Le syndrome de Cotard : quand la mort est bien vivante

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Le syndrome de Cotard est une maladie très rare, classifiée dans les maladies mentales. Il se présente comme un syndrome délirant. Pour faire simple c’est un peu le jusqu’auboutisme de la mélancolie relégué dans la nature paranoïaque.

Son nom, comme la plupart des maladies provient d’un docteur, le Docteur Cotard, un neurologue français qui a décrit pour la première fois en 1880 cette maladie. Le patient qui est atteint de ce syndrome est dans un délire de négation des fonctions vitales et des organes. Dans l’esprit du patient, on y associe plusieurs idées : celle du sentiment d’immortalité, de la négation d’organe ou, est c’est le cas le plus extrême, celui de négation du corps où la personne malade pense que son corps est déjà mort.

En poussant les préoccupations hypocondriaques en ces extrêmes, le sujet atteint du syndrome de Cotard sent ses organes se détruire. Cela conduit à un état d’une extrême anxiété, à des hallucinations, à de l’auto-mutilation, et comme toutes les maladies mentales cela peut conduire au suicide.

Alors non, toutes les dépressions mélancoliques ne conduisent pas au syndrome de Cotard. L’hypocondrie poussée à l’extrême est très difficile à diagnostiquer car le patient se croit guéri, même s’il se croit mort, et donc ne consulte pas, à l’inverse d’un hypocondriaque pour toutes sortes de symptômes corporels. C’est pourquoi il est très difficile de compter le nombre de patients atteints du syndrome de Cotard et c’est qui explique aussi le taux de suicide très élevés chez ces patients.

Même si certaines personnes peuvent développer ce trouble mental en trouble unique, la plupart des malades ont d’autres troubles mentaux, comme la dépression. Encore une fois comme toutes les maladies mentales, les causes sont troubles et très mal connues. Un dysfonctionnement neurologique ? Un choc après un accident ? En raison de ce dysfonctionnement les émotions seraient troubles, et les patients ne sentiraient plus aucune association en se voyant dans le miroir. Ainsi certains cotardiens déclare « ne pas avoir de regard ». D’ailleurs la maladie de Cotard est souvent appelé la maladie du « ne pas ». Cette négativité fait écho dans le récit de vie des patients.

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Les corps restent à l’abandon, les patients ne se nourrissent plus car ils n’ont plus conscience de leurs corps.

Il y a quelques années, aux Etats-Unis, une jeune femme a vécu trois ans en pensant qu’elle était morte. Cas encore plus rare qu’à l’accoutumé car la maladie a tendance à se développer chez les personnes plus âgées – mais ce sont souvent des femmes. Dans son cas, c’est l’absence d’événement qui a déclenché le trouble. Une vie faite de rien, qui conduit à un rien corporel.

Dans le cas des morts vivants, ils sont là sans être là car ils continuent de parler. On assiste alors à une progression abyssale de la négation et de la force de destruction. On passe de « je n’ai pas de cerveau » au fait que le monde autour n’existe pas non plus. C’est d’une douleur morale incomparable car bien présent et absent en même temps, dans une logique d’organisation sociale ou le patient se défend contre la vie, alors même qu’il n’est pas dans une volonté de le faire, il n’y a pas de compromis possible, c’est plus fort que lui. Et là encore la douleur est elle-même paradoxale puisque le patient est dans une anesthésie affective complète. Le « moi » ne peut dire que non au « je ».

 

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