La Basilique Saint Denis, nécropole des rois de France

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La basilique des rois de France, à Saint Denis, compte parmi les monuments les plus chargés en histoire de France. Petite visite guidée dans l’histoire de cette église devenue cathédrale.

Saint-Denis_-_Basilique_-_Extérieur_façade_ouest-225x300 La Basilique Saint Denis, nécropole des rois de France
Basilique, facade ouest

Eglise de style gothique située au centre de la ville de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, à 5 kilomètres au nord de Paris, la basilique de Saint-Denis a le statut de cathédrale du diocèse de Saint-Denis depuis 1966. Elle fut fondée, à l’origine, comme abbatiale royale de Saint-Denis. Elle s’élève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de saint Denis martyrisé vers 250. Le transept de l’église abbatiale, d’une ampleur exceptionnelle, fut destiné à accueillir les tombeaux royaux. Elle fut ainsi la nécropole des rois de France depuis les Robertiens et Capétiens directs, même si plusieurs rois mérovingiens puis carolingiens avaient choisi avant eux d’y reposer.

Une brève histoire de la basilique

Dès le Bas-Empire, un cimetière gallo-romain est attesté sur le site de Saint-Denis. Au IVe siècle, un mausolée fut élevé à l’emplacement du maître-autel actuel et fit déjà l’objet d’un culte. Puis, vers 475, sainte Geneviève acheta les terres alentour et fit construire une église. Le lieu acquiers un grand prestige, prestige par ailleurs croissant au fur et à mesure des extensions, puisque la la reine Arégonde, épouse de Clotaire Ier et bru de Clovis s’y fit inhumer. Elle devint la première reine à y reposer.

L’église fut agrandie à nouveau sous Dagobert Ier qui y fit placer vers l’an 630, les corps de saint Denis (premier évêque de Paris) et ses deux compagnons, le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère. Dagobert Ier fut le premier roi des Francs à être inhumé en l’église de Saint-Denis. Sous les Mérovingiens et les Carolingiens, cette nécropole royale partagea ce privilège avec d’autres églises. Vers 650, furent créés le monastère et une série de sanctuaires secondaires dédiés à saint Barthélemy, saint Paul et saint Pierre.

Très estimée par les mérovingiens, l’église le fut encore plus par les carolingiens. L’abbaye bénédictine de Saint-Denis devint un établissement prestigieux et riche, grâce à l’action de Suger, abbé de 1122 à 1151. Ce dernier souhaita rénover la vieille église carolingienne afin de mettre en valeur les reliques de saint Denis dans un nouveau chœur : pour cela, il voulut une élévation importante et des baies qui laissent pénétrer la lumière. En 1140, il fit édifier un nouveau massif occidental, en s’inspirant des modèles normands de l’âge roman comme l’abbatiale Saint-Étienne de Caen. A partir du règne de Louis VI, les rois de France se rendirent à l’abbaye pour lever l’Oriflamme de Saint-Denis avant de partir en guerre ou en croisade.

Basilique_Saint-Denis_01-225x300 La Basilique Saint Denis, nécropole des rois de FranceBarbarie révolutionnaire et renaissance

Lors de la révolution française, la basilique fut profanée par les révolutionnaires. Un groupe nommé par la convention, en pleine terreur, se dirigea vers la basilique avec pour objectif de récupérer le plomb des cercueils pour en faire des balles.

Les communards, assoiffés de destruction, font du zèle à l’excès. Après avoir récupéré le plomb des cercueils, ils saccagent les monuments, mutilent les momies royales, n’hésitant pas à en prélever des morceaux pour les revendre.

Les corps de plus de 170 personnes (46 rois, 32 reines, 63 princes du sang, 10 serviteurs du royaume et deux douzaines d’abbés de Saint-Denis) sont ensuite jetés dans deux fosses communes (fosses carrées dites des Valois et des Bourbon, creusées à cet effet le long du parvis, l’une destinée aux Valois et aux « premières races » — c’est-à-dire les dynasties précédentes —, l’autre aux Bourbon) du cimetière des moines attenant à la basilique vers le nord, puis, après que des collectionneurs de curiosités furent descendus dans ces fosses pour recueillir des reliques, recouverts en partie de boisseaux de chaux vive puis de terre.

Un deuxième assaut eu lieu quelques semaines plus tard, les communards ne supportant pas l’idée d’avoir laissé des dépouilles intactes dans la basilique. A cette occasion, les corps de Henri IV et Louis XIV, entre autres, furent profanés et inhumés face contre terre.

Sous la Seconde Restauration, Louis XVIII fit ramener, le 21 janvier 1817 (jour anniversaire de la mort de Louis XVI) les restes de ses prédécesseurs, récupérés dans les fosses après une semaine de recherche dans la crypte de la basilique, où ils sont rassemblés (car la chaux a empêché leur identification individuelle, excepté « trois corps retrouvés sans leurs parties supérieures » comme le notent des commissaires) dans un ossuaire, comportant une dizaine de coffres, scellé par des plaques de marbre sur lesquelles sont inscrits les noms des monarques. Le roi fit aussi rechercher les restes de son frère Louis XVI et de Marie-Antoinette au cimetière de la Madeleine, et les fit ré-inhumer à Saint-Denis au cours d’une fête funéraire grandiose le 21 janvier 1815.

Par la suite, les travaux de restauration furent lancés, pour aboutir à l’état que nous connaissons aujourd’hui, notamment sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc – qui avait par ailleurs entrepris la restitution de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, elle aussi profanée. En 1966, la basilique fut promue cathédrale lors de la création du diocèse de Saint-Denis.

Gisant_de_Pépin_le_Bref_et_Bertrade_de_Laon_à_la_Basilique_de_Saint-Denis_France La Basilique Saint Denis, nécropole des rois de France
Gisant de Pépin le Bref et Bertrade de Laon

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