Maladies professionnelles : mourir pour gagner sa vie

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Photo France 5

Chaque jour en France, entre six et dix personnes meurent de maladies professionnelles. Pourtant, plus de deux millions de salariés continuent d’être exposés à ces cancérigènes sur leur lieu de travail. Ce mardi soir (20h40), France 5 dresse un état des lieux inquiétant dans le documentaire « Perdre sa vie à la gagner ».

Il faut croire que les prises de conscience passées (procès de l’amiante notamment) et des technologies de production plus modernes n’ont pas eu d’échos. D’autant que la crise économique n’a pas tiré la sécurité au travail vers le haut : précarisation, sous-traitance, pressions exercées pour conserver son emploi… « A croire, comme l’explique un intervenant dans le documentaire que « la question de la santé des salariés ne fait pas partie des préoccupations ni des chefs d’entreprises, ni des pouvoirs publics. Malgré les obligations de sûreté inscrites dans le Code du Travail.

Chaque année, 30.000 personnes développeraient un cancer imputable à leur activité. Or, rappelle ce film signé Liza Fanjeaux, la Sécurité sociale ne reconnaît que 2.000 cas de maladie professionnelle par an.

Témoin le cas raconté ici de Christian, ancien ouvrier verrier à Givors, près de Lyon. Il a succombé à un cancer de la gorge en 2012. En fabriquant bouteilles et pots en verre, il a respiré à longueur de journées des fumées d’huiles cancérigènes. Après sept ans de souffrances, son travail l’a tué. Faire reconnaître sa maladie comme en étant la conséquence aura été son dernier combat. Un long chemin de croix. L’association locale des anciens verriers mène ce combat. A 60 ans, la moitié d’entre eux sont déjà morts.

Le documentaire rencontre aussi Patrick, un Charentais de 51 ans. Lui souffre d’un cancer du poumon. Il a travaillé à fabriquer des batteries pour l’industrie. Selon lui, son employeur (qu’il attaque désormais) avait été alerté des dangers, mais les a occultés, pour des raisons économiques. Un ancien médecin du travail dresse ce constat inquiétant : Faute de bonnes conditions d’activité, «on voit des gens travailler comme on le voyait dans les années 1970». Ils manipulent des substances dangereuses, sont au contact de métaux lourds, inhalent des produits chimiques. Sans savoir souvent combien cela est dangereux.

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