Professionnels du funéraire : que faire en cas de décès dans sa famille ?

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La mort frappe toutes les familles. Y compris celles des professionnels de la mort. Il faut en avoir conscience : quand on fait ce métier, il y a un prix à payer.

deuil-300x170 Professionnels du funéraire : que faire en cas de décès dans sa famille ? C’est ce qui nous pends au nez à tous un jour : le téléphone sonne, et une voix vous annonce un décès. Sauf que là, ce n’est pas la voix posée et professionnelle de la permanence, mais une voix que vous connaissez, voilée de larmes. Cette fois ci, le défunt n’est pas un(e) inconnu(e), c’est quelqu’un que vous connaissiez bien, et ça change tout.

Réunions de famille

Lorsque tout le monde s’est réuni, au point de rendez-vous, pour mettre au point la suite des évènements, vous remarquez des regards, des silences appuyés. Le message est tacite, mais clair : comme toutes les familles, vos proches sont désemparés face à la mort, mais la même pensée les anime : eux, ils ont un professionnel.

En un mot : on compte sur vous.

Il convient là de ne pas se placer dans une situation délicate. Déclarer tout de go que vous allez prendre les choses en main, et vous occuper de tout, c’est d’une part assumer seul l’entière responsabilité de tout ce qui pourrait mal se passer, et de l’autre, risquer un mécontentement larvé.

Parce que vous le savez, vous êtes professionnel : quel que soit le degré de compétence, d’expérience, de concentration de l’équipe, si un convoi doit mal tourner, il tournera mal. Les facteurs de catastrophes sont nombreux, et tous ne dépendent pas de vous. Surtout, gardez à l’esprit que vous n’avez pas les idées claires : vous aussi, vous êtes triste, et vous aussi, vous avez votre deuil à faire. Le métier rend plus dur, mais pas insensible, c’est une nuance de taille.

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Et même si tout se passe bien, l’organisation des obsèques doit être collégiale et le rester au sein de la famille. Si vous prenez trop l’initiative, tout ce que vous direz ou proposerez deviendra, dans l’esprit de vos proches « ce qu’il faut faire ». Avec le risque d’entendre, une semaine ou vingt ans plus tard, à propos de toute autre chose, « alors toi, tais-toi, quand on voit le cercueil moche que tu nous as fait acheter pour mémé ! ». Expliquer que le chêne massif pour une crémation, ce n’est pas forcément utile, c’est bien, mais ayez conscience que « celui là est bien » même s’il n’exprime que vous goûts, c’est aller trop loin. Ce n’est pas une famille lambda, c’est la vôtre, et ils ne feront pas la différence entre ce que vous aimez à titre personnel et ce que vous expliquez qui est bon pour eux.

Quelle société ?

Ceci posé, avec quelle société allez-vous travailler ? La vôtre ? Oui, cela semble courtois et évident, mais cela pose un certain nombre de problèmes : en cas de réclamation, par exemple. C’est une pression énorme pour vous, parce que vous pourrez difficilement retourner travailler avec ceux qui ont fait une grosse erreur lors des obsèques d’un être qui vous était cher. Et c’est une pression encore plus grande pour eux, parce que c’est vous. C’est en travaillant sous pression qu’on a le plus de chance de commettre des erreurs.

En partant de l’hypothèse que vous avez choisi de travailler avec votre propre société : selon le degré de proximité que vous aviez avec le défunt, il peut être bien de déléguer à vos collègues l’organisation. N’oubliez pas que vous aussi, vous avez besoin, et le droit, de faire votre deuil. Choisissez des collègues en qui vous avez confiance, et laissez les travailler à leur façon.

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Si vous vous sentez obligé de contredire votre collègue à tout bout de champ, si vous remettez en cause leurs conseils, alors, il y a deux explications possibles : soit vous n’êtes pas dans votre état normal, soit il faut que vous remettiez votre CV à jour, parce que manifestement vous n’êtes pas à l’aise dans votre société.

Surtout, la plus mauvaise idée que vous pourriez avoir est d’aller assister au soin de conservation, s’il y a lieu. Il y a des images qui sont difficiles à effacer, et même si vous avez vu des centaines de soins, le voir sur une personne connue de vous ne fait pas appel aux même référents émotionnels.

Dans tous les cas de figure, lorsque le deuil survient dans votre famille, préférez un rôle de conseiller plutôt qu’exécutant, même si il n’y a pas de règle en la matière. Ne portez pas une tâche qui pourrait s’avérer trop lourde pour vous.

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