Le deuil périnatal : La douleur des oubliés par Sarah Berri

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Il n’y a pas de sous-deuil. S’il y a bien un message à faire passer aujourd’hui, c’est celui là. Le 15 Octobre est la journée nationale du Deuil périnatal. Pourquoi est-ce important d’en parler ? Au même titre que le Deuil des enfants, ou celui des personnes âgées le deuil périnatal est socialement tabou et écarté de la société. 

« Comment peut-on se mettre dans un état comme ça pour quelqu’un qui n’a même pas vécu ? » C’est l’insolente question à peine voilée que pose la société à ces parents qui vivent l’impensable.
Entre la lourdeur et la maladresse administrative et le manque de prise en charge et de coordination de l’état et des hôpitaux, c’est toute une partie de la population que l’on fait souffrir.

Un problème de prise en charge
Si un enfant né en vie, ou viable il peut être pris en charge par la famille pour les funérailles. Ce que l’on sait moins c’est que ces funérailles sont possibles aussi pour un enfant né sans vie. Or la méconnaissance et l’absence d’information associées à la douleur, conduisent certaines familles dans ce cas précis à ne pas réclamer le corps de cet enfant né sans vie. Sous dix jours, c’est l’hôpital qui se chargera soit de la crémation collective soit d’une inhumation.
En cas d’absence de certificat médical d’accouchement les corps des enfants sont considérés,   selon leur degré de développement soit comme des « pièces anatomiques d’origine humaine aisément identifiables par un non-spécialiste » soit comme des déchets d’activité de soins à risque infectieux (DASRI).

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Un enfant ne doit pas être un déchet
Comment est alors possible le Deuil lorsque le projet d’une vie est réduit à l’état de déchet infectieux ?   Il faut savoir aussi que lors d’une crémation individuelle, un enfant de moins d’un an ne produit aucune cendre. Cela peut-être traumatisant pour une famille de récupérer une urne vide.
Des choses existes, les Services Funéraires de la Ville de Paris par exemple, ont mis en place il y a quelques années des cœurs en résine déposés dans le cercueil avec l’enfant. À la fin de la crémation la famille récupère ce cœur imprégné des quelques cendres, poussières, résidus. Quelque chose de concret leur est remis, ce qui favorise le travail de deuil.

Pour une meilleure prise en charge
L’État doit sérieusement se pencher sur la question administrative du deuil périnatal mais aussi sur son aspect cérémonial. En attente d’une évolution de la législation, les hôpitaux et les services funéraires doivent davantage créer des ententes et mieux informer les familles sur la possibilité de prise en charge des obsèques par leurs soins.

Il est primordiale de prendre part active au moment des obsèques.  
Le travail de Deuil commence le jour où la peine est reconnue. Une famille ne doit pas seulement être une victime, elle doit être actrice de sa peine.
Si ces familles non pas eu l’opportunité d’accompagner leur enfant dans la vie, c’est toute la société qui doit se pencher et chuchoter à l’oreille des papas et des mamans que le deuil est un droit.

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Par Sarah Berri, le·jeudi 15 octobre 2015

sarah-berri-la-petite-gomme Le deuil périnatal : La douleur des oubliés par Sarah Berri
Sarah Berri, la petite gomme

Et un site: La petite gomme, pour accompagner l’enfant dans des périodes complexes de sa vie…

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