Embaumement par le Procédé de Swammerdam par imprégnation…

0
540

swammerdam Embaumement par le Procédé de Swammerdam par imprégnation...La période égyptienne est certainement l’une des plus riches en terme d’embaumements; Hérodote, surnommé « Le Père de l’histoire » par Cicéron était un célèbre prosateur mais également un historien grec (484 – 425 avant J-C) qui définissait trois méthodes (1) distinctes d’embaumement selon la caste et les moyens des familles qui confiaient leur défunt aux taricheutes (2) égyptiens.

La méthode qui nous intéresse aujourd’hui est celle inventée par un célèbre naturaliste Hollandais du nom de Jan Swammerdam (1637-1680) qui outre son traité sur l’histoire des abeilles, s’intéressa un moment à un procédé de conservation par imprégnation d’huile de térébenthine.

Cette huile qui découle de plusieurs espèces d’arbres et dont on faisait usage en médecine peut être extraite notamment du pistachier (huile du pistachier ou huile de Scio), du mélèze ( huile de Venise) ou celle encore qui découle du sapin et que l’on nomme la Térébenthine de Strasbourg.

Toutes ces huiles fournissent, dans la distillation avec l’eau, un liquide extrêmement pénétrant et laissent après elles, une résine cassante et insipide (3).

swammerdam1-300x247 Embaumement par le Procédé de Swammerdam par imprégnation...
Planche anatomique de Jan Swammerdam

Swammerdam eut longtemps en sa possession un cabinet de curiosités qui fit l’admiration de tous les étrangers car ce dernier était composé d’une grande quantité de corps embaumés dont les membres gardaient « toute leur moleté et conservaient un teint fleuri, sans dessèchement et sans rides […] on eût dit que c’étaient des hommes endormis, prêt à parler à leur réveil » précise le second tome des Œuvres diverses de M. Thomas (Aux Éditions des Frères Périsse à Lyon en 1773); soit près d’un siècle après la mort du célèbre naturaliste.

Jean-Nicolas Gannal, le Père de l’embaumement moderne, cite dans son livre « Histoire des embaumements » (Aux Éditions Desloges en 1841) la méthode employée par son illustre prédécesseur : «  Il faut qu’on prépare un vase d’étain d’une grandeur suffisante pour contenir le corps qu’on veut embaumer : qu’on y mette, à une distance environ de deux doigts de fond, une petite claie de bois percée de petites ouvertures; que sur cette claie on place un cadavre et qu’ensuite on verse de l’huile de térébenthine à une hauteur de trois doigts; […] de cette manière, cette huile d’une nature pénétrante s’infiltrera petit à petit dans les pores du cadavre sur lequel on l’a jeté et expulsera la partie aqueuse, cause principale de la fermentation qui tend à corrompre. Le corps s’endurcira et s’imbibera du marc épais de l’huile, dont l’effet pourrait se comparer à celui d’une moelle gommeuse, il pourra par conséquent, demeurer hors du liquide et en plein air sans se corrompre, sans qu’on ait à craindre la putréfaction ni les vers ».

L’inconvénient majeur de cette méthode est la lenteur du processus qui pouvait prendre selon Gannal, un mois pour conserver les intestins, plus de six mois pour un embryon du même âge et environ trois mois pour les membranes du cœur.

Gannal reprit l’expérience de Swammerdam à son tour et à la lettre mais n’arriva jamais à la réitérer, du moins sur le résultat final qu’obtint le naturaliste.

Le Père de la thanatopraxie moderne disait de lui  qu’il a pu observer des pièces anatomiques embaumées « avec un tel talent qu’elles semblaient rester flexibles et continuellement molles […] à tel point que les entrailles se pénètrent profondément de ce baume et qu’elles peuvent résister aux atteintes éternelles de l’air ».

Swammerdam et Ruysch (4) n’ont, selon Gannal, jamais fait connaître qu’une partie de leur système de conservation et « qu’avant l’immersion du corps dans l’une des deux liqueurs […] ils lui faisaient (sans doute) subir une préparation ».

La méthode préservait certes l’intégrité interne et externe du corps « ne perdant rien de leur substance ou de leur couleur et ce sans effusion de sang » mais la formule incomplète et le délai imposés particulièrement long du processus ont définitivement scellés le développement et l’éventuelle commercialisation de cette invention….

R. Narabutin, Artisan thanatopracteur

Sources :

www.wikipedia.com

Histoire des Embaumements, procédés nouveaux par J-N Gannal aux Éditions Desloges, 1841

Dictionnaire d’ Histoire Naturelle appliquée aux Arts en 1819 aux Éditions Deterville

De l’embaumement au soin d’hygiène et de présentation moderne : bref retour historique par Hélène Gérard-Rosay, Secrétaire Générale Adjointe de la Société de Thanatologie et Secrétaire Générale de la Société Européenne de Criminologie et de Victimologie (L’esprit du temps, Études sur la mort, 2004)

  1. Les trois classes d’embaumement : La première consistait à une momification par dessiccation des tissus par introduction de natron dans et sur le corps ainsi que la pose de bandelettes. La seconde se pratiquait sans éviscération du défunt mais en dissolvant les entrailles au moyen d’huile de cèdre et la troisième classe d’embaumement consistait au même procédé que la seconde mais sans employer d’huile de cèdre et plutôt un produit moins coûteux.

  2. Les taricheutes étaient le nom que les papyrus grecs donnaient aux individus qui exerçaient le métier d’embaumeur de l’ Ancienne Égypte.

  3. Extrait du Dictionnaire d’ Histoire Naturelle appliquée aux Arts

  4. Médecin et anatomiste qui apprit la médecine avec l’aide de Swammerdam et devint en 1668, professeur auprès des sages-femmes et c’est à lui que l’on doit en premier la découverte de l’existence de valves dans le système lymphatique

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here