Le monopole des taxis à la place du mort (humeur)

0
696

Les taxis viennent de se faire débouter par le conseil d’état de leur action contre les voitures avec chauffeur : c’est clairement un monopole qui vient de tomber. Le lien avec le funéraire ? Élémentaire, voyons…

Taxis-300x194 Le monopole des taxis à la place du mort (humeur)Joe le taxi, c’est pas mon ami

Je n’aime pas les taxis parisiens, après les avoir pratiqués pendant quelques temps. Pas au point, néanmoins, de leur préférer le métro : pour le provincial que je suis, prendre le métro revient à aller à la mine bénévolement. Mais j’en suis parvenu à la conclusion suivante, qu’il y avait trois style d’hommes qui allaient sous terre de leur vivant : les mineurs de fond, qui y étaient obligés pour gagner de quoi nourrir leur famille, les spéléologues, que le grand claustrophobe que je suis a classé dans la catégorie « pathologies psychologiques graves » et les parisiens, pour une raison claire une fois qu’on a pris un taxi là bas.

Ceci ne tient pas pour les taxis de province, qui sont pour la plupart très sympas. Ni pour le chauffeur de taxi parisien qui nous as conduits, ma compagne et moi-même, à Bercy pour le concert de Rammstein.

Mais tous les autres, de ma connaissance en tout cas, non. Ne pas dire bonjour à un client, déjà, surtout quand celui-ci vous salue, tend à entamer le trajet sur une mauvaise base. M’assurer qu’en fin d’après midi, il pourra facilement me conduire de la gare de l’Est à Montparnasse en une demi-heure et le faire en une heure quinze, sans m’adresser un mot alors que, sur la banquette, je me décompose en voyant l’heure tourner moins. Enfin, prétendre être un taxi parisien alors qu’on passe sa vie à attendre sur la commune de Roissy tient de l’escroquerie pure et simple.

Lire aussi :  Sexe, drogue, et pompes funèbres : pourquoi vous allez cliquer sur cet article.

La plupart des gens que je connais qui ont pris un taxi parisien les tiennent pour des gens épouvantables. C’est donc avec une certaine jubilation générale que les clients se sont tournés vers les voitures avec chauffeur.

Nestor, au château, je vous prie

Voilà un service bien, la voiture avec chauffeur. Vous vous acquittez d’un forfait pour aller d’un point A à un point B, peu importe les circonvolutions que le chauffeur devra pratiquer pour y parvenir à travers les embouteillages, à l’heure convenue, la voiture attends, ponctuelle, à l’endroit convenu, le chauffeur, vêtu impeccablement, propre sur lui, vous salue avec courtoisie lorsque vous arrivez, et vous propose d’écouter la station de radio de votre choix plutôt que de vous imposer un match de foot. Certaines compagnies, paraît il, imposent à leurs chauffeurs de lire la presse, au cas ou le client aurait une soudaine envie de débattre de la situation au Moyen-Orient.

Tout cela pour une somme excédant un peu, mais à peine, le prix d’un taxi pour le même trajet. En somme, ces personnes rendent le service que les taxis devraient rendre.

Ce qui rend ces derniers furieux, songez : face à cette concurrence, ils vont devoir se battre pour conserver leur monopole, parce que, si le monopole tombe, alors ils seront obligés de dire bonjour à leurs clients et d’arrêter de se comporter comme si ils leur accordaient une faveur, sous peine de disparaître.

Tout cela va au final dans le sens du consommateur : la bataille se jouera pour certains sur les prix, pour d’autres sur la qualité de la prestation, mais à aucun moment sur le fait que, de toute façon, le client n’a pas le choix, c’est ça ou rien.

Lire aussi :  Je quitte Funéraire Info et je vous dis, à bientôt

Bien entendu, on entendra ici et là des voix s’élever pour dénoncer l’arnaque de certaines compagnies de voiture avec chauffeur qui auront des pratiques cavalières. Mais l’on se rendra compte de deux choses : la première, c’est que ces voix seront souvent à la fois juge et partie, et la seconde, c’est que les taxis ne sont pas non plus forcément tous honnêtes. Au moins, le client aura eu la possibilité de choisir.

Tout cela pour dire quoi, au fait ?

Ah, oui : au final, le but de cet article était de faire un parallèle entre le monopole des taxis qui est en train de tomber, et celui des pompes funèbres qui a chût il y a une vingtaines d’années. L’idée était de faire une apologie de la libre concurrence, d’un marché sain avec une éthique rigoureuse ou le client aurait libre choix parmi une variété d’offres.

Il me semblait important de souligner que les monopoles finissent toujours très mal, en cette époque troublée ou certains en expriment la nostalgie.

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here