Cinéma : revivez le procès Guy Georges (jour 9)

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Dans les années 1990, Guy Georges a été l’un des tueurs en série les plus recherchés. Entre 1991 et 1998, le criminel a opéré à Paris, violant, poignardant. Actuellement en salles, le film « L’affaire SK1 », du cinéaste Frédéric Tellier, retrace cette traque hors norme et le procès qui a suivi en 2001.

Notre collaborateur Olivier Pelladeau, alors chroniqueur judiciaire au quotidien « France Soir », a suivi ces audiences éprouvantes. Comme un feuilleton en temps réel et en 16 épisodes, « Funéraire Info » publie pendant deux semaines ses comptes-rendus d’époque, comme si vous y étiez. Guy Georges a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans.

Mercredi 28 mars 2001. Huitième audience.

« Seule la mort pouvait m’arrêter »

« Guy Georges parle, réunit ses souvenirs, hésite, s’énerve quand on met en doute sa volonté toute neuve de se raconter. Premiers récits de meurtres par lui-même à l’audience. La cour d’assises de Paris semble encore comme assommé par les aveux de l’accusé, hier mardi : sept femmes assassinées entre 1991 et 1997, et une miraculée.

A l’écouter, un tueur hantait bien l’est de Paris. Des femmes, il en a d’ailleurs suivi d’autres, au gré de ses pulsions, qui n’en sauront jamais rien. Sauvées par « les circonstances » ou une porte d’immeuble trop vite refermée.

8 juillet 1995. Voici Hélène Frinking, 27 ans, psychomotricienne, hollandaise. « C’est vers la gare de l’Est que je l’ai aperçue. Je l’ai suivie jusqu’à chez elle. Quand elle est entrée sous le porche, j’ai sorti mon couteau. On a monté l’escalier. Elle a ouvert sa porte. On est entré. Elle avait peur. Je lui ai attaché les mains, l’ai bâillonnée. Je l’ai violée. Je l’ai tué. » Il est quatre heures du matin. Son compagnon la découvrira vers 9h15, en la visitant rue du Faubourg Saint-Martin (XXe arrondissement).

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Constatations policières : « Du sang recouvrait une grande partie de la chambre. Sur le lit, au sol, sur les murs. Le corps nu reposait sur le dos, entre le lit et le mur, le cou, la gorge et la nuque entaillés 16 fois. » Sur les poignets, la colle d’un sparadrap. Sous le lit, le slip et un pantalon découpés. Le soutien-gorge est sectionné entre les bonnets. Comme d’habitude. Un Opinel gît dans un coin, un oreiller maculé dans un autre. L’évier de la salle de bain, humide, présente les traces sanguines d’un lavage récent. Deux empreintes d’un pied gauche nu sont relevées, particulières : le deuxième doigt est plus long que le pouce. Le sperme prélevé met en évidence l’ADN de Guy Georges.

Hélène Frinking est rentrée à pied d’une fête, au quartier latin. Elle y enterrait joyeusement la vie de jeune fille d’une amie. La cour présente sa photo à l’accusé, qui la reconnaît. « Peut-on considérer qu’avec le sparadrap et le couteau que vous aviez sur vous, vous cherchiez une fille, ce soir-là », interroge le président du tribunal. « Oui. Les pulsions me prenaient trois-quatre heures avant. »

Me Rault (famille Frinking) le bouscule, au risque de le braquer. Mais la famille veut savoir. « Pourquoi l’avez-vous massacrée ainsi ? » Il l’ignore. « L’oreiller, c’était pour quoi faire ? » D’un ton neutre : « Pour l’empêcher de crier quand je lui donnais les coups de couteau. »

« Vous a-t-elle demandé de la laisser ? » Guy Georges a tenté de l’amadouer. Hélène gagne du temps, cherche sans doute à le calmer. « Elle m’a parlé de son nom, de son âge, de son métier. Elle a sans doute parlé d’autre chose, mais on ne retient pas tout. Elle ne pouvait pas savoir que j’allais la tuer. Moi, j’étais dans un état que je n’explique pas. Conscient sans l’être. Je vais peut-être dire des mots qui font mal. Mais quand je suis comme ça, je suis sans pitié. »

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L’accusé affirme ne plus supporter ce qu’il a fait. Mer Doumic (famille Escarfail) glisse à cet être double que le « bon Guy Georges » aurait pu se rendre. « C’est pas si simple, rétorque t-il. On n’est pas deux. Le bon veut protéger le mauvais. Mais un seul agissait : c’est moi. » Son avocat, Me Ursulet : « Qu’est-ce qui aurait pu vous arrêter ? » « La mort ».

 

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