La mort selon les religions : les juifs

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Exposition sur la mort au musée du Judaïsme (source : http://www.mahj.org/fr/4_visitesateliers/adultindiv_visiteguidee_mort-dans-le-judaisme.php?niv=1&ssniv=2&subniv=1)

Connaître les religions est indispensable à l’exercice du métier des pompes funèbres : Que l’on partage ou non les croyances du défunt dont l’on s’occupe et de ses proches, il n’est pas possible de respecter leurs volontés sans un minimum de savoir préalable. Nous nous lançons, cette série d’été pour approfondir ces connaissances, en expliquant la mort, et ce qui se passe après, du point de vue des religions majeures. Au pire, si vous ne trouvez pas d’utilité à tout cela d’un point de vue professionnel, cela enrichira votre culture générale. Aujourd’hui, les juifs et la mort.

Mahj-Visite-musee-Mort-judaisme-253x300 La mort selon les religions : les juifs
Exposition sur la mort au musée du Judaïsme (source : http://www.mahj.org/fr/4_visitesateliers/adultindiv_visiteguidee_mort-dans-le-judaisme.php?niv=1&ssniv=2&subniv=1)

La religion juive considère que l’individu est constitué d’un corps (gouf en hébreu) et de l’âme (néfesh). La mort est une séparation de l’âme et du corps à laquelle le défunt est préparé. En effet, la religion juive accorde une place primordiale à la mort, qui n’est qu’une étape vers une autre vie.

Un paradis en terre promise

Le judaïsme ne considère pas que l’après-vie est constitué d’une endroit unique ou de lieux distincts ayant chacun sa spécificité, mais est constituée d’un système de strates, la vie étant le niveau zéro. Plus l’âme est pure, plus elle s’élève dans les strates. Les péchés alourdissent l’âme, l’empêchant ainsi de s’élever. Cependant, l’interjection des vivants, par des prières, peuvent alléger l’âme et lui permettre de s’élever.

Un défunt qui a commis trop de péchés reste au niveau zéro, sur terre, et ne peut s’élever. Immatériel, privé de corps physique, il est ainsi contraint d’errer sans but, sans aucun moyen d’interagir pour satisfaire ses besoins, condamné au désir et donc à la frustration éternelle. Vu comme cela, nul besoin d’une allégorie infernale.

Des rituels extrêmement codifiés

Le corps est enterré dans un délai de trois jours, durant lesquels la réintégration de l’âme est possible. Un homme étranger au défunt vient faire la toilette funéraire, soigner les blessures si il y en a, le vêt d’une robe blanche ou d’un linceul blanc, et couvre la tête avec le Talith, un foulard que chaque juif possède tout au long de son existence.

La mise en bière dure une heure, durant laquelle le défunt est exposé dans son cercueil, en présence uniquement de sa famille. Le même homme qui a procédé à la toilette lit les Tehilim, les psaumes de l’Ancien Testament. Cette lecture est faite à l’attention du défunt : l’âme reste en effet, selon le judaïsme, à côté du corps pendant sept jours, et les psaumes sont destinés à l’interpeller directement et à la préparer à son élévation.

Enfin, le convoi s’achemine vers le cimetière, ou tous, parents et amis, sont conviés. Un éloge funèbre est prononcé, puis des bénédictions, avant l’inhumation. La famille proche jettent de la terre sur le cercueil, puis déchirent un de leur vêtement en signe de deuil. La cérémonie s’achève sur la récitation du Kaddish, prière principale du judaïsme, dans une forme spécifique au deuil.

A partir de l’enterrement, le Kaddish est récité au moins cinq fois par jour pendant un an, ce qui aide l’âme à s’alléger de ses péchés et à s’élever.

La fin des temps

A la fin des temps, l’équivalent juif du jugement dernier catholique, les âmes réintègrent les corps. L’âme reprend donc place dans le corps qu’elle occupait durant sa vie, dans l’état ou celui-ci se trouvait lors de la mise en bière. Cette raison explique que les blessures soient soignées post mortem, et que le judaïsme réprouve la crémation, même si Dieu peut « réparer » les corps.

En Israël, il existe une brigade spécifique, qui, en cas d’attentat ou d’accident important, est chargé de récupérer les moindres fragments de corps et de les réattribuer au bon défunt. Ces spécialistes récupèrent absolument tout sur place, y compris le sang versé au sol. Ces professionnels extrêmement consciencieux sont la manifestation la plus flagrante de l’importance particulière des défunts et de la mort dans le judaïsme.

Note : Le présent article est la compilation d’une vingtaines de sources, par un non juif. La religion hébraïque étant compliquée à comprendre pour un non initié, des erreurs d’interprétations ont éventuellement pu se glisser dans ce texte. Nous prions par avance nos lecteurs juifs de nous en excuser, et toute précision ou correction est la bienvenue.

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