de pépé est au chaud sur la cheminée, la (mauvaise) humeur du Week-end
Unre funéraire de chez Alternita

La famille : On peut conserver les cendres à domicile ?

Le conseiller : Non, depuis 2008, les cendres doivent être conservées ou dispersées dans un endroit approprié.

(Le conseiller détaille alors les modalités de dispersion ou d’inhumation des cendres)

La famille : Donc, je ne peu pas garder Cher Disparu sur la cheminée ?

Le conseiller : Non. D’ailleurs, vous devrez signer une déclaration en ce sens.

La famille : Mais… Bon, je signe la déclaration, et ensuite ?

Le conseiller : Ensuite, rien. J’ai fait mon travail. Je vous ai dis que vous n’aviez pas le droit, et le papier prouve que je vous ai bien informé et que vous m’avez dit que vous ne le feriez pas.

La famille : Mais, et si on le fait quand même ?

Le conseiller : Ca ne me regarde pas.

La famille : Mais, qui va vérifier, si on dit qu’on va disperser les cendres, qu’on l’aura bien fait ?

Le conseiller : Quelqu’un. Mais personne ne sait qui, y compris sans doute lui-même.

La famille : Et si on garde l’urne au domicile, et qu’on se fait prendre, on risque quoi ?

Le conseiller : On vous dira que c’est pas bien.

La famille : Qui ça ?

Le conseiller : Celui qui vérifiera.

La famille : Dans ce cas, on va…

Le conseiller : Pardon, je suis atteint d’une surdité soudaine. Dans ce cas, vous allez signer un papier déclarant que vous disperserez les cendres, je vais vous expliquer comment procéder, puis vous récupérerez l’urne, on se dira au revoir, et le reste ne me regarde pas. Je ne suis pas et ne serai jamais au courant. Tenez, un stylo, signez ici, s’il vous plaît…

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Hypocrisie, avec un « y » et deux « i »

1105-centre-A-300x207 L'urne de pépé est au chaud sur la cheminée, la (mauvaise) humeur du Week-endJe, parce que je parle en mon nom personnel, et non en celui de toute la profession, je n’ai jamais assisté au manège suivant : un policier qui vient, le vendredi après-midi, signer une liasse de rapports de soins de conservation, auxquels il était censé assister. Ce temps est révolu, ainsi que l’occasion, donc, d’assister à ce genre de scènes.

Nonobstant, je ne peu m’empêcher de me dire que, fouillant dans les archives, on se rendrait compte que les policiers d’autrefois étaient drôlement plus efficaces que ceux de maintenant : ils arrivaient, si l’on en croit les Procès Verbaux, à assister à un soin de conservation tout en posant des scellés à l’autre bout de la ville. Alors qu’aujourd’hui, ils mettront plus de deux heures à arriver pour sermonner votre voisin qui a sa musique trop fort, sous prétexte qu’ils étaient retenus par un braquage de banque dans votre quartier.

Ironie facile mise à part, la loi qui disait autrefois que la police devait assister aux soins de conservation, votée alors que ceux-ci représentaient un pourcentage très faible des décès et que le diplôme de thanatopraxie n’existait pas, a été abrogée tardivement parce qu’elle était devenue, dans les faits, inapplicables. Tant mieux, mais l’on eût aimé qu’elle soit une exception.

Pourtant, comme nous l’avons vu dans la petite saynète qui ouvre cet article, et qui est pure œuvre de fiction, nous sommes bien d’accord, l’interdiction de conserver des cendres au domicile repose uniquement sur le postulat de Millgram (1). En d’autres termes, le loi ne repose que sur sa propre existence pour garantir son respect. Encore en d’autre termes : cette loi existe sans préciser qui doit l’appliquer et quelle sanction doit être prise contre celui qui y contrevient.

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Le présent article s’achève ainsi. Il n’avait pour autre but que de vous fournir un sujet de réflexion ce week-end, que nous vous souhaitons par ailleurs excellent. Si vous avez des anecdotes personnelles sur ce sujet, nous sommes preneurs.

(1) L’expérience de Millgram a démontré que les sujets pouvaient aller contre leurs convictions et leurs valeurs pour obéir à un ordre, si celui-ci était donné par quelqu’un que le sujet considérait comme une autorité.

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