Pourquoi j’ai voulu devenir croque-mort?

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La question m’est souvent posée, et ma réponse est toute prête. Pourtant les préjugés sont allés bon train quand j’ai fais part à mon entourage plus ou moins proche de mon désir de devenir conseillère funéraire.

De « suicidaire » à « dépressive »,  « intéressée » et j’en passe, la famille et le conseiller pôle emploi n’ont pas compris toute de suite. Voir pas du tout.

C’est qu’il est arrivé un moment dans ma vie ou j’ai regardé ma situation professionnelle en face et que je me suis dit que devais trouver un métier intéressant, et dans lequel je servirais réellement à quelque chose, ou plutôt à quelqu’un. Le poste de conseillère téléphonique en centre d’appel sur lequel je travaillais avant de prendre un virage à 180° ne remplissait aucunement mes espérances d’avenir professionnel. Pression de la vente, turn-over impressionnant, collègues en dépression, et cette impression fatigante de n’avoir rien accompli à la fin de la journée. J’allais travailler pour les 40 prochaines années de ma vie, et la perspective de faire quelque chose qui ne m’intéressais pas ne m’enchantais guère. Alors, la fin de mon CDD approchant, j’ai réfléchis sérieusement à ce que je pourrais faire de concret. Au fil de mes pensées mon grand-père décédé m’est apparu, et par hasard, j’ai pensé « pompes funèbres ». Je me suis posée des questions : quand quelqu’un meurt, que se passe t-il ? Les pompes funèbres, si elles existent, ont bien un rôle particulier ? Elles doivent bien recevoir les familles comme la mienne qui ont été un moment perdues et qui doivent organiser les obsèques d’un proche ?

 

CM Pourquoi j'ai voulu devenir croque-mort?
Pourquoi devenir croque-morts?

Le merveilleux monde d’internet a été un précieux allié pour répondre à mes questions. La personne qui travaille (entre autre) dans les pompes funèbres et qui reçoit les familles s’appelle un conseiller ou assistant funéraire. Il reçoit les familles en deuil, organise les obsèques auprès des autorités et cultes compétents. Je découvrais peu à peu que « croque-mort » ne consiste pas à vendre un cercueil comme beaucoup se bornent à le croire, mais que le conseiller funéraire a un rôle prépondérant qui va permettre aux familles à travers la cérémonie qu’il a organisé de faire son deuil et de « dire » un dernier au revoir au défunt. On est à l’écoute, on cerne les besoins des personnes, c’est un réel métier de service. Métier qui ne s’avère pas facile, on n’a pas le droit à l’erreur dans ce genre de circonstances.

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J’avais trouvé ma voie. Être utile pour des personnes qui en on réellement besoin. Un métier ou la reconnaissance passe par un simple « merci » de la part de la famille.

Et la mort dans tout ça ? La perspective de voir une personne décédée ne me gênait pas. La mort, tout le monde y passe me suis-je dit, là, je vais travailler pour les vivants, pas pour les morts.

Alors j’ai voulu voir un « vrai » conseiller funéraire, et il se trouvait que ma mère en connaissait une. J’ai donc rencontrée ce petit brin de femme qui ne travaillait plus dans la profession mais qui a très bien répondu à mes questions. Elle m’a parlé du métier de thanatopracteur aussi. Du coup, poussée par la curiosité, j’ai demandé à le rencontrer. J’ai donc pu voir un thanatopracteur dans l’exercice de ses fonctions, qui lui aussi m’a encouragée à exercer dans le funéraire.

J’ai donc passé la formation des 96 heures, passionnante, qui n’a fait que me conforter dans mon choix. Grâce à un contact placé dans une chaine de pompes funèbres de Paris, j’ai passé 3 jours sur le terrain. Avec de vraies familles et des conseillers qui comme moi, avaient trouvé une réelle vocation.

Après 60 CV envoyés à 100km autours de Toulouse, et craignant de devoir revenir sur Paris pour exercer, j’ai enfin trouvé un poste dans une société familiale.

J’y ai tout appris et j’ai pu tout y faire : réception des familles, transport de corps, quelques cérémonies…

Je ne gagne pas le salaire exorbitant que tout le monde croit que nous gagnons, j’ai commencé au smic et dans les pompes funèbres, nous sommes à 39h par semaine. Je ne suis pas payée au pourcentage ou à la commission de ce que je vends, et je trouve cela normal. Je travaille parfois la nuit, le dimanche, le soir…

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Je n’aime pas voir des gens dans la peine et ne me réjouis pas à l’annonce d’un décès.

L’épanouissement professionnel se trouve comme je l’avais prévu dans de simples remerciements, ou dans la satisfaction du travail accompli pour les autres. J’ai enfin le sentiment d’avoir une importance.

J’ai écrit cet article en espérant qu’il sera lu par le plus grand nombre. Aujourd’hui je déplore que la seule « publicité » faite aux pompes funèbres soit toujours négative. Bien sûr certains abusent et oublient la déontologie dont nous devons faire part. J’attends donc le jour ou un média osera parler de nous avec un peu plus d’admiration sans chercher à casser le métier à cause d’une minorité peu scrupuleuse. Le jour ou la branche enseignante des métiers du service osera inclure le conseiller funéraire comme perspective professionnelle, le jour ou nous ne serons plus des voleurs aux yeux de tous… Nous faisons un beau métier, et j’espère qu’un jour il pourra être valorisé comme je l’estime. A bon entendeurs…

Et vous, comment êtes-vous arrivés là ?

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13 COMMENTAIRES

  1. Si j’ai pu t’être utile j’en suis heureuse. Je suis contente que tu t’épanouisses dans ce métier que j’ai adoré pour les mêmes raisons que toi. Tu es tombée sur une bonne boîte de PF on dirait et c’est chouette ! J’espère que tu n’écriras jamais pourquoi tu arrêtes d’être croque mort ! …. C’est un beau métier, dommages que beaucoup de patrons soient avant tout des requins.
    Bonne continuation à toi…
    Bises

     
  2. Je viens aussi d’une centrale d’appel, assimilée fonctionnaire… et moi aussi, je ne trouvais rien d’utile à ce que je faisais. Mon parcours est quasi identique au tien… La remise en question, le regard des autres à l’annonce de mon choix. Pôle-emploi qui ne m’a pas vraiment aidée, mais merci internet!!! Vient ensuite la Formation et les rencontres, moi aussi j’ai trouvée une Thanato , jeune et motivante.
    je travaille depuis 6 mois dans une entreprise familiale, c’est un choix de ma part, je ne me sentais pas d’intégrer une grosse entreprise où le chiffre d’affaire est plus important que la relation avec les famille… je m’y sens bien, et même si parfois certaines histoires me touchent plus que d’autres, et que je rentre chez moi un peu triste, je sais aussi que chauqe fois que je raccompagne quelqu’un à la porte, j’ai fais mon maximum pour les soukager de leur peine, de leurs angoisses.
    Bon courage pour la suite, et merci de m’avoir fait partager ton expérience, ça fait du bien de savoir que l’on est pas seul!!!!!

     
  3. Bonjour a vous,

    je suis une maman de 22 ans qui a perdu tres recemment 2 personnes qui m’était cher:un oncle et mon grand-pere et depuis je souhaite m’orienter vers ce métier qui peut etre m’aidera a faire le deuil. Je veux aussi aider les personnes qui ont été dans ma situation j’en ai beaucoup pleuré…
    Mais je ne sais pas trop comment m’y prendre pour devenir “croque-mort”, suis-je obliger de faire la formation de thanato? (car j’habite dans le Nord) ou puis-je simplement aller dans les pompes funebres s’ils peuvent me former “sur le tas”??
    Si vous pouvez m’aider ça serait avec plaisir!!

    Merci d’avance pour vos futures réponses. Bon courage a vous.

    Ps: ce n’est peut etre pas le meilleur métier du monde mais on peut apporter un peu d’espoir et un peu moins de souffrance aux familles. 🙂

     
  4. Bonjour Léonie,

    Les métiers de thanatopracteur et de conseiller funéraire sont différents, l’un s’occupe de la préparation et des soins de conservation sur les défunts, l’autre accueille les familles et organise les obsèques. Vous pouvez commencer par vous rendre dans des entreprises de pompes funèbres pour y demander une stage afin de voir si vraiment ce métier vous convient, et si oui, soit vous postulez et êtes embauchée dans une entreprise qui vous fera faire la formation, soit vous commencer par la suivre et cherchez du travail par la suite.

    En revanche, je ne suis pas sûre que cette expérience vous “aidera à faire le deuil” de vos proches, être de l’autre côté n’est pas toujours évident, surtout si les décès sont récents.

    Je serais ravie de vous aidez si vous en avez besoin, et ce site est une mine d’informations très précieuse si vous vous posez davantage de questions.

    PS: d’après moi c’est bien le meilleur métier du monde, mais à chacun de se faire son opinion 😉

     
  5. Bonjour, je travaille depuis plus de 20 ans auprès d adultes déficients mentaux. D abord en Aide Medico Psychologique puis Monitrice Educatrice.Un métier riche en contacts certes mais je me sens malgré tout de plus en plus attirée par le métier de thanatologue. J ai connu bien sur beaucoup de décès dans ma famille.Et chaque fois que cela arrivait , je ressentais le besoin d aller rendre un dernier hommageà la dépouille de ces êtres chers, au décès de ma mère par exemple. J allais la voir chaque jour au funérarium. Et lors de cette douloureuse période, j ai toujours été très bien accueillie par cette équipe travaillant dans cet établissement ( privé). A mon tour, j aimerai pouvoir également pouvoir apporter disponibilité et empathie à ces familles en souffrance. J aimerai donc pouvoit effectuer un stage dans cet établissememt. Pensez vous que cela soit possible? Je vais bientot avoir 2 semaines de vacances et j aimerai pouvoir profiter de cette période pour ce stage. Merci d avance pour vos réponses.

     
  6. bonjour
    votre article est fort intéressant; ma petite fille de 15 ans m’apprend ce matin qu’elle voudrait faire ce métier, passé la surprise, j’essaie de me documenter, quelles études accomplir, pour quel diplôme? pour exercer ce métier spécifique, ou il faut beaucoup d’humilité, de diplomatie, pour entourer, réconforter soutenir les familles
    merci si vous pouvez me répondre
    ma petite fille ne veut pas faire de grandes études, elle s’ennuie au collège!!
    merci encore
    marie, la mamie de pénélope

     
    • Madame, bonjour
      la formation ce fait dans des écoles liées au funéraire du type ENAMEF, Offpf, IFFPF, EFFA et part des stages, le baccalauréat n’est pas nécessaire
      Nous allons vous tenir au courant
      Eric

       
  7. moi aussi j aimerais devenir assistante funébre ,a qui en parlé en 1er a pole emploi ?
    JE SUIS EN congé parental qui se termine bientôt est j ai hate de reprendre une vie social ,ce poste me correspondrais^parfaitement

     
  8. bonjour
    moi aussi j ai et confronte par la mort la plus dur qu’une personne une maman, une femme tout simplement une être humain de la perte de ma fille de mom ange elle avait 5 mois le jour de son départ c est pour sa qu’aujourd’hui je veux être utile la ou mois même la étés par le personnel des pompes funéraires qui m’ont aider dans ma douleur et surtout dans les démarches administratif dans un moments le plus dur de ma vie et aujourd’hui je veux et je réussirais car c est une de mes principal priorité de devenir une conseillère funéraire

     
  9. Bonjour,

    Je voulais savoir s’il y avait un âge maximum. J’ai 31 ans et je pense au métier de Conseiller funéraire, après une réflexion sur ma vie professionnelle.

    Mise à part des petites expériences dans la vente (par téléphone, conseiller clientèle…) je ne suis pas un “commercial”.

    J’ai cependant la possibilité de faire du bénévolat dans une association à caractère confessionnel qui s’occupe des funérailles, ce qui me permettra notamment d’avoir un “contact” avec le métier.

    Je voulais également savoir si on devait au préalable payer la formation de conseiller, ou bien si cette dernière pouvait être prise en charge par notre employeur (et surtout si dans les faits ils la prenaient en charge, si ça se faisait de façon répandue).

    Voilà, merci d’avance et à très bientôt.

    Jonathan

     
  10. Bonjour

    Je trouve sa génial votre parcours, j’ai eu le déclic pour ce métier la il y a quelque mois avec cette grande envie d’être la pour accompagner des personnes,après avoir pensé à mon travail qui ne m’apportais rien.
    Par contre je n’ai pas eu votre chance , je suis aller dans des funérariums j’ai passer des appel pour trouver des réponses à mes questions et les réponses on toujours été les mêmes.C’est vagues comme métier et je n’ai pas le temps et au finale même si l’envie est toujours là, je me suis fais une image d’un métier fermer ce qui ma un peu déçu. j’espere pouvoir croiser des personne comme vous avez croiser pour votre parcours.

     
  11. Bonjour je suis une autiste asperger je trouve le métier croque -mort très intéressant j’ai perdu ma soeur dans un accident très grave Ilya plus 16 ans je suis toujours pas remise de son départ . J’en souffre toujours. Depuis je me suis intéresser a ce métier. J’ignore comment faire pour en faire ce métier . A la base mon métier est agent de restauration. Ca n’a rien a voir mais je pense que les gens on besoin de nous quand il sont dans leur douleurs . Je suis prête apprendre. Ce métier sur le tas mais je ne sais pas comment faire ? Et aussi la question que je pose faut il un diplôme . Beaucoup de proche dans mon entourage me dise d’aller dans une maison funèbres me renseigner est ce la solution ? Je suis prête a me rendre utile dans ma vie et aussi pouvoir rassurer des familles quand il faut .

     
  12. Bonjour,

    Merci pour avoir partagé votre histoire.
    Actuellement, je suis aussi dans l’optique d’entreprendre un virage de 180 degrés. Cela fait quasi 5 ans que je travaille en tant que conseiller clientèle, l’air du temps veux qu’on pousse à + de rendement, + de compétitivité et beaucoup – d’humanité… En rentrant chez moi, aucune satisfaction personnelle.

    J’espère avoir la chance que vous avez eu. Je me suis déjà renseignée sur les cours et ma prochaine démarche sera de faire du porte à porte avant de m’y lancer complètement.

    Un frère qui s’est suicidé trop jeune il y a déjà quelques années. Et c’est à lui que je pense avec un petit sourire..
    Quel sera la réaction de mon entourage? Qu’importe..
    Le principal étant d’être heureux tant qu’on ne fait de mal à personne…

    Merci encore pour votre témoignage qui me conforte encore un peu plus dans mon projet.

    Excellente journée,
    Stefy

     

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