Pompes funèbres, bon buzz et bad buzz en thalasso

1
848
Faire le « buzz » est un art délicat : il faut trouver le bon sujet, et surtout, éviter que le « buzz » devienne « bad ». Mais ce fameux « bad buzz » peut parfois s’avérer plus complexe qu’on en le croit… Décryptage et explications du premier intéressé.
Bad buzz

Le buzz, c’est tout simplement une information qui devient virale. Le Bad Buzz, c’est une information virale qui revêt une connotation négative pour qui en est l’objet.

Bien entendu, nous avons en tête cet entrepreneur de pompes funèbres Breton, qui offre aux familles qui viennent chez lui pour organiser un convoi (sous certaines conditions) une thalasso pour deux personnes. L’idée : « Pour que vous puissiez prendre le temps pour ses différentes étapes de Deuil (…) La thalassothérapie vous permettra de vous relaxer et de vous reposer… Ce sera une parenthèse de bien-être pour recharger l’organisme en énergie. » (source : page Facebook de l’entreprise).

En quelques jours, presse écrite, locale puis nationale, radios, télévisions, s’en étaient emparés pour présenter l’information brute, sans analyse, parfois de manière un peu biaisée. Quelques journalistes au dessus de tout soupçon se sont mués en ayatollah de la décence…

Et les commentaires furent du même acabit, jusque y compris dans les milieux du funéraire, ou, pour certains, l’entrepreneur s’était « tiré une balle dans le pied ». Est-ce si sûr ?

Bon buzz ?

Parce que nous avons relayé la nouvelle pendant plusieurs jours sur notre page Facebook, et nous avons assisté à un phénomène auquel nous ne nous attendions pas : certains lecteurs, qui avaient fortement tempêté contre l’offre, revenaient avec quelques jours de recul pour dire que, finalement, ce n’était pas idiot. La tendance, certes, ne tient pas du raz-de-marée, mais la tendance est, soit de réviser ou d’atténuer son opinion, soit de ne pas insister dessus. En somme, ce n’est pas si grave…

Lire aussi :  Devenir franchisé Philae service funéraire !

Est-ce que l’entreprise se tire une balle dans le pied ? Je ne le crois pas. Il y a en fait deux catégories de personnes importantes.

La première catégorie est constituée des familles qui ont fait appel à la société, et leur opinion est déjà faite. Le contact établi, il est probable qu’elle s’en ouvriront, au besoin, avec l’entrepreneur, qui aura l’occasion de justifier sa démarche. Mais l’offre commerciale restera annexe de la prestation, l’élément le plus important que la famille aura déjà constaté.

La seconde est constituée de personnes qui ne connaissaient pas l’entreprise et qui se trouvent sur sa zone de chalandise. Certaines familles seront peut être, leur curiosité attisée, enclines à se renseigner plus avant et à glisser ces pompes funèbres dans leur carnet d’adresse. D’autres, offusquées, s’en détourneront… Mais quelles chances avait cette entreprise de gagner des clients qui n’ont jamais entendu perler d’elle ?

De toute façon, le buzz est un feu de pailles : dans trois mois, personne ne se rappellera avec précision de cette information, et plus encore, de quelle société il s’agit.

Alors ?

Alors, pour savoir ce que ce buzz a donné, au final, nous avons donné la parole à l’intéressé, Olivier Ricordeau.

« La Thalasso », explique Olivier Ricordeau, directeur des pompes funèbres Au Fil du Temps, « c’est un moyen de me démarquer. Nous sommes une petite entreprise familiale, et nous devons nous différencier de l’offre existante, surtout le low cost. » C’est ainsi qu’est venue l’idée de la thalasso « Nous avons un contrat avec le centre » explique le chef d’entreprise.

Lire aussi :  Alerte sécurité et réglementation sur le matériel de levage

Mais le buzz, mauvais ou bon ? « Bon, sans conteste » précise Olivier Ricordeau. certains médias ne se sont pourtant pas montré tendre avec lui « Oui, c’était le risque. Tant pis : ils ne se sont pas intéressés à nos motivations, à l’environnement concurrentiel, aux raisons pour lesquelles nous le faisions ». Du côté des familles, c’est un autre son de cloches « On est littéralement submergés de demandes de renseignements par mail et par téléphone, les gens sont curieux et intéressés ».

De ce point de vue, l’objectif est atteint :  faire connaître son entreprise, se démarquer et susciter la curiosité pour avoir une chance de défendre son offre. Du bad buzz comme ça, on en connaît beaucoup qui vont l’envier…

Guillaume Bailly

1 commentaire

  1. Olivier Pelladeau n’avait pas l’air de cet avis, il y a quelques jours, quand il a écrit l’article pour votre magazine. Ou alors, j’ai mal interprété ses propos, ce dont je vous demanderai de bien bouloir m’excuser….

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here