Prisonnier endeuillé, police aux obsèques

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Faire des obsèques avec des policiers dans la salle, encadrant un participant menotté : voilà une situation peu courante. Cela demande un peu de travail pour le gérer au mieux.
La situation

On a pu en voir un exemple récent dans l’actualité : les obsèques de certaines victimes de al fusillade de Roye se sont déroulées avec une présence policière. Et pour cause : certains membres de la famille des défunts, purgeant une peine de prison, avaient obtenues des permissions de sortie pour y assister.

Ces permissions de sortie ne sont pas une après-midi quartier libre : le prisonnier est extrait de sa cellule, accompagné sur place par une escorte généralement policière, escorte qui a toute latitude pour appliquer des mesures de sécurité selon la dangerosité supposée de l’individu et du contexte.

A quoi ça ressemble ?

Tout dépend des circonstance, bien entendu, mais un détenu bien encadré suscite une configuration assez particulière. Vous aurez devant vous un homme (ou une femme) habillé pour la circonstance, ressemblant à un individu lambda, exception faite de trois détails, un petit, un moyen et un gros : le petit, c’est que généralement, le prisonnier est menotté. Son escorte place souvent une veste sur ses poignets pour dissimuler ce fait. Le moyen détail, c’est, justement, l’escorte : un policier de part et d’autres, dans une tenue qui va du civil (rare) à l’armure complète, plus au moins un agent au fond de salle pour une surveillance globale. Et le troisième détail : personne autour. Il est exigé qu’un espace libre soit laissé autour du prisonnier afin d’éviter tout effet de masse qui permettrait de lui glisser un objet, voire de tenter de le soustraire à son escorte.

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Bref, difficile de faire comme si il ne se passait rien.

Que faire ?

La première chose à faire est de vous tenir informé. Généralement, vous tenez l’information soit de la famille, soit de la police, qui aime bien prévenir avant de lancer une compagnie de CRS au milieu d’une cérémonie d’obsèques.

Là, il y aura trois questions auxquelles vous devrez successivement répondre : le détenu a-t-il obtenu son autorisation de sortie ? Si oui, qui va l’accompagner ? Et enfin, quelles ont les exigences de ses accompagnateurs ?

Soyons clair : sans manquer de respect, en aucune façon, aux forces de l’ordre, ces dernières traitent souvent ces escortes comme une corvée au milieu d’une journée bien occupée. C’est à vous, professionnel du funéraire, d’organiser en amont la cérémonie, parce que rare sont les policiers qui auront matériellement le temps d’aller repérer les lieux avant le jour J.

A vous donc d’aller repérer la salle, si vous ne la connaissez pas, puis de vous rendre au commissariat ou à la gendarmerie, pour prendre dix minutes du temps d’un responsable afin de lui expliquer la disposition des lieux et convenir d’une organisation.

Il vous suffira ensuite, le jour de la cérémonie, de préparer des petits cartons réservés aux sièges destinés au détenu et à son escorte, ainsi que les sièges alentour, dans les proportions indiquées par le responsable.

Ne pas oublier

Même si la famille est informée de la situation, il ne faut pas manquer de faire un point avec elle. Inquiétez-vous de son état d’esprit, assurez-vous qu’elle a bien compris que, bien que le détenu ait eu l’autorisation d’être présent, il restera isolé et sans contact.

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Lorsque l’escorte arrive, voyez avec eux les détails du signe d’adieu ou de la bénédiction du cercueil, et organisez le passage en conséquence. Lorsque vous annoncez le passage au micro (ou a cappella si vous avez la voix qui porte), lorsque vous détaillez le processus, inutile de préciser pourquoi, par exemple, vous demandez à l’assemblée d’attendre : tout le monde l’aura bien remarqué et compris, inutile de rajouter une explication qui pourrait être perçue comme vexatoire : même en prison, l’intéressé reste un membre de la famille et donc un client.

Enfin, l’astuce plus : si, comme cela m’est arrivé, deux policiers viennent vous demander si, lors de l’adieu au cercueil, ils doivent eux aussi faire un geste, suggérez leur qu’un signe ostentatoire, comme déposer des pétales, pourrait être mal perçu, après tout, ce ne sont pas des proches, mais qu’une marque discrète, comme s’incliner respectueusement devant le cercueil, est toujours une bonne idée.

Enfin, un dernier cas ou la présence policière sera importante, ce sont les obsèques d’un policier. Dans ces circonstances, attendez juste que le commissariat vous appelle : ils savent ou vous joindre.

Guillaume Bailly

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