Interview Sire Cédric

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Sire Cédric, son nom vous dira certainement quelque chose si vous flânez régulièrement dans les rayons policier-suspense de votre librairie. Constructeur tranquille d’une œuvre efficace, il s’est fait à force de travail une place parmi les grands du genre. A l’occasion de la sortie de son livre « Le premier sang », il nous a accordé cette interview.

Sire Cédric s’habille en noir et écrit des thrillers efficaces, ou la mort rôde au détour des pages, ou des policières albinos succèdent à des enfants maléfiques, et l’on pourrait se l’imaginer en écrivain misanthrope, reclus dans une bâtisse sinistre, entouré de collections d’objets impies. On est surpris de trouver un passionné, sympathique et accessible, qui tutoie d’emblée et se rend disponible pour les sollicitations. On sent que Sire Cédric se considère comme un fan du genre parmi les autres, qui a simplement la chance de vivre de son talent.

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Il nous accorde un entretien sur le thriller, le métier, ses collègues écrivains, et nous emmènes dans son univers, en exclusivité pour Mémoire des Vies et Funéraire Info.

Sire Cédric, bonjour, et merci d’accepter de répondre à nos questions. Bon, on va faire simple, tu es l’étoile montante du thriller à la Française, est-ce que cette définition te convient ?

Tant que je ne suis pas une étoile filante ! (Rires.)

Le thriller à la Française, le premier nom qui vient à l’esprit, c’est Jean Christophe Grangé, et on pourra aussi penser à Maxime Chattam, est-ce que tu te sens proche de cette école, ou tu parcours d’autres terres ?

Je me sens très proche de cette école, oui, ce sont des auteurs que j’aime beaucoup. Tu pourrais aussi citer Franck Thilliez, Patrick Graham, Henri Loevenbruck et bien d’autres. Le thriller français bouge énormément. On est loin du polar de nos grands-pères, le genre s’est considérablement métissé, s’est intensifié, et a gagné en efficacité et en qualité stylistique. Je suis très fier d’en faire partie aujourd’hui.

Que ce soit pour toi, comme pour tous ceux qui écrivent du thriller et du fantastique, parfois les deux, la critique cherche le point de comparaison avec Stephen King. Certains un peu plus cultivés citeront, à sa place, Clive Barker pour faire leurs intéressants, et les érudits pourront même parler de Graham Masterton ou James Herbert, mais on est quasiment dans l’étude scientifique du genre, là. Est-ce que ça t’agace cette manie en France de vouloir se situer par rapport à l’école anglo-saxonne ?

Les étiquettes ne me dérangent pas, dans le sens où il en faut pour comprendre à peu près de quoi on parle, et de toute manière on nous en colle quoi qu’on fasse ! (Rires.) Ensuite, comme tu le dis, chacun a ses propres références. Si on cite autant les auteurs anglo-saxons, c’est parce qu’ils sont souvent les meilleurs. King a littéralement fondé le genre, c’est lui qui a créé notre génération d’auteurs (tous les Français qu’on a cités) et il reste inégalé, encore aujourd’hui. Cela dit, quitte à adopter une étiquette, je préfère celle d’auteur de thrillers qu’une autre. Je me sens plus proche de Thilliez ou de Chattam que des auteurs d’épouvante anglo-saxons, c’est sûr.

Donc, tu écris du thriller, tu as un look assez prononcé, et tu es chanteur dans un groupe de métal, je crois. Connaissant l’esprit à la Française, tu n’as pas trop envie de te faire inviter dans les émissions littéraires ou de voir tes livres chroniqués dans Télérama ?

(Rires.) Je reste moi-même, c’est tout. Je trouve même que ça me réussit plutôt bien, jusqu’ici ! Le plus dur, mais ce n’est pas nouveau, c’est de faire ouvrir les livres aux journalistes. C’est pourtant tout de ce que je leur demande. Qu’ils essaient de lire, ne serait-ce que la première page. La suite, c’est le roman qui s’en chargera, ils ne pourront pas le lâcher, ça c’est une promesse que je n’ai pas peur de faire, et quels que soient leurs a priori. C’est toujours l’histoire, jamais celui qui la raconte.

Bon, LA question que tous les écrivains détestent : où trouves-tu tes idées ? Et, puis, plus largement, est-ce que tu as une culture plus orientée polar ? Fantastique ? Tu as des modèles, des gens que tu admires ?

J’ai découvert le plaisir de la lecture en dévorant, adolescent, des romans d’aventures, des contes fantastiques, des thrillers. Ma culture est très métissée, elle est faite de rock, de films d’horreur et de séries télés autant que de polar, de fantastique, de littérature classique, et même de littérature générale (oui, je lis Musso, Nothomb, comme tout le monde). Je suppose que mes idées viennent de tout ça, de ce mélange et de cette curiosité permanente. Des modèles ? Tous les écrivains qui ont apporté leur voix, leur style et leur univers. Tous ceux qui m’apportent de l’évasion, quelle qu’elle soit.

Tu abordes le sujet de la mort. Tiens, prenons un exemple, L’enfant des cimetières, que je viens de finir, et au passage, je pensais pas qu’un marmot défunt pourrait me foutre la trouille, mais bref, sale gosse, file dans ton cercueil, sans dessert, est-ce que mettre en scène la mort d’un enfant, même revenu en vengeur maléfique, a représenté une difficulté ?

Eh bien, non, pas du tout. Certaines scènes du livre sont limite, mais elles servent à chaque fois une idée très précise que je voulais développer, elles font partie intégrante de la narration (tout comme les scènes de sexe, d’ailleurs). Si on les coupait, on ne comprendrait plus du tout l’histoire !

Plus généralement, est-ce que tu te poses des limites, sur certains thèmes, ou le traitement précis d’un sujet ?

Absolument pas, mais il faut bien comprendre que je ne me pose pas la question dans ce sens-là, en fait c’est tout l’inverse. J’écris pour divertir les lecteurs, pour leur apporter de l’évasion, des montées d’adrénaline, mais surtout pas pour les dégoûter ou les choquer ! Mon but est d’inventer une histoire palpitante, que le lecteur soit aspiré dès la première ligne. Et pour ça, tous les moyens techniques sont bons. Je veux que le lecteur en ait pour son argent, que l’histoire fonctionne à la perfection, qu’on ne se rende même plus compte qu’on est en train de lire, et qu’on ait vraiment l’impression de vivre l’histoire aux côtés des personnages. Il n’y a aucune limite à l’imagination !

Tu poursuis la création d’une œuvre, avec ta petite musique propre, et ce n’est déjà pas si courant, vers quoi te diriges-tu ? Où aimerais-tu aller avec tes prochains livres ?

Mes personnages de flics Eva et Alexandre ont encore beaucoup de choses à vivre. On les retrouvera donc, une nouvelle fois, l’an prochain…

Posons les bases de cette question : tu n’as pas le droit de répondre « tous, j’arrive pas à choisir », « aucun, je ne suis jamais satisfait » « le dernier, parce que je progresse à chaque livre » ou leurs variantes. Maintenant la question : parmi les livres que tu as écrits, il y en a forcément un auquel tu es plus attaché que les autres, alors, lequel est ton fils préféré ?

De fièvre et de sang, parce que c’est la première aventure d’Eva.

Est-ce qu’il y en a un qui t’a donné plus de fil à retordre que les autres ?

Le premier sang, parce que c’est la suite, et que je tenais vraiment à la réussir !

Comme on dit dans l’armée, « Repos sur place, vous pouvez fumer », je ne sais pas si tu fumes, mais les dernières lignes sont pour toi, dis ce que tu veux aux lecteurs de Mémoire des Vies.

Merci à tous ceux et celles qui ont suivi jusqu’ici ! (Rires.) Pour les curieux qui auraient envie de lire les premières pages d’un de mes romans, je leur donne rendez-vous à cet endroit : http://www.wobook.com/WBIz43j1Tv5S/Lire-un-extrait-de-De-fievre-et-de-sang-Sire-Cedric.html

Sire Cédric, merci d’avoir pris le temps de me répondre, et à bientôt en librairie !

Merci à toi, et à très bientôt !

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