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La beauté du silence dans les plus belles églises du monde

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l eglise-de-hallgrimur de reykjavik islande
l'église de Hallgrimur de reykjavik Islande

Alors ça n’est pas parce que je suis athée, que je ne sais pas reconnaître la beauté d’un édifice religieux. Si j’ai eu la chance de voir, d’entrer et de grimper au sommet de l’église d’ Hallgrímskirkja en Islande, je vous emmène voir d’autres églises tout aussi somptueuses qui donnent -presque- envie de se confesser.

1 – L’église l’Hallgrímskirkja en Islande

Sur la colline Skólavörduholt se dresse une cathédrale dont la forme est inspirée par les orgues basaltiques. Il aura fallu 38 années pour concrétiser ce projet de 74,5 m  de haut. Immaculée -contrairement à d’autres églises d’Islande complètement noire et tout aussi magnifique- sa blancheur se découpe parfaitement dans le paysage glacé de la capitale la plus septentrionale au monde, Reyjkavik. Sobre, pure, c’est tout ce qui me vient à l’esprit lorsqu’on entre dans la douceur de la nef. A l’intérieur vous trouverez également un orgue imposante qui pèse 25 tonnes, et possède 5 275 tuyaux ! Pourquoi je l’aime tant ? Parce qu’elle a l’image de l’Islande brute et douce à la fois, et lorsqu’on arrive en haut, on peut accéder à un panorama sur la baie… et les toits colorés de Reykjavik qui nous offre un des plus beaux paysages d’Islande.

capital-de-l-islande-reykjavik-vue-de-l-église-de-hallgrimskirkja-30235437 La beauté du silence dans les plus belles églises du monde2- La cathédrale Saint Basile de Moscou

Toujours dans le froid, mais haut en couleurs, la cathédrale Saint Basile de Moscou est un édifice religieux incontournable. Si ce nom ne vous dit rien c’est pa

Moscou-Cathedrale-Sainte-Basile-2- La beauté du silence dans les plus belles églises du monde

rce que vous la connaissez sans doute sous le nom de cathédrale Basile-le-bienheureux. Là encore pas de surprise, le monument se trouve sur la place rouge à Moscou et date de 1555.  Les couleurs font la part belle à cet édifice qui est en réalité constitué de neuf églises disposés sur un socle.

3-  La CHAPELLE THORNCROWN, Arkansas, Etats-Unis

Faite de matériaux bruts (pierre et bois locaux) et de plus de 500 m2 de verre (425 téléchargement La beauté du silence dans les plus belles églises du mondefenêtres), la Thorncrown chapel est dédiée à la Sainte Couronne, thorncrown voulant dire « couronne d’épines ». Cette chapelle en plein milieu des bois est absoument splendide. Une ode à la nature qui attire une foule de visiteurs, des plus croyants au plus athée. Avec ses fenêtres elle offre une lumière traversante qui malgré sa taille, la fait totalement se confondre dans son environnement. Un land art façon édifice religieux.

D’autres églises aussi belles à l’intérieur à l’extérieur existent je n’ai retenu que (mes) trois préférées. Retrouvez d’autres photos dans la galerie ci-après.

 

L’importance du Maître de Cérémonies durant les obsèques religieuses

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Le cimetière s'étend autour de l'église

Lors d’obsèques religieuses, les pompes funèbres ont parfois tendance à mettre sur le convoi des Maîtres de Cérémonies peu expérimentés, et ces derniers ont eux-même tendance à considérer le convoi religieux comme une tâche subalterne. Ce qui n’est, évidemment, absolument pas le cas, bien au contraire.

Une cérémonie religieuse peut se décomposer en trois séquences : la mise en bière et/ou levée de corps, la cérémonie proprement dite, et l’inhumation au cimetière. Le cas des crématoriums sera abordé plus spécifiquement.

La mise en bière, la levée de corps

L’importance de la mise en bière et/ou de la levée de corps (si la mise en cercueil a été anticipée) est primordiale pour la perception du service rendu. La famille qui a demandé un hommage religieux y tient, soit par foi personnelle, soit par attachement aux volontés du défunt.

Pour solenniser la levée de corps et le début réel du cérémonial, autrement appelée la pompe funèbre, la récitation d’une prière pourrait par exemple être la bienvenue. À de rares exception près, ce n’est pas le cas, et la levée de corps reste une opération technique.

Ensuite, le Maître de Cérémonie devrait expliquer le déroulement des opérations. La famille sort d’un, deux ou trois jours de recueillements lors du dépôt de corps en salon, qui vont s’achever par un marathon frénétique : levée de corps, église, cimetière, puis soudain, plus rien, tout s’arrête. Si ces opérations sont pour nous, opérateurs funéraires, pure routine, gardons à l’esprit que pour la plupart des gens, c’est une nouveauté.

L’église

Dans l’église, le prêtre est le patron. S’il n’y a pas de prêtre, c’est l’équipe laïque, qui se voit confier son autorité par l’évêque. Autant dire que le Maître de Cérémonie n’aura pas son mot à dire lors du cérémonial proprement dit.

Mais pour tout le reste, oui : mise en place, regrouper la famille pour les faire entrer dans l’église derrière le cercueil, les placer sur les bancs, placer également l’assemblée, surtout pour les petits malins qui s’assoient au fond en laissant des bancs vides…

Tout cela nécessite une certaine habitude, pour ne pas dire une habitude certaine. Autant dire un Maître de Cérémonie expérimenté, qui n’hésitera pas à prendre l’initiative. Qui s’assurera au passage que l’équipe est bien en place durant la cérémonie : à la table à signatures, à la porte pour accueillir les destinataires, dans les allées lors de la bénédiction pour faire passer rang par rang et ainsi éviter la cohue…

Le cimetière

Trois solutions s’offrent au général au cimetière. Soit le prêtre vient, mais c’est rarissime, et dans ce cas là, il dirige le cérémonial. Soit c’est un ou une laïque, soit il n’y a personne.

Ce deux cas sont presque similaires : les laïcs, malgré toute leur bonne volonté, sont rarement formés à la prise de parole en public, et leur prière est souvent marmonnée à voix basse, la tête penchée sur un papier.

Il est très important à ce moment pour le Maître de Cérémonie de s’imposer en tant que patron. Si vraiment la prière marmonnée est inévitable, alors il faut se débrouiller pour qu’elle ait lieu au début et qu’ensuite, le Maître de Cérémonie prenne la main pour la suite du rituel, minute de silence autour du cercueil, dernier geste, inhumation.

Dernier geste aux obsèques : en rang, et de l’ordre !

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manchots terre adélie bénédiction obsèques rang
Bénédiction du cercueil à la fin de la cérémonie : prenez exemple sur les manchots. (Image : Horizons Partagés, https://www.sblanc.com/ un très beau blog de passionnés de paysages glacés vivement recommandé par votre serviteur)

La cérémonie touche à sa fin, c’est le moment du dernier au revoir, et toute l’assistance se lève pour aller faire un geste d’adieu sur le cercueil. Stop ! On rembobine : où est votre équipe ? A quoi servez-vous ? Vous allez me faire sortir cette assemblée rang par rang, joliment, et on vous explique pourquoi et comment.

Les impressions subliminales

D’accord, j’aperçois au fond une rangée de boucliers levés, les esprits chagrins qui objectent que, chez eux, on ne fait pas comme ça, que ce n’est pas leur travail, etc. etc. Merci, mais non. D’autres m’expliqueront que, chez eux, on bénit le cercueil au début, en entrant dans l’église (ou tout autre lieu de cérémonie, ne soyons pas prosélytes), et ceux-là ont une bonne excuse.

Tous les détails d’un convoi comptent. Toutes les impressions données comptent. Il arrive que des choses ne plaisent pas à l’assistance, sans qu’elles parviennent à mettre le doigt dessus, et qu’elles en conçoivent quelque récrimination contre le responsable.

Le responsable, si c’est le désordre à l’église, c’est le célébrant, penserez-vous. Perdu : le responsable, que ce soit vrai ou pas, d’un convoi funéraire, dans l’esprit des familles et de l’assistance, c’est celui qui est là au début, et qui est aussi là à la fin. Et pas très loin au milieu, non plus. Vous y êtes ? Oui, le responsable, ce sont les pompes funèbres.

Un plan sans accroc

La première chose qu’il faut, ensuite, c’est un plan. Allez consulter les officiants : la plupart des établissements destinés à recevoir des cérémonies en ont un. Généralement, il peut se résumer par : l’assistance va jusqu’au cercueil par l’allée centrale, puis part par les bas-côtés. La file de droite peut contourner le cercueil pour passer devant la famille, ça évite les incidents.

Les porteurs seront disposés aux endroits stratégiques pour faire passer une rangée… Et bloquer la suivante. Parce qu’il y a toujours des rétifs, des gens pressés, souvent des personnes âgées qui ont peur, si elles traînent trop, de louper l’heure de pointe à la caisse du supermarché. Des gens qui travaillent, aussi. Ce qui n’est absolument pas une excuse : si on s’absente de son travail pour assister à des obsèques, on prévoit le temps nécessaire, qu’on ne peut pas déterminer à l’avance. Sinon, on s’éclipse avant la fin.

Communiquer

Bien entendu, afin de s’assurer au plan un maximum de succès, il va falloir éliminer les obstacles et le partager avec tous les participants. Éliminer les obstacles, c’est à dire, avant le début de la cérémonie, aller trouver l’équipe d’officiants et leur expliquer ce que vous voulez faire. Très précisément.

Puis, annoncez-le à l’assistance, à haute et intelligible voix, à la fin, avant que tout le monde ne se lève. Les consignes sont simples : « Vous passerez par l’allée centrale et ressortirez par les bas-côtés », par exemple, mais le plus important, c’est surtout « Attendez d’y avoir été invités par mes collègues ». Les porteurs qui vont faire le rang par rang, donc.

Au fait : le sens idéal, c’est du début, juste derrière la famille, à la fin. Ainsi, le porteur, en reculant pour inviter une rangée à sortir, bloque en même temps la suivante. Mais, si l’assistance est nombreuse, et que des gens sont debout, commencez par les personnes debout. Pour peu que l’assistance soit vraiment nombreuse, et l’église, par exemple, vraiment très grande, le but n’est pas que quelqu’un venu assister aux obsèques ressorte en maudissant le défunt parce qu’il est resté à attendre trois heures que tous les gens confortablement assis passent avant lui.

Enfin, gardez une chose en tête : un convoi, c’est un ballet, dont chaque étape est un tableau : tout doit être fluide et sembler aller parfaitement de soi. Usez néanmoins avec componction de cette métaphore, pour peu que vos porteurs vous prennent au mot et viennent en tutu…

Les catacombes de Paris, des défunts tombés bien bas

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cimetière des saints innocents catacombes de Paris

Tout le monde connaît, au moins de réputation, les catacombes de Paris. Mais l’ossuaire, qui fut créé essentiellement pour des rasions d’hygiène, donna lieu à des scènes cocasses, lors de sa création et de son déménagement.

En 1780, les riverains du cimetière des innocents constatèrent des phénomènes étranges.

Créé au V ème siècle, le cimetière jouissait, depuis 1554, d’une mauvaise réputation. Les médecins de la faculté de Paris avaient alors mené une fronde contre les risques de la présence d’autant de corps en décomposition près de lieux d’habitation. Mais ceci ne fut pas suivi d’effets, et les plaintes des riverains s’accumulèrent, jusqu’à la grande extinction des chandelles de 1780.

En effet, les voisins du cimetière n’y voyaient plus goutte, à la nuit tombée. Du moins, dans leurs caves. Les exhalaisons de corps filtraient à travers les murs, et éteignaient les chandelles de suif. Ordre fut donné de peindre à la chaux les murs, mais rien n’y faisait.

Il faut dire que le cimetière des Innocents n’était pas un lieu particulièrement agréable. Si les inhumations bourgeoises étaient relativement peu nombreuses, environ 200 par an, le lieu de repos était également celui ou se trouvaient les plus importantes fosses communes de Paris. Et les fosses étaient bien remplies.

Le dernier fossoyeur du cimetière, un dénommé François Pourrain, signale aux enquêteurs avoir inhumé 90 000 morts en trente ans. Bref, la situation est calamiteuse. L’effondrement d’un mur déversant des dizaines de corps dans la cave d’un riverai stupéfait finit de convaincre de l’urgence de la situation.

Le 9 novembre 1785, le conseil d’état tranche et publie un arrêt. Le cimetière des innocents sera fermé, et les ossements seront transférés dans un tronçon des carrières de craie de Paris, qui sera baptisé catacombes, en références aux nécropoles romaines.

Les transferts de corps débutent immédiatement après la promulgation de l’arrêt. Le processus choisi est toujours le même : les corps sont retirés des charniers et des fosses, nettoyés, puis entassés dans des charrettes recouvertes de grandes bâches noires.

Une procession démarre alors du cimetière des Innocents jusqu’aux carrières de la Tombe Issoire. La marche est ouverte par un choeur chantant des hymnes, et suivie par des prêtres psalmodiant l’office des morts.

La fin du parcours est marquée par un puits de mine. Foin alors de respect ou de précautions : les charrettes s’approchent du puits, et y déversent leur funeste chargement. En bas, des ouvriers chargent à la fourche les ossements dans des brouettes et les amènent au secteur qui a été préparé. Chaque chargement, en effet, est entreposé à un endroit particulier, ou est ensuite apposé une petite plaque indiquant la date du transfert.

Une opération rondement menée, donc. Sauf que… Les autorités parisiennes ont décrété que, afin de ne pas perturber plus que de raison les habitants et ne pas nuire à la circulation (et vous noterez qu’à cet égard, les temps ont bien changé), l’ensemble des opérations se déroulent de nuit.

Voilà donc tous les parisiens habitant sur le parcours régulièrement, et plusieurs fois par nuits, tirés du sommeil par des hymnes funèbres et la messe des morts, rythmés par le bruit des sabots et le bruit des roues sur les pavés. Ce sont des parisiens de plus en plus nombreux, et aux cernes de fatigue de plus en plus prononcées, qui protestent, pour finir par être entendus. Les processions religieuses sont supprimés, et les convois d’ossements sont priés de se faire le plus silencieusement possibles.

Le 7 avril 1786, les catacombes sont consacrées une fois pour toutes par trois prêtres, ainsi que tous les défunts, présents ou à y venir. L’opération sera, au final, un succès, puisque, après le cimetière des innocents, ce seront seize cimetières, cent-quarante-cinq monastères, couvents et communautés religieuses et cent-soixante lieux de cultes entourés de leur propre cimetière dont les défunts suivront ceux des Innocents pour remplir les catacombes.

Chronique toussaint du monde : Bolivie, une affaire de crâne

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Suite de la chronique consacrée à la fête des morts dans le monde. Petit tour en Bolivie qui alterne entre tradition macabre et festive. « Des crânes » c’est le mot d’ordre de cette fête pas tout à fait comme les autres.

En Bolivie, on promène son crâne !

Des milliers de boliviens promènent chacune année des crânes humains, qu’ils gardent chez eux toute l’année. La raison de cette pratique ? Toute simple : c’est censé apporter la chance. Le 8 novembre précisément, tous ces crânes sortent des maisons de Bolivie et vont être amenés au cimetière. D’abord les boliviens y insèrent de jolies guirlandes, de fleurs, mais aussi… des feuilles de coca.

En plus c’est très mignon, on appelle ça le jour des natitas « les petits nez plats » ce qui rappelle l’absence de nez dans les crânes. Ces natitas assurent un rôle anthropologique fort puisqu’ils assurent la protection de la famille, la santé et la sérénité. Crâne qui appartient souvent à un membre de la famille mais qui parfois provient d’une personne inconnue. Néanmoins toujours prénommé, un prête peut accepter de le baptiser.

Pour que ça fonctionne, il faut en prendre soin ! Ils occupent une place importante dans la maison, pas question de mettre le crâne au placard. On leur parle régulièrement et on n’hésite pas non plus à faire des offrandes de nourritures entre autre mais aussi de cigarettes.

Une tradition précolombienne qui remonte à l’arrivée des espagnols en 1492 et dont les familles indiennes sortaient les restes des défunts pour que les sprits – ajayus- créent un lien avec les familles.

Les catholiques, ne sont pas contents, mais cela n’empêche pas au rituel de perdurer. Pour les catholiques, on ne doit pas déranger les morts, et ils ont demandé l’arrêt de la célébration des messes lors de cette fête.

Mais devant les milliers de personnes qui tiennent à ce rituel, l’Eglise est bien impuissante.

« Ils font partis de la famille, et il ne faut surtout pas qu’ils manquent de fleurs. On s’habille bien et on se rend à l’église avec les enfants. Chacun a un crâne enrubanné avec des guirlandes et des fleurs ». Lucia pour Funéraire Info.

Les autres articles Toussaint du monde

Toussaint : revue de presse de la religion

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presse papier
Presse papier en France

La Toussaint est une fête avant tout religieuse, signe fort des racines chrétiennes de la France. Et la communauté catholique s’est montrée très active, entre formation et prise de positions.

Sur France 3 – S’initier au chant liturgique des obsèques

A Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, l’ensemble Organum propose un stage d’initiation aux chants polyphoniques funéraires de la fin du Moyen-Age. Un concert aura lieu mardi 1er novembre, dans l’abbatiale de Moissac.  Un article à voir ici.

Dans Ouest France – Devenir des cendres, l’Église et la loi

Alors que la crémation se développe, le Vatican souligne que les cendres doivent être conservées dans des cimetières et non à la maison ou dispersées. Une question de respect. Mais que dit la loi en la matière ? Un article à lire ici.

Dans le Figaro – En mémoire des morts et pour les vivants

En cette période de la Toussaint, le Père Miguel Roland, jésuite à l’église Saint-Ignace, à Paris, rappelle le sens pour les chrétiens d’aller fleurir les tombes de ses proches. Un article à lire ici.

Fête des saints , fête des défunts : s’y retrouver

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« Je vais au cimetière le premier novembre pour me rendre sur la tombe de mon regretté époux ». Certes…mais la Toussaint est-il vraiment le jour pour cela ? Ou ne serait-ce pas le 2 ? Catholique, athée, tout se mélange, on ne sait plus à quel saint se vouer, et c’est le cas de le dire. Retournons un peu dans l’histoire comprendre pourquoi tout le monde confond le 1er et le 2 novembre.

Morne, triste, brumeux. Dans nos esprits compressés de parfaits occidentaux, la Toussaint ressemble à ça, au gris dans toutes ses nuances. Pour beaucoup elle rime avec ‘obligation’, ‘devoir’, ‘plantes’. Pourtant vous êtes des milliers à vous rendre sur des lieux de mémoire en ces deux jours consécutifs. Mais d’abord…Pourquoi ?

La Toussaint

La Toussaint est avant tout un jour de fête pour les catholiques.  C’est la fête de tous les saints, connus ou inconnus. Le pape Boniface IV, instaura une commémoration régulière à partir de 610 glissant doucement des dieux romains à la religion catholique.  Mais cette commémoration avait lieu en mai. Il faut attendre le pape Grégoire III plus de cent ans après qui consacra, à Rome, une chapelle de tous les saints afin qu’ils soient honorés le 1er novembre. Cette fête chrétienne célébrée en Occident telle qu’elle l’est aujourd’hui est apparue vers le VIII siècle. Puis un siècle après, cette fête fut suivie d’un office des morts et entra véritablement dans la liturgie romaine comme commémoration des fidèles défunts par les moines de Cluny au XIIIème siècle.

C’est donc une fête ancrée dans une tradition religieuse mais qui est emplie de joie. Elle essaie de s’associer à la joie de tous les saints qui sont déjà auprès de Dieu, dans un véritable bonheur. De manière métaphorique c’est un jour où ce sont les saints qui prient pour les fidèles vivants et leurs rappeler qu’ils veillent sur eux.

Le 2 novembre, la fête de tous les défunts.

Le lendemain c’est l’inverse qui se produit. Se sont les vivants qui prient pour les morts qui eux, ne sont pas encore auprès de Dieu. Car dans la religion chrétienne, pour voir Dieu, il faut être saint.

L’Eglise enseigne que la prière des vivants participe à cette préparation des défunts vers les joies célestes. C’est le sens de la prière pour les défunts. C’est un formidable message d’espoir dans la religion puisque cela veut dire que nous pouvons encore quelque chose pour ceux que nous aimons et qui ne sont plus là. La confusion nait de cet oubli que le 1er les saints prient pour les vivants et que le 2 les vivants prient pour les défunts.

Industrialisation de la mort, mondialisation avec halloween, font que la Toussaint et le jour des défunts font partie intégrante des fêtes célébrées aussi par les non-croyants. L’espoir d’une vie meilleure, d’un pardon, d’un amour qui nous attend quelque part, réunis chacun de nous. Aucune souffrance, ne gagnera. La mort n’aura pas le dernier mot.

Chronique : Cimetières, entretiens de la mémoire

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Les cimetières font non seulement partis de notre culture, de notre histoire mais également de notre patrimoine. L’inhumation au cœur des pratiques, au cœur même de la ritualité et du deuil. Comment a-t-on enterré nos morts ? comment soigne-t-on aujourd’hui le cœur des vivants par la commémoration ?

À moins de quinze jours de la Toussaint retour sur la ville d’en dessous et la mémoire d’au dessus.

Manger, s’accoupler, enterrer ses morts, un tryptique de Neandertal. Les nécropoles existaient bien avant l’écriture. À l’Antiquité les lois interdisaient les inhumations au sein de la cité. Elles ont donc lieu dans les catacombes. C’est dès le IV siècle que l’on observe quelques monuments sur les tombes des martyrs. La religion étant intrinsèquement liée au culte de la mort, les chrétiens veulent posséder une sépulture au plus proche des lieux sacrés en y cherchant une protection. Du VI au VII siècle s’observe alors des constructions d’églises funéraires dans les villes et aussi dans les campagnes.

Ça n’est qu’à partir du Xème siècle que les cimetières au sens « sépulture individuelle » entrent dans un discours généralisé et dans les livres pontificaux.

Plusieurs va-et-vient légaux viennent tour à tour interdire l’inhumation dans les lieux saints puis au contraire les rapprocher. Et c’est à l’époque carolingienne, soit de 751 au XI siècle que le cimetière paroissial encadre l’église.

En tous temps, tous lieux et toutes religions ont ceci en commun : Le caractère sacré des lieux d’inhumation et l’interdiction de violation des sépultures.

Si l’on fait un bond de plusieurs siècles, on se rend compte que c’est l’hygiène et le déclin des pratiques religieuses qui ont éloignés les morts des églises. Les cimetières sont construits en dehors des villes et villages ou à la porte de ceux-ci et on l’observe très bien aujourd’hui avec la ville qui rattrape les cimetières et l’englobe à nouveau. Au XVIII siècle, il est interdit d’inhumer dans les églises par l’ordonnance royale du 10 mars 1776. Le lieu d’habitation devient lieu de vie, les cimetières lieu de mémoire.

Ce qui va réellement changer dans l’évolution des cimetières c’est le concordat de 1801, qui avec la Révolution va transférer la propriété des cimetières à la commune. La loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles permet aux famille d’exprimer le choix quant au mode de sépulture et en 1904, la loi donne le monopole de l’organisation des funérailles aux communes. Elles passent ensuite des contrats avec les pompes funèbres. Apparaissent alors de plus en plus les sépultures, avec pierre tombale et caveau funéraire ainsi que l’expansion grandiloquente de l’art funéraire.

Aujourd’hui les cimetières sont lieux de flânerie, comme à Paris, de culte comme en Bretagne, de mémoire, comme à Verdun. C’est un lieu de rencontres, d’insultes parfois, de larmes et de rires. C’est aussi et surtout le reflet de la société et de soi-même. Comment entretenir ces lieux de mémoire ? Comment être au plus près du trait d’union entre les vivants et les morts ? C’est à ces questions qu’est consacrée ma chronique de la semaine.

Mettre l’équipe à contribution pour un convoi élégant

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Faire un beau convoi à moindre frais : voilà le souci de toute pompe funèbre soucieuse de son image, et, donc, de sa communication. Parfois, le diable se cache dans les détails, et faire d’un convoi lambda un convoi de première classe s’avère très simple. Un article que les porteurs ne vont pas aimer…

Que fait votre équipe ?

Durant la cérémonie, ou est votre équipe et que fait elle ? Il y a deux mauvaises réponses : « L’équipe est dehors, elle fume sa cigarette » ou bien « l’équipe est dans l’église, elle assiste à la cérémonie ». Dans un cas comme dans l’autre, vous avez trois ou quatre porteurs qui ne font rien, et un convoi qui n’est peut être pas élégant.

Il existe des endroits ou il est de coutume que les pompes funèbres assistent à la cérémonie. Pourquoi pas ? Le travail des pompes funèbres est de faire les choses en fonction des particularités locales, mais faut il que votre Maître de Cérémonie et vos trois (ou quatre) porteurs y assistent tous ? Si la coutume veut que les pompes funèbres assistent à la cérémonie, ça tombe bien : c’est le travail du Maître de Cérémonie d’être sur place pour s’assurer que tout se passe bien.

Restent trois porteurs. Dans beaucoup de sociétés, la cérémonie, c’est le moment ou les porteurs vont fumer leur cigarette, si ce sont des porteurs fumeurs, voir prendre un café.

Minute. Ne seraient ils pas plus utiles ailleurs ?

Disposer stratégiquement l’équipe

Il y a deux endroits ou la présence d’un membre de l’équipe peut avoir une utilité. Le premier est al table à signature, le second, la porte du lieu de cérémonie.

La table à signature, si vous n’en avez pas encore, c’est l’acquisition juste indispensable pour tout convoi qui se respecte. Une simple table, recouverte d’un drap, sur laquelle vous disposez un registre à signature, quelques stylos, et un petit panier pour les cartes. Une boîte à dons le cas échéant. A côté, un porteur, pour recueillir les cartes, les disposer dans le panier, et remercier les gens qui laissent un petit mot.

A la porte du lieu de cérémonie, un autre porteur pour accueillir les retardataires, leur ouvrir la porte, et leur désigner les places libres. Avec une moue désapprobatrice, être en retard à un enterrement, il ne faut pas exagérer.

Détails ? L’assistance percevra au contraire l’image d’une société active, qui prend soin au détail.

Et la pause cigarette de vos porteurs ? Expliquez-leur que c’est mauvais pour la santé.

S’incliner

L’autre détail qui donne immédiatement une allure folle à un convoi est, là encore, très simple : une fois le cercueil disposé, à l’autel par exemple si la cérémonie se déroule à l’église, ne partez pas comme des voleurs. Inclinez-vous.

Pas au hasard, évidemment. Lorsque le cercueil est disposé à sa place, les fleurs installées ou elles doivent l’être, les porteurs se disposent autour du cercueil, sans ostentation, et s’inclinent, avant de partir. Le Maître de Cérémonies, lui, attend que l’officiant soit en place pour saluer à son tour et rejoindre sa place.

Détails ? Corvées ? Pour vos équipes, certainement. Mais voir les personnels actifs et attentionnés à divers postes stratégiques, plutôt qu’occupés à se bitumer les poumons dans la contre-allée, ne pourra être que bénéfique, pour votre image et leur santé.

L’Ankou : ma charette tu entendras, de vie à trépas tu passeras.

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L’Ankou – Ankoù en breton – est la personnification de la mort en Bretagne. Prenez garde si vous entendez le bruit grinçant de sa charette, vos jours sont comptés.

Ainsi tu me reconnaîtras. 

On le décrit comme un vieil homme un peu voûté, trés grand et trés maigre avec de longs cheveux blancs. Vêtu d’une longue veste noire et de braies nouées au-dessus du genou, il ankou1 L'Ankou : ma charette tu entendras, de vie à trépas tu passeras.porte un feutre noir qui cache une partie de son visage décrit comme particulièrement hideux. Il est considéré sans âge distinct. Même si certaines représentations le décrivent comme un être squelettique la plupart du temps il diffère des autres car il est fait de chaire, puisqu’il a été homme autrefois.

S’il est la personnification de la mort, contrairement à sa collègue la faucheuse, l’Ankou n’est pas l’allégorie de la mort, mais, est considéré davantage comme son serviteur, oberour ar maro textuellement, l’ouvrier de la mort.

Sa particularité est sa faux, contrairement aux autres représentations de la mort, l’Ankou porte sa faux à tranchant tourné vers l’extérieur afin de pouvoir la lancer sur ses victimes. On dit de lui qu’il l’aiguise avec des os humains.

Il sillonne les campagnes les nuits de pleine lune, en faisant pivoter sa tête à sa guise autour de sa colonne vertébrale, de cette manière rien ne lui échappe.

Ainsi tu m’entendras 

Il se déplace la nuit, debout dans sa charrette en bois – karriguel aan Ankou-, tirée par deux chevaux , aussi maigres que lui et dont la crinière est si longue qu’elle traîne jusqu’à terre. C’est dans cette charrette qu’il emporte les nouveaux défunts. Les essieux en sont si mal graissés que l’on peut parfois entendre un grincement glaçant.

La légende veut que quiconque perçoit cet affreux grincement, entrevoit l’Ankou ou ressent un étrange frôlement, apprend avec effroi que son décès ou celui d’un proche est sur le point de se produire.

Ainsi tu me comprendras 

En Basse-Bretagne, sur le littoral on parle de barque au lieu de charette -bag noz, la barque de nuit – où il transporte l’âme des défunts à l’instar de Charon dans la mythologie grecque. Tandis qu’à l’intérieur des terres, il se déplace en charette. Même si sa légende vient de la Basse-Bretagne on retrouve des traces de son passage en Haute-Bretagne : charyo d’la mort

On dit de lui qu’il tient ses quartiers dans le domaine des Monts d’Arrée – Menez Are -. Un massif montagneux armoricain où il règne en maître entourées de ses âmes qui peuplent les marais

Ainsi tu ne m’oublieras pas 

Effrayant, il est pourtant de celui qui aide les vivants en les prévenant de leur mort prochaine. Il représente davantage le jugement dernier celui dont chaque mortel ne peut se soustraire. Il met en garde contre la présomption de l’Homme à se croire immortel. L’Eglise est partie prenant de cette représentation, ainsi nous pouvant lire sous les différentes Eglises ou ossuaires ces sentences : « Je vous tue tous » (Brasparts et La Roche-Maurice), « Souviens-toi homme que tu es poussière » (La Roche-Maurice).

Autre particularité de l’Ankou, lui-même est soumis à une mouvance puisque dans chaque paroisse, le dernier mort de l’année devient alors l’Ankou pour l’année suivante.

Pour les Bretons, la nuit de Noël s’intitule « nuit des merveilles ». On dit alors que l’Ankou frôle de sa cape tous ceux qui mourront avant la fin de l’année.

Pour les Bretons la mort est trés importante, crainte et respectée. A l’extrême Est, c’est pourtant avec beaucoup d’amour que je me rends sur la côté bretonne lors de mes vacances, c’est sur la côté d’émeraude que je me sens le mieux, suffisamment éloignée de l’Ankou, suffisamment proche de sa légende.

« Maro han barn ifern ien, Pa ho soign den e tle crena » « La mort, le jugement, l’enfer froid, quand l’homme y songe, il doit trembler ». La Martyre.