Rite funéraire : manger un peu de « gâteau de cadavre »

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Partager le repas, manger et boire : voilà bien un rituel funéraire ancien. Au point que nos ancêtres préhistoriques auraient « goûté » leurs morts pour s’approprier leur esprit. Depuis, plus modestement, on a inventé le biscuit mortuaire. C’est bien moins salissant.

Célébrer le défunt, s’inspirer de ses qualités par la nourriture, voilà l’idée. Ainsi, une tradition médiévale dans l’Empire germanique proposait aux proches de manger un « gâteau de cadavre ». Autrement dit une pâte levée posée sur la poitrine du défunt déjà couché dans son cercueil, et qui était sensée absorber ses vertus avant d’être ensuite partagé cérémonieusement. Pareille tradition se retrouve dans des pays d’Europe centrale, jusqu’en Irlande où un bol de tabac faisait l’affaire. Chaque personne présente dans la maison endeuillée devait en prendre une pincée.

On raconte même qu’à l’époque classique au Royaume-Unis, mais aussi en Inde ou au Japon, on payait un miséreux pour manger seul le pain posé sur le cadavre, et ainsi s’approprier ses pêchers, libérant le défunt de l’Enfer et sa famille du tourment. Une fois le miséreux parti, on pouvait passer au repas de funérailles proprement dit, à bases de galettes et de gâteaux, parfois arrosé de bière épicée. Des bols en bois finement travaillés et conservés dans les familles étaient employés.

Après le XVIIIe siècle, cette tradition funéraire s’est raffinée, surtout dans le monde anglo-saxon (Angleterre, colonies américaines). Il était ainsi de coutume d’offrir après les cérémonies des biscuits de tailles, consistances et formes différentes. Les emballages en cire et papier portaient des citations bibliques ou des symboles liés à la mort, des crânes, des os croisés des cercueils, des sabliers. Des avis de décès emballaient parfois directement ces biscuits à la mélasse ou au gingembre. Dans certaines communautés d’Amérique, du vin chaud était bu en même temps que l’on consommait ces cookies.

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Cette fabrication de gourmandises faisait les beaux jours de l’époque victorienne anglaise. Avec la mécanisation de l’imprimerie, il est vite devenu possible de personnaliser les emballages des gâteaux de deuil, que l’on pouvait ainsi adresser aux relations familiales accompagnant l’avis de décès du grand-père. Une tradition qui s’est ensuite en grande partie dissoute dans nos pratiques contemporaines.

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1 commentaire

  1. en Amazonie ,une tribu , une fois le défunt crématiste ,est réduit en cendre ; la tributs ,mange les cendre avec des bananes…ainsi ,le défunt ,continue à vivre dans chaque membres de la tribut … et son esprits demeure dans la communautés .

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