Il y a un siècle, un enfer de feu s’abat sur Verdun

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Une boucherie absurde. Une bataille sans conquête territoriale. Un enfer d’artillerie où la seule idée est d’y survivre. 300.000 morts français et allemands. 400.000 blessés. Verdun et ses dix mois de combats dans les collines avoisinantes : c’était il y a un siècle.

Quand l’armée allemande passe à l’attaque, par un déluge de feu le 21 février 1916 à l’aube, elle s’apprête à déverser sur les positions françaises de bord de Meuse deux millions d’obus en deux jours. En quelques heures, des massifs forestiers entiers sont réduits en un vaste bourbier lunaire. Mais contre toute attente, quand les fantassins allemands s’avancent sur un front de six kilomètres, ils vont rencontrer une résistance désespérée, bien qu’éparpillée. L’offensive n’atteint pas son but. Verdun ne tombe pas.

Ses esprits repris, l’état-major français envoie des renforts, renforce son artillerie et réplique, et surtout organise la logistique. Sur la seule route peu près carrossable vers l’arrière circule un camion toutes les 15 secondes. Il y est interdit de stationner. Matériels et hommes y transitent. Une voie ferrée sera aussi construite.

Dans la boue, depuis des tranchés, on se pilonne, on s’écharpe de bois, de colline en trou d’obus, de fort en village détruit. D’offensive en contre-offensive. Une énième, allemande en juillet, échoue à trois kilomètres de la ville de Verdun. C’est le tournant. Les combats âpres se poursuivent jusqu’en décembre 1916.

On ignore le nombre réel de victimes. Verdun est le symbole d’une victoire française défensive. Le champ de bataille, un siècle plus tard, conserve par endroit son paysage chaotique. La végétation a repris sa place. On déterre toujours des obus dans les champs.

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Dès la fin du conflit, il a fallu se préoccuper de mémoire et du devenir des corps des morts. Un ossuaire a été construit sur place à Douaumont à partir de 1920, d’abord provisoire devenu définitif. Des mémoriaux juifs et musulmans s’y sont ajoutés depuis. Dans la nécropole reposent près de 130.000 soldats inconnus, français et allemands, jouxtant un cimetière militaire aux 16.142 tombes individuelles.

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