Le SPTIS, Hygeco, les thanatopracteurs et le HIV, rendez-vous chargé au ministère

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C’est le 20 septembre que le SPTIS a de nouveau été reçu par le Ministère de la Santé auprès du Directeur de Cabinet de Madame Marisol Touraine et assisté de Monsieur Staikowsky, le médecin en charge de la Santé Publique.

logo1-300x127 Le SPTIS, Hygeco, les thanatopracteurs et le HIV, rendez-vous chargé au ministèreAprès avoir présenté le SPTIS auprès du cabinet du Directeur de la Santé en France le 6 septembre dernier, nous avions pris un autre rendez-vous capital au sujet du statut réservé aux maladies contagieuses qui pourraient être soumises à autorisation de soin sous la pression de différentes associations qui s’élevaient contre ce type de mesure « discriminatoire ».

Le SPTIS a pu présenter un sondage réalisé auprès de ses membres qui stipulait que 90 % d’entre eux souhaitait pouvoir décider selon leur âme et conscience de la possibilité de réaliser ou non ce type de soins qui n’est pas sans comporter quelques risques.

De plus, les mesures de prévention des risques étant très disparates selon les entreprises employant des thanatopracteurs il nous apparaissait évident que cet acte ne pouvait pas être imposé par une loi sans connaître les avis de chacun.

Le Ministère a semble-t-il bien reçu nos commentaires et a pris bonne note de nos arguments à ce sujet et nous a proposé de nous revoir prochainement afin de proposer un texte suffisamment clair et respectant les positions de chacune des parties car d’après Mr Staikowsky , celui-ci émet l’idée « de ne pas être réticent à la pratique de ces soins mais il faut aussi penser à la santé du thanatopracteur et à l’impact financier » en cas d’accidents comme des piqûres ou des coupures.

Le point 14 du Code de déontologie que nous leur avions présenté concernant le fait d’accepter ou de refuser un soin sur un corps atteint de maladie contagieuse a été soulevé , je cite «  Le thanatopracteur ne peut être contraint afin de ne pas se mettre en danger et selon son libre arbitre d’avoir à traiter des corps porteurs de maladie contagieuse ou susceptible de l’être » et ce Code de Déontologie a d’ailleurs fait l’objet des meilleurs sentiments de la part du Directeur de Cabinet qui l’a aussitôt approuvé.

Monsieur Ivanes a d’ailleurs soulevé le problème des autres maladies contagieuses telles que Creutzfeldt-Jakob ou les hépatites qui, dans ce cas devraient aussi être autorisées sous certaines conditions pour ne pas souffrir de discrimination par la suite.

 Tout en revenant sur l’origine de la création du SPTIS à savoir la prise de position et de stratégie commerciale de la société Hygéco International très agressive et anti-concurrentielle qui nuit à bon nombre d’entre nous, Cédric Ivanes a informé ses interlocuteurs quant à l’action entreprise par le Syndicat contre cette société en étayant ses propos par des faits et des éléments irréfutables ce qui n’a pas manqué d’interpeller Monsieur Chambault qui n’était vraisemblablement pas au courant de ces pratiques…

 Il a été aussi abordé le problème des soins réalisés en domicile qui posent un problème de salubrité et d’hygiène évident, en effet d’un côté, comment peut on exiger d’un opérateur qui construit à grands frais un funérarium de respecter des normes draconiennes pour la construction du laboratoire qui répond à un cahier des charges lourds et onéreux et d’un autre côté comment peut-on encore tolérer des soins dans des domiciles alors que les conditions sanitaires ne sont pas respectées et n’offrent pas un confort de travail pour le thanatopracteur qui « opère » souvent dans des conditions rocambolesques ?

Cette position n’était plus tenable et nous nous sommes positionnés pour la suppression des soins à domicile en émettant toutefois la possibilité de pouvoir ramener le corps dans le funérarium le plus proche afin d’y faire accomplir les soins de conservation en toute sécurité.

Le gouvernement devrait statuer à ce sujet assez rapidement en limitant l’impact financier à la charge des familles dans pareils cas.

Mais il est important de noter que seuls les gens décédés à domicile seraient concernés par cette mesure ce qui représente à peine plus de 10 % des décès en France contre près de 90 % de décès dans des structures médicalisées ou des maisons de retraite qui permettent la pratique des soins de conservation dans la plupart des cas et ce, sans surcoût .

 L’usage d’Équipement de Protection Individuel adapté à notre profession est aussi entré à la table des négociations car il est vrai qu’une fois de plus, il n’y a aucune obligation de protections en la matière et ce quelque soit la nature des corps traités ; il y a donc une carence à ce niveau là qu’il va falloir combler sans négliger une fois de plus l’impact financier que cela peut représenter et donc l’incidence du coût d’un soin.

 Cédric Ivanes et Marine Bichet ont alors soulevé le fait que de légiférer à chaque fois pour chaque problème était une bonne chose si toutefois les lois rédigées par le législateur étaient effectivement suivies mais surveiller individuellement chaque opérateur  est impossible.

De plus, depuis la disparition de la surveillance de certaines opérations funéraires, la récente actualité a été évoquée concernant des personnels non habilités qui réalisaient des soins sans qualification ni diplôme et ce dans une entreprise pourtant connue de la région parisienne et sans que personne ne s’en émeuve malgré les preuves fournies aux différentes autorités compétentes.

Chose à quoi le SPTIS a proposé la mise en place d’un comité de surveillance directement sous la direction du Ministère et composé de professionnels impartiaux afin de contrôler les différents opérateurs dans leur quotidien.

Cette proposition a retenue l’attention de Monsieur Chambault, le Directeur de Cabinet de Madame La Ministre qui nous a invité à prendre contact avec le Ministère du Travail afin d’approfondir, de manière conjointe, cette piste qui lui semble intéressante.

Notre prochain rendez-vous sera au Sénat courant octobre afin de proposer différentes idées et d’informer les sénateurs sur les dangers de la reprise de l’ensemble des thanatopracteurs du Groupe OGF par Hygéco International et sa filiale Post Mortem Assistance (PMA) qui devrait en toute logique réunir les salariés Hygéco International et ceux issus du transfert d’ OGF.

Si le monopole au regard des législations françaises et communautaire n’est pas sanctionné, son abus l’est, surtout si il vise à éliminer des concurrents et c’est ce qui se passe en ce moment et que nous tenons à faire stopper dans les meilleurs délais par des procédures ciblées auprès des instances compétentes qui sauront apprécier le préjudice et quantifier les pertes de chacun. !

 Nous ne manquerons pas de vous tenir informé de la suite de cette entrevue prometteuse….

 Régis Narabutin, Secrétaire du SPTIS

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