Cinéma : « Mama », fête des mères aux enfers

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mama-208x300 Cinéma : "Mama", fête des mères aux enfers« Mama » est arrivé dans les salles françaises depuis une semaine, auréolé des prix qu’il a raflé dans les festivals. Alors, bon film ou mauvais film ? Bon film, sans conteste.

Auréolé de gloire

Ainsi, « Mama » s’avance enfin dans nos salles de cinéma, auréolée de la gloire que lui confère son carton plein au festival de Gerardmer, Grand Prix, Prix du public et du Prix du jury jeune, le premier film de l’Argentin Andres Muschietti, un Argentin d’origine Italienne devenu pape, du film d’épouvante dans ce cas, dites donc, faudrait pas que ça devienne une habitude. Et la dame en noir n’est pas la pour rigoler : contrairement à beaucoup de films, le métrage ne cède pas à l’artifice du rire salutaire et salvateur, affichant au contraire l’ambition de maintenir une tension continue tout au long du métrage. Ambition atteinte, au passage.

Avec « Mama », le réalisateur adapte un court-métrage qu’il avait lui-même réalisé, adaptation faite avec l’aide, au poste de producteur, de Guillermo Del Toro, connu autant pour ses réalisations (« Hellboy », « Le Labyrinthe de Pan », « L’échine du Diable »), ses scenarii (la trilogie du Hobbit avec Peter Jackson, entre autres) que ses productions (« Le chat Potté », « Splice »). On pourra s’étonner de ce passage du court au long, tant le film, d’une durée de 1 H 45, ne semble pas encore aller au fond de toutes les pistes qu’il ouvre. Ou plutôt, il utilise beaucoup de raccourcis.

De qui ça parle ?

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Megan Charpentier (Victoria, au fond) et la petite Isabelle Nélisse (Lilly), inquiétantes et émouvantes au possible

Victoria et Lily, deux sœurs âgées de 1 et 3 ans sont toutes deux victimes d’un accident de voiture avec leur père venant tout juste de tuer leur mère dans la résidence familiale. Après avoir marché durant des heures dans les bois, ils tombent sur une étrange cabane délabrée et sinistre.

Lorsque leurs père tente de mettre fin aux jours de Victoria, un étrange esprit apparaît et le fait disparaître.

Cinq ans plus tard, les deux filles devenues sauvages sont retrouvées et partent vivre chez leur oncle Lucas et sa compagne Annabel. Mais les deux fillettes sont accompagnées de « Mama », un esprit que l’on pourra qualifier de frappeur.

Et ça ressemble à quoi ?

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Jessica Chastain, impériale dans son rôle de mère malgré elle

« Mama » est un film d’épouvante, au sens noble du terme, et l’on a du mal à croire qu’il s’agit du premier long métrage du réalisateur, tant sa maîtrise des effets est parfaite. « Mama » fait grâce à cela une entrée remarquée dans le club des grands films de « BOUH ! », ces œuvres ou la caméra scrute l’obscur et travelle à travers des décors banals néanmoins rendus sinistres par une sourde présence que l’on devine et croit anticiper jusqu’à ce que soudainement « BOUH ! » vous sursautez sur votre siège parce que Mama vient de traverser le couloir juste derrière Annabel, et re-« BOUH ! » elle vient faire un petit coucou par dessus l’épaule de cette dernière, qui ne se rend compte de rien. Gratuit, inutile au terme de l’histoire, mais peu importe : c’est efficace, on sursaute dans son siège, et on a payé pour ça.

La fin, particulièrement, se fait remarquer. Il y a deux façons de finir un récit d’épouvante : une victoire éprouvante, qu’un ultime rebondissement peut faire passer pour non définitive, ou un carnage total. Andres Muschietti opte pour une troisième voie, mélodramatique. L’intensité émotionnelle du final est une vraie surprise.

Alors, on va le voir, ou non ?

Présenté comme un chef d’œuvre, « Mama » ne l’est pas encore tout à fait. Un soupçon d’effets gratuits, quelques points de détail laissés en suspens, il y a encore quelques petites choses à corriger. Mais le film impressionne par un autre aspect : donnant l’impression d’avoir été réalisé par un roublard ayant vingt films au compteur, ce premier opus laisse augurer de la marge de progression énorme du réalisateur. On attend donc avec une impatience mal contenue le prochain film de Andres Muschietti.

En attendant, on se précipite pour aller voir « Mama ». Parce que, s’il n’est pas le meilleur film du genre sorti cette décennie, il est sans conteste le meilleur, pour l’instant, sorti cette année. Ce qui n’est déjà pas si mal. Et le film a en lui ce qui fait la différence entre un mauvais film d’épouvante et un bon : une profondeur, ici dans la réflexion sur l’instinct maternel.

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