« C’est difficile à admettre, mais je suis morte… »

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(capture Youtube)

Ces adieux ont ému bien au delà de Jacksonville, Floride, où habitait Emily Debrayda Phillips. Fin mars dernier, en ouvrant leur journal le Florida Times-Union, les lecteurs sont tombés sur sa surprenante nécrologie. Celle d’une femme de 69 ans, décédée d’un cancer du pancréas.

L’institutrice américaine à la retraite a été emportée en 29 jours. Le temps d’être diagnostiquée, de lutter, d’accepter, et de se soucier du futur de ses proches. Alors, elle a pris la plume, et écrit sa propre notice nécrologique. Une forme d’au-revoir posthume, de bilan d’une vie, de dernier sourire bienveillant vers ceux qu’elle aimait.

« Cela m’est très difficile à admettre. Mais visiblement, je suis morte. Tout le monde m’avait dit que cela arriverait un jour. Mais c’est quelque chose que je ne voulais pas entendre, et encore moins expérimenter… », commence-t-elle.

Emily Phillips déroule sa vie. Une existence pleine, mais passée si vite : « Je suis née, j’ai cligné des yeux, et c’était déjà terminé.» Une vie assez commune, sans rien d’exceptionnel au point qu’un bâtiment porterait son nom. Mais une vie heureuse où elle dit la chance d’avoir pu partager l’amour de ses amis, de sa famille.

Son récit est fait de petites choses de l’enfance, sa grand-mère qui cousait des robes, ses débuts comme majorette, sa carrière passée à enseigner et transmettre. Elle raconte aussi la joie d’avoir pu épouser Charlie, l’homme de ses rêves « grand, brun et beau ». Ils voulaient avoir deux enfants. Elle parle d’eux, Bonnie et Scott, qui ont « donné du sens » à leur vie. Elle s’excuse encore, en en riant, de certains vêtements « humiliants » dont elle les a attifés petits, « ce qui ne les a pas empêché de devenirs des adultes accomplis ». Elle parle également avec émotion de ses cinq petits-enfants.

Elle exhorte ses lecteurs : « Faites de vos vies quelque chose d’extraordinaire, n’arrêtez jamais de sourire. » Le fil du temps passe, et les petits moments vécus de peu d’importance en ont pris une l’âge venu. Emily Phillips en convient : les souvenirs qu’elle conserve lui sont, à l’heure de mourir, bien plus précieux que tout l’or et l’argent de sa boîte à bijoux. Se projetant dans l’après, elle imagine : «Aujourd’hui je suis heureuse et je danse. Probablement nue. Je vous aimerai toujours. »

Emily Phillips est décédée le 25 mars. Sa fille a livré sa « fierté » de l’avoir eu pour mère. Les réseaux sociaux américains ont largement relayé le message de l’institutrice. Comme une ultime leçon de vie.

1 commentaire

  1. Très joli. On commence à voir ce genre d’avis de décès dans l’état-civil de notre quotidien préféré, genre : »Il aurait bien voulu vous le dire lui-même mais voilà, il n’a pas eu le temps de vous avertir de sa mort, etc…  » Ca change du sempiternel « sa famille a la douleur de vous faire part du décès de… » même si c’est hélas ce que l’on ressent quand on rédige l’avis de décès.

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