Les lieux de repos du défunt avant mise en bière

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Funérarium Magny-les-hameaux petit salon
Funérarium Magny-les-hameaux petit salon

Les lieux de repos du défunt avant mise en bière ont bien changé. Lors d’un décès, le défunt ne repose plus forcément au domicile, comme c’était le cas il y a encore un siècle. Tour d’horizon des pratiques les plus courantes.

Il y a encore moins d’un siècle, l’on pouvait résumer les pratiques funéraires ainsi : le défunt reposait en son domicile, avant d’être inhumé. Deux évolutions majeures sont venues changer la donne : le développement de la médecine hospitalière, son accessibilité à tous, d’une part, et la création de lieux spécifiques de  »transit », d’autre part.

Les établissements hospitaliers, solution de facilité

Aujourd’hui, quatre vingt-cinq pour cent des décès surviennent dans un établissement de soins, qu’il soit hôpital, clinique, maison de retraite. Ceux-ci doivent, s’il y survient plus de deux cent décès par an, se doter au minimum d’une cellule réfrigérée, et, dans tous les cas, offrir la gratuité de repos du défunt pour une durée de 3 jours (72 heures) après le décès. En d’autres termes, si l’établissement ne peut pas proposer un tel service en interne, le transport de corps jusqu’à une chambre funéraire et le séjour, pour cette durée, est à sa charge.

En contrepartie, les proches du défunts devront se conformer au fonctionnement de la morgue, ou plus joliment chambre mortuaire, de l’établissement. Principalement, les deux sources d’ennuis sont les horaires, puisque rares sont les chambres mortuaires qui ouvrent tard le soir, et le cadre : les chambres mortuaires, morgues et autres dépositoires sont souvent les parents pauvres des établissements de santé. En d’autres termes : le budget va aux vivants, les défunts et les familles en deuil se contentent souvent de locaux lugubres.

Lire notre article sur les précautions de mise en bière dans un Institut médico-légal

Le cas particulier des maisons de retraite

Les maisons de retraite, EHPAD ou autres, sont, au niveau légal, considérées comme le domicile du défunt. Il peut donc y reposer jusqu’à six jours, conformément à la législation funéraire.

La seule disposition particulière étant le dépôt éventuel du défunt vers un reposoir, une chambre funéraire, son repos dans le chambre qui lui a été attribué pouvant poser des problèmes d’hygiène. Si la personne reste dans sa chambre, l’utilisation d’un lit réfrigéré ou la pratique de soins de conservation peut être imposée. Toutes ces solutions doivent être expliquées et dûment mentionnées dans le règlement intérieur que le résident ou son représentant légal accepte et signe lors de son entrée dans l’établissement.

Mais qu’il soit dans sa chambre, ou dans un dépositoire, un défunt qui repose dans la maison de retraite où il est décédé est réputé demeurer à son domicile.

Halle-dentrée-des-chambres-funéraires-à-Albi-e1394026090780-169x300 Les lieux de repos du défunt avant mise en bière
Halle d’entrée des chambres funéraires à Albi

Les maisons funéraires, funérariums, athanées et lieux privés

Pour répondre à un besoin, les entrepreneurs de pompes funèbres ont développé le service de maisons funéraires. Il en existe près de 2000 aujourd’hui en France. L’idée répond à deux constats.

Premier constat : de plus en plus, les gens sont réticents à conserver chez eux les défunts. D’abord la cohabitation, aussi courte fut-elle, avec un défunt, peut s’avérer éprouvante. Ensuite, vivre encore dans un lieu qui évoque l’image de l’être cher, décédé, reposant sur son lit de mort, est de plus en plus insupportable à beaucoup.

Second constat : bien que demandeurs des dépositoires mis à leur disposition par les établissements de soins, les familles n’y trouvaient pas tout à fait leur compte. Comme nous l’avons dit plus haut, les budgets étant consacrés prioritairement aux vivants, ces endroits peuvent s’avérer sinistres, et les horaires d’ouverture par trop contraignants. Ce n’est pas, ceci dit, une généralité : certains établissements, qu’ils soient publics ou privés, prêtent une attention toute particulière à ces endroits, mais ils sont encore trop rares.

Partant de ces observations, les établissements de pompes funèbres ont donc développé les maisons funéraires. Avec leur environnement soigné et les horaires d’ouverture plus flexibles, celles-ci s’adaptent mieux à la demande, pour devenir majoritaire aujourd’hui comme lieux de dépôts de corps avant mise en bière .

Le baroud d’honneur du domicile

Et le domicile dans tous cela ? Pour les raisons évoquées plus haut, le repos du défunt dans une résidence privée est, de règle il y a cinquante ans encore, devenue aujourd’hui l’exception. Bien sûr, difficile de généraliser : selon l’environnement, urbain ou rural, les régions, et les catégories socioprofessionnelles, le nombre peut varier.

Mais les évolutions des mentalités, une certaine forme d’aseptisation sociale peut-être, et une exigence de plus en plus grande vis-à vis de l’hygiène, ont fini par mettre bas cette habitude. La maison est un lieu de vie, peu pratique et inadapté pour recevoir un défunt, qui ne peut se mesurer à tous les lieux que nous avons évoqués, spécifiquement dédiés à cette fonction.

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