Les trois morts sur le Tour de France

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Le Tour de France s’achève dans quelques jours, et les plus chanceux pourront entr’apercevoir les coureurs passer à toute vitesse sur les champs Elysées. Mais le Tour, c’est aussi des morts… peu nombreux
Le premier, Francesco Cepeda

Le Basque espagnol Francesco Cepeda, fut le premier coureur décédé du Tour de France, tout du moins pendant la course elle-même, à 29 ans. Si cette mort est évoquée par la plupart des historiens du Tour, elle l’est toujours de manière laconique, sans qu’aucune tentative ne soit faite pour tenter de mettre à jour les raisons et les circonstances du drame.

Lors du Tour de France 1935, il participe comme individuel espagnol avec Vicente et Bachero. Le 11 juillet lors de la 7e étape Aix-les-Bains-Grenoble, après avoir rejoint René Vietto dans la descente du col du Lautaret, le pneu avant de Cepeda crève et il tombe violemment. Transporté à l’hôpital de Grenoble, il y meurt le 14 juillet.

Le second, Tom Simpson

Tom Simpson trouve la mort sur les pentes du mont Ventoux lors de la 13e étape du Tour de France 1967. La fatigue, la chaleur étouffante (35 °C), l’effort, la privation d’eau (le ravitaillement en course sera autorisé dans les années suivantes), la prise d’amphétamines (dont on retrouva plusieurs tubes dans les poches de son maillot) et, l’acceptation du cognac des spectateurs sont les facteurs qui ont provoqué le dépassement des capacités thermorégulatrices du corps, provoquant un malaise et l’évanouissement du champion.

Il gît quarante minutes à même le sol après être sorti de la route avant de mourir dans l’hélicoptère pour Avignon. Dans l’étape du lendemain, à Sète, le peloton laissa la victoire à son coéquipier et ami Barry Hoban, qui épousa Mme Simpson quelques années plus tard.

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Un an avant cet épisode dramatique du mont Ventoux, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage. La mort de Simpson agit en électrochoc et déclencha la lutte anti-dopage sur le Tour.

Le troisième, Fabio Casartelli

Le 18 juillet 1995, lors de la 15e étape du Tour de France disputée entre Saint-Girons et Cauterets, il chute lourdement dans la descente du col de Portet-d’Aspet. Alors qu’il ne portait pas de casque en raison de la chaleur, sa tête heurte un plot en béton qui borde la route. Héliporté vers le centre hospitalier de Tarbes, il souffre de graves traumatismes faciaux et est victime de trois arrêts cardiaques durant son transfert. Il meurt à la suite de ses blessures.

Le lendemain, le peloton, après une minute de silence, prit le départ de l’étape, qui fut neutralisée par les coureurs. De même, Lance Armstrong qui gagnera quelques jours plus tard à Limoges, lèvera le doigt au ciel en hommage à son équipier.

En octobre 1995, une stèle en marbre blanc est érigée à l’endroit du drame. Il est de coutume que les coureurs du Tour de France respectent, en signe de recueillement et en mémoire de Fabio Casartelli, une minute de silence à cet endroit si la route du Tour emprunte le col du Portet d’Aspet.

On peut observer sa bicyclette dans l’état après sa chute dans la chapelle Madonna del Ghisallo.

Trois seulement ?

Officiellement, donc, seulement trois coureurs sont morts sur le Tour de France. Mais combien sont morts du Tour de France ? On pensera à Marco Pantani, mort dans des circonstances troubles après avoir subi le soupçon, ou encore à Laurent Fignon, qui confessa avoir pris des « doses ridicules » de produits dopants, sans doute à l’origine du cancer qui l’emporta.

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