Le deuil et les fêtes de fin d’années

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Les fêtes traditionnelles sont un moment particulièrement délicat pour les endeuillés récents ou moins récents. Un moment de partage auquel le défunt aurait dû assister.

Évoquer sans pathos

mariage-deuil-300x201 Le deuil et les fêtes de fin d'annéesIl est tout à fait normal de penser au défunt lors de ces moments privilégiés qui sont autant d’occasions de rassemblements familiaux.

Bannir l’évocation du défunt est à proscrire. Au contraire, évacuer son souvenir, tâcher de mettre de côté le deuil au moment de la fête, ne fera qu’intérioriser et provoquera une forme de stress. C’est un faux-semblant : tout le monde saura ce que pense l’autre, et qu’il fait semblant. Les tensions n’en seront que renforcées.

Il ne faut pas hésiter à évoquer son souvenir, sans toutefois tomber dans le pathos ou l’excès. Un chat de Noël qu’il aimait bien, un toast à la mémoire des absents, voire une petite figurine pur le représenter dans la crèche, chaque famille, selon ses coutumes et ses croyances, pourra évoquer le souvenir du cher disparu à travers une petite symbolique. Une assiette de ses chocolats préférés posée sur la table pour que tous les partagent au moment du café, par exemple.

Il faut fuir et se méfier des symboles par trop ostentatoires ou de l’excès inverse. Laisser un couvert et une chaise vide à sa place au moment du repas sera franchement exagéré, et néfaste. L’ambiance sera ternie, et, au delà du fait, finalement superficiel, d’avoir gâché une fête, les risques sont d’empoisonner le processus de deuil, plongeant certains dans un refus du détachement, et d’autres dans une colère rentrée, qui explosera un jour ou l’autre. De même qu’interdire de chanter, par exemple, si c’est le défunt qui le faisait.

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Poursuivre les traditions familiales telles qu’il les as laissées, avec un petit symbole, discret mais présent, à sa mémoire, est une concrétisation du processus de deuil : la vie continue après le défunt, qui a accompli en cela sa mission, un devoir de transmission, et sans qu’on l’oublie.

Se préserver

Une personne en deuil devra apprendre à gérer les fêtes seule, sans perdre de vue l’essentiel : elle-même. Il ne faut pas succomber au deux extrêmes : s’isoler, ou au contraire fuir en avant pour oublier.

Ainsi, refuser les invitations revient à se priver en tant qu’individu de vie sociale. Un ou une veuf ou veuve, par exemple : refuser de se rendre seul désormais aux invitations honorées autrefois en couple, c’est se dévaloriser, en quelques sortes. Exprimer que, sans l’autre, on ne souhaite rien. Si cela est compréhensible lors d’un deuil récent, c’est plus nuisible lorsque celui-ci est plus éloigné dans le temps.

Inutile, par contre, de se forcer : ce sera source de stress, et plus on essaiera de paraître sociable et enjoué, plus on intériorisera une tension et une frustration qui ne pourront, à terme, que faire de gros dégâts. Accepter une invitation, c’est d’abord analyser ses propres limites, et imposer son rythme. Si partager un moment de convivialité et voir ses proches est une joie et bénéfique, et partagée, passer un trop long moment avec eux alors qu’on n’est pas prêt peut s’avérer épuisant. Il ne faut pas hésiter à poser ses conditions. Si l’on ne se sent pas capable de passer un long repas avec la famille ou les amis, pourquoi ne pas juste venir au dessert ?

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Les personnes qui invitent veulent faire plaisir, et perdent parfois de vue la condition d’endeuillé. A ce dernier de montrer qu’il ne sombre pas dans le laisser-aller et fait son travail de deuil, mais de demander le respect de son rythme.

Les fêtes de fin d’année sont un moment de partage. Elles sont une étape du travail de deuil, qui ne les gâchent pas, bien au contraire : évoquer un absent, c’est un souvenir, et les souvenirs aussi se partagent.

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