Le pays de la gastronomie ? La (mauvaise) humeur de Guillaume

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Il a été porté à notre connaissance que, dans une maison de retraite du Nord Finistère, les résidents ne mangeaient pas correctement. Loin d’être aussi amusant que cela peut sembler, les menus même pas digne d’un boui-boui de bord de nationale avant la fermeture sanitaire peuvent s’apparenter à de la maltraitance…

C’est une maison blanche, adossée à la dune

hamburger_lombric-300x270 Le pays de la gastronomie ? La (mauvaise) humeur de GuillaumeC’est une paisible maison de retraite, non dénuée de charme, aux chambres flambantes neuves ou en rénovation. Ici et là, d’un coin de balcon, l’on voit la mer, et le mobilier pratique plaît aux résidents, même si certains ont parfois été désarçonné par son côté contemporain : c’est une génération habituée au massif rustique, certains ont même passé leur enfance sur le sol en terre battue d’une ferme. « Je voyais pas ça comme ça, mais une fois qu’on s’habitue, c’est joli » concède une résidente.

Hormis le climat Breton qui a tardé cette année à laisser le soleil passer la frontière des nuages, les pensionnaires, encadrés par un personnel soignant d’une gentillesse et d’un dévouement exemplaire, auraient tout pour être heureux. Tout ? Non. Un problème résiste encore et toujours, et ce problème a tendance à leur gâcher la vie.

Ne tirez pas sur le cuisinier…

« On mange pas bien » lâche un résident. « pas bien du tout. Il n’y a pas assez pour tout le monde, et c’est infect ». Des pois chiches un lundi, des haricots blanc le lendemain « et rarement des patates. On est dans la région des patates, et on n’en mange quasiment jamais ». « C’est froid, c’est trop fade ou alors tellement salé qu’on peut même pas le manger ». Notre reporter demande à voir le menu « Il y en a un affiché quelque part, mais ça ne correspond jamais à ce qu’on nous sert » explique le retraité paisible « ou alors, on ne reconnaît pas ». Plus grave : les résidents sortent souvent de table encore affamés.

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Quelques membres du personnel, sous couvert d’anonymat, confirment « C’est inadmissible. Quand on leur sert leur repas, on a honte. Il faut qu’ils protestent » mais auprès de qui ? La direction, d’après des informations qui nous ont été communiquées, est parfaitement au courant du fait, mais ne semble pas s’en inquiéter outre mesure. Tout y est passé : des travaux de rénovation qui les ont contraint à fermer provisoirement la cuisine, jusqu’au fournisseur qu’il faut changer. « On en change la semaine prochaine ». Sauf que la semaine suivante, le brouet est encore plus infect. Une pure stratégie de gain de temps, mais dans quel but ?

…Faites-le souffrir avant

Là, on sent le scepticisme se peindre sur le front déjà ridé par les soucis du lecteur de Funéraire Info, qui se demande « C’est triste, mais en quoi ça me concerne ? ». Ne niez pas.

D’une question : peut on accepter cela ? Certes, cette maison de retraite Bretonne est un exemple, et il y a pire ailleurs. Mais pensez-y : nous avons là des anciens, qui ont travaillé dur pour bâtir le pays ou nous vivons. La plupart ont vécu la guerre. L’une des résidentes qui a témoigné s’est trouvée sous la visée d’un fusil Allemand pour avoir essayé de rattraper un cheval qui s’était sauvé dans une zone interdite, un autre a contribué au sabordage de son propre bateau, à Toulon, pour ne pas le livrer aux nazis, ce qui peut arriver de pire à un marin. Plus tard, il s’est battu en Indochine. Peu importe si les guerre coloniales étaient du bien ou du mal : c’étaient des petits jeunes à qui on disait « vas y pour la France » et ils y allaient. Puis, après les guerres, ils ont travaillé. Tout ça pour gagner un brouet infâme ?

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On pourra objecter qu’à l’époque, il y avait du travail, qu’en ce temps, ils pouvaient se constituer un patrimoine. Mais c’est avec ce patrimoine qu’aujourd’hui ils peuvent se payer la maison de retraite, qui fait vivre des aides soignantes, des infirmières, des cadres…

C’est la lutte finale

Et que demandent ces personnes, qui sont, il ne faut pas l’oublier, des clients qui paient, bien et sans discuter ? Des visites de leur famille et des repas corrects. Pour les familles, nous n’y pouvons pas grand-chose. Si certains sont entourés de soins et d’affection, d’autres sont seuls, et c’est à chacun de voir si il peut se regarder ou non dans un miroir. Mais, et les repas ? Une récente augmentation tarifaire a été appliquée, de l’ordre de six pour cent. Ou est l’argent ? Le problème vient du fournisseur ? Qu’on introduise une charte de qualité, qu’on en change, qu’on fasse jouer la concurrence. Que la direction se rappelle sa raison première, se préoccuper du bien-être de ses résidents, avant celui des actionnaires (si il y en a).

Dans les civilisés pays ou se pratique la peine de mort, le condamné a droit à un dernier repas digne de ce nom. Qu’ont donc fait nos vieux pour qu’on les traite moins bien qu’un condamné ?

Ce sera, dirai-t-on, la saga de l’été sur Funéraire Info. Vous connaissez des maisons de retraite ou ça se passe mal ? Contactez-nous. Vous connaissez des maisons de retraite ou tout va bien ? Dites-le nous aussi, nous nous ferons un bonheur d’en parler.

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