Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne, la terreur Vendéenne

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1751

Pendant la Terreur, période tristement célèbre qui suivit la Révolution Française, toutes les paroisses de Vendée et une partie de celles du Maine et Loire, payèrent leur tribut de ruines et de martyrs. Une, les symbolise toutes : Les Lucs-sur-Boulogne.

Cette petite commune de 2050 âmes à l’époque, vit passer l’horreur de l’épuration révolutionnaire du Grand Ouest, le 28 Février 1794, et qui en garde le souvenir.

 

vitrailvendeen-225x300 Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne, la terreur VendéenneCe jour-là, la colonne infernale du Général Cordellier arrive au bord de la Boulogne. Sur l’autre rive, le curé de la paroisse, l’Abbé Voyneau, âgé de 70 ans, tente de s’interposer entre les soldats enragés et les villageois. Il sera très symboliquement, le premier sacrifié, éventré et pendu, à l’entrée des deux villages du Petit Luc et du Grand Luc. Mais il n’empêchera pas le massacre de son troupeau. Sur les lieux de l’ancienne église, qui fut livrée aux flammes, avec la population qui s’était réfugiée à l’intérieur, une chapelle commémorative garde les noms de 563 personnes identifiées, dont 147 enfants, parmi lesquels 22 n’avaient pas 2 ans.

Contexte

Les habitants du Grand Ouest n’acceptent pas la décapitation du roi Louis XVI et les idées de la Révolution. Dès que celle-ci s’avance dans les terres, avec son principe de « La Liberté ou la Mort », les paroissiens se regroupent en bandes organisées sous le commandement des nobles locaux, les hobereaux, qui sont d’anciens militaires de métier. On appellera alors la zone de Contre-Révolution : La Vendée Militaire.

Cette zone regroupera La Vendée, Le Maine et Loire, La Loire Atlantique jusqu’au sud de la Mayenne et une bonne partie des Deux-Sèvres actuelles.

Les bandes de paysans et de paroissiens regroupés se feront surnommer « Les Brigands » par la Convention et le Comité de Salut Public à Paris.

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Après la mort de Louis XVI le 21 Janvier 1793, les escarmouches et accrochages entre soldats républicains, les bleus, et les paysans vendéens, les brigands, se multiplient dans la Vendée Militaire. L’arrivée de la guillotine en Vendée et des colonnes infernales à partir de 1794 calmera le jeu des grands affrontements bien ordonnés et laissera la place à de petites actions rapides de guérillas contre les colonnes républicaines en marche, car les Brigands connaissent les bois et les routes par cœur.

Ce jour-là

Et donc, le 28 février 1794, les Républicains, sont mis en déroute peu avant le village des Lucs sur Boulogne par une action rapide de guérilla du Général vendéen Charrette. Mis en déroute, les Républicains divisés en deux colonnes, entrent sur le territoire des Lucs-sur-Boulogne, divisé en deux paroisses ; le Grand-Luc avec 2 050 habitants et le Petit-Luc, peuplé d’une centaine de personnes. Face à l’arrivée des colonnes, une partie de la population court se réfugier dans la chapelle du Petit-Luc. Pas en mesure de se défendre, les villageois, principalement des femmes, des enfants et des vieillards se font encercler et massacrer. La quasi-absence d’hommes adultes convainc les Républicains que ces derniers ont participé aux combats sous les ordres du Général Charette. L’abbé Voyneau, curé du Petit-Luc, se présente alors aux soldats et tente de s’interposer. Le Lieutenant Bleu, Martincourt, décide de ne pas faire de quartier et ordonne à ses soldats de charger les villageois à la baïonnette, massacrant et achevant les blessés. Les survivants se barricadent à l’intérieur de la chapelle.

Les Républicains incendient alors l’église.

chapelle-Luc-200x300 Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne, la terreur VendéenneDevoir de mémoire ou oubli volontaire ?

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On a estimé entre 500 et 590 victimes ce jour-là, uniquement côté villageois, ceux-ci n’ayant pas pu se défendre face à une armée constituée de soldats parisiens réguliers. 563 personnes ont été identifiées dans l’incendie de l’église paroissiale, dont 147 enfants.

Le massacre des Lucs-sur-Boulogne a posé de nombreuses polémiques sur le plan historique. Certains historiens affirment que le nombre de victimes correspond à celles de toute la paroisse tombées depuis 1789, les armes à la main, femmes, enfants, vieillards confondus, d’autres affirment que ce chiffre est incontestable et ne concerne que le massacre en lui-même, sur les deux seules journées du 28 et du 29 Février 1794, et ce, grâce au registre des pertes tenu par « les armées » de l’époque et de lettres retrouvées sur des corps de soldats tombés peu après face à d’autres guérillas vendéennes.

On peut encore aujourd’hui visiter la chapelle commémorative aux Lucs-sur-Boulogne, à l’intérieur se trouvent d’immenses ex-voto fixés sur les murs avec les noms des 563 martyrs répertoriés.

Le jour de l’inauguration du mémorial des Lucs le 25 Septembre 1993, l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne (auteur de l’Archipel du goulag) prononça un vibrant discours traçant le parallèle entre l’esprit révolutionnaire des républicains à l’époque et ceux des révolutionnaires bolcheviques en 1917, à propos des victimes de la Terreur et celles du Totalitarisme Soviétique.

Depuis plus de 200 ans, la Vendée n’oublie pas. Elle n’oublie pas ses morts innombrables qui partout, au plus profond des bois ont porté témoignage, en sanctifiant sa terre. Ce fait, représentant de plusieurs autres exactions commises par des français sur d’autres français à l’époque de la Révolution Française, n’est pourtant pas relaté dans les manuels scolaires d’Histoire.

3 COMMENTAIRES

  1. les bleus ont tirés au canon sur la chapelle….la folie révolutionnaire…..la furie anti-chrétienne….
    la République ne reconnaitra jamais son propre génocide…..pourquoi? parce que se serait contraire a son plan diabolique… parce que c’était un génocide contre les catholiques….
    Pourquoi les vendéens ont-ils été massacrés? parce qu’ils étaient restés fidèles à tout:
    A Dieu, au Roi, aux traditions, aux autels…..parce qu’ils étaient catholiques..
    Ne l’oubliez pas: la Révolution française fut principalement anticléricale…..la révolte de l’homme contre Dieu….
    contre l’ordre naturel… le combat du bien contre celui du mal….De Dieu contre Satan…..
    Certains essaient, de démontrer que le génocide n’a pas existé… mais ils sont complètement débiles….
    les faits sont là, les témoignages, les dates, les lieux, les papiers, les décrets de la convention signé de la main meme des conventionnels: Robespierre, Marat, Carnot, Danton, Carrier…et les rapports des chefs républicains à la Convention…..qui font froids dans le dos comme celui de Westermann:
    « … j’ai écrasé des enfants sous les pieds de mes chevaux, massacrés des femmes, je n’ai pas un prisonnier à me reprocher… »
    Alors la France, donneuse de leçon en maire de Génocide, incapable de reconnaitre son propre génocide….mais c’est logique…..les crapules qui nous dirigent sont francs mâcons, comme ceux des autres Etats européens, corrompus jusqu’à la moëlle….

  2. Aidez-moi, s’il-vous-plaît! En 1993 quand Soljenitsyne est venu en Vendée pour l’inauguration du mémorial,
    il a visité un musée souterrain qui racontait à l’aide des personnages en cire la tragédie du massacre des Lucs-sur-Boulogne. J’étais dans son entourage et je me souviens vivement de ce musée . Depuis, je n’arrive pas à le retrouver! Est-ce qu’il existe toujours? Où est-ce qu’il est passé? Est-ce qu’ un musée peut disparaître?

    • Oui, il semblerait que vous vouliez parler du parcours historique qui se trouvait au Logis de La Chabotterie (non loin des Lucs). Il a été depuis remplacé par un espace muséographique entièrement consacré à La Guerre de Vendée et au général Charette. Très intéressant mais pas facile à voir en peu de temps. Aux Lucs sur Boulogne vous avez toujours l’émouvant mémorial inauguré lors de la venue de Soljenitsyne. En 2006 a été ouvert l’Historial de la Vendée, à l’endroit même où s’était tenue la cérémonie hommage en présence du grand homme.

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