Les obsèques libérales sous la présidence d’Emmanuel Macron

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obsèques sous président Emmanuel Macron

Il ne vous aura pas échappé que cette année, c’est Présidentielle. La reine des élections est tellement morose, cette année, qu’on la croirait déjà déchue de son trône. Pour en rire un peu, nous vous proposeront, le vendredi, jusqu’au scrutin, « les obsèques sous… », petit exercice de caricature sans velléités partisanes. Aujourd’hui, c’est au tour du chouchou de ces dames.

Surprise et consternation

Après la liesse de son élection triomphale, avait succédé la consternation. Déjà, des voix appelaient à la démission. Emmanuel Macron n’avait pas seulement pris la suite de son prédécesseur, il en avait repris la popularité exactement dans l’état où François Hollande l’avait laissé.

Le Président Macron avait fait lancer un satellite entièrement dédié aux transmissions de son téléphone portable. Il gouvernait en effet la France depuis l’avion présidentiel, « Brigitte 1 », parcourant le monde pour s’excuser de tout ce que le vil peuple de France avait fait de mal. Il avait même lancé un vaste chantier généalogique pour retrouver les descendants du soldat qui avait brisé le vase de Soisson. Il tenait à leur présenter ses plus humbles excuses pour le comportement de Clovis.

Le Premier Ministre Jacques Attali avait toute latitude pour réformer la France, et il s’en donnait à coeur-joie. Tout le monde semblait heureux, exception faite peut-être du secrétaire d’état aux anciens combattants, François Bayrou.

Un an après

La famille Chombier était épuisée. Le décès soudain de leur mère, cette nuit, d’une allergie aux OGM, un cas fréquent depuis que le Président Macron avait interdit de spécifier si les produits en contenaient ou pas pour ne pas fausser le marché, les avait pris par surprise, et ils s’étaient résignés : la prochaine pompe funèbres où ils entreraient serait la huitième et dernière. Tant pis.

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Ils entrèrent donc aux « Pompe funèbres pas chair », avisèrent un homme occupé à ranger des plaques de granit de la Clarté Made In China, et posèrent la question fatidique « Vous parlez français ? ». Lorsque le Président macron avait ouvert le marché du funéraire aux sociétés européennes, il avait oublié de prévoir que quelqu’un devrait obligatoirement y parler français. Après qu’on lui en eût fait la remarque, le Président hurla un discours resté célèbre ou il fustigeait le français réactionnaire qui persistait à parler ce « gloubiboulga de Latin et de Grec qui l’isolait du reste du monde ». Le chapitre fut clos.

L’homme fit signe que non, avant de désigner du doigt un panneau sur le mur. Celui-ci donnait toutes les indications pour télécharger l’application de l’agence. Le petit-fils Chombier soupira. Il se rappelait avoir lu dans un journal sur le web, « Funéraire Info », un article alarmiste sur l’avenir du funéraire, avant que le journal ne soit interdit pour « mauvais esprit ».

L’application était très simple : on y rentrait le nom du défunt, son adresse, sa religion, et le programme trouvait des créneaux de cérémonie disponibles sur les serveurs des différents lieux de culte et salles de cérémonie. Différentes propositions s’affichaient sur l’écran, la famille choisissait celle qui convenait, puis un écran apparaissait, pour sélectionner le cercueil, puis les options.

Le fils Chombier avait quand même un doute. Il fit comprendre par gestes à l’homme dans la boutique qu’il avait des questions à poser. Ce dernier alla chercher un responsable.

« Pardon, j’ai des questions. »

L’homme fit oui de la tête.

« Les petites urnes, là, on peut en acheter plusieurs pour se partager les cendres ? »

L’homme haussa les épaules « Moi pense oui ».

Le fils Chombier insista « c’est autorisé ? »

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L’homme haussa à nouveau les épaules « Moi pense oui ».

Le fils Chombier réessaya « Ben, vous êtes censé savoir, on ne vous apprend pas ça à l’école des croque-morts ? »

Le responsable éclata de rire « Ecole croque-morts ? Toi drôle. Mettre cadavre dans boîte, et boîte dans grand trou ou bien au four, pas compliqué, pas besoin école, Président Macron il dit ».

Le fils Chombier soupira « J’ai un doute quand même, il me semblait que c’était interdit ».

Le responsable sourit « Pas interdit. Loi dire tout ce qui entrave croissance interdit. Moi vendre plus d’urnes, moi gagner plus argent, ça croissance, ça permis. ». Il sembla penser à quelque chose « Mamie brûler dans trois jours, elle puer. Nous proposer parfum, vingt euros, pas cher ».

En sortant de l’échoppe de pompes funèbres, le fils Chombier soupira sinistrement « Ben quand même, je regrette le temps ou les croque-morts avaient des écoles où ils apprenaient la psychologie… Je regrette vraiment d’avoir voté Macron, je saurais m’en souvenir la prochaine fois ».

Toute la famille le fixa « Mais, t’as pas écouté le Président Macron ? Se faire élire, c’est un cursus de l’ancien temps. Il n’y aura pas de prochaine fois ».

Note aux candidats à la Présidentielle 2017
Nous avons tenté de joindre les équipes de Emmanuel Macron, comme celles de tous les autres candidats déclarés. Si Monsieur Macron est élu président, durant son quinquennat, environ trois millions de français vont mourir. Il s’avérerait extrêmement intéressant de savoir ce que les postulants à la présidentielle envisagent pour le secteur funéraire.
Si ce n’est le candidat lui-même, un conseiller parlant en son nom et capable de répondre précisément à des questions précises satisferait, nous n’en doutons pas, nos un million six cent mille lecteurs.

 

 

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