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Chronique des amours tragiques : Roméo et Juliette

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Roméo et Juliette

Suite et fin de la chronique du mois consacrée aux amours célèbres et dramatiques. L’histoire de Roméo et Juliette est sans doute la plus tragique de toute et en cela est également la plus célèbre.  Écrite par William Shakespeare au XVIème, la tragédie raconte l’histoire de jeunes amants morts à cause de la haine que se voue leurs deux familles.

L’histoire débute à Vérone, une petite ville italienne à la fin du XIVème siècle. Les Montaigu et les Capulet deux grandes familles, se vouent une haine sans limite à tel point que leur bataille trouble la jolie petite ville. Le prince de la cité, Escalus, finit par décider que les responsables des troubles seront condamnés à mort.

Les Capulet organise une grande fête dans le but de faire rencontre leur fille Juliette au Comte de Paris auquel elle est promise. Roméo, fils des Montaigu décide de se rencontre masqué à ce bal en compagnie de ses deux amis, Mercutio, et Benvolio.

C’est un véritable coup de foudre qui s’opère entre Roméo et Juliette, quelques baisers sont échangés mais le cousin de la jeune Juliette, Tybalt, les surprend et fait fuir Roméo et ses amis. Ne pouvant oublier sa belle, Roméo s’introduit plus tard dans la soirée où aura lieu la légendaire scène du balcon où tour à tour les deux jeunes amants déclarent leur amour. Bien conscient de ce que cela représente pour leurs familles, Juliette propose à ce qu’ils se marient au plus vite.

Ils trouvent tout deux au frère Laurent l’écoute, et le soutien dont ils ont besoin. Ce dernier voit dans ce mariage la possible réconciliation des deux familles. Le mariage est célébré en toute discrétion.

Tybalt qui se rend compte que Roméo est toujours amoureux de Juliette décide de provoquer le jeune homme en duel. Mais Roméo refuse de se battre et c’est Mercutio qui affrontera Tybalt à sa place, il mourra dans ce duel. Roméo dans un geste de vengeance désespéré tue Tybalt à son tour.

Conformément à la règle établie par le prince Escalus, Roméo doit être condamné à mort. Grâce à son père, il obtient la clémence mais doit s’exiler loin de Vérone, et donc…loin de Juliette.

Voyant le désespoir de leur fille, les Capulet décide d’avancer le mariage avec le Comte de Paris. Sans solution à cette impasse elle demande de l’aide auprès du frère Laurent. Celui-ci lui donne un philtre qui lui donnera l’apparence de la mort durant quarante heures. Afin que le stratagème fonctionne, il doit prévenir Roméo au plus vite.

Mais à Mantoue, Roméo reçoit de son ami, qui lui annonce la mort de Juliette. Fou de chagrin, il se procure du poison, n’envisageant pas la vie sans elle, et décide de venir mourir auprès d’elle. Frère Laurent comprend que le message n’arrivera pas à temps et essaie d’aller au plus vite délivrer Juliette du tombeau des Capulet dans lequel elle est enfermée.

À son arrivée au tombeau Roméo découvre le Comte de Paris venue se recueillir, ils s’affrontent et le Comte meurt. Roméo absorbe le poison et meurt à son tour dans les bras de sa bien-aimée. Frère Laurent arrive trop tard et ne peut assister qu’impuissant au réveil de Juliette. Désespérée elle attrape la dague de son amour et se poignarde, se tuant à son tour.

Le frère Laurent va répandre la nouvelle en racontant la véritable histoire de Roméo et Juliette aux deux familles.

Les deux pères constatant que leur haine a tué leurs enfants, se réconcilient et érigent une statue d’or.

Amour, donne-moi ta force et cette force me sauvera.

 

Chronique la vraie vie de chateau : Blanche Neige

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Suite de la chronique consacrée à la vie de château où plutôt à ce qui se trame sous le château. Les contes des frères Grimm ont été parfaitement épurés pour coller à l’image Disney. Aujourd’hui nous nous intéressons à la fille a la pomme, comprenez Blanche Neige et les sept nains.

L’avantage avec les contes c est qu’il y a autant de versions que d’interprétations. Dans certaines sources la belle mère de Blanche Neige tente de la tuer pas loin de trois fois. Et Blanche Neige serait un garçon.

La version sordide du petit garçon

Un peu mystique : une femme qui désirait plus que tout avoir un enfant, se coupa le doigt en épluchant des pommes un jour d’hiver et quelques gouttes de sang tombent sur la neige. Elle accouche neuf mois plus tard d’un petit garçon au teint blanc et aux lèvres rouges. Mais la jeune mère mourut un an plus tard.

Un peu comme dans l’histoire de Cendrillon , le père retrouva bien vite une femme qui, au passage, passa de merveilleuse et tendre épouse a affreuse marâtre. Cette dernière lui donna une fille. Bien sûr elle haïssait le jeune garçon et un jour elle finit par lui demander de choisir une pomme dans un coffre – encore une pomme les frères Grimm devaient être branchés Bible -. Au moment où le jeune garçon se pencha elle refermât le coffre en lui tranchant la tête au passage.

Ni vu ni connu elle replaça la tête sur le corps et l’assit sur une chaise. Quand la petite fille méchante rentra à la maison, sa mère l’encouragea à réclamer à son frère la pomme qu’il tenait a la main. Bon on est d’accord : il ne lui a jamais répondu.

La femme dit à la fille -qui croyait que c’était elle qui l’avait tué en lui mettant une claque – qu’elle savait comment camoufler son crime. Il suffisait de découper le garçon et de le cuire en ragoût qu’elle donna le soir même à son mari qui s’en délecta.

Éperdue de chagrin, la fillette décida alors de recueillir les os de son frère pour les déposer au pied du genévrier. Le conte s’appelant ainsi : le conte du genévrier.

Version girly

Dans la version avec Blanche Neige la jeune fille naît dans les mêmes conditions que le conte précédent. La nouvelle belle mère tente de tuer la belle à trois reprises. Elle réussit à s’enfuir grâce au chasseur. Et les nains dans tout ça ? Bah tchao l’hospitalité en fait ils la recueille pour s’en servir comme domestique, sympa hein ?

Quand la pas belle, pas gentille appris que Blanche Neige était encore en vie, elle lui offrit cette fameuse histoire de pomme. Comme chez Disney ça ne la tuera pas mais la rendra inconsciente. Là encore au revoir le romantisme , ça n’est pas grâce à  un tendre baiser d’un inconnu -prince- mais inconnu tout de même qu’elle va se réveiller mais grâce à un banal accident de la route. Les nains ont mis la jeune femme dans un cercueil en verre et la calèche en route se prend les roues dans une racine.  Le cercueil tombe et éclate, – ce qui ne serait jamais arrivé avec un cercueil Bernier soyez en sûrs -. Blanche Neige tombe et recrache la pomme coincée dans sa gorge. Du coup elle se met quand même avec le prince qui entre temps devient roi et décide de se venger de son ex belle mère en lui faisant fabriquer des souliers en fer. Puis, en guise de châtiment, ces chaussures sont chauffées à blanc. Il ordonne à son ex-belle mère de les mettre et de danser jusqu’à ce que mort s’en suive.

Voilà voilà c’est mignoooonnn tout plein. Déjà que Blanche Neige n’est pas mon dessin animé préfère mais alors là… vivement la semaine prochaine !

 

Parents dans le funéraire : témoignages d’enfants

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enfants témoignages chronique

Suite de ma chronique consacrée à…ben à vous tiens. Aujourd’hui mercredi, et avec les vacances qui approchent, je mets les enfants à l’honneur. Dis ? Tu peux m’expliquer ce qu’il fait papa et ce qu’elle fait maman comme travail s’il t plait ?

« Ma maman elle a un graaaaannnnd bureau et un ordinateur. Défois on est en train de faire un jeu et elle est obligée de répondre au téléphone, mais ça dure pas longtemps. Elle me dit « triche pas ! » Mais quand ça dure trop longtemps, j’ai trop envie de gagner ! » 

Louis, 5 ans, maman conseillère funéraire, pragmatique.

« Ma mère elle dit qu’elle travaille dans une agence de voyages mais quand elle parle à ses copines, elle dit des mots chelou comme plaques funéraires et tout, c’est quoi le rapport avec le voyage ? Elle dit que je suis trop petit, mais je suis pas fou hein, ma mère elle vend des cercueils quoi. »                                    

Enzo, 8 ans, maman conseillère funéraire, perspicace.

  • « Avec Mattéo on est trop des oufs, on invite les potes chez nous. Là on leurs dit de passer par derrière, par le hangar et on laisse la porte ouverte.
  • Quand ils arrivent ils tombent direct sur le stock de cercueil et nous on délire !
  • Ouais jusqu’au corbi
  • Ah ouais quand ils voient le corbillard là ils disent « ouah sérieux c’est à ton père » et nous on fait ouais.
  • Ils sont impressionnés.
  • Et nous on est tout fiers. »                                                                        

Quentin et Mattéo, 12 ans, papa directeur d’agence, les jumeaux incorrigibles.

« Quand j’étais petite on me disait que papa c’était un croque quelque chose. Mais je me souvenais jamais la fin. Alors à l’école quand on me demandait ce qu’il faisait mon père je disais « croque monsieur ! » ça faisait délirer tout le monde. Quand j’y repense aujourd’hui, je me dis que ça leur aurait fait beaucoup moins rire si jamais dit croque-mort. »                                                                           

Lola, 14 ans, papa entrepreneur de pompes funèbres, fine gastronome.

« Je kiffe, mon père est toujours en voiture, dès que jpeux jpars avec lui. On me demande toujours ce que jfous la, mon père le premier même si jpense qu’il est un peu fier quand même. Ah ouais, mon père il est thanatopracteur, et dès que je peux, je ferais comme lui. »    

Baptiste, 17 ans, papa thanatopracteur, passionné.

« J’avais ptet 4 ans quand ça a commencé, j’avais un tout petit bureau à côté de celui de mon grand-père. J’allais avec ma mère à la mairie, et je partais en convoi avec mon père. Je me souviens pas de quand j’ai compris que ma famille entière était pompes funèbres parce que j’ai toujours vécu ça.  Aujourd’hui mon frère est devenu thanatopracteur et moi je passe le diplôme pour être conseillère funéraire. »                                                                                

Anaïs, 18 ans,  famille pompes funèbres, les liens du sang.

Témoignage : Pierre, 62 ans, porteur

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porteur témoignage

Aujourd’hui je rencontre Pierre, 62 ans, un vieux de la veille comme il le dit lui-même. Si tous mes témoignages sont anonymes c’est pour mieux aller en profondeur dans les échanges et délivrer des récits de vie tout en pudeur. Pierre est porteur-chauffeur dans une entreprise familiale proche de Valenciennes. Lorsque je l’ai rencontré il y a quelques années il était encore plombier à son compte en plus de ses vacations. Aujourd’hui il prend sa retraite des tuyaux…mais pas des cercueils.

Pierre, c’est « la gueule d’ange du funéraire » comme l’appelle ses collègues. Les traits ronds et les yeux bleus perçants qui rendraient le sourire à n’importe quelle famille peinée, il a en revanche les mains abîmées, les genoux fragiles et le dos rond, la combinaison de ses deux boulots.

« Plombier pendant 40 ans, et porteur depuis près de 20 ans, à l’époque y avait pas de formation tout ça, je suis rentré dans le boulot pour arrondir les fins de mois, un ami à moi avait entendu que les pompes funèbres cherchaient un gars bien portant pour aller « ramasser les morts ». J’ai pas hésité. »

Pourquoi ?

« B’soin d’argent, et puis le boulot me faisait pas peur, je venais de divorcer, pas de famille à la maison, je pouvais me permettre de me lever à 3 heures du matin, ramasser un cadavre sur l’autoroute ».

Tu dis ça comme ça, ça t’a endurci un peu ?

« Je pense, forcément…C’est pas compliqué, dans ce boulot t’entends toujours la même chose, soit « c’est pas un job épanouissant, c’est dur on voit des trucs horribles et on est payé au lance-pierre, soit c’est un job humain blablabla, mais tout ça c’est des conneries, la réalité elle est tout autre. »

Explique-moi

« Au bout d’un moment tu t’habitues à tout, parfois c’est sûr, ça te s’coue encore. Tu ramasses un accidenté, les membres déchiquetés, ça te met face à notre pauvre condition humaine. Et puis tu sais, c’est horrible ce que je vais te dire, mais on a plus d’empathie pour certains trucs, quand le mec roulait à 200 à l’heure sur l’autoroute alors qu’il a des gosses et une femme qui l’attendent chez lui tu te demandes ce qu’il ne tourne pas rond chez eux. »

Tu me parles à deux reprises des accidentés, mais c’est pas ta majorité pourtant, finalement c’est la dessus que tu restes ?

« Je pense ouais, parce qu’à part ça y a plus rien qui me choque. Quand t’as une personne que tu reconnais à peine, rongée par la maladie c’est sur c’est triste, mais c’est le lot quotidien, les crises cardiaques les accidents domestiques. Y’a des trucs que tu vois ça dépasse la fiction, tu vois de tout. Au début tu fais le boulot, tu crois qu’on va t’apprendre des petits trucs et tout et en fait tu te rends vite compte que chaque situation est différente et que c’est le job en lui-même qui t’apprend des trucs. Tu te découvres un peu.

Ça t’apprend quoi sur toi ?

 » Mes limites, les repousser un peu, à travailler en équipe aussi. Moi le plombier indépendant, j’aimais réparer les choses tout seul, là je répare rien, je viens après quand c’est « cassé » et je dois travailler avec d’autres qui n’ont pas la même sensibilité au même moment pour les mêmes choses, on est obligé de combiner tout ça. Ça m’a appris sur les autres aussi, que les gens veulent pas voir la mort, pourtant elle est partout tout le temps, il suffit d’entrer dans une mairie aux actes d’état civil, y a pas que les mariages, y a des PF devant la mairie. À l’hôpital les gens voient pas la morgue parce qu’elle est cachée, mais y en a des départs là-d’dans »

A quoi elles ressemblaient tes semaines ? Entre ton boulot et les vacations tu devais être épuisé.

« Ouais mais ça fait parti du job, comme la plupart des porteurs, sauf ceux maintenant qui se font embaucher dans une entreprise c’est des mecs qui sont soit retraités comme moi, soit qui ont un job à côté, un boulot indépendant ou de nuit y en a pas mal aussi. Y a 20 ans on prenait tout ce qui passait, des repris de justice, des mecs un peu alcooliques, ils pouvaient porter ? Adjugé ! Pour un petit jeune aujourd’hui sans expérience c’est dur pour lui, il sera payé au lance pierre. Et y en a pas mal qui abandonnent « 

En France, on parle pas d’argent, mais moi je te demande, à combien tu arrives à la fin du mois finalement ?

« Rien que pour porteur j’arrive à des mois à 1400 € mais j’enchaîne les permanences. Ça me choque pas de te dire ça, l’argent c’est une contre-partie normal, t’as vu mon dos ? T’as vu mes genoux ? j’ai beau être bien portant, porter des corps de 200 kilos ma belle, forcément ça t’esquinte. Je veux pas plus, je laisse la place aux jeunes, parfois on m’appelle pour une réqui, j’y vais même plus sinon, c’est moi le prochain qu’on va porter. »

Pour les porteurs y a vraiment deux grands aspects dans ce boulot, contrairement aux assistantes funéraires qui sont proches des familles. Toi t’as non seulement le contact avec les familles, mais aussi avec les autres pros du secteur, une double casquette.

« C’est exactement ça, et c’est ça qui te permet de tenir ! Quand tu vas chercher un corps à domicile dans un escalier à colimaçon en pleine nuit si tu fais ça tous les jours tu deviens dingue, surtout que tu te prends le choc du chagrin de la famille en pleine tronche. Ça c’est violent. Y a ceux qui s’en fichent aussi, c’est la réalité et ça arrive plus souvent qu’on le croit. Tu fais ton travail correctement et tu vois que la fille ou le fils, le seul truc qu’ils attendent c’est de pouvoir repartir chez eux avec l’urne et encore ! quand ils vont la chercher  »

Mais le côté sympa, c’est le reste, la morgue, les thanatos, les assistant(e)s fu, les mairies.

« Ouais. Y a des cons partout, surtout en mairie, t’as des gardiens de cimetière qui cassent bien les ******** aussi. Mais ouais tu crées des liens, l’agent d’amphi, le Laurent, tu le vois plusieurs fois par semaine, il est dans le même bateau que toi le mec. Les assistantes fu parfois c’est un peu le bordel parce que forcément t’sais tous les décès tombent en même temps et quand elle t’envoie à la mairie et qu’après tu dois faire une cérémonie, t’enchaînes sur la remise d’urne et de nouveau un corps à aller chercher t’as intérêt à avoir des collègues qui fonctionnent comme toi »

C’est militaire un peu.

« Forcément t’as pas le choix. On dit toujours la mort c’est imprévisible, c’est sûr. Mais dans notre boulot, elle tombe, tu le sais, donc faut pas se planter y a des familles derrière ».

C’est pour ça que t’arrêtes pas ? Ou c’est pour le beurre dans les épinards.

« Ahaha c’est addictif ce machin, je te jure. Même si j’y vais moins, je suis sur que je finirais par passer voir les gars de temps en temps. C’est un monde à part. Quand t’es là à parler de tout et de rien avec le thanato à côté des corps, tout en étant respectueux hein, je le précise parce que les gens t’sais…c’est vite fait les raccourcis, ben tu te dis que t’es pas comme tout le monde. Et j’en ai vu passer des jeunes, j’aime bien les « former » maintenant que je suis un vieux ».

Faut être prédestiné à ça tu crois ?

« Je pense ouais, y en a qui tiennent pas le coup, ceux qui tapent « job glauque » sur internet je les repère à quinze mille. Ils font deux cérémonies pis c’est fini ».

La mort, la mort oui…mais pas que !

« Bah ouais ma grande, les gens y pensent qu’on touche du mort toute la journée mais on est en costume on se respecte, et on devrait le faire dans plus de boulot crois-moi ! Nous on est parfois mieux habillé que les mecs qui vont en réunion et qui ont fait je sais pas combien d’années d’étude. Y a du respect à avoir, pour soi, pour l’entreprise que tu représentes et forcément aussi devant la famille, ils s’en rappelleront toujours. Et c’est ça le truc, on me dit « croque mort » et moi depuis 20 ans je leur dis non  « croque vivant » parce qu’on travaille avec les vivants et pour les vivants. Si tu respectes pas les vivants, tu respectes pas les morts non plus »

Merci Pierre…

« Bah merci à toi, je vais aller manger un peu – il me  montre son ventre– un jour c’est moi qui serait dans le cercueil, et faudra bien me porter …Je les plains les mecs… »

Témoignage : Émilie conseillère funéraire

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femme conseiller funeraire

Cette semaine c’est vous qui êtes mis à l’honneur. Je vous ai rencontré, encore, parce que j’adore ça, venir vous voir, vous appeler, être sur votre terrain, à vos côtés pour mieux comprendre votre réalité. Toute la semaine, venez lire les témoignages de ces hommes et ces femmes qui font le funéraire d’aujourd’hui.

Émilie a 32 ans. Toute jeune assistante funéraire, elle fait partie de cette nouvelle génération qui n’est pas venue dans le funéraire « par hasard ».

« Rien à voir avec une secrétaire »

« C’est vrai, il faut le dire, il y a quelques années, il y avait toute une catégorie de filles comme moi, pas très douées à l’école qu’on envoyait en bep secrétariat, mais assistante funéraire ça n’est pas juste faire de la compta ou écrire des courriers, c’est bien plus que cela ».

Une évolution de situation

Effectivement, d’assistant(e) le poste a évolué pour être aujourd’hui conseillère(e). Les écoles de formation se sont multipliées et l’on est passé du certificat de fin de formation au CQP c’est-à-dire, le certificat de qualification professionnelle qui sanctionne la fin de la formation des conseillers funéraires par un diplôme.

Une toute petite jeune fille, blonde au cheveux longs et fin, au visage d’adolescent Émilie correspond bien à ces conseillers funéraires de l’époque, c’est-à-dire quelqu’un que l’on pourrait rencontrer partout. Pour encore une partie de la population le métier se fond avec celui d’entrepreneur de pompes funèbres, de porteur et de maitre de cérémonie. L’image du croque mort de Lucky Luke n’est jamais trop loin, pourtant aujourd’hui lorsqu’on pousse la porte des agences, on se rend bien compte que le profil à changé. D’humain à humain, le métier se veut empathique et compréhensif.

« Ce que j’aime dans ce métier, au delà de la dimension humaine c’est la diversité des profils que je rencontre. Tous les cas sont différents ».

Commercial oui, mais pas que.

« C’est un métier de conseil mais aussi un métier de vente. On vend des prestations, des services, des produits. On vend aussi des objets, c’est très concret, avec un catalogue et tout. On est pas psychologue. Et je comprends pas ceux qui se prétendent psychologue, ça n’est pas notre boulot, on est là pour aider et conseiller au mieux les familles dans un moment difficile de leur vie, mais on représente aussi une entreprise ».

C’est la particularité du secteur, celle dont nous n’aimons pas trop parler. Effectivement une entreprise de pompes funèbres doit faire du chiffre pour pérenniser son affaire et ainsi mieux aider les familles qui arrivent dans son agence. C’est un cercle vertueux. Mais elle doit aussi taire son activité commerciale souvent très controversée devant les associations de consommateurs ou des bien-pensants qui sont parfois à mille lieux de savoir ce qu’il se passe réellement dans une agence.

La touche à part

« Le poste en lui-même c’est pas la grande inconnue, mais les fonctions qu’on occupe, oui. Ça reste un métier à part, et ça je le vois bien avec mes amis. Ils ont tous un job « normal » pour eux, même si je ne trouve pas qu’ingénieur en nucléaire soit plus normal que conseiller funéraire. Mais pour les gens autour on est un peu des ovnis, pour certains hein pas tous. Mais c’est vrai qu’au fur et à mesure, j’ai de plus en plus d’ami(e)s dans le secteur ou les aides soignantes, les infirmières voire même les filles de la Mairie ».

Et les hommes dans tout ça ?

 » C’est vrai qu’on se « plaint » un peu de la discrimination de notre boulot, mais nous aussi on discrime un peu. Il y a plus de femmes que d’hommes derrière le job, mais ça c’est un peu commun à tous les secteurs. C’est pas partout comme ça, et heureusement. Nous par exemple on a trois agences, deux filles et un homme. Y a aucune différence et ça permet de ne pas se prendre la tête. Et puis un homme et une femme ça peut aider une famille de la même manière, les filles ne sont pas plus douces ou à l’écoute. C’est pareil pour les médecins par exemple « .

Et après ?

« Contrairement à ce qu’on pense, on ne trouve pas un poste comme ça en un rien de temps. J’ai fait ma formation toute seule par mes propres moyens avec l’argent que j’avais mis de côté en travaillant, j’ai pas eu un employeur qui me l’a payé. Et puis ensuite, j’ai travaillé dans quatre agences avant de trouver celle là. J’y suis bien, et je compte y rester. J’ai mis tellement de temps à trouver ma place, que maintenant je ne compte pas en changer.« 

Les animaux au coeur de la torture

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Vous vous souvenez du début de semaine ? Nous avons ouvert la chronique spéciale torture. C’est sympa hein ? Bon aujourd’hui nous nous intéressons à ces animaux qui ont l’air d’être le meilleur ami de l’homme mais qui n’hésitent pas être un outil au service de la torture.

Mon top one, c’est le supplice du rat. Alors là vous avez deux variantes au choix, suivant le moment. Vous placez une petite cage au bout de laquelle vous avez un tube que vous pouvez insérer dans un orifice. Ensuite vous titillez le rat qui, lui, va essayer de se sauver dans le dit orifice – là encore au choix même si nous sommes d’accord il y a une nette préférence pour un en particulier-. En variante nous avons la bassine avec le rat à l’intérieure placée à l’envers contre le ventre du condamné. Le bourreau chauffe la bassine et le rat essaie de s’échapper en creusant la première chose à sa portée, soit l’abdomen jusqu’aux entrailles. Une mort lente et abominable.

supplice-du-rat Les animaux au coeur de la tortureLe taureau d’airain…Même s’il ne s’agit pas d’un vrai taureau l’idée est là. Le condamné est placé dans une reproduction d’un taureau creux, en dessous est allumé un feu. Un ingénieu xsystème de tubes amplifie les cris du condamné pour que cela ressemble au bruit d’un taureau enragé. 

le-taureau-dairain Les animaux au coeur de la torture

L’écartèlement est un des grands invariables de l’Histoire, parfois pratiqué à l’aide d’une machine parfois grâce à l’aide de quatres cheveaux. Chaque membre du condamné était attaché à un cheval. Chacun allant bien sur dans quatre directions différentes, vous imaginez un peu le résultat. Vous trouvez ça atroce ? Sachez qu’avant cela le condamné est d’abord pendu jusqu’à près de la mort, puis ses viscères sont en partie retirés et brulées sous ses yeux. Une fois l’écartelement fini, il est encore décapité…histoire d’être surs…

écartelement Les animaux au coeur de la torture

Si rien ne vous tente, ne vous en faites pas, j’ai gardé deux-trois supplices assez sympas pour la fin de semaine.

Les Unes célèbres de l’Histoire : La mort de l’acteur Rudolph Valentino

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En 1926, l’acteur italo-américain Rudolph Valentino, meurt. Il n’a que 31 ans et est l’une des stars les plus admirées des années 20.

Rudolph Valentino s’éteint le 23 août 1926. Il laisse des millions d’admiratrices et de fans dans le désarroi: il n’a que 31 ans, son décès intervient des suites d’une septicémie survenue après une opération chirurgicale. Il avait joué dans des dizaines de films dont Les quatre cavaliers de l’Apocalypse (1921), Le cheikh (1921), Le droit d’aimer (1922) ou L’Aigle noir (1925). C’était l’une des superstars montantes du cinéma hollywoodien.  Véritable icône, il est un séducteur à la beauté ténébreuse.

Sa mort est dans tous les tabloïds et journaux de l’époque.

L’Intransigeant lui rend hommage le 28 août :

« Étrange célébrité que celle d’un homme comme lui. On ne sait pas toujours s’il est bon comédien ou s’il est seulement passable, on n’est même pas sûr qu’il soit sympathique, son œil parfois manque de bonté, il est surtout excellent dans les scènes de vengeance et de passion. Nous connaissons des jeunes premiers qui, esthétiquement, sont plus beaux que lui, plus noblement symétriques. N’importe, c’est Rudolph Valentino qui nous attire avec une puissance quasi-invincible.« 

Paris-Soir, quant à lui, fait un article tout en ironie :

« Rudolph Valentino vient de mourir. La terre n’a pas tremblé, les cieux ne se sont pas obscurcis mais, sur toute l’étendue du nouveau continent, l’atmosphère a retenti de clameurs funèbres, le vulnéraire a manqué dans toutes les pharmacies et de graves perturbations ont été observées dans les transmissions téléphoniques à cause des dames standardistes dont les nerfs s’étaient mis en court-circuit. De plus, les autorités américaines envisagent avec inquiétude les désordres que ne peut manquer de produire l’excès de la douleur populaire lors des funérailles du dieu. Car Rudolph Valentino était l’homme le plus beau du monde. Sa beauté, que le film avait rendue célèbre dans l’univers entier, lui rapportait, dit-on, vingt millions par an de revenu fixe, plus le casuel constitué par plusieurs tonnes de lettres d’amour rédigées dans tous les dialectes du globe. Et, depuis que les Parques jalouses ont tranché le fil de ses jours, Vénus elle-même porte son deuil. »

Sa maladie a provoqué une longue agonie et a pu être suivie en direct à la radio par des auditeurs du monde entier car il était hospitalisé depuis le 15 Août. Sa mort reste légendaire. Lors de son enterrement, environ 100 000 personnes sont descendues dans les rues de New York pour l’accompagner. L’actrice Pola Negri, avec qui il avait une relation, s’effondre  auprès de son cercueil. D’après la rumeur, plusieurs femmes se sont suicidées en apprenant sa mort.

 

 

Les Unes célèbres de l’Histoire : Concert aux Catacombes de Paris

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En 1897, les catacombes n’avaient pas la même popularité qu’aujourd’hui. Un concert clandestin dans les Catacombes de Paris crée la polémique et vient défrayer la chronique.

Alors qu’aujourd’hui la capitale est remplie de boite de nuits tendance ou de soirées branchées, en 1897, les bals populaires étaient encore à l’honneur. Et pourtant … alors que les catacombes voient leur accès encore très réglementé, une soirée clandestine s’improvise et vient faire murmurer la presse. Pour une fois ça n’est pas elle qui lance le premier mot. Elle est invitée, conviée à cette mystérieuse soirée…

 » Vous êtes prié d’assister au concert spirituel et profane qui se fera, le vendredi 2 avril 1897, en l’ossuaire des catacombes de Paris, par le concours d’artistes musicaux très éminents. Notes précieuses. L’entrée sera rue Dareau, 92, près la rue Halle, dès onze heures du soir. Pour éviter le rassemblement de curieux et de gêneurs, prière de ne pas ordonner l’arrêt de voitures devant la porte d’entrée. »

La curiosité prend vite le pas et la presse se déplace à cet événement qu’il ne fallait surtout pas manquer.  De jeunes gens sont présents afin d’accueillir les convives. Ils les emmènent jusqu’à une pièce au milieu des restes humains. On dénombre quand même une centaine de spectateurs. 45 musiciens arrivent, recrutés parmi les artistes de l’Opéra.

Le Petit Parisien du 9 avril 1897 décrit la scène :

« Toujours est-il qu’au long des murs garnis d’ossements, on avait aligné des chaises, que des bougies avaient été allumées, et qu’une centaine d’invités parmi lesquels figuraient des dames entendirent, entre onze heures et minuit, et à quatre-vingts pieds sous terre, les musiciens exécuter la Marche funèbre de Chopin et la Danse macabre de Saint-Saëns, et les poètes réciter des pièces de vers plus ou moins lugubres. »

Pourquoi c’est devenu sujet à tant de polémique ? Il faut savoir que c’est illégal : à l’époque, les catacombes ne sont ouvertes au public qu’à date irrégulière, et leur visite est strictement encadrée. Mais cette clandestinité ajoute du piment à la soirée, et dès le lendemain, le Tout-Paris ne parle que de « l’aubade aux morts ». Comme toutes les polémiques, certains en sont ravis, d’autres scandalisés. Le journaliste de La Croix ne cache pas sa sidération.

« Quelques jeunes gens qui se vantent d’être blasés mais qui ont surtout perdu le sentiment des convenances ont cru très « fin de siècle » d’organiser un concert macabre dans l’ossuaire des catacombes de Paris. À minuit, une assistance fort mélangée écoutait, sous les voûtes sépulcrales, entre des murs de débris humains desséchés, des marches funèbres et des danses macabres. On s’est bien amusé !! Jadis les chrétiens descendaient aux catacombes pour échapper aux bêtes ; aujourd’hui ce serait précaution inutile… »

Pour lutter contre cet événement et faire en sorte qu’il ne soit pas régulier les services des carrières empilent des ossements entre les piliers. Quant à l’agent municipal qui a laissé rentrer les invités il sera renvoyé manu militari.

 

Les Unes célèbres : Guillaume Apollinaire, la mort d’un poète

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Le célèbre écrivain meurt de la grippe espagnole deux jours avant la signature de l’Armistice en novembre 1918.

Les 11 et 12 novembre, tous les journaux français titrent sur la même chose : la signature de l’armistice, qui met fin à la Première Guerre mondiale. Mais une nouvelle triste est venue se glisser dans les pages ; le 9, Guillaume Apollinaire meurt, à l’âge de 38 ans de la grippe espagnol. Le célèbre écrivain qui était aussi engagé militairement, promu lieutenant le 28 juillet 1918, il est déclaré « mort pour la France ».

Le Figaro du 11 novembre lui rend hommage:

« Poète d’une fantaisie violente et cruelle, inventeur d’images et de rythmes, prosateur né et d’une érudition puissante, Guillaume Apollinaire ouvrait des routes nouvelles et il inspirait, animait tout un groupe d’artistes. Sa mort est la perte la plus cruelle que la jeune littérature ait à pleurer depuis la guerre.« 

L’Action Française également :

« Ce poète, qui avait encore raffiné sur les subtilités de l’art contemporain, avait fait trois parts au moins dans sa vie littéraire. Aimant l’érudition, on pouvait le rencontrer, à la Bibliothèque nationale, qui étudiait par exemple le théâtre italien du XVIIIe siècle ; pour contenter son activité il donnait à la presse quotidienne et aux revues des contes, des chroniques, des notes d’une excellente prose traditionnelle, portant la marque d’un esprit précis ; enfin, à sa manière rare et parfois déroutante, il servait les Muses.« 

Le Siècle du 12 novembre :

« […] son esprit hardi s’était plu à réaliser des audaces typographiques qui n’empêchaient pas la beauté limpide des vers. »

Parti au front en mars 1915, Guillaume Apollinaire avait été à la tempe en 1916 par un éclat d’obus. Évacué à Paris, l’auteur des calligrammes entame une longue convalescence. Malheureusement affaiblit il contracta deux ans plus tard, la grippe espagnole, dont l’épidémie tuera plus de 20 millions de personnes dans le monde.

Il meurt le 9 novembre dans son appartement du boulevard Saint-Germain. Edmond Rostand, lui aussi, en fut victime le 2 décembre. Il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

La maison des morts

Guillaume Apollinaire

S’étendant sur les côtés du cimetière
La maison des morts l’encadrait comme un cloître
A l’intérieur de ses vitrines
Pareilles à celles des boutiques de modes
Au lieu de sourire debout
Les mannequins grimaçaient pour l’éternité

Arrivé à Munich depuis quinze ou vingt jours
J’étais entré pour la première fois et par hasard
Dans ce cimetière presque désert
Et je claquais des dents
Devant toute cette bourgeoisie
Exposée et vêtue le mieux possible
En attendant la sépulture

Soudain
Rapide comme ma mémoire
Les yeux ses rallumèrent
De cellule vitrée en cellule vitrée
Le ciel se peupla d’une apocalypse
Vivace

Et la terra plate à l’infini
Comme avant Galilée
Se couvrit de mille mythologies immobiles
Un ange en diamant brisa toutes les vitrines
Et les morts m’accostèrent
Avec des mines de l’autre monde

Mais leur visage et leurs attitudes
Devinrent bientôt moins funbèbres
Le ciel et la terre perdirent
Leur aspect fantasmagorique

Les morts se réjouissaient
De voir leurs corps trépassés entre eux et la lumière
Ils riaient de voir leur ombre et l’observaient
Comme si véritablement
C’eût été leur vie passée

Alors je les dénombrai
Ils étaient quarante-neuf hommes
Femmes et enfants
Qui embellissaient à vue d’oeil
Et me regardaient maintenant
Avec tant de cordialité
Tant de tendresse même
Que les prenant en amitié

Tout à coup
Je les invitai à une promenade Loin des arcades de leur maison

Et tous bras dessus bras dessous
Fredonnant des airs militaires
Oui tous vos péchés sont absous
Nous quittâmes le cimetière

Nous traversâmes la ville
Et rencontrions souvent
Des parents des amis qui se joignaient
A la petite troupe des morts récents
Tous étaient si gais
Si charmants si bien portants
Que bien malin qui aurait pu
Distinguer les morts des vivants

Puis dans la campagne
On s’éparpilla
Deux chevau-légers nous joignirent
On leur fit fête
Ils coupèrent du bois de viorne
Et de sureau
Dont ils firent des sifflets
Qu’ils distribuèrent aux enfants

Plus tard dans un bal champètre
Les couples mains sur les épaules
Dansèrent au son aigre des cithares

Ils n’avaient pas oublié la danse
Ces morts et ces mortes
On buvait aussi
Et de temps à autre une cloche
Annonçait qu’un autre tonneau
Allait être mis en perce
Une morte assise sur un banc
Près d’un buisson d’épine-vinette
Laissait un étudiant
Agenouillé à ses pieds
Lui parler de fiançailles

Je vous attendrai
Dix ans vingt ans s’il le faut
Votre volonté sera la mienne

Je vous attendrai
Toute votre vie
Répondait la morte

Des enfants
De ce monde ou bien de l’autre
Chantaient de ces rondes
Aux paroles absurdes et lyriques
Qui sans doute sont les restes
Des plus anciens monuments poétiques
De l’humanité

L’étudiant passa une bague
A l’annulaire de la jeune morte
Voici le gage de mon amour
De nos fiançailles
Ni le temps ni l’absence
Ne nous feront oublier nos promesses

(…)

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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La nature assassine : La canicule de 2003

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Les volcans, les glaciers, le vent ou les océans lorsque la nature tremble ou se déchaine, non seulement elle entraine tout sur son passage mais elle est aussi très impressionnante. Parfois c’est plus sournois, discret, silencieux. Parfois la nature nous renvoie notre propre irresponsabilité comme un boomerang. Mais un boomerang mortel. C’est ce qui s’est passé en 2003, lorsque la canicule s’est abattue sur l’Europe.

La canicule exceptionnelle de 2003 est causée par une circulation atmosphérique d’altitude complètement bloquée. Un anticyclone se détache du flux, circulant normalement d’ouest en est par un puissant flux ininterrompu d’air très chaud et très sec remontant directement du Maghreb et d’Afrique du Nord sur l’Europe. Tout cela a eu pour conséquence des températures estivales exceptionnellement élevées sur la plupart de l’Europe de l’Ouest. Un système dépressionnaire prenait en tenaille cet anticyclone et à empêché par la même la formation de nuages. L’absence de vent et de nuit, qui sont des phénomènes familiers sont venus renforcer cet état. Ainsi le faible renouvellement de l’air est à l’origine d’un pic de pollution au dioxyde d’azote.

La canicule européenne de 2003 est un événement climatique exceptionnelle survenu de juin à août 2003.  De nombreux records de température sont enregistrés dans toute l’Europe et notamment en France. Les températures atteignent à certains endroits déjà 30 °C fin avril. Dans certains pays, comme la France les conséquences sur les écosystèmes et la population provoquent une crise politique. Dans la plupart des stations météorologiques, le mercure a atteint ou dépassé 40 °C.

Selon Météo-France, « cette période de canicule dépasse de très loin tout ce qui a été connu depuis 1873 par son intensité et sa longueur tant au niveau des températures minimales, maximales que moyennes ».

Différentes sources (Inserm, Insee, INED) comptabilisent environ 15 000 décès en sus durant les deux premières semaines d’août.

Ce sont majoritairement chez les personnes âgées qui sont touchées, représentant déjà la majeure partie des décès en période habituelle. Le groupe d’âge le plus atteint est celui des plus de 75 ans.

Polémique : le gouvernement a d’abord annoncé 3 000, puis 5 000 décès, et les projections par les entreprises de pompes funèbres ont fait état d’une surmortalité de 10 400 morts.

Selon une première estimation de l’Institut de veille sanitaire (InVS) la canicule a fait 11 435 morts du 1er au 15 août.

Le 25 septembre on en dénombre 14 802.

Les chambres mortuaires sont saturées. Un hangar réfrigéré du marché international de Rungis, est mis à disposition afin d’y entreposer temporairement les corps des défunts. À la date du 24 août, en région Parisienne, ce sont encore 300 corps non réclamés par les familles qui attendent une inhumation.

Les hôpitaux sont débordés et sonnent le signal d’alarme. Mais c’est trop tard pour l’État qui a sous estimé le problème et qui est vite pointé du doigt. Le 3 septembre 2003, 57 victimes parisiennes de la vague de chaleur n’ont pas été réclamées par des proches sont inhumés . Jacques Chirac qui nie la responsabilité de l’exécutif et Bertrand Delanoë assistent à la cérémonie.

En Europe la France arrive deuxième juste après l’Italie – 20 000 morts- dans le nombre de décès lié à la canicule.

C’est la première fois que l’espérance de vie recule.

Quatre ans après en mars 2007, le nombre de décès du fait de la canicule 2003 s’élève à 19 490 en France et à 20 089 en Italie ; pour l’ensemble de l’Europe, il est de l’ordre de 70 000.

Depuis des plans d’urgence ont été mis en place car les décès exceptionnellement élevés liés à la canicule sont le fait non seulement du climat mais aussi de la gestion socio-politique qui s’en est suivi. Personne n’oublie cette année là où les pompes funèbres ont du faire face à une urgence et un drame humain.