Jeunes diplômés et carrières du funéraire

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le-diplome-du-bac-tant-attendu-300x208 Jeunes diplômés et carrières du funéraireCertains cursus scolaires mènent sur une voie de garage, mais y en a-t-il qui mènent à la mort ? C’est la question que nous nous sommes posés, après une petite mise au point sur l’intérêt des études.

Des diplômes, mais lesquels ?

« Que faut il faire comme études pour travailler dans les pompes funèbres ? ». J’ai connu un professionnel qui répondait avec une certaine ironie « Eh bien, quand tu auras fini la faculté de médecine, et obtenu parallèlement une agrégation de droit aux cours du soir, tu pourras passer un BEP vente, un doctorat de psychologie puis venir me voir ». Il soutient mordicus qu’un petit jeune a suivi son conseil et fait actuellement partie de l’équipe des astronautes Français, et qu’il lui a envoyé une carte postale pour dire que le BEP vente ne lui avait servi à rien.

Plus sérieusement, il n’y a pas de cursus qui mène aux métiers du funéraire plus qu’un autre. Plus généralement, un bon conseil que l’on pourrait donner à un postulant, c’est d’obtenir un diplôme après le baccalauréat, dans le domaine de son choix, et ce, pour deux raisons.

La première, que nous nous tuons littéralement à expliquer et réexpliquer, c’est que tout le monde ne peut pas travailler dans le milieu du funéraire. Ce n’est pas un jugement de valeurs, cela tient à la sensibilité, à l’histoire et à la personnalité de chacun. Il ne faut pas oublier que notre profession est « à risque » du point de vue du nombre de suicides. Le seul moyen de savoir si l’on est fait ou non pour ce domaine, c’est de le pratiquer pendant un temps plus ou moins long. Avoir un diplôme, une compétence, un savoir-faire autre, est la garantie que l’on peut se retourner, et ne pas rester démuni si l’expérience n’est pas concluante. Au sortir des pompes funèbres, la reconversion est possible.

La seconde, c’est prouver ses capacités d’apprentissage. Les diplômes intéressants, aux pompes funèbres, sont objet d’une formation spécifique et coûteuse. Si celle-ci est financée par l’entreprise, cette dernière va vouloir s’assurer que le candidat pour lequel elle fait un gros chèque est capable d’avoir l’examen. C’est humain : un patron aura moins de doutes en envoyant un jeune titulaire d’un BTS que d’un CAP, et investira plus volontiers sur le premier. Jugement de valeur typiquement français, certes, mais qui existe et doit donc être pris en compte.

Une voie royale ?

Le métier exige certaines capacités qui ne s’apprennent pas à l’école, comme avoir une bonne présentation, et une certaine force physique. Pour le reste, il n’y a pas véritablement de voie royale, même si un certain cursus, pour ceux qui sont absolument certain de leur choix, facilite grandement la compréhension de l’univers funéraire : le Droit.

Le métier étant extrêmement fourni en terme de contraintes légales, maîtriser la loi, globalement, mais plus encore l’esprit du droit, est un plus. L’apprentissage des textes législatifs régissant les métiers funéraires apparaîtra comme une promenade de santé, et surtout, les recherches dans les textes pour les situations particulières et les règlements pointus seront grandement facilitées pour le juriste de formation.

Un cursus commercial technique, comme le BTS force de vente par exemple, est bienvenu. Ce diplôme BAC +2 est bien pourvu en droit, mais apprend également à expliquer précisément une offre, à structurer un discours, et même si elle conduit à des profils plus agressifs commercialement que pédagogues, cet aspect peut être adouci par la formation d’assistant funéraire.

Les lettres sont une valeur sûre pour les Maîtres de Cérémonies : une parfaite connaissance des règles de la rhétorique, un champ lexical étendu capable de monter ou descendre en niveau de langage, une bonne connaissance des textes et un certain goût pour la créativité feront des étudiants ayant fini leurs humanités de parfaits conducteurs d’hommages.

A fuir par contre, la psychologie et la sociologie. Les psychologues sont trop formatés à l’écoute, et pas suffisamment à leur rôle de guide, chargé de conduire la famille sur les chemins du deuil. Le cauchemar absolu étant le diplômé de sociologie, selon un employeur qui a perdu son temps et ses nerfs à expliquer que le travail des pompes funèbres n’était pas constamment de remettre en cause les lois, les techniques et les coutumes, mais de les appliquer. A titre d’information pour les étudiants tentés par ces filières, il y a aujourd’hui 270 000 psychologues en activité (liée directement à leur diplôme) dans toute l’Europe, et 250 000 étudiants… Rien qu’en France.

bac_1-300x165 Jeunes diplômés et carrières du funéraireBon, au final, après le Baccalauréat, je vais où ?

Le premier conseil que l’on donnera au jeune bachelier, c’est de fêter cela dignement, mais avec prudence. Un certain nombre d’entre eux se retrouve chaque année dans les funérariums, mais dans le rôle du défunt.

Ensuite, de passer un diplôme professionnalisant, qui permettra de justifier de son niveau scolaire et de sa capacité d’apprentissage, et lui laissera, surtout, une porte de sortie du métier si l’expérience n’est pas concluante.

Enfin, si l’envie de travailler dans le milieu du funéraire lui est venue devant les Experts ou Six Feet Under, nous lui conseillons surtout de regarder moins la télévision, et de réviser plus. C’est encore la meilleur méthode qu’on a trouvé pour avoir son BAC.

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