Le médecin, ennemi des pompes funèbres ?

2
414
exhumation

Les pompes funèbres et les médecins, une histoire compliquée. Les médecins sont ils les fournisseurs des pompes funèbres, ou les pompes funèbres sont elles le service-après vente des toubibs ? Agacés par ces rapprochements, les médecins cherchent ils à se venger ?

Quand notre cœur fait Boum !

Le 10 mars dernier, un des deux fours du crématorium de Saint Etienne a été endommagé par une explosion. « Ca y est » pensez-vous, professionnel du funéraire « encore un médecin qui a oublié d’enlever un pacemaker ». Préjugé ! Voilà un travers fort déplorable, celui de porter un jugement hâtif, puisque, dans ce cas précis, il s’agit… D ‘un médecin qui a oublié d’enlever un pacemaker, bon, d’accord.

La double mauvaise nouvelle, c’est que le four ainsi détruit est le grande taille, destiné à accueillir les défunts de plus de 100 kilos. Il faudra dire aux docteurs que lutter contre l’obésité, c’est bien, mais il y a un moment ou il faut savoir s’arrêter. Après la mort du patient, par exemple.

Ce qui est gênant, c’est que, dans le cas des porteurs de pacemakers, de plus en plus, les pompes funèbres dépendent entièrement de la bonne volonté et de la conscience des médecins. Miniaturisés, placés dans des endroits certes plus confortables pour le porteur mais qui les rendent indiscernables à la palpation, les pacemakers sont en train de passer au delà de la portée du savoir-faire des thanatopracteurs.

A l’avenir, ces pacemakers indétectables et inatteignables, dépendront entièrement de la bonne volonté et de la consciences professionnelle du corps médical qui voudra bien se renseigner pour savoir si le défunt en portait un et daignera l’ôter. Le plus gênant dans cette histoire, c’est que les crématoriums, en cas de négligence ou d’oubli, en supporteront les conséquences.

Lire aussi :  Inscrivez-vous gratuitement au 1er Salon du Funéraire Grand Sud

La solution ? Elle est simple, expliquent certains : responsabiliser le médecin en lui faisant supporter la charge de la réparation du four, du manque à gagner de l’exploitant et du préjudice moral des familles. Le montant de sa prime d’assurance, gravé au fer rouge dans son esprit, devrait le faire réfléchir.

Arrivé à ce stade, généralement, les premiers mots qui franchissent mes lèvres sont « Ben voyons… »

Y a-t-il un médecin dans la salle ?

Parce que, bien entendu, la solution de frapper les médecins au portefeuille implique qu’il y ait un médecin. Et un portefeuille, mais l’un ne va pas sans l’autre.

Parce que l’autre souci que posent actuellement les médecins aux professionnels du funéraire, c’est qu’il n’y en a plus, dans certaines régions, pour compléter les certificats de décès. C’est le moment ou vous vous dites « Ils radotent, à Funéraire Info, j’ai déjà lu quelque chose à ce propos » et vous aurez tout à fait raison, du moins sur le fait que nous avons déjà publié quelque chose à ce sujet. Pour le radotage, ça me rappelle ma jeunesse, quand on n’avait qu’une orange à Noël… Bref.

La répétition du propos vient de son expansion. Le problème est de plus en plus ancien et dans de plus en plus d’endroits différents. Entre les déserts médicaux, et puisque les druides, sorciers, rebouteux, marabouts et magnétiseurs n’ont pas le droit de prononcer un décès, et les endroits ou les médecins, très sollicités par une patientèle vivante, n’ont juste pas le temps, et pas trop l’envie non, plus, la pénurie devient aiguë.

Lire aussi :  Pourquoi le prix des cercueils va augmenter ?

Baby-boom, croissance de la population sans commune mesure avec les légères évolutions du numerus clausus à la faculté de médecine, et voilà les médecins dans la position ou beaucoup de salariés aimeraient être : celle du plein emploi. A savoir qu’il y a moins d’offre que de demande. Si la sécurité sociale peut encore faire pression sur les médecins pour maîtriser leurs honoraires, en revanche, nul moyen n’existe pour aller les forcer à remplir un certificat de décès. Surtout pas la menace de la « non assistance à personne en danger ».

Amer lundi

Le constat est simple : les pompes funèbres vont de plus en plus dépendre de médecins de moins en moins disponibles et de moins en moins motivés pour les aider. On ne parlera même pas de psychologie, et des soignants qui perçoivent l’arrivée des pompes funèbres comme un constat d’échec.

Alors, les médecins sont ils disposés à travailler avec ou déterminés à travailler contre les pompes funèbres ? En tout cas, ils sont en position de force. Et tout cela peut se résumer à une question d’ego…

2 COMMENTAIRES

  1. Ça devient carrément compliqué de récupérer un certificat de décès signé dans des délais raisonnables. On admet des « vivants » à la morgue et les PF ne peuvent pas travailler…
    Pour les piles, soit elles ne sont pas indiquées sur le certificat, soit elles sont indiquées alors qu’elles sont retirées et on se déplace pour rien… Et là c’est une boucherie sans nom.
    Bref, c’est tendu on va dire.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.