Bilbo le Hobbit, dans les griffes de Smaug le dragon

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"mon précieux..."

Peter Jackson : ce nom déclenche à lui seul des réactions contrastées. C’est l’homme qui a réussi, tant bien que mal, à porter à l’écran le Seigneur des Anneaux. Et depuis deux ans, il s’attaque à Bilbo le Hobbit…

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"Dans un trou vivait un Hobbit..."

Un anneau pour les gouverner tous…

On pensera ce que l’on veut du Seigneur des Anneaux, inutile ici de créer la polémique. Jackson avait conscience du problème, qu’il répétait à longueur d’interviews : cinquante millions de lecteurs à travers le monde avaient chacun bâti leurs propres images mentales du livre de J.R.R Tolkien, et, forcément, un film ne retranscrirait jamais exactement la vision intime que chacun pouvait avoir du chef d’œuvre.

Mais il a eu le courage de le tenter, en adoptant une attitude pragmatique : coller à l’intrigue, rajouter une bricole ici ou la pour plaire à un plus large public et expliciter la mythologie bâtie par Tolkien, mais rester fidèle au livre.

Nous, les fans, de Tolkien, nous sommes tous dis, arrivés à la scène du Pont de Khazad Dûm, que ce n’était sans doute pas à cela que ressemblait le Balrog de Tolkien, mais que celui de Jackson n’était pas mal non plus. Un grand nombre des irréductibles Tolkieniens ont décidé à ce moment d’aller voir les deux autres films de la trilogie.

Pari gagné pour le néo-zélandais, qui, surfant sur son succès, s’engouffrait dans d’autres légendes, en gardant une autre idée à l’esprit…

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"mon précieux..."

…Un Anneau pour les trouver…

C’était donc plutôt une bonne nouvelle qui avait tinté aux oreilles des fans lorsque Peter Jackson avait annoncé s’atteler au Hobbit, récit écrit bien avant le Seigneur des Anneaux, et qui racontait comment Monsieur Bilbon Sacquet, de la Comté, s’en allait affronter mille périls en compagnie d’un magicien et de treize nains barbus, sans même avoir pris son mouchoir. Comment, après avoir affronté des trolls et des gobelins, après avoir croisé des elfes, il allait dérober l’or du dragon Smaug, et rentrer finalement chez lui plus riche et plus sage.

Comment aussi il allait trouver dans la caverne habitée par une créature nommée Gollum un anneau d’or. C’est en réfléchissant aux origines de cet anneau d’or et à l’identité de ce Gollum que Tolkien aurait l’idée du Seigneur des Anneaux, lorsque son éditeur lui demanda une suite.

Bilbo le Hobbit, livre pour les enfants petits et grands, allait ainsi devenir le prologue au Seigneur des Anneaux, œuvre sombre et martiale, résolument adulte. On attendait de Jackson qu’il se tienne au plan établi pour le Seigneur des Anneaux : une adaptation, elliptique parfois, mais fidèle.

…Un Anneau pour les amener tous…

Mais les nouvelles continuèrent à parvenir de Nouvelle-Zélande, de plus en plus inquiétante : après avoir annoncé un film, qui augurait de nombreuses coupes, Peter Jackson annonçait ensuite deux films qui auguraient d’assez de place pour faire tenir toutes les péripéties du livre… puis trois films, qui firent se demander aux connaisseurs de l’ouvre comment il allait les remplir.

Puis virent les personnages, on annonça tour à tour la présence de Galadriel, de Legolas, d’autres encore, qui n’avaient aucune raison de se trouver là, puisque Tolkien ne les avait même pas imaginés lorsqu’il avait écrit Le Hobbit.

C’en était fini du respect de Tolkien, Jackson se faisait plaisir, et faisait son film. Ce qui, de la part de l’auteur de Bad Taste, pouvait augurer du meilleur… ou du pire.

…et dans les ténèbres les lier

Silmarillion-300x225 Bilbo le Hobbit, dans les griffes de Smaug le dragonMais alors, il est pas bien, ce Bilbo le Hobbit, seconde partie, encore à l’affiche au cinéma ? Il n’est pas bien, ce Bilbo le Hobbit, première partie, disponible en DVD et en Blu ray ? Il ne s’annonce pas bien, ce Bilbo le Hobbit qui achèvera la trilogie dans un peu moins d’un an ?

Oh, si, allez y : vous verrez un film de fantasy, réussi, des paysages splendides, vous aurez votre dose d’action, d’effets spéciaux, de suspense, d’humour, d’angoisse, bref, un grand film d’aventure, avec des batailles et des, enfin, un dragon, Smaug (très réussi, d’ailleurs).

Mais uniquement si vous n’avez pas lu le livre.

Parce que, si vous avez lu le livre, vous verrez un réalisateur qui en fait des tonnes pour plaire au public, et, à force de considérer, à tort, que l’œuvre ne se suffit pas à elle-même, en devient presque insultant pour le livre et son auteur.

Reste un bon film de fantasy, ce qui n’arrive pas si souvent que cela, reste les interprètes, Martin Freeman, par ailleurs fantastique Watson dans la série Sherlock, en tête, qui permettent de passer un bon moment.

Mais on se prend, une fois rentré, à relire le livre, avec une pointe de déception pour cette occasion manquée, et à songer que Peter Jackson est vraiment sur la mauvaise pente. Il reste une ouvre majeure de Tolkien à adapter, le Silmarillion. Mission impossible. Prions pour qu’il n’en vienne pas l’envie à Jackson…

Note : le nom de Bilbo vient d’une mauvaise traduction de l’édition originale française. Il s’agit bien de Bilbon, selon les volontés et les explications de Tolkien concernant l’orthographe des noms hobbits. Le titre original du livre était simplement The Hobbit.

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1 commentaire

  1. Les vrais fans de Tolkien savent que lui-même voulait réécrire le Hobbit pour qu’il colle mieux au ton et à l’histoire du Seigneur des Anneaux… C’est ce que Peter Jackson a fait avec ses films, en liant les deux histoires.

    Tous les ajouts sont utiles et crédibles (le Conseil Blanc avec Galardiel se passe en même temps que la quête d’Erebor, Legolas est le fils de Thranduil donc il est logique qu’il soit dans sa foret, etc).

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