Bande dessinée : duel de croque-morts au western

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C’est un vrai duel de croque-morts dans un décor de western qui nous attend. Hasard du calendrier, à quelques jours d’écart, le tome 2 de Stern et le tome 3 de Undertaker, deux bandes dessinées ayant pour cadre le far west et pour héros des croque-morts, sont parus. Alors, dilemme : lequel choisir ?

Stern

Elijah Stern, croque-mort, vit au pays des cow-boys. Il ne porte cependant pas de six-coups et il n’a pas de cheval. Ce qu’il aime, c’est la littérature. Mais voilà, des livres, il n’y en a pas au magasin général de Morrison, un village de l’Arkansas. C’est à contrecœur qu’il se rend à Kansas City où il fera face à ses démons. À peine arrivé, on lui vole son argent, sa mule et ses bottes. Pour récupérer ce qui lui appartient, il affronte un ancien copain et sa mère qui l’accuse de sodomie (avant de tenter de le séduire), son épouse dont il est séparé et sa compagne jalouse, de même qu’un boxeur trois fois plus gros que lui. Bref, l’esthète venu bouquiner se trouve pris dans un engrenage infernal, délirant comme un film de Tarantino.

Undertaker

Dans ce troisième tome d’« Undertaker », Jonas Crow n’est plus ce pauvre croque-mort solitaire… même si, lui, aurait bien voulu le rester ! Dorison et Meyer lui ont associé mademoiselle Lin et Rose, la belle Anglaise. De la douceur dans son monde de brutes ? Pas pour très longtemps… Un ancien colonel lui apprend que « l’Ogre de Sutter Camp est vivant » ! Son passé trouble pendant la guerre de Sécession ressurgit, et Jonas engage alors sa « troupe » dans une chasse à l’homme et à ses propres regrets…

Alors, lequel ?

Difficile de choisir. Jonas Crown et Elijah Stern sont deux héros, similaires par le décor et l’époque ou ils évoluent, comme par leur profession, mais totalement différents. Crown est dur, cynique, violent et hanté, là ou Stern est paisible et semble presque déphasé par rapport à ce monde. Quoique, paisible… Il ne faut pas réveiller sa mauvaise humeur.

Les deux Bds sont indiscutablement adultes. Le rythme de Stern, en presque totale opposition, est à la limite du frénétique, quoiqu plusieurs planches plus placides permettent de souffler. Mais les personnages passent leur temps à se battre ou se tirer dessus, avec une jubilation qui lui vaut la comparaison avec Tarantino.

L’Undertaker tient plus dans son rythme de la machine infernale qui approche d’une conclusion dramatique. A la différence de Stern, la violence n’y fait pas irruption en planches frénétiques, mais elle est partout, contenue dans des personnages continuellement au bord de l’explosion.

Au final ?

A noter que le tome 2 de Stern propose une histoire complète là ou l’Undertaker propose ici le premier volet d’une histoire en deux albums.

Au final, incapable de choisir, je me suis offert les deux. Et je en saurais trop vous inciter à en faire autant : quoique bien différents à maints égards, l’un comme l’autre ont leur place dans une bédéthèque de qualité.

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