Obsèques pas chères, service minimum et low cost

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Le low cost semble avoir disparu de la scène médiatique, dans le silence assourdissant qui entoure généralement notre profession en dehors de la Toussaint. Une occasion d’en reparler à froid… Ou de s’échauffer.

Le low cost pour les nuls

Low_cost2-300x300 Obsèques pas chères, service minimum et low costLe low cost n’est pas une chose si rare ou si compliquée : elle est même à la portée du tout venant. Prenez votre tarif. Choisissez le cercueil le moins cher. Un corbillard, un chauffeur, le tour est joué. Si avec ça vous dépassez sept cent euros, c’est que vous êtes un peu gourmand, côté tarifs, quand même.

Mais, mais, qu’est-ce que vous faites ? Cessez ça tout de suite, malheureux ! Oui, je sais que la taxe de crémation ou d’inhumation est obligatoire, je sais qu’il faut un marbrier pour ouvrir une sépulture, je sais que la police doit peut être venir poser les scellés, je sais que plein de frais viennent s’ajouter. Mais les familles, elles, ne le savent pas. Laissez-leur la surprise : un cercueil, un corbillard, un chauffeur, quelques démarches pour assaisonner le tout, et vous pouvez fièrement inscrire « Obsèques low-cost, 700 euros » dans votre vitrine.

Oui, mais…

Oui, mais qui fera la mise en bière ? Qui portera le cercueil lors de la cérémonie ? La réponse à la deuxième question est la famille, et la réponse à la première question est encore plus vicieuse : c’est le contribuable.

En effet, lorsqu’on étudie de près les offres low cost de certains opérateurs, l’on se rend compte que leur accessibilité est limitée à certains établissements. La raison en est simple : ce sont des établissements hospitaliers ou les agents d’amphithéâtre acceptent d’aider, voire même de procéder, à la mise en bière. L’agent d’amphi étant soit salarié du public, soit du privé, dans des maisons de retraite par exemple, le résultat est le même : c’est son temps qui est utilisé par une société qui ne lui versera pas son salaire, mais qui l’utilise pour faire une offre qui accentuera sa captation de clientèle.

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Le procédé est limite, voire franchement sournois, mais moins encore que celui qui consiste à faire réaliser certaines prestations à la famille, qui s’apparente à une pure négation des fondements de notre métier.

Les pompes funèbres pour les nuls

Les pompes funèbres exécutent chaque jour une mission, mission complexe que l’on peut résumer ainsi : hygiène publique, en évacuant les défunts, psychologie publique, en conférant à cette évacuation un caractère symbolique propre à l’expression du deuil, et de délégation de service public en veillant à ce que tout cela soit fait en respectant les législations, règlements et normes.

Les obsèques low cost annoncent en quelques sortes que toutes ces prestations, tous ces services, sont inutiles ou trop chers. Comment un opérateur funéraire qui sort un devis à deux mille euros face à une famille qui vient de passer devant une affiche promouvant le low cost pourra-t-il leur faire comprendre que, lui, impute dans son devis les taxes diverses que de toute façon la famille devra régler, et qu’il leur rend service en centralisant tout ? Comment pourra-t-il justifier de facturer des porteurs expérimentés et formés, quand on va leur expliquer ailleurs qu’ils peuvent le faire eux même ?

La différence entre les obsèques low cost et les obsèques « classiques » pourrait s’apparenter à la différence qu’il y a entre faire construire sa maison par un maître d’œuvre et des artisans et la faire livrer en kit d’une entreprise préfabriquée. D’un côté, on a au final la maison que l’on voulait, et de l’autre, on s’épuise pour une bicoque bas de gamme.

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Le low cost, c’est pas si mal

Alors, le low cost est une mauvaise idée ? Non, pas du tout. Certaines façons de concevoir le low cost, oui. Mais chaque entreprise de pompes funèbres a ses produits d’accès, ses cercueils premier prix, ses urnes simples. A quelques euros près, leurs factures s’apparentent au total des sommes dépensées pour des obsèques low cost, service et contact humain en plus.

D’autres misent sur une baisse drastique de la marge brute, compensée par un surcroît de convois. Travailler plus pour gagner pareil, en quelques sortes et pour paraphraser une réplique devenue célèbre, mais une idée qui peut s’avérer payante en ces temps troublés, et qui rejoint la notion de service aux familles inhérente à notre métier.

Alors, faut il crier haro sur le low cost ? Non, comme pour toute idée. Il suffit simplement de faire le tri entre ceux qui cherchent des solutions et ceux qui font n’importe quoi.

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