« Irradié » : douze auteurs pour les enfants de Tchernobyl

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Oui, je vais encore parler de moi… Enfin de ma maison d’éditions, mais attention, c’est pour la bonne cause !

irradié1-208x300 "Irradié" : douze auteurs pour les enfants de TchernobylCar le livre dont je vais vous faire la chronique aujourd’hui, en plus d’être un cocktail d’auteurs talentueux et reconnus, c’est aussi un bouquin dont les droits seront intégralement reversés à Nord-Pas-de-Calais Tchernobyl1, une association dont la vocation est de permettre à des enfants d’Ukraine, victimes de la catastrophe de Tchernobyl, de passer un séjour d’un mois ou deux, dans des familles d’accueil, afin de leur redonner les forces dont ils ont besoin.

Le thème et le titre du livre étaient donc tout trouvés : Irradié.

Bien sûr c’était au choix de l’auteur, on peut être irradié, mais on peut aussi irradier de bonheur, chacun a fait selon son imagination.

Douze auteurs ont répondu présent, tout d’abord le parrain du livre, Monsieur Franck Thilliez lui-même, qui a déjà d’ailleurs été famille d’accueil. Ensuite, il est entouré de douze femmes, car même pour la treizième nouvelle, celle du concours, c’est une femme qui a gagné.

Vous retrouverez donc en plus de Franck : Karine Giebel, Barbara Abel, Claire Favan, Sandra Martineau, Elena Piacentini, Marie Vindy, Gaëlle Perrin, Lucienne Cluytens, Delphine Clapiès, Christelle Mercier, Laura Sadowski et la gagnante du concours Marie-Sophie Villard. A noté que dans la version numérique2 vous trouverez deux nouvelles de plus, celles des second et troisième du concours François Lefebvre et Marylin Bréand.

irradié-4couv-183x300 "Irradié" : douze auteurs pour les enfants de TchernobylLa Quatrième de couverture :

le 26 avril 1986 à 1 h 23, la fusion du réacteur provoque la catastrophe nucléaire du XXème siècle…

Cette explosion a propagé dans l’atmosphère l’équivalent radioactif de 400 fois la bombe d’Hiroshima.

Pas loin de 30 ans après la radioactivité est toujours présente en quantité trop élevée, la zone est toujours contaminée, et des enfants vivent non loin de là.

Des questions aux auteurs :

Sébastien MOUSSE : Vous avez eu la gentillesse de répondre présent(e) à l’appel de Fabien Hérisson, directeur de la collection, pour écrire une nouvelle dans ce recueil. Un auteur est souvent sollicité, pourquoi avoir dit oui ?

Marie VINDY : L’exercice de la nouvelle ne m’est pas naturel mais, comme on m’en a demandé à plusieurs reprises, en particulier pour des revues, je m’y suis mise. C’est une écriture très différente du roman, qui doit être immédiatement pertinente. Cela reste difficile mais aussi passionnant ; une nouvelle doit être comme un bijou précieux. J’ai accepté la proposition de Fabien, d’une part parce que la cause me parait louable et toujours d’actualité, malheureusement, et d’autre part, je me suis sentie flattée de pouvoir entrer dans cette petite communauté d’auteurs rassemblés dans la collection de l’Atelier Mosésu!

Elena PIACENTINI : Pour le sourire de Maryna photographié par Delphine.

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Christelle MERCIER : J’ai accepté d’écrire avec grand plaisir pour ce recueil car c’est une première pour moi de pouvoir allier le plaisir d’écrire et servir une bonne cause. Chaque plume est différente et réunir plusieurs auteurs en un même thème est une idée formidable d’autant plus que ce recueil est destiné à aider des enfants. C’est une manière d’apporter un petit plus à cette association par l’intermédiaire des mots, des fonds reversés et qui je l’espère, permettra aux futurs lecteurs de pouvoir à leur tour s’investir pour ces oubliés.

Gaëlle PERRIN : Lors de la catastrophe, j’avais à peine onze ans. Et l’impression que nous allions tous mourir dans d’atroces souffrances. Le gens ne parlaient que de ça, des retombées radioactives, des morts à venir. Et puis les médias nous ont assurés que le nuage n’avait pas passé la frontière. Nous étions sauvés. Le scénario catastrophe n’aurait pas lieu. Et tout s’est arrêté là. Pourtant, pour ceux qui étaient proches de la centrale, tout continuait. Loin des médias, loin de nous, pauvres quidams.

Lors de l’accident de Fukushima, la même chose s’est reproduite : les retombées allaient être terribles, les eaux contaminées et les maladies nous tomber dessus à bras raccourcis. Rumeurs qui se sont tues aussi vite que pour Tchernobyl.

Là encore, ceux qui ont été irradiés n’ont pas fait la une des journaux. On n’en parle pas. C’est tabou. Rien ne s’est passé.

Alors oui, je suis touchée par le sujet. Parce que ces catastrophes ont existé. Parce que des gens en sont morts. Parce que nous avons tu ces vies détruites.

Un petit texte n’est rien. Si ce n’est de reconnaitre ce qu’il s’est passé. Et de réparer le silence de nos aînés. Une goutte d’eau dans une mer radioactive. Mais qui permettra de diluer un peu l’indifférence générale.

Sébastien MOUSSE : Irradié est le titre et sujet du recueil, pas l’un des plus faciles à traiter. Tchernobyl est encore dans nos souvenirs à tous, mais peu savent les dégâts encore occasionnés là-bas, les dangers du nucléaire, un sujet qui vous touche ?

Lucienne CLUYTENS : Je suis absolument opposée à la course à la surconsommation de l’énergie et au nucléaire en particulier alors que nous avons à disposition des énergies renouvelables non dangereuses. Croire qu’on maîtrisera le nucléaire est un mensonge odieux, générateur de mort pour le seul profit des sociétés.

Karine GIEBEL : Personnellement, j’ai volontairement choisi de contourner à ma manière le sujet du recueil car il ne m’inspirait pas au niveau de l’écriture… Mais le nucléaire et les dangers qu’il représente a toujours été pour moi une préoccupation importante. Le « nucléaire sûr » n’existe pas et l’histoire nous l’a malheureusement démontré. Cela fait longtemps que je milite en faveur d’un changement énergétique…

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Claire FAVAN : Je n’ai justement pas voulu procéder par une attaque directe du sujet. Le but de ce genre de recueil, c’est d’une part de vendre pour que l’association bénéficiaire puisse obtenir un chèque conséquent, mais d’autre part que les lecteurs trouvent du plaisir à lire nos textes et ne sortent pas trop déprimés ou effrayés.

Je pense que le nucléaire est une énergie au-delà des compétences de l’humain que ce soit en termes de maîtrise de l’outil, du traitement des déchets, des soins à apporter aux personnes irradiées…

Bien sûr que chacun de nous est concerné puisque quand le cœur d’un réacteur entre en fusion et échappe à tout contrôle, c’est toute la planète qui paye l’addition. Tchernobyl, Fukushima, autant de catastrophes qui polluent les sols, les océans, les eaux, la nourriture, l’air, qui contaminent les populations et tueront à terme des milliers de personnes. Celui qui ne se sent pas concerné vit sur une autre planète, c’est sûr…

Sébastien MOUSSE : C’est une cause qui te touche où juste qu’être en excellente compagnie, entourée de douze charmantes femmes, ça ne se refuse pas ?

Franck THILLIEZ : Les deux ! Il fallait assurer au milieu de douze auteur(e)s (je n’aime pas mettre de e à auteur), j’espère que ma nouvelle sera à la (h)auteur !

Plus sérieusement, le thème me touche vraiment. Il y a plus de 10 ans, mon épouse et moi-même nous avons justement accueilli une petite fille par le biais de cette association, sur la durée d’un mois d’été. Ce fut une expérience extra, pour nous, pour l’enfant, mais ça m’a aussi beaucoup fait réfléchir. Comment des enfants qui n’avaient pas connu l’explosion de la centrale de Tchernobyl (1986) pouvaient être atteints de graves maladies liées à la radioactivité ? C’est pour cette raison que j’ai écrit Atomka en 2012, j’avais envie de creuser le sujet en profondeur. Remettre le couvert avec une nouvelle pour Irradié était pour moi une nouvelle occasion d’en parler…

Voilà, Irradié est en vente pour la modique somme de 10 € vous aurez 13 nouvelles à lire et vous ferez en plus une bonne action pour les gamins d’Ukraine…Merci.

A noter pour les gens du Nord qui ont dans le cœur le soleil…Que le samedi 28 juin, de 15h00 à 19h00 l’Atelier Mosésu organise un café dédicaces au bar le Vinci 70 rue de l’hôpital militaire à Lille en présence de : Franck Thilliez, Claire Favan, Elena Piancentini, Lucienne Cluytens, Delphine Clapiès, Sandra Martineau et Christelle Mercier.
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Sébastien MOUSSE ©Selene de Condat

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