Thanatopraxie, regarder le passé ou construire l’avenir?

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Un commentaire a été déposé sur une de nos publications concernant la réunion à l’initiative de la CPFM, sur la thanatopraxie du 26 février dernier et je tenais à y répondre personnellement, car cette contribution me paraît peu constructive (à lire en suivant ce lien) au regard des enjeux de la profession qui doit bâtir une position commune pour construire son avenir avant que le législateur ne siffle “la fin de la récré“.

Un compte rendu a été envoyé le 1er mars par la CPFM à l’ensemble des participants présents (et à ceux qui, ayant fait part de leur intérêt pour cette démarche, étaient retenus par des obligations professionnelles) pour recueillir les remarques et observations.

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Thanatopraxie, construire l'avenir!

Cette réunion a été organisée en toute transparence, permettant à des thanatopracteurs de toute la France de se réunir pour échanger sur ce sujet qui devient une préoccupation du « corps social » face à certaine dérive et une volonté du politique de mettre « le nez » dans cette profession si elle ne trouve pas par elle-même les moyens de sa propre régulation. Il ne tenait qu’à une volonté de rassemblement pour que toutes les composantes  de la profession soient présentes et puissent donner leurs avis, représentatifs de leurs adhérents.

Concernant la représentativité de cette réunion, la CPFM a des adhérents thanatopracteurs, l’ATF était présente, des indépendants aussi. HYGECO était représenté par son directeur général et la patronne de « Post Mortem Assistance », HYGECO, employant quelques 170 thanatopracteurs salariés, premier employeur de la profession, preuve s’il en est de l’engagement de la direction de ce groupe pour trouver des solutions consensuelles, négociées et partagées pour assurer l’avenir de cette profession. Donc un bon quart de la profession était représentée (pour rappel, il y a 2000 diplômés en thanatopraxie et on estime à 800 le nombre de thanatopracteurs exerçant en France).

Pour mémoire, les questions étaient les suivantes, et les axes de travail et les actions à mener (CR de la CPFM du 1er mars, en italique) :

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1)       Faire des soins dans des locaux adaptés versus le domicile

Pourrait-on envisager un aménagement de ces dispositions avec des exceptions ?

Maintien de la possibilité de réaliser des soins dans un domicile lorsque le décès est survenu au domicile.

Maintien de la possibilité de réaliser des soins dans un domicile (ou un lieu assimilé) dans des zones faiblement équipées en chambre funéraires.

Dans le cas de décès survenu en milieu hospitalier suivi d’un retour du corps sans cercueil au domicile, rendre obligatoire la réalisation du soin de conservation dans la salle technique de la chambre mortuaire de l’établissement, préalablement au transport.

Un axe de réflexion s’ouvre sur les capacités des conseillers funéraires à savoir présenter et argumenter de façon cohérente et adaptée, la prestation des soins afin de faire accepter le transport (aller-retour) vers un lieu dédié ….

 

2)       Effectuer des soins sur des porteurs du VIH ou de l’hépatite B ou C

Il pourrait être proposé de restreindre la pratique des soins de conservation sur le corps de défunts présentant une séropositivité identifiée, uniquement dans des lieux dédiés, qui sont susceptibles de permettre efficacement la mise en œuvre des mesures universelles de précaution.

 

Note : Les avis sont très partagés sur cette possibilité : si d’aucuns partent du principe que tout corps est à considérer comme potentiellement contaminant et qu’il convient de mettre en œuvre systématiquement des mesures universelles de précaution, d’autres restent réservés et évoquent la possibilité de mettre en œuvre un « droit de retrait », voire expriment le refus d’intervenir sur un corps dont ils ont connaissance de la sérologie positive.

La question prend un tour différent selon que le thanatopracteur est salarié ou indépendant, en terme de responsabilité. La responsabilité d’un employeur pourrait être engagée si le thanatopracteur salarié peut évoquer une séropositivité acquise du fait de son activité professionnelle, pour avoir réalisé des soins sur le corps d’une personne dont la sérologie était connue.

3)       Le port des EPI (équipement de protection individuel)

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Réfléchir à un guide de recommandation des bonnes pratiques d’utilisation des EPI.

 

4)       L’information des familles sur le terme de soin par l’opérateur funéraire

Intervenir sur la formation des conseillers funéraires pour leur apporter une meilleure connaissance des prestations existantes susceptibles d’apporter des réponses aux attentes des familles en matière de cohabitation avec leur défunt.

Renforcer les échanges entre professionnels, entre opérateurs funéraires et sous-traitants thanatopracteurs.

 

5)       La formation continue

Une proposition visant à rendre obligatoire une « remise » à niveau en matière d’hygiène et de sécurité pour les thanatopracteurs diplômés en exercice, semble être acceptable.

 

6)       Les examens théoriques et pratiques

Il est évoqué une polémique à propos du déroulement des évaluations pratiques. Le Jury National a fait des remarques transmises au CNT qui les a prises en compte.

 

Ouvrons le débat

 

Il nous semble essentiel que sur les six thèmes abordés, chacun des principaux acteurs de la profession puisse faire valoir son avis.

C’est pourquoi, Funeraire-info, se propose d’ouvrir ce débat en invitant le SPTIS (Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés), l’ATF (Association des Thanatopracteurs de France) et la FFPF (Fédération Française des Pompes Funèbres) à répondre, par un document que nous publierons et dans lequel sera également indiquée leur représentativité (membres thanatopracteurs à jour de cotisation), aux questions suivantes :

 

1)         Le lieu des soins : locaux adaptés ou domicile ?

2)         Les soins sur des porteurs du VIH ou de l’hépatite B ou C : mesures universelles de précaution ou droit de retrait ?

3)         Le port des EPI (équipement de protection individuel) : obligation ou faculté ?

4)         L’information des familles sur le terme de soin par l’opérateur funéraire : besoin de formation supplémentaire ?

5)         La formation continue : vers une remise à niveau obligatoire ?

6)         Les examens théoriques et pratiques : quelles améliorations apporter ?

 

Nous invitons également les thanatopracteurs indépendants ou salariés à enrichir le débat en répondant à ces questions dans les commentaires (sans attaque personnelle, ni polémique stérile, ni diffamation bien sûr !).

 

Soyez nombreux !

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5 COMMENTAIRES

  1. Nous remercions Funéraire Info d’ouvrir le débat mais il nous semble important que les informations que chaque institution (à savoir la FFPF, le SPTIS et l’ATF) a collectée auprès de ses membres restent en leur possession respective non pas que nous refusons le débat bien au contraire mais pour des raisons de confidentialité dans les démarches entreprises par chacune d’elle, il nous parait judicieux de ne pas débattre plus en avant.

    En effet, sachant que notre position a été défendue auprès de nos membres lors de réunions passées et que nous avons clairement affiché notre point de vue lors de l’audition du mois de décembre auprès du HCSP sur les questions posées (La possibilité de soins sur maladies contagieuses et les soins à domicile ).

    Pour les autres questions, nous n’avons pas encore pris de décisions et les débats sont en cours actuellement donc nous ne saurions vous répondre tant que nos membres n’ont pas intégralement donné leurs avis respectifs.

    Nous dépendons de l’avis des thanatopracteurs constituant le SPTIS et ne saurions parler pour eux sur ces questions primordiales.

    De plus il est difficile de se prononcer sur l’une des questions posées à savoir les conditions de déroulement des épreuves de Thanatopraxie car une procédure est toujours en cours suite à la plainte d’un collectif d’élèves et que pour l’heure aucun jugement ou date d’audience n’a été confirmé, il nous parait donc judicieux d’émettre un avis à partir d’une situation précise et tant que cette procédure n’a pas été jugée il nous apparait inutile de faire des plans sur la comète.

    Voilà donc notre position même si l’intention de Funéraire Info est louable, nous ne saurions communiquer davantage sur ces questions qui dépassent le cadre de la seule réunion proposée par la CPFM et pour laquelle nous avons été entendu conjointement lors de cette audition.

    En adhérant au Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs aujourd’hui, vous contribuez à construire la thanatopraxie de demain.
    Rejoignez nous !

    http://www.syndicatdesthanatopracteurs.fr

     
  2. Bonsoir Cédric
    Merci pour ce commentaire
    J’ai quand même une question: Quelle est la position du SPTIS sur la possibilité de soins sur maladies contagieuses et VIH et les soins à domicile, je n’ai à ce jour pas trouvé de réponse?
    J’ai aussi une interrogation sur la confidentialité? Je pense que l’ensemble de la profession souffre d’un manque de transparence, transparence vis à vis d’elle même et vis à vis de ses client, et débattre, proposer est un chose qui me parait normale pour trouver des solutions acceptables par tous plutôt que d’arriver en ordre dispersé devant les pouvoirs publics…
    Bonne soirée
    Eric

     
  3. Le VIH masque souvent d’autres pathologies beaucoup plus ennuyeuses et dangereuses pour le thanatopracteur que je suis, le personnel des Pompes Funèbres et les proches du défunt, tel que l’hépatite C, virus très résistant par rapport au VIH ce qui pour ma part est la cause du refus d’effectuer un soin. D’autre part, le VIH est souvent occulté sur le certificat médical car encore aujourd’hui c’est une maladie honteuse et tabou…

     

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