Cinéma : revivez le procès Guy Georges (jour 3)

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(Photo production film SK1)

Dans les années 1990, Guy Georges a été l’un des tueurs en série les plus recherchés. Entre 1991 et 1998 lorsqu’il est arrêté, le criminel a opéré dans l’est de Paris, violant, poignardant. Sur les écrans cette semaine, le film « L’affaire SK1 », signé du cinéaste Frédéric Tellier, retrace cette traque hors norme et le procès qui a suivi en 2001.

Notre collaborateur Olivier Pelladeau, alors chroniqueur judiciaire au quotidien « France Soir », a suivi ces audiences éprouvantes. Comme un feuilleton en temps réel et en 16 épisodes, « Funéraire Info » va publier pendant deux semaines ses comptes-rendus d’époque, comme si vous y étiez. Guy Georges a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans pour ses sept victimes

Jeudi 22 mars 2001. Troisième audience.

« Je n’ai jamais tué

« Ils ont extorqué mes aveux en me giflant, en me versant de l’eau sur la tête, en guidant mes réponses. Quand ils m’ont arrêté le matin, je sortais de la poste, place Blanche. Ils m’ont plaqué sur le trottoir, puis on m’a tiré dans un magasin. Des flics m’ont montré une photo : c’est ta gueule, ouais ? Alors t’es un enculé. Après, au commissariat, à la Brigade criminelle, on m’a tabassé. » Ce qu’un médecin n’a pas constaté.

Niant désormais devant la cour d’assises de Paris les sept assassinats et les quatre tentatives qu’on lui impute, Guy Georges, prisonnier de cette stratégie, ne pouvait que dénoncer les aveux précis passés pourtant chez les policiers et le juge dans les heures ayant suivi son interpellation, le 26 mars 1998 à Paris.

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« Non », affirme t-il plus tard au père de Pascale Escarfail (19 ans), violée et assassinée le 24 janvier 1991 dans son appartement du 14e arrondissement. « Non, je ne l’ai pas tuée. Je n’ai jamais tué de ma vie ».

« Pourtant, vous avez réitéré ces aveux en mai 1999, même si vous atténuez le côté prémédité de l’acte », s’étonne le président du tribunal Yves Jacob.

Guy Georges niant, le magistrat reprend le dossier, et transporte virtuellement la cour le 24 janvier 1991 vers 23 heures. L’accusé (si c’est bien lui) boit à la terrasse d’un café, vers Montparnasse. Pascale Escarfail, étudiante en Lettres à la Sorbonne, petite blonde vêtue de noir, « douce, pudique, intelligente, prudente » selon ses proches, marche dans la rue, revenant d’un dîner entre copines. Il a un flash.

« J’ai décidé de la suivre. Je suis entré derrière elle, rue Delambre, la porte cochère se fermant lentement… » Il la dépasse dans l’escalier de bois, l’attend au sixième étage, sort son Opinel, la menace, la pousse dans l’appartement.

« J’avais alors 22 ans de métier. J’ai été frappé par la froide détermination de l’acte, par cette sauvagerie gratuite », confesse un commissaire. Pascale gît sur le petit lit, dans un renfoncement, le corps perpendiculaire, quasi-dévêtu, de larges flaques de sang autour. Le tee-shirt a été découpé, comme le slip et le soutien-gorge, le gilet remonté sur les épaules. Trois plaies au cou, au couteau : carotide sectionnée, larynx enfoncé. Pas d’empreintes digitales. Du sperme scientifiquement inexploitable. Une lampe de chevet est renversée, le téléphone est décroché, ce qui décidera la famille à s’inquiéter. Des objets manquent : chéquier, carte bleue, stylo de valeur, walkman, lecteur de CD, jetés dans une benne ou vendus aux puces.

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Sur procès-verbal, Guy Georges raconte qu’il l’a ligotée au sparadrap, lui a imposé une fellation, plusieurs autres rapports sexuels. Puis il la tue. Poignardée, Pascale geint : Que fais-tu ? Tu me tues ? » Oui. Le tueur se rhabille, boit une bière, et emporte les objets qui pourraient le désigner.

Un policier : « Des aveux extorqués ? Non. En garde à vue, il était calme, cordial, voulait s’exprimer. Il nous a spontanément parlé de l’affaire Escarfail, donnant des détails que lui seul  pouvait connaître : vêtements, objets volés, description des lieux… »

La défense cherche un autre coupable, rôde autour du petit ami de la victime, avance une histoire de jalousie  qui aurait mal tourné. Mais foi de légiste, on n’a trouvé nul alcool chez la jeune femme. »

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