L’art et la mort, danse macabre de Saint-Saëns

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En 1840, Camille Saint-Saëns compose la « Danse macabre », un poème symphonique composé en 1874 d’après un poème d’Henri Cazalis.
L’oeuvre et son contexte

Minuit sonne. Satan va conduire le bal. La Mort paraît, accorde son violon, et la ronde commence, presque furtivement au début, s’anime, semble s’apaiser et repart avec une rage accrue qui ne cessera qu’au chant du coq. Le sabbat se dissout avec le lever du jour.

La première audition en 1875 surprit par l’emploi du xylophone, inutilisé à l’époque dans un orchestre symphonique. Franz Liszt, ami du compositeur, en a effectué un arrangement pour piano seul, qui a été ensuite réarrangé par Vladimir Horowitz.

Tout comme dans son Carnaval des animaux, tous les instruments utilisés viennent jouer un rôle, ce sont de véritables acteurs. La harpe sonne les douze coups de minuit, les pizzicati des violoncelles représentent la Mort qui frappe du talon pour réveiller les défunts, avant « d’accorder » son violon solo sur le Diabolus In Musica et lancer la danse sur un tempo de valse. Le xylophone représente le bruit des os des squelettes qui dansent durant la nuit. Les violons marquent la cadence sur des quintes criardes et rappellent le vent d’hiver et la quinte diminuée du début pourrait aussi suggérer la sécheresse et l’aigreur de la saison.

Trois thèmes sont développés : l’un rythmique, exposé par la flûte ; le second mélodique, énoncé par le violon solo ; enfin, la citation du Dies irae, issu du chant grégorien des monastères, mais il s’agit ici d’un Dies irae sautillant qui sonne bizarrement à la trompette, appuyée par les cymbales ; les esprits infernaux semblent ridiculiser cette phrase solennelle de la liturgie des morts. Ces trois motifs sont valsés. Le thème A se développe sous la forme de variations, le thème B est traité en fugue et à un certain moment, les deux se superposent. On soulignera aussi le déchaînement de l’orchestre, à grand renfort de clameurs dues aux cuivres, exprimant le frénétique, forcenée, de ce monde souterrain. Et, quand le hautbois fait entendre le cocorico, les morts se dispersent.

L’auteur

Saintsaens-230x300 L'art et la mort, danse macabre de Saint-SaënsCamille Saint-Saëns, (1835 – 1921), est un pianiste, organiste et compositeur français de l’époque post-romantique.

Il a écrit douze opéras, dont le plus connu est Samson et Dalila (1877), de nombreux oratorios, cinq symphonies, cinq concertos pour piano, trois pour violon et deux pour violoncelle, des compositions chorales, de la musique de chambre et des pièces pittoresques, dont Le Carnaval des animaux (1886).

De plus, il occupe une place particulière dans l’histoire du septième art, puisqu’il est, en 1908, le tout premier compositeur de renom à composer une musique spécialement pour un film, L’Assassinat du duc de Guise.

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