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Je quitte Funéraire Info et je vous dis, à bientôt

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Si Guillaume a quitté le monde du funéraire pour s’intéresser à la fumée de la vape, c’est à mon tour aujourd’hui de vous dire au revoir.

Bon il est fort possible qu’au moment où je vous dise au revoir, vous vous demandiez qui je suis, et quand je suis arrivée.

Loin d’être un article d’au revoir, c’est surtout un article de remerciement, parce que, croyez-moi, rien n’est plus salvateur que la gratitude, et je trouve que c’est une jolie hyperbole de la vie.

L’écriture c’est donner à chaque fois un morceau de l’intime. On dit qu’écrire c’est mettre tout entre parenthèses mais c’est faux, écrire c’est comme une bulle d’oxygène, tu déverses tout dedans, tu secoues le tout et au passage tu trembles avec.

Quand tu écris, t’es férocement vulnérable et tendrement tout puissant. Écrire c’est penser avec et contre soi. C’est s’exposer, c’est mentir, c’est partir un peu. C’est une plaie infectée qui ne se soignera jamais, c’est manger de la solitude et aimer un peu moins fort.

J’ai tout aimé de ce travail, même ce que j’ai moins aimé, même les jours où j’aurais voulu balancer mon ordi par la fenêtre, même les jours où j’ai maudit Facebook, les commentaires méchants entres vous, les insultes.

Mon travail c’était d’écrire le vôtre. C’était ma simple toute petite mission. Et puis finalement j’y ai appris beaucoup, mes collègues m’ont beaucoup appris, mon patron m’a beaucoup appris, les lecteurs m’ont beaucoup appris, les partenaires, le milieu du funéraire, et même ceux qui ne m’apprécient pas du tout, m’ont beaucoup appris. On apprend parfois dans la douleur, ou plutôt par elle, mais on apprend surtout si on est ouvert, souriant, curieux.

Transmettre les informations du funéraire, l’actualité des entreprises, du secteur, c’était ça mon travail, mais je n’oublie pas vos témoignages, vos histoires. Je n’oublie pas vos doutes, vos coups de gueule.

Derrière les pseudos, j’y ai connu de beaux moments de joie, je m’y suis fait des amis, j’y ai connu des personnes formidables dont je sais que je ne m’éloignerai pas. Il y a dans les valeurs communes quelque chose de foudroyant, qui vous laisse là, un peu pantois.

Mais je sais à quel point le milieu du funéraire peut être parfois dur, cinglant, intolérant. Que dans les hautes sphères et comme dans tous les secteurs, la politique, le pouvoir, l’envie de se faire voir, d’avoir des relations, prennent toujours le pas. Un pas destructeur, surtout pour eux-mêmes d’ailleurs.

Mais dans ma sphère à moi il n’y a pas de place pour ça, dans ma sphère à moi on respire de liberté, et d’individualité.

J’écris aussi aujourd’hui pour vous dire courage, et merci; à ceux qui s’occupent chaque jour sur le terrain des familles, à ceux dans les chambres mortuaires, à ceux à l’état civil, ceux qui embellissent les corps, ceux qui font partir les âmes, ceux qui trouvent les mots en cérémonie, et ceux qui aident les familles à retrouver les leurs. Merci à ceux qui luttent contre les éléments, dans les cimetières, sur les routes. Merci pour votre humour.

Partir lorsque l’on travaille dans le funéraire, c’est une jolie mise en abîme finalement. C’est mourir un peu. Oh pas longtemps, juste assez pour vous dire…à bientôt.

 

Fais pas ci, fais pas ça, l’embauche en pompes funèbres, et si on se détendait ?

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Des articles sur l’embauche en pompes funèbres, la formation, les CV, il y en a des tas sur Funéraire Info, et pour cause, Guillaume en a fait son leitmotiv pendant quatre années tous les mercredis afin de vous expliquer les méandres du marché de l’emploi au sein du secteur funéraire. Entre les « c’est saturé » et les « vous ne devez pas écrire ceci ou cela dans votre lettre de motivation » il y a des fois où l’on a juste envie de dire « flûte ! et si je restais moi-même ? »

 » Fais pas ci, fais pas ça, viens ici, mets toi là « 

« C’est saturé » « ça fait deux ans que je cherche », il n’y a pas une seule journée où les aspirants conseillers funéraires n’expliquent pas à quel point il est difficile d’entrer dans le métier. « C’est saturé », « on embauche pas il faut arrêter avec les formations », et il n’y a pas une seule journée où les pompes funèbres n’expliquent pas à quel point il est difficile d’entrer dans le métier. Alors impasse ? Pas tout à fait.

Pourquoi certains y arrivent et d’autres non ? Il y a peu nous avons partagé une annonce d’une lectrice qui a été sollicitée rapidement et obtenu un poste en moins de 15 jours. Dans les commentaires de félicitations j’ai notamment pu lire à de nombreuses reprise « elle a eu de la chance ». C’est une formule maladroite que de récompenser la persévérance et le travail à coup de chance, dans ce cas là, autant rester chez soi à attendre que la roue tourne.

Pourquoi ça marche ? Elle avait mis sa photo. « Ahhhh » vous allez me dire, « c’est une fille, elle est jolie »… Certes mais ça n’est pas pour cela qu’elle a été embauchée. C’est pour la photo…qui rassure sur sa présentation. Petite explication. Vous décidez d’un pas franc et aventureux d’aller déposer votre CV directement dans les agences dont vous aimeriez une embauche. Mais voilà il faut que vous alliez chercher le pain, et passiez à la poste juste après, donc on opte pour un jean et la doudoune fera l’affaire. J’exagère à peine, mais travailler dans le funéraire c’est aussi un métier de présentation. Nom di diou ! Habillez vous correctement, allez déposer votre CV de la même manière que vous viendrez travailler le matin. Vos futurs employeurs ont besoin d’être rassurés sur ce point, si vous êtes présentable c’est que vous êtes respectueux, non seulement de vous, mais aussi de votre potentiel employeur, de l’entreprise et par conséquent… des familles !

hqdefault Fais pas ci, fais pas ça, l'embauche en pompes funèbres, et si on se détendait ?Sois poli dis merci, laisse ta place à la dame

Vous avez assisté à un diner avec Barack Obama et le Pape ? Grand bien vous fasse, mais votre interlocuteur, lui il s’en fiche un peu  ( beaucoup ), ce qu’il veut savoir c’est si vous allez faire preuve d’empathie sans pleurer, si vous pouvez gérer un rush sans appeler à l’aide toutes les trois minutes, gérer des quiproquos avec la mairie, la famille et/ou le lieu de culte… Il veut savoir si vous êtes un gestionnaire, un organisateur et quelqu’un qui saura faire preuve à la fois de souplesse et d’accompagnement. Il ne veut pas savoir qui est votre directeur d’université, il veut savoir si vous êtes prêts à vous plonger dans les méandres du CGCT.

« J’ai vécu la mort dans mon grand-père comme une révélation ». Là non plus je ne vais pas être tendre, et je me répète, mais… malgré tout le respect que l’on doit à votre chagrin, vivre un deuil ne vous donne pas la capacité de savoir organiser celui des autres.

Tu me fatigues je n’en peux plus, dis bonjour, dis bonsoir 

La vocation, c’est de partir en mission humanitaire au Togo, vous n’êtes pas dans l’humanitaire ou le social, vous êtes dans le funéraire. Avoir une vocation cela veut dire ne pas avoir de limite dans la manière de travailler et conseil d’ami, vous allez vite être débordé. Le funéraire est déjà un secteur où l’imprévu sonne à votre porte dès que vous allez sous la douche ou partez vous coucher, n’ajoutez pas le terme vocation dans vos CV, c’est parfaitement inutile, votre employeur sait que vous êtes disponible, cela doit même être votre qualité première. Ce n’est pas vous qui comptez, l’employeur ne va pas vous faire une fleur en vous embauchant, il doit considérer que vous êtes une plus value pour son entreprise, que vous pouvez lui apporter quelque chose grâce à votre savoir-être et votre savoir-faire.

Prends la porte sors d’ici, écoute ce qu’on te dit

Je sais, ça vient un peu à contre courant avec le mode impératif que j’utilise depuis 700 mots mais je vous explique pourquoi peu après. « N’envoyez pas de mail », « envoyez un mail », « ne dites jamais cordialement ! » « Ne proposez pas de rendez-vous ». Fichtre !

Les conseils c’est bien gentil mais s’ils vont dans tous les sens ça n’est pas très pertinent. Si votre futur employeur ne vous embauche pas parce que vous aurez mis « cordialement » dans votre lettre de motivation, alors croyez-moi, vous ne passez pas à côté du poste de votre vie. Là où vous aurez votre place, c’est là où l’employeur vous prendra pour ce que vous êtes et ce que vous pouvez apporter. Bon on est pas au Mac Do, ne venez pas comme vous êtes, comme je l’expliquais plus haut, faites un effort sur la présentation, et même plus qu’un effort, ça se voit tout de suite si quelqu’un est à l’aise avec un costume ou non. Pas la peine d’avoir un CV long comme le bras, pas la peine de vanter non plus vos expériences à droite ou à gauche, surtout si c’est chez la concurrence.

Arrête de te chamailler, réponds quand on t’appelle

Retour sur la vocation, « les familles » arrivent généralement dans la même phrase que le mot vocation. Or plus de la moitié de votre temps vous allez le passer dans l’organisation, la planification, faire un peu de ce que j’appelle la « politique du funéraire » est essentiel.

Savoir qui est la concurrence par exemple, sans jamais la critiquer (règle de base, non seulement c’est totalement inapproprié mais en plus qui sait si un jour vous n’aurez pas besoin d’elle). Ce qui compte ce sont vos compétences, et vous verrez qu’un jour…vous n’aurez même plus besoin de CV.

Tu n’es qu’un bon à rien, je le dis pour ton bien

Pourquoi suis-je légèrement vindicative aujourd’hui moi qui suis l’exemple même de la crème au chocolat ? Et bien hier nous avons eu une demande en privée pour déposer deux offres d’emploi, une comme conseiller sur Angers ce qui est assez rare, l’autre comme marbrier sur Angers ce qui est encore plus rare. Et personne, personne PERSONNNE n’a répondu. Ce qui est quand même formidable dans un pays où l’on se plaint à tout va sur les réseaux sociaux de ne pas être embauché.

Vous en faites pas les gars,
Moi aussi on m’a dit ça
Fais pas ci fais pas ça
Et j’en suis arrivé là

Travailler en pompes funèbres c’est un échange entre un salaire et des compétences, mais c’est aussi entrer dans une famille bien particulière. Connaissez là, apprenez à savoir quel est votre rôle, et je vous assure, qu’un jour vous aurez du mal à la quitter.

Retrouvez la plaquette du planning 2018 d’EFFA formation

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plaquette planning EFFA formation 2018

L’école de formation du funéraire basée dans le Vème arrondissement de Paris assoie sa réputation sur de longues années d’expérience. Créée par la CPFM il y a 35 ans, l’école a vu passer des générations entières de professionnels du funéraire. C’est son accessibilité à tous les publics mais aussi sa rigueur, qui lui attire aujourd’hui tous les lauriers. Retrouvez la plaquette du planning 2017 d’EFFA formation.

L’école de formation était bien évidemment présente au stand de la CPFM – qui fêtait ses 80 ans d’existence. L’occasion pour les visiteurs de venir se renseigner sur les diverses formations dispensées par l’école de formation :

Avec un taux de 85% d’insertion dans la vie professionnelle avec un poste en adéquation avec le diplôme. Les formations sont souvent très vite complètes, et c’est pour cela qu’Yves Messier, responsable de formation responsable pour EFFA formation, nous livre le calendrier des prochaines sessions que vous retrouverez ci-après.

EFFA formation fort de son label qualité pérennise sa réputation. Je rappelle que le label qualité sert à à s’assurer de la qualité de la formation dispensée et donc permettre d’aiguiller les futurs aspirants dans le choix de leur formation mais aussi de s’assurer de la réussit de leur projet, du choix de la formation à l’entrée effective dans la vie professionnelle. 

La plaquette du planning 2018 d’EFFA formation

Conseiller funéraire, je suis aussi schizophrène et oui merci, je vais bien.

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schizophrène

Mon témoignage du jour est plein de profondeur. Robin, jeune homme schizophrène est aussi conseiller funéraire. De ma conversation avec lui j’en tire plein d’humilité.

Les psychologues, psychiatres et autres, sont les premiers à avoir besoin d’une thérapie. Je ne vois pas pourquoi, moi, je ne pourrais pas aider d’autres personnes endeuillées alors que j’avais fait le deuil d’une partie de moi depuis longtemps. Oui, je suis schizophrène et conseiller funéraire. Et oui, merci, je vais bien. 

L’insertion dans la vie professionnelle des personnes atteintes de schizophrénie n’est pas simple, comme elle ne l’est pas pour les jeunes, les personnes âgées, les mères de famille, les handicapés ; à peu près tout le monde. Alors imaginez moi qui arrive avec mon bagage et mes 10 « moi » dans ma tête, je n’étais pas sur la top liste pour être embauché et pourtant…

« Décompensation on dit les médecins »

J’ai 36 ans, il y a environ 9 ans, j’avais un travail dans un autre domaine, un poste avec des menues responsabilités, une équipe à diriger. J’avais aussi une petite amie, un appart, un repas chez mes parents le dimanche, une soirée avec mes amis toutes les deux semaines, j’avais, j’étais.  Je ne l’ai pas senti tout de suite, mais au fur et à mesure je loupais des choses importantes pour me rendre à des rendez-vous fictifs dans l’espoir de sauver quelque chose ou quelqu’un. Je détruisais un à un les meubles de chez moi pour refaire tout l’appartement, etc. La frontière entre la réalité et l’imaginaire n’existait plus. « Décompensation » on dit les médecins. Avec les médicaments que l’on m’a donnés, j’arrivais à canaliser tout ça. Mais tout avait changé, tout ce qui me paraissait léger est devenu si lourd, et finalement ça a été révélateur d’une vraie prise de conscience. Ma copine m’a quitté, et j’ai quitté mon job où je ne trouvais plus vraiment de sens. Schizophrénie ou non, j’avais 27 ans, et faisais, je pense une crise de la trentaine précoce en quête de sens. Surtout qu’entre les premières décompensations et le mot pathologique de schizophrénie il s’est passé près de 18 mois.

 « C’était technique, humain, profond »

J’ai engrangé un processus de deuil, deuil de ma relation, de mes attentes professionnelles et quelque part, le deuil de moi aussi. En travaillant sur le deuil avec ma psy, je me suis plongé dans l’univers du monde funéraire. Comme 90 % de la population, pour moi avant pompes funèbres c’était surtout l’endroit où l’on ne veut jamais aller. Des mecs habillés en noir à l’air triste qui génèrent un business. Je ne sais pas si j’étais en décompensation ou non, mais un jour je suis rentré dans une agence de pompes funèbres. Je ne sais plus ce que j’ai raconté mais j’ai demandé à ce qu’on m’explique le métier. Je pense qu’on m’a pris pour quelqu’un qui venait se renseigner pour un proche. Et là j’ai découvert un autre univers, un qui collait à la fois à ma réalité et à mes phases de décompensation. C’était technique, humain, profond. Rien à voir avec ce que je faisais avant, ça faisait sens tout à coup. Et pour la première fois en près de 2 ans, la schizophrénie était une chance.

 Un coup de chance

Je me suis renseigné, j’étais été épaulé par ma psy, parce qu’il faut bien le dire, ma famille m’a tourné le dos. Et j’ai eu de la chance, beaucoup de chance, j’ai été embauché, formé par un professionnel à l’écoute. J’ai dit tout de suite que j’étais schizophrène. Comme beaucoup, et comme moi avant, il ne savait pas ce que c’était exactement. Je lui ai expliqué. Il m’a répondu en souriant « on l’est tous un peu non ? ».  Même s’il savait que ça n’était pas vrai, c’était une manière de me dire, ne t’inquiète pas, ici tu verras des gens aux souffrances inégalables. Et il avait raison.

 Aujourd’hui

M’occuper des autres, m’aide à m’oublier un peu aussi. Quelque part, aider les gens à faire leur deuil en organisant les obsèques m’aide à ne pas décompenser. Les Autres sont mes médicaments, bien que je sois, et pour toujours, sous traitement. Aujourd’hui, je vais bien, peut-être pas demain, mais aujourd’hui oui. Et quand on travaille dans le funéraire, c’est aujourd’hui qui est important.


Vous aussi vous voulez me confier votre vécu ? Contactez moi par mail : sarah.funeraireinfo@gmail.com 

Merci de me laisser passer dans vos vies. 

Conseiller funéraire, un homme fait un arrêt cardiaque devant moi

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témoignage

Un témoignage ce jour rempli d’émotion. Laurent, conseiller funéraire et maître de cérémonie au moment de ce récit, nous raconte une journée pas comme les autres. 

 » Il y a quelques années, alors que je débutais dans le funéraire en tant que conseiller funéraire et maître de cérémonie, un homme d’une cinquantaine d’années se présenta à mon agence.

Il s’avance, me sert la main. Nous nous asseyons et il m’explique d’une voix très rocailleuse, qu’il est atteint d’un cancer des poumons en phase terminale et qu’il s’inquiète pour ses enfants qui vont devoir gérer son enterrement d’un point de vue décisions, organisation ainsi que financièrement. Cela l’inquiète énormément. Il a des questions et souhaite avoir des réponses, des explications ainsi qu’un devis que je lui enverrai chez lui. En quelques minutes, nous ciblons ensemble ses souhaits ainsi que ses choix.

Une fois notre discussion terminée, il se lève, me salue très gentiment, me tend la main que je saisis. Nous échangeons quelques banalités en nous serrant la main.

Il me regarde, me sourit, me remercie…

Ses yeux se révulsent, ses jambes le lâchent, il s’effondre,  je l’accompagne au sol. Je me rends compte qu’il fait un arrêt cardiaque. En quelques secondes, j’appelle les pompiers et je vais ouvrir la porte de mon bureau qui donne directement sur la rue. J’interpelle un passant pour lui demander de me ramener le défibrillateur qui se trouve à la mairie. Je reviens vers mon monsieur et commence un massage cardiaque.  Le passant  arrive avec le défibrillateur et deux employés de la mairie qui possèdent leur brevet de secourisme. Nous choquons la personne avec le défibrillateur et un des employés municipaux reprend le massage cardiaque.

Quelques minutes se passent, les pompiers et les forces de l’ordre arrivent. Ils commencent à lui prodiguer les premiers soins. Mais rien n’y fait, il s’en va doucement…

Je regarde cette scène

Ce monsieur en train de lutter, ces pompiers qui tentent désespérément de le ramener.

Ses yeux se remettent à la normale. Il me tend la main, me sourit en me regardant. On m’a rarement sourit comme cela. Je me baisse, lui saisit la main… Il me remercie et je sens sa main me lâcher tout doucement.

Mon petit Monsieur est parti. Il vient de faire un arrêt cardiaque.

Une fois le certificat de décès rédigé, mon collègue et moi-même transférons le défunt dans un funérarium puis, je reviens à mon bureau.

Le lendemain, ses enfants me contactent. Ils ont été prévenus par les forces de l’ordre. Lors de notre conversation téléphonique, je leurs explique que si ils ont des questions, je peux y répondre, que nous pouvons également nous rencontrer mais qu’il ne faut pas qu’ils se sentent « obligés » de signer les obsèques de leurs papa dans l’entreprise où je travaille.

Après notre rencontre et quelques réponses à leurs questions ses enfants me mandatent pour m’occuper de lui. Cérémonie civile au crématorium suivie de l’inhumation de l’urne en case de columbarium au cimetière de la ville où il habitait. Ses choix seront respectés.

Arrive le jour de l’enterrement…

Mise en bière du défunt suivie de la présentation à la famille. Arrive l’heure de la fermeture du cercueil. La famille laisse le choix à ceux qui le veulent de pouvoir y assister ou pas. Alors que je m’apprête à visser la troisième vis, sa fille se retourne vers toutes les personnes présentes et déclare que malgré la tristesse liée au décès de son papa, elle est très heureuse car il n’est pas parti tout seul comme cela arrive a beaucoup de monde mais en compagnie du maître de cérémonie et elle me désigne. C’est une des rares fois où je n’ai pu contenir mes larmes.

Cérémonie simple au crématorium où tout se passe bien. Deux heures plus tard je récupère l’urne et prend la direction du cimetière. L’inhumation aura lieu dans la stricte intimité familiale, seuls ses deux enfants sont présents. Quelques minutes plus tard la case est fermée et la cérémonie terminée.

Ses enfants me remercient et nous nous séparons après une journée pleine d’émotions. Depuis, chaque début d’année, ils m’adressent un petit mail.

Mon très cher monsieur, vous resterez toujours un moment très particulier dans ma carrière funéraire et un souvenir plein d’émotions.

Laurent. »

Comme chaque semaine, je vous remercie pour vos écrits, témoignages, mails, etc. N’hésitez pas à me faire parvenir un morceau de votre histoire à sarah.funeraireinfo@gmail.com

Pompes Funèbres BERTHELOT, la discrétion d’une entreprise à la progression constante

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photo pontoise
photo pontoise

Créée en 1975 à Gournay-en-Bray, en Normandie. L’entreprise Berthelot a été acquise en 1995 par le Groupe SPI dont les actionnaires sont particulièrement attachés aux valeurs humaines et familiales. Elle  s’est progressivement développée, au point de compter aujourd’hui une trentaine d’agences et 17 Chambres funéraires qui s’étendent de l’Ouest de la France, jusqu’à la région Parisienne.

François Bonargent, Président du Directoire de SPI a engagé la Branche Funéraire sur un développement raisonnable et pondéré dans la durée. La Branche Funéraire est un des 3 métiers du Groupe SPI aux côtés de la distribution d’Eau et la distribution de matériaux de construction.

PFMBerthelot a récemment acquis trois entreprises : Leroy Funéraire dans les Yvelines, PF Simon à Villejuif ainsi que  Marbrerie Floury dans le Val de Marne, faisant passer les pompes funèbres et Marbrerie Berthelot à 30  agences.

Pompes funèbres Berthelot, l’exigence de la qualité

L’entreprise est tournée vers le client, pour preuve, c’est  l’une des rares  en France à afficher la norme NF Services Funéraires. « La norme NF est un atout, elle nous apporte une crédibilité, cela traduit des engagements, sur l’accueil, la transparence et le service. » explique Bernard Mazeyrie, Directeur de la Branche Funéraire. Le niveau d’exigence et de transparence est rassurant pour les familles. Cela a permis de normaliser la méthodologie  de travail  pour toutes les agences. C’est également ce qui contribue à conforter la notoriété du groupe avec un engagement rappelé au travers de son slogan: « Berthelot, l’organisateur de vos obsèques, pour une cérémonie réussie. »

photo-Agence-Rouen Pompes Funèbres BERTHELOT, la discrétion d’une entreprise à la progression constante
photo Agence Rouen

Indépendance et investissements les maîtres mots des PF Berthelot

Il ne reste que peu de pompes funèbres en France de cette taille qui revendiquent leur indépendance. SPI investi dans ces métiers, en adoptant une démarche patrimoniale impliquant un développement pondéré et réfléchi. C’est un groupe non endetté, qui anticipe chacun de ses investissements et surtout s’assure de la parfaite intégration des nouvelles acquisitions.

Une autonomie parfaite

Avec ses chambres funéraires, ses agences, et sa propre école de formation, le groupe Berthelot, a obtenu en ce début d’année 2017 une Délégation de service public pour la construction et la gestion d’un crématorium, sur la ville des Andelys, dans l’Eure. Cette complémentarité fait du groupe un opérateur complet. L’équilibre demeure parfait entre une croissance interne et une croissance externe. Les marques locales demeurent, seul un logo s’ajoute comme le dénominateur commun : la marque « Berthelot ».

L’humain au cœur des métiers

Le groupe Berthelot est également très attaché au respect des valeurs humaines qui constitue un pilier fondamental pour les Managers du Groupe. Le groupe compte une centaine de personnes avec un taux de féminisation de plus de 40 % dans le réseau commercial, en augmentation constante au fil des ans. La Direction est convaincue que l’épanouissement est essentiel dans l’entreprise, car c’est ce qui la rend plus efficace. Elle a par exemple signé un accord pour faciliter notamment le retour des salariées à l’issue d’une maternité, car concilier vie professionnelle et vie privée n’est pas toujours aisé nous précise Dominique Guillemin, DRH (SPI) .

Le Groupe a également mis en place une politique de gestion de la Sécurité dès 2005 qui est partagée par tous les salariés de l’entreprise.

La formation, une base élémentaire indispensable

L’école de formation a été créée il y a deux ans. Elle représente une avancée importante pour le réseau et un investissement sur le long terme. « On investit beaucoup dans l’humain » rappelle Bernard Mazeyrie. Tout nouveau collaborateur embauché va prochainement bénéficier d’une véritable période d’intégration qui comprendra notamment le cursus de formations commerciales PFMB. D’ailleurs ce cursus évolue sans cesse car les connaissances doivent être mises à jour régulièrement. Et si les nouveaux recrutés sont formés, il en est de même pour les employés des entreprises nouvellement acquises, cela permet de faire travailler tout le monde de la même manière. En effet, un Conseiller Funéraire est avant tout, comme son terme le désigne depuis quelques années « un conseiller » au contact des familles : il a un rôle clé car il véhicule l’image de l’entreprise. Il est donc fondamental de consacrer une attention particulière à sa formation et veiller à ce que les meilleurs savoir-faire commerciaux soient appliquées de manière transversale à l’ensemble des Conseillers. Cela permet en outre d’acquérir de nouvelles compétences et d’optimiser leur profil professionnel.

 

Témoignage: Lola recherche un stage en pompes funèbres en Vendée

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pompes funèbres

Je m’appelle Lola, j’ai 18 ans et je réside en Vendée (85). En effectuant des recherches sur internet j’ai découvert votre site « funéraire info« . Depuis, je le consulte régulièrement. Si je vous contacte aujourd’hui c’est parce que depuis longtemps déjà je suis fascinée par le milieu funéraire.

Je vous explique la situation. Je dois effectuer 14 semaines de stage sur deux ans dans le programme scolaire de mon BTS MUC (Management des Unités Commerciales). Ce BTS MUC n’était pas mon premier choix, je l’ai choisi par défaut. Les pompes funèbres seraient le seul domaine qui me plait pour mon stage, et j’envisage même d’y faire carrière si j’en ai la capacité.

Je cherche un stage de découverte dans le funéraire

Bien évidemment, j’aimerais faire un stage de découverte au préalable, car j’ai conscience de l’enjeu de ma démarche et que le milieu funéraire est un domaine à prendre très au sérieux. J’ai fait plusieurs demandes auprès de salons funéraires ; entretiens réels, appels téléphoniques, et je n’ai eu que des réponses négatives.

L’un des directeurs que j’ai rencontré m’a expliqué que j’étais trop jeune et que ce n’était pas crédible auprès des familles endeuillées, ce que je comprends parfaitement. Un autre directeur m’a dit qu’accueillir une stagiaire et qu’elle soit présente auprès des familles le mettrait mal à l’aise, ce que je comprends également. Il m’a ensuite demandé si j’avais déjà été confrontée à la mort d’un proche, et après que je lui ai dit que la seule personne que j’ai pu perdre été mon grand-père, il m’a gentiment dirigé vers la porte puis j’ai compris à travers son regard et ses paroles qu’il ne me prenait pas au sérieux. Cependant, les autres salons funéraires, même sans connaître mon âge, et même sans entretiens réels ne m’ont accordé que très peu de temps au téléphone et m’ont clairement dit qu’ils ne prenaient pas de stagiaire.

Patrons de pompes funèbres, donnez moi ma chance!

Je comprends très bien le fait que certaines personnes ne me prennent pas au sérieux, de part mon jeune âge, cependant le domaine funéraire est une chose qui me tient à cœur. J’ai conscience de ce que l’on peut voir et vivre dans ce milieu et que tout le monde n’est pas fait pour y travailler mais je n’aurais jamais la certitude de savoir si j’en suis capable si personne ne me laisse découvrir cet univers.

Je me suis beaucoup renseignée, auprès de professionnels, auprès de mon entourage, sur internet également, mais rien de très concluant jusqu’à présent. C’est pourquoi je vous adresse ce courrier, en espérant une réponse de votre part, afin de me dire si oui ou non il y a une possibilité que je trouve quelqu’un qui veuille bien me faire partager ce savoir-faire, ou bien s’il faut que j’envisage autre chose.

Dans l’espoir d’une réponse de votre part, je vous prie d’agréer, madame, monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Lola

  • Quels conseils donneriez vous à Lola?
  • Si vous souhaitez la prendre en stage, contacter nous en utilisant l’adresse suivante : funeraire.info@gmail.com, pour une mise en relation.

EFFA, l’école de formation aux métiers funéraire qui prépare l’avenir

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EFFA ecole de formation funeraire

Pour faire carrière dans le funéraire, tout commence par une bonne formation. Le choix d’une bonne école est donc primordial. Du haut de ses 35 ans d’expérience, jouissant d’une réputation d’excellence sans faille dans les métiers du funéraire, EFFA Formation, pour ses élèves, est en tout cas le meilleur choix à faire. Raisons d’un succès.

Depuis 1981

EFFA Formation n’est pas un nouveau venu dans le secteur de la formation aux métiers du funéraire : l’école a en effet été fondée en 1981, et a toujours appliqué la même philosophie : dispenser la formation pour chaque corps de métiers selon les programmes imposés, mais avec quelque chose en plus.

Ce quelque chose en plus, c’est l’expérience de ses formateurs. Tous professionnels issus du terrain, ils apportent leur expérience et leur éclairage précieux à la théorie de l’enseignement. Un détail qui a toute son importance : à la stricte application du contenu réglementaire de la formation, les enseignants d’EFFA apportent un enrichissement, celui de pouvoir expliquer l’importance concrète de ces connaissances.

Les formations d’EFFA sont accessibles à tous les publics : salarié dans son parcours de développement de carrière, personne en reconversion, créateur d’entreprise, etc.

A la pointe du progrès

Quoique idéalement située à Paris, non loin de nombreux transports en commun, dans un quartier agréable, EFFA a bien pris note que, pour certains élèves, des déplacements trop nombreux pouvaient parfois s’avérer contraignants et onéreux. Voilà pourquoi l’école a mis en place une plate-forme de e-learning.

Les étudiants ont donc la possibilité d’étudier, soit directement dans le centre de formation parisien, soit de leur domicile, voire directement depuis leur lieu de travail. Une solution souple et économique, en temps comme en argent, évitant les déplacements et l’hébergement sur place.

Les premiers retours sont très concluants. Les étudiants n’ont aucun problème pour comprendre la plate-forme facile d’accès, ils se repèrent facilement et peuvent communiquer rapidement avec un cyber-professeur présent constamment pour répondre à leurs questions.

Pourquoi choisir EFFA

Nous n’en faisons pas mystère : les formations professionnelles funéraires sont devenus une jungle où n’importe qui peut ouvrir son centre de formation. Il est primordial, pour qui souhaite faire carrière dans le secteur funéraire, de bien choisir son école. Et EFFA appartient à la très petite liste des écoles reconnues par la profession pour son sérieux.

Dans une profession devenue « à la mode », en effet, parmi la pléthore des Curriculum Vitae reçus par les employeurs, l’école est un facteur important. Un employeur qui recrute préférera un diplômé d’une école reconnue.

Plus de 85 % des élèves d’EFFA trouvent un poste dans les semaines qui suivent leur remise de diplôme, un taux très supérieur à la moyenne des centres. Ceci, grâce à une sélection rigoureuse des élèves sur leur motivation, et une réputation d’excellence sans faille depuis 36 ans.

Le site internet d’EFFA : effa-formation.com

Trouver un emploi dans le funéraire : POMPES FUNEBRES DE FRANCE

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Recrutement pompes funèbres de France

Vous avez eu votre diplôme, ou vous souhaitez faire carrière dans le funéraire ? Félicitations. Néanmoins, avant toute, la première chose à faire est de trouver un poste. Pour vous aider à y voir plus clair, Funéraire Info a posé la question à quelques uns de plus importants employeurs du Funéraire. C’est POMPES FUNEBRES DE FRANCE, le réseau qui monte, qui nous explique comment les rejoindre.

Sandrine Thiéfine, Présidente du réseau POMPES FUNEBRES DE FRANCE, répond à nos questions.

– Quels sont les postes pour lesquels vous recrutez, actuellement ou régulièrement ?

Notre réseau se développe fortement, nos franchisés et nous recrutons.  Nous avons ouvert récemment 6 nouvelles agences POMPES FUNEBRES DE FRANCE, 14 nouvelles agences sont en cours d’ouverture dont 3 sont actuellement en travaux et 11 en recherche de locaux. Vous pouvez imaginer que pour l’ensemble de ces ouvertures, nos besoins en recrutement sont importants et nous recherchons principalement des Responsables d’Agences et des Conseillers Funéraires. Quant à notre rythme de recrutement, nous ouvrons des agences et développons notre réseau tout au long de l’année et pour de nombreuses années. Nous sommes très fiers d’être des créateurs d’emplois.

– Dans le cadre des métiers réglementés, privilégiez-vous la sélection de candidats diplômés d’écoles funéraires, ou favorisez-vous l’embauche de candidats sans qualification pour les former selon vois critères ?

Pour gagner du temps, il est clair que l’idéal serait des salariés expérimentés avec au moins 2 ans d’expérience, mais bien entendu nous ne fermons pas la porte aux jeunes diplômés, il faut tout simplement parfaitement les accompagner pour leur apprendre le métier. Nous sommes heureux de compter des jeunes qui entrent dans notre secteur d’activité.

– En dehors des compétences inhérentes aux métiers du funéraire, quelles sont vos exigences vis à vis de la sélection des candidats ? (par exemple : « Pour un assistant funéraire, un BAC + 2 est impératif »)

Les diplômes, il faut en avoir, mais ce n’est pas notre priorité dans le choix de nos recrutements. Nos exigences sont extrêmes quant au savoir être, à la parfaite éducation, à l’empathie, à  la rigueur, à la disponibilité et à la réactivé. Il faut aussi avoir de véritables valeurs humaines et être à l’écoute pour faire ce beau métier si particulier.

– Comment postuler ? Les candidats désireux de rejoindre votre entreprise peuvent-ils envoyer leur candidature au siège, ou directement dans les agences ?

C’est très simple, il suffit d’envoyer un mail à emplois@pfdefrance.com ou écrire à POMPES FUNEBRES DE FRANCE – Direction des Ressources Humaines – 12, rue Barthélemy Danjou – 92100 Boulogne-Billancourt. Le siège social se charge de valider les dossiers de recrutement pour nos franchisés pour la France entière. D’ailleurs, nous recrutons actuellement pour les départements de la Gironde, du Rhône, de la Charente-Maritime, des Hauts de Seine, et de Paris.

Logo_PFDF_RVB-300x300 Trouver un emploi dans le funéraire : POMPES FUNEBRES DE FRANCEPOMPES FUNEBRES DE FRANCE est un réseau de franchise funéraire. L’objectif affiché est de faire de POMPES FUNEBRES DE FRANCE une véritable marque nationale. Le plan stratégique est de pérenniser, développer et dynamiser le réseau sur l’ensemble du territoire français en passant à 300 agences en 10 ans.

Le réseau POMPES FUNEBRES DE FRANCE se définit par des valeurs de partage et d’échange. Proposer les meilleurs services et formations, c’est aider les franchisés à mieux exercer l’activité des franchisés et à développer le réseau. Un développement de réseau de franchises maitrisé. Des paroles, mais surtout des actes.

Le site internet : www.pompesfunebresdefance.com

Un conseiller funéraire au bûcher, en place publique

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conseiller funéraire au bûcher

Un témoignage nous est parvenu à la rédaction de Funéraire Info. Notre correspondant, que nous appellerons Charlie, témoigne de l’ambiance particulière qui règne dans les métiers du funéraire à travers l’histoire d’un conseiller funéraire au bûcher. Et nous tend, sans aucun doute, un miroir sur notre profession dont le reflet essaie. N’oubliez pas une chose : ce qui est arrivé à ce conseiller peut arriver à n’importe lequel d’entre nous, n’importe quand. Après les thanatopracteurs, les conseillers funéraires, n’en jetez plus !

Une drôle de mésaventure

C’était vendredi soir et je me détendais dans mon bureau en regardant plus ou moins un documentaire et en tapotant machinalement sur mon portable au gré des alertes Facebook, lorsqu’un message privé m’a tiré brutalement de ma torpeur. Le lien qu’il contenait renvoyait sur le mur d’un inconnu, sur lequel était affiché une publication qui a aussitôt achevé de me réveiller. On pouvait y voir la photo d’une carte de visite, avec le logo d’une entreprise de pompes funèbres, l’adresse et les coordonnées d’une agence et le prénom d’un conseiller. Seul son nom de famille avait été masqué. Cette image était accompagnée d’une longue et larmoyante litanie, narrant de manière très théâtralisée un incident survenu dans un crématorium.

Raconter ce genre de mésaventure sur Facebook n’a rien de choquant en soi et il m’arrive fréquemment de poster le récit de mes déboires avec certaines administrations ou autre, mais là, il ne s’agissait pas de cela. La publication était visible par tous, sans aucun filtre et son but était de dénoncer (et là ce mot prend vraiment tout son sens) une personne, parfaitement identifiable en quelques clics. Son auteur, après avoir copieusement insulté et traîné sa cible dans la boue, enjoignait ses lecteurs à fuir cette agence et ce conseiller, toujours en le (pré)nommant et surtout à partager massivement sa publication.

Lynchage public

Incrédule, j’ai commencé à parcourir les commentaires qui affluaient… Et là tout à coup je pense m’être retrouvé devant ce que les réseaux sociaux peuvent produire de pire : Des vociférations haineuses, des menaces physiques explicites, des malédictions et même des sorts appelant le défunt à venir hanter le conseiller jusqu’à la fin de ses jours. Personne pour s’interroger sur l’exactitude des faits ou sur la légitimité d’un tribunal composé d’utilisateurs de Facebook. Personne, pas même un confrère pour s’insurger de ce lynchage public.

Les confrères, parlons-en… Non contents de se repaître du spectacle, ils en profitaient pour faire leur propre publicité entre deux jets de venin. Je pense que c’est ce qui m’a le plus choqué. Voir ces personnes, dont je connais certaines très bien et depuis longtemps et dont je sais en connaissance de cause qu’ils ont eu eux-mêmes à faire face à ce type de « couacs » (car c’était un couac, un malentendu, rien de plus, qui aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous), jubiler et plastronner au lieu de s’indigner de cette chasse aux sorcières… Ça m’a littéralement horrifié.

Jour d’angoisse

Une longue, très longue journée s’est écoulée, si elle m’a parue longue à moi, je n’ose même pas imaginer ce que pouvait ressentir ce conseiller, et la meute enragée n’a cessé de grossir. Je surveillais les partages, il y en a eu plus de 600. Et chacun était fier de dire qu’il avait participé à détruire la réputation d’un homme, sans doute persuadé d’avoir fait là une bonne action. Untel affirmait que lui l’aurait « envoyé à l’hôpital », un autre disait qu’il fallait porter plainte, un autre encore demandait une enquête de « Que choisir » sur cette entreprise. Des insultes aussi, parmi celles qui sont répétables : « gros nase », «monstre inhumain »…

Les pompes funèbres dans leur ensemble en ont pris pour leur grade et nous tous avec : « Des escrocs qui vivent du malheur des gens ». Une femme, aussitôt suivie par d’autres a expliqué qu’elle voulait se faire crématiser directement sans cérémonie et dans un cercueil premier prix pour « ne pas donner d’argent à ces gens-là ». Les commentaires les plus effrayants étaient ceux qui exigeaient le nom complet du conseiller.

Un conseiller funéraire au bûcher

Cette publication a enfin été retirée, tard dans la nuit de samedi à dimanche. La foule vengeresse s’est calmée et cette histoire sera vite oubliée, peut-être chassée par une autre. C’est si bon de juger, de s’indigner, de vociférer des menaces devant son écran… Ça permet d’évacuer les frustrations du quotidien. Mais pour la victime d’un tel lynchage, quelles sont les conséquences ?

Peut-être le découvrirez-vous un jour, pour votre plus grand malheur, parce que nous pouvons tous nous retrouver un jour ou l’autre dans cette position. N’importe qui peut publier n’importe quoi et titiller les bas instincts des lecteurs pour transformer Facebook en tribunal d’inquisition. Ce serait bien de garder cela présent à l’esprit quand se présentera la prochaine occasion de revêtir sa tenue de justicier des réseaux sociaux.

Ce phénomène s’appelle le shaming. Vous pouvez trouver ici un article du Nouvel Obs, passionnant, à ce sujet.