Astérix, le papyrus de César, l’esprit gaulois est bien vivant

0
239
Un nouvel album d’Asterix est un toujours un événement, surtout depuis que la série a été reprise par un nouveau tandem qui a convaincu avec un premier opus il y a deux ans déjà.
Asterix et Obélix entrent en littérature

Le récit débute à Rome où César vient de terminer l’écriture de ses Commentaires sur la guerre des Gaules. Son éditeur, Bonus Promoplus (caricature du publicitaire Jacques Séguéla), lui conseille de supprimer un passage qui fait tâche, «Revers subis face aux irréductibles Gaulois», dans lequel est consignée la résistance du village d’Astérix et Obélix. César accepte, et le papyrus concerné doit être détruit… sauf qu’un des scribes qui l’ont recopié le confie secrètement à un « colporteur de nouvelles » gaulois (dont les traits sont inspirés de ceux de Julian Assange). Une catastrophe pour César, car si le sénat romain apprend la vérité, il pourrait lui couper les vivres. Recherché, Doublepolémix (qui a failli s’appeler Wikilix) fuit et traverse la gaule pour remettre le précieux document à Astérix et Obélix…

L’ère du numérique

L’album est axé autour du thème de la communication. Propagande, avec une certaine pertinence, puisque certains historiens considèrent que la Guerre des gaules de César est en effet plus un tract d’autopromotion politique qu’un récit fidèle. Information, avec le personnage de Doublepolémix. Et même les réseaux sociaux, figurés ici par le bouche à oreille, avec tout ce que cela présuppose de déformation et d’interprétation, les Tweet (gazouillis, en anglais) représentés par des pigeons voyageurs…

Et les gags tournent autour de cela. Plusieurs lectures seront nécessaires, comme d’habitude, pour ne rien manquer. Et chacun trouvera un clin d’oeil auquel s’identifier. Votre serviteur, par exemple, a beaucoup ri devant un gag qui figure l’envoi d’un mail auquel il manque la pièce jointe…

C’est comment ?

L’album confirme la qualité et la fidélité à l’univers qui marquait déjà Asterix chez les Pictes. Certains déploreront ici et là l’absence de réelle nouveauté… Mais il s’agit, au contraire, d’un atout : Astérix incarne l’esprit français, le roman national, la résistance, bref, un point fixe auquel se raccrocher dans une société ou la machine du progrès s’est emballée sans que personne ne s’avise d’actionner les freins.

Et puis, les audaces sont peu nombreuses, mais bien présentes. Ainsi, l’album ne s’achève pas sur le banquet final, mais se poursuit un peu plus dans un post-scriptum sous forme d’hommage, qui pour le coup marque la véritable transition entre l’époque Goscinny et Uderzo et celle de Ferry et Conrad.

Bref, si vous aimez Astérix, alors l’album est largement digne de votre collection.

papyrus-cesar Astérix, le papyrus de César, l'esprit gaulois est bien vivant

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.