Sur les chemins de l’Ankou

1
460

Un siècle après la « Légende de la Mort » d’Anatole Le Braz, un livre réalise le souhait de l’auteur, prendre la relève et continuer le chemin. Nous l’avons lu pour vous, en parallèle avec le grand classique, « la légende de la Mort ».

Alors, qu’est-ce que c’est ?

sur_chemins_ankou_r Sur les chemins de l'Ankou
Sur les Chemins de l'Ankou, de Daniel Giraudon, éditions Yoran Embanner

Daniel Giraudon est ce qu’on appelle un bretonnant, à savoir qu’il parle Breton et se passionne pour son patrimoine. Pas en amateur : l’homme est enseignant à l’Université de Bretagne Occidentale, et chercheur au CRBC (Centre de Recherche Bretonne et Celtique). Et ces différents aspects transparaissent parfaitement dans son livre : l’enthousiasme d’un passionné et la rigueur de l’universitaire cohabitent à la perfection, rendant le livre tout aussi plaisant à lire qu’instructif.

Le chemin du livre suit à peu de choses près celui de son prestigieux ancêtre : l’Ankou est bien présent, certes, mais aussi les Intersignes ou les Lavandières de la Mort. Là ou Anatole Le Braz allait de ferme en ferme pour collecter ses récits chez les Bretons Armoricains, Daniel Giraudon a élargi son cercle de recherches au patrimoine, d’abord, puis à la haute Bretagne délaissée par Le Braz, et enfin aux pays celtes anglo-saxons. Relevant ici et là la présence de l’Ankou, dans les Eglises ou les Chapelles, il en profite pour questionner la méthode de Le Braz, ses choix, et en sonder les limites.

Mais, c’est bien ?

Oui, c’est bien, très bien même. Daniel Giraudon évite la redite de « La légende de la mort », et approfondit l’œuvre d’Anatole Le Braz à travers une quasi-encyclopédie à l’iconographie luxueuse. L’objet livre est d’ailleurs la parfaite illustration de cette volonté. Lourd, une couverture cartonnée, du papier bien épais, l’ouvrage est conçu pour trôner bien en vue dans une bibliothèque de qualité. Très peu de pages sont vierges de photos ou d’illustrations, les propos en Breton ont tous leur illustration en regard ou en suite, en un mot, aucun détail n’a été laissé au hasard. De façon anecdotique, c’est le genre de livre qui justifie qu’on jette son reader à la poubelle : aucun livre électronique n’arrivera jamais à procurer le plaisir que procure un tel tome entre ses mains.

Lire aussi :  Le projet «Fosse commune» sublime vos épitaphes

Conclusion ?

La conclusion est simple : autant Anatole Le Braz a écrit un classique, autant Daniel Giraudon a écrit un livre de référence. Là ou, il y a un siècle, l’un se contentait de collecter des récits qui se suffisaient à eux-même, l’autre aujourd’hui cherche l’âme derrière ces récits. Et réussit à démontrer que c’est toute une culture qui s’est ainsi constituée autour de la mort, ingrédient principal de l’âme d’un peuple, discret mais omniprésent.

Le livre n’est pas destiné qu’aux amateurs de Bretagne ou de celtitude. Chaque passionné ou chaque chercheur qui se penche sur la Mort se devait d’avoir lu « La légende de la Mort », ce qui est loin d’être toujours le cas. A la lecture de ce premier ouvrage vient s’adjoindre désormais « Sur les chemins de l’Ankou », qui complète, et finalement ouvre, le champ de recherche sur l’Ankou et les personnifications de la mort. De la « Légende de la mort » il est l’analyse, le prolongement, le complément, pour finir par vivre sa propre vie indépendante : chapeau bas à Daniel Giraudon.

Un petit mot…

legende_de_la_mort_r1-192x300 Sur les chemins de l'AnkouPour signaler que l’éditeur, Yoran Embanner, réédite « La légende de la Mort chez les Bretons Armoricains » dans un texte intégral très soigné. L’occasion de (re)découvrir ce texte, juste indispensable, et de découvrir l’importance de l’âme Celte dans la culture occidentale. Surtout que balloté au gré de rééditions chaotiques, l’ouvrage était devenu difficile à se procurer.  Nul doute que les amateurs de cinéma ou de littérature s’exclameront au détour d’une page « Tiens, ça me dit quelque chose ». Une façon de comprendre d’où vient cette silhouette emblématique de la Mort, drapée de noir et munie d’une faux. C’est le moment de craquer et de vous offrir les deux, surtout maintenant que vous avez que la bibliothèque que vous essayez de vous constituer sur le sujet ne vaut rien si ces ouvrages n’y figurent pas.

Lire aussi :  L'évolution théâtrale du crématorium vue par un architecte

Vous pouvez commander ces livres directement sur le site de l’éditeur, ICI : Yoran Embanner, et profitez-en pour jeter un œil sur son catalogue, fourni et intéressant.

Un petit lexique pour les néophytes :

L’ankou est une personnification anthropomorphique de la Mort, ou, selon les endroits et les époques, son ouvrier. Généralement le dernier défunt de l’année, chargé de collecter les âmes des morts.

Les lavandières de la mort et les intersignes : sont très bien expliqués dans les ouvrages chroniqué ci-dessus. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Votes !

1 commentaire

LAISSER UNE RÉPONSE