Plagiat, plagiaire, plagistes et Funéraire Info

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105144_13235865_460x306 Plagiat, plagiaire, plagistes et Funéraire Info
(Source : http://www.sudouest.fr/2010/05/31/un-logiciel-anti-plagiat-dans-les-lycees-et-universites-105144-2780.php)

Le plagiat jette l’opprobre ou la tehon, si vous êtes jeune et ne connaissez ni le mot opprobre ni le dictionnaire, sur celui qui le commet. Dans cette société d’informations, peut on vivre sans plagier ? Vaste question.

Plagiat sur le sable

Il y a deux définitions au terme plagier, une incorrecte et une correcte. L’incorrecte consiste à croire que plagier est le verbe qui désigne l’action de s’allonger sur une serviette elle-même étendue sur du sable, tout cela parce que dans plagier, il y a « plage » et qu’on est en été. Le verbe plagier vient du mot plagiaire, qui lui-même vient du latin plagiarus, qui se traduit par « voleur d’homme », le « d’homme » à la fin étant à interpréter comme un adjectif qualificatif, comme dans « ce diable d’homme », et qui était utilisé dans le droit romain pour définir celui qui avait en sa possession le fruit d’un vol. On appelle cela un receleur, maintenant.

Le plagiaire est donc par définition celui qui s’approprie le bien d’autrui, en en revendiquant la propriété bien qu’elle soit illégitime. Le plagié peut exprimer son courroux de différente manière, généralement proportionnée à la faute commise. Par exemple, tu me voles une fois un texte, je te signale que ce n’est pas bien. Tu me voles deux fois un texte, je te signale que ce n’est vraiment pas bien et j’envoie un courrier au directeur de la publication. Tu me voles une troisième fois un texte, j’appelle mon avocat. Par contre, tu me voles une fois ma femme, on en retrouvera jamais les morceaux de ton cadavre. C’est ce qu’on appelle une réaction proportionnée.

Courtoisie, seconde définition du jour ?

Récemment, nous avons reconnu un de nos articles sur le blog d’un animateur de télévision et de radio, spécialiste des médias. L’homme en question n’est pas directement impliqué : il est en vacances. Son blog étant géré par des équipes, c’est probablement un stagiaire qui a fait un copier-coller.

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Entendons-nous bien : ce qui nous chagrine, ce n’est pas que le plagiaire ait repris notre information. C’est qu’il ait oublié de nous remercier à sa façon. Nous aussi, nous recourons allègrement au copier-coller, dans le revue de presse du matin. Mais nous ne mettons pas tout l’article, et nous en indiquons la source. Si l’info vous intéresse, et que vous voulez lire l’article en entier, vous allez chez le confrère. Sinon, vous la notez dans un coin de votre esprit, et vous savez qui a publié en premier. C’est de la courtoisie professionnelle. Cela s’applique si l’info est exclusive à un média.

Ce n’est pas seulement parce que l’info en question, nous étions les premiers en France à la publier, parce que l’administrateur du site avait passé son week-end à faire de la veille info, comme nous le faisons en permanence, que nous avons fait la tête. Après tout, l’info en question était parue sur les médias américains, et le plagiaire aurait aussi bien pu aller glaner de la matière sur le web, sans dire qu’il l’avait découvert chez nous. C’est mal vu du point de vue de la déontologie, impoli de professionnel à professionnel, mais pas vu, pas pris. Non, ce qui nous a agacés, c’est qu’il nous a tout piqué, fautes d’orthographe incluses

L’eau r’thaugraffe

Voyez-vous, nos fautes d’orthographe, nous les aimons. Oui, je sais, c’est paradoxal, vu que nous passons beaucoup de temps à les chasser, les traquer sans répit, les abattre sans sommations, mais nous savons qu’elles, comme leurs sœurs les coquilles, sont inévitables vu les cadences. Une fois commises, publiées, c’est trop tard. Alors, on s’y habitue, et on finit par les aimer. Parfois, pas toujour, elles nous rappellent notre enfance, quand on butait sur un mot et qu’on passait ses soirées à copier « Toujours prend toujours un S ».

Qu’on nous pique nos infos, c’est une chose. Qu’on nous pique nos textes, c’en est une autre. Nous, on n’a rien contre, tant que l’on dit que le texte vient de chez nous à l’origine, et qu’on ne le modifie pas pour lui faire dire autre chose que ce qu’il dit. Mais qu’on nous pique notre texte et nos fautes d’orthographe sans dire que ce sont les nôtre, ça, ça nous fiche toujour en rogne.

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Pareil pour les photos. C’est compliqué, mais, lorsqu’on la connaît, l’on essaie d’indiquer la provenance de la photographie. C’est une courtoisie vis à vis du type qui tenait l’appareil en patientant pendant que les petits se mettaient devant et les grands derrière, sauf les petits qui se croyaient grands et tonton machin qui faisait une grimace, comme d’habitude. Et de plus en plus, des photos publiées sont prises par nous ou par des lecteurs qui nous les donnent. Comme des photos de crématoriums prises par le directeur de Funéraire Info. On veut bien que vous les publiiez, à condition de voir notre nom écrit quelque part. Honnêtement, quand on voit le prix qu’une agence vous demande pour un simple cliché dans une banque de données, on est vraiment cadeau.

Bref. On ne va pas déranger notre avocat pour ça. C’était juste pour dire, comme ça, en passant, que les droits de nos publications sont bien entendus réservés et qu’on pourrait, si on le voulait. On ne le fait pas. Mais on a les captures d’écran.

3 COMMENTAIRES

  1. Bravo pour le fond et la forme de ce billet.
    MAIS
    Il semble bien que plagiaire vienne de « plagiarius » (du grec « plagios », oblique, fourbe) et non de « plagiarus » comme vous le proposez. Cette coquille fut commise par Roland de Chaudenay en 1990 dans son « Dictionnaire des plagiaires » publié chez Perrin. Mais il se racheta discrètement en 2001 en corrigeant l’erreur dans la nouvelle édition qu’il donna en 2001 chez le même éditeur sous le titre « les Plagiaires – le Nouveau Dictionnaire ».
    Je n’ai pas aujourd’hui à ma disposition le matériau critique propre à étayer mon affirmation, mais je pourrai vous fournir tous les éléments dans quelques jours si vous le souhaitez.
    J’aurais les mêmes réserves sur le sens du « plagiarius » latin si je n’étais pas étonné et séduit par ce « voleur d’homme » que vous interprétez comme un « homme voleur », tout simplement. Pourtant, selon ma documentation, encore et provisoirement inaccessible, le « plagiarius » est « celui qui détourne et recèle les enfants (les esclaves) d’autrui ». Par extension, depuis une épigramme du poète Martial, me semble-t-il, ce « plagiarius » a pris le sens de voleur littéraire. Tout cela est constamment étayé par ma documentation. Mais je serais fort intéressé de savoir ce qui, dans la vôtre, vous permet cette interprétation hardie et intéressante.
    A suivre ? Si vous le voulez.

    • Merci pour les compliments et les précisions.
      Mes sources sont le Larousse Étymologique de 1991 en édition poche et le Wiktionnaire de 2013. En ce qui concerne le « voleur d’homme », c’est une interprétation personnelle en m’appuyant sur les règles de version du livre « 40 Leçons pour découvrir le latin ». Il est vrai qu’à aucun moment, je n’ai songé aux esclaves qui auraient pu donner tout le sens à l’expression originelle.
      C’est avec plaisir que je poursuivrai la discussion avec vous, mais manifestement vous êtes plus au fait que moi de ces subtilités, ce serait un débat inégal, et il est manifeste au vu de vos arguments que vous avez raison. En revanche, comme le dit le directeur de la publication ci-dessus, c’est avec plaisir que nos colonnes vous sont ouvertes. Et pas seulement en commentaires, si cela vous intéresse.

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