La Mort en tant que personnage dans les Annales du Disque Monde

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Jamais dans un univers de fiction, la Mort en tant que personnalisation anthropomorphique n’aura été dotée de tant de traits de personnalité que chez Terry Pratchett et sa série du « Disque Monde ». A la rencontre d’un personnage finalement sympathique.

D’emblée, évacuons une question qui a été tranchée par Terry Pratchett lui même : la mort est de sexe masculin. « La mort est un mâle, un mâle nécessaire ». Ne vous étonnez donc pas qu’il soit désigné ainsi.

Ses débuts

150327_455327442354_260589297354_5665744_2408841_n-250x300 La Mort en tant que personnage dans les Annales du Disque Monde La Mort apparaît dès le début de la saga du Disque-Monde. À l’époque, expliquait lui-même Pratchett, c’était une parodie de fantasy, plus que de la fantasy. Le personnage, dans sa description physique, n’a pas bougé, « un grand squelette d’os poli dans les orbites duquel brillent deux points lumineux, et qui porte une robe qu’on dirait tissée de noir absolu ». Voilà pourquoi la Mort fait des apparitions sporadiques, dans un rôle essentiellement humoristique, puisqu’elle apparaît à chaque fois que le sorcier Rincevent est sur le point de trépasser, pour s’en aller frustrée lorsqu’il s’en sort in extremis.

Mais le Disque Monde évolue, au fur et à mesure du temps : de parodie légère du genre fantasy, il s’étoffe pour devenir une œuvre plus sombre et profonde, qui compte 37 volumes à ce jour. Et avec lui la Mort prend de l’ampleur, jusqu’à passer au premier plan.

Un personnage en perspective

197323297-228x300 La Mort en tant que personnage dans les Annales du Disque Monde C’est dans Mortimer que la Mort prend un des rôles principaux. L’intrigue du livre est simple : la mort, désireuse de se reposer, prend un apprenti. Bien entendu, celui-ci va rechigner à la tâche.

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Mais Terry Pratchett s’est bien amusé, plus avec la Grande Faucheuse qu’avec Mortimer, son apprenti, qu’il va ensuite faire disparaître.

Et la Mort continue ses incursions dans le Disque Monde, en personnage secondaire, parfois très présent lorsqu’il s’agit de sa famille. Sa petite-fille (d’adoption, oui) est le personnage principal dans « Accros du roc », puis partage le premier rôle avec son grand-père dans « Le père porcher ». Ce dernier livre raconte comment des comploteurs font disparaître l’équivalent sur le Disque Monde du Père Noël, et comment la Mort tente de le remplacer.

C’est dans « le Faucheur » que le personnage a enfin un roman à sa mesure, tout entier dédié.

Gentil ou méchant ?

eldritchsky-207x300 La Mort en tant que personnage dans les Annales du Disque Monde La Mort, dans les livres de Terry Pratchett, n’est pas un personnage malfaisant. Il ne tue jamais, se contentant de détacher l’âme du corps après le trépas du sujet. Fonctionnaire du Destin, il ne prend pas parti, mais s’avère extrêmement curieux. L’humanité le plonge dans des abîmes de perplexité , au point qu’il l’étudie consciencieusement à la moindre occasion. Notamment, il se demande pourquoi les mortels passent leur vie à se compliquer l’existence en un laps de temps si court.

Il essaie d’apprendre. Mais son « absence de glandes » l’oblige à remplacer l’instinct par la logique. Il arrive tout de même à se constituer ce qu’on pourrait appeler des ”goûts” : la Mort aime le curry et les petits chats.

C’est dans « le Faucheur » qu’il donne toute sa mesure. Devenu simple ouvrier agricole après avoir été évincé par des mystérieux « contrôleurs de la réalité », la Mort se voir remettre un petit sablier qui détermine le temps qui lui reste à vivre. La fin du livre confine au sublime.

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Mais bon, la Mort, comme personnage, ce n’est pas trop de mauvais goût ?

2004_04_06_discworld La Mort en tant que personnage dans les Annales du Disque Monde La mort n’est pas un personnage dérangeant. Parce qu’il ponctue ses interventions par de l’humour (presque toujours involontaire), et, parce que, globalement, la Mort serait plutôt de notre côté.

Et puis combien d’œuvre de fiction peuvent se targuer d’avoir une tel personnage. A part peut être Bergmann, dans le « septième sceau ».

Mais vous n’êtes pas obligés de découvrir les romans du Disque Monde par le biais des romans sur sa Mort. Simplement, à un moment donné, il sera là.

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