Cérémonies personnalisée : focalisez-vous sur les détails

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Personnaliser une cérémonie civile : voilà le sujet d’avenir pour les pompes funèbres. Et, tandis que les innovations se bousculent sur les salons, il semble important de se rappeler les classiques.
La fausse personnalisation

La personnalisation d’une cérémonie d’obsèques semble, comme cela, être simple. Faire lire à la famille des textes évoquant le défunt, si ils les ont écrit, c’est encore mieux, passer de la musique qu’il aimait, normalement, on ne peut pas se rater.

Non, on ne peut pas. Mais on peut laisser, sans forcément s’en rendre compte, la famille sur un petit goût d’insatisfaction.

Prenons l’exemple de la musique : on enterre tonton qui adorait Creedence Clearwater Revival. Mais tonton adorait Creedence depuis septembre, un revival de sa passion, puisqu’il avait été fan du groupe auparavant en 2004, encore avant en 1992, encore avant en 1983, encore avant en 1972, juste après la séparation… Entre temps, il avait traversé des périodes Deep Purple, country music et Rolling Stones. Chacune de ces périodes correspond à des souvenirs précis d’un membre de la famille. Passer « have you ever seen the rain », dont la tante Yvonne se rappelle, c’est oublier « Jumpin’ jack flash » qui évoque le souvenir de tonton à sa nièce Marie, ou « Child in time » auquel tonton était associé dans l’esprit de son filleul François, ou « Okie from muskaugee », etc…

Faites le test : quelle est votre chanson préférée, là, maintenant, tout de suite, celle que vos proches penseraient à passer à votre enterrement ? Et quelle était votre chanson préférée, il y a cinq ans ?

Donc, oui, la musique choisie est importante, dans une certaine mesure, mais elle ne fait pas une cérémonie personnalisée.

Personnalisation

L’assistant funéraire, ou le Maître de Cérémonies, qui prépare un hommage civil personnalisé doit faire appel aux personnes le plus à même de l’aider : la famille. C’est elle qui peut répondre à deux des trois questions qui aident à matérialiser cet hommage.

Ces questions, elles sont simples :

Le défunt, qui était-il ? (qu’aimait-il, quelle était sa personnalité, ses traits de caractères visibles à travers sa vie quotidienne, ses petites habitudes). Les proches sont les seuls à pouvoir le dire. Le défunt passait sa retraite à jardiner, et, par dessus tout, adorait ses rosiers ? Il est normal que vous ne le sachiez pas quand la famille rentre, mais si vous ne le savez toujours pas quand elle repart, changez de métier.

Qu’est ce que la famille (et les proches) ont qui leur fasse penser immédiatement au défunt ? Encore une fois, vous n’avez pas l’inventaire de ses possessions. Quel objet utilisait-il au quotidien ? Lequel ne le quittait jamais ? Portait-il des lunettes, avait il un canif toujours dans la poche ? Collectionnait il quelque chose ?

Enfin, qu’est-ce que, en tant que Maître de Cérémonies, je vais pouvoir utiliser là dedans ? Là, c’est vous qui passez à l’action : imaginez, proposez, verrouillez. Donnez-vous le temps de le réflexion, faites des propositions à la famille, confirmez-les.

Rappeler tout cela a une double utilité : donner à la famille l’inspiration pour écrire les textes que nous évoquions plus tôt. Leur réussite dépend aussi beaucoup de votre travail. Et donc, à vous donner du grain à moudre. Un petit-fils qui évoque l’image de son grand-père lui taillant un morceau de bois pour en faire une épée avec son canif, aura un impact décuplé si ledit canif est avec lui dans le cercueil. La personnalisation passe aussi par ce qui ne se voit pas, et que la famille aurait oublié sans vous.

Il faut prendre un exemple : tous les soirs, à quatre heures trente, depuis qu’il était à la retraite, tonton, après avoir bu son café, chaussait ses lunettes et se plongeait dans la lecture de son journal, sur lequel il s’endormait invariablement. Lorsque enfin un membre de la famille a évoqué ce souvenir, tout le monde a eu un petit sourire. Ce n’est pas ce à quoi on pense en premier, en évoquant une personne, mais c’est un référent commun : tout le monde a, un jour, trouvé tonton roupillant assis sur sa chaise, lunettes sur le nez, journal ouvert devant lui. Si la famille paie pour une cérémonie personnalisée et que vous ne disposez pas, bien en vue, devant, ou sur, le cercueil, le journal du jour et les lunettes de tonton, c’est impardonnable.

Vous l’aurez compris : préparer une cérémonie personnalisée tient aux petits détails, qui ont l’air sans importance, mais qui jouent un rôle déclencheur dans l’esprit de ses proches. Il n’y a donc pas de recette unique : c’est selon chacun. Prenez le temps d’écouter, et soyez imaginatifs.

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