Pourquoi la mort d’un animal nous touche plus que -parfois-celle d’un humain ?

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Les loups et les chatons d’abord ! C’est internet, comme dans de nombreux cas, qui révèle beaucoup du comportement humain. Si les marches blanches se sont multipliées au décès d’un enfant, il n’en reste pas moins, que le décès d’un animal fait vite le tour de la toile. Bien plus qu’un soldat, bien plus qu’une personne âge.( A l’exception des enfants, et nourrissons, qui restent parmi toutes les études ceux vers lesquels nous avons le plus d’empathie ) Mais…pourquoi ?

En faisant ma revue de presse ce matin, je suis retombée sur le sujet du lion Cecil, qui avait crée une vive polémique. De nouveaux éléments viennent appuyer l’horreur de la fin de cet animal dont de nombreuses personnes s’étaient indignées.

Lion-Cecil Pourquoi la mort d’un animal nous touche plus que -parfois-celle d’un humain ?

Lorsque Facebook pleure

On est bien loin de la photo de Kim Phuc, l’icône brûlée de la guerre du Vietnam. Aujourd’hui lorsqu’on voit un enfant mort sur les plages, les internautes ne versent que peu de larmes, et entre les trolls et les extrêmes en tout genre, on voit des choses horribles comme des « bien fait » qui traînent ci et là entre deux commentaires, comme si la mort était la réponse aux problèmes de ce monde. En comparaison, dès qu’un Safari pointe le bout de son nez, c’est une ola d’indignation qui se soulève. Un chat balancé contre un mur ou un hérisson immolé par le feu, et c’est tout Facebook et Twitter qui passe du bleu ou rouge.

Dans l’imaginaire collectif, qui est, la source de nombreux dissensions, cette manière de prioriser la mort d’un animal par rapport à la mort d’un adulte semble logique parce que l’animal est doté d’un pouvoir que seul lui ainsi que les enfants possèdent : l’innocence. Lorsque l’on adopte un chiot on ne se pose pas mille questions comme lorsque l’on rencontre un humain. Il n’y a pas cette notion de trahison sous-jacente, la confiance est acquise d’emblée.

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Chouette –sans jeu de mots– cela voudrait dire que l’espèce humaine, que l’on croyait perdue en vils comportements égoïste, ferait preuve de justice face à une empathie naturelle ? Pas tout à fait, car en réalité, comme l’Homme est capable de hiérarchiser l’espèce humaine, elle est également capable de hiérarchiser la mort des animaux.

Du cafard au chaton

Personne ne s’occupe de la mort d’une mygale, sauf quelques personnes qui sont, soient dans un amour inconditionnel de l’Homme, des animaux et de la Terre, soit complètement fans des arachnides. En revanche, tous ou presque, versent des chaudes larmes si jamais on s’en prend à la moustache d’un chaton. Là, j’ai une vision très ethnocentriste, elle est liée à ma culture européenne, mais elle se calque partout. Si en Inde, la vache est sacrée dans d’autres endroits il s’agira de l’éléphant ou encore d’un reptile.

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Vient s’ajouter à cela l’idée selon laquelle nous serions scientifiquement influencé par les animaux qui nous ressemblent suivant certaines caractéristiques précises, notamment du visage. C’est pourquoi un bébé panda sera plus facilement secouru qu’un bébé poisson.

Comme je le disais au-dessus, la culture entre en jeu, car la réputation fait beaucoup.

Axolotl-3e-animal-le-plus-laid Pourquoi la mort d’un animal nous touche plus que -parfois-celle d’un humain ?

Personne ne s’offusque de la mort d’un requin considéré comme nuisible, dangereux, pourtant on sait qu’il n’est rien de cela, et il existe des endroits dans le monde ou le requin est vénéré. Idem pour le rat, considéré comme sale, et nuisible, alors même qu’il s’agit d’un animal extrêmement intelligent. Je ne vous parle même pas la pieuvre dont on vient à peine de se rendre compte à quel point elle est douée.

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La religion dans tout ça

Parler de la mort, c’est toucher du doigt un aspect de la religion et c’est là que la position de l’animal prend tout son sens. Longtemps vénéré, il suffit de voir que dans certaines religions, telles que le bouddhisme, que l’animal est véritablement un contenant de l’âme humaine. Chez les égyptiens, tous les Dieux étaient mi-animaux mi-humain. Idem chez les grecques et les romains, avec les satyriques, les centaures, etc. La religion monothéiste à mis fin à cela, en ne tolérant qu’un seul Dieu au trait humain.

Au Moyen-âge, Descartes expliquera que les animaux sont dénués de conscience et de pensée.

Une avancée culturelle

Il faudra attendre 2014 en France, pour que l’animal ne soit plus considéré comme un « meuble ». Pourtant lorsque votre chat est posé sur vous sur le canapé le soir ou que vous jouez avec votre chien dans le jardin, l’inverse ne vous serait jamais venu à l’esprit. Il a fallu du temps pour que l’être humain comprenne que l’animal possède sa propre sensibilité.

La moralisation

Remarquez le parallèle entre ceux qui sont capables de s’offusquer pour un chaton, mais qui iront dire des horreurs sur les Vegans. Un parfait exemple de la hiérarchie mortelle. Idem du côté de ceux qui défendent les chiots corps et âmes, mais chassent, ou pratiquent la corrida. L’élevage industriel fait également preuve de cruauté à beaucoup de niveau et pourtant cela ne change en rien nos habitudes alimentaires.

 

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