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« The Jane Doe Identity », quand l’autopsie tourne mal, ça fait peur

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the jane doe identity

Ca ne vous dérange pas quand le cinéma vous rappelle (un peu) le boulot ? Vous avec l’estomac bien accroché ? Vous aimez avoir peur dans les salles obscures ? N’en jetez plus : on a le film qui vous faut : The Jane Doe Identity, un vrai bon film d’horreur où une autopsie tourne très, très mal.

Note : le titre original du film, « The autopsy of Jane Doe », a été transformé en France en « The Jane Doe Identity ». Ce qui est curieux, mais il s’agit bien du même film.

De quoi ça parle ?

Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité.

Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le funérarium…

Qui est Jane Doe ?

Deux personnages enfermés dans une maison funéraire sinistre un soir de tempête pour procéder à l’autopsie du corps d’une inconnue découverte sur le lieu d’un massacre, voilà le pitch. Et c’est parti pour le grand huit.

Le film ne déborde pas d’une imagination transcendante : ici, pas d’effet nouveau, d’invention terrifiante, mais tous les procédés classiques du film d’horreur utilisés à la perfection par le réalisateur André Øvredal. Retenez bien ce nom, tant ce norvégien est un type singulier.

Débarqué en 2011 sur la scène du cinéma fantastique avec un premier film « The Troll Hunter » qui s’amusait avec le style « found footage » sur fond de légendes scandinaves, l’homme avait, avant cela, réalisé trois films toujours inédits en France.

Jane Doe est donc sa cinquième réalisation, un métrage, d’ailleurs, couvert d’éloges. S’il s’est fait chiper le premier prix du festival de Gerardmer par « Grave », il n’en est pas moins reparti avec le prix de la jeunesse.

The-Jane-Doe-Identity "The Jane Doe Identity", quand l'autopsie tourne mal, ça fait peurDes acteurs au top

Hormis quelques apparitions, le film tourne autour de cinq acteurs, trois principaux et deux plus anecdotiques. Enfin, anecdotique, le shériff dira quelque chose aux fans de Games of Thrones, puisque Michael McElhatton, qui l’incarne, joue Roose Bolton dans la série. Ophelia Lovibond interprète, elle, la petite amie (insupportable) du jeune assistant légiste.

Emile Hirsh et Brian Cox incarnent, eux, le duo de légistes, par ailleurs père et fils, chargés d’identifier Jane Doe. Et, dès le début, le duo fonctionne : on sent autant d’affection que de non-dits entre les deux personnages. La complicité autant qu’une certaine incompréhension est patente à l’écran.

Enfin, il faut saluer le travail d’actrice de Olwen Kelly. Pour son premier rôle, l’ancienne mannequin décroche le rôle titre. Difficile, néanmoins, de juger de son talent d’actrice, puisque le rôle consiste à rester allongée, nue, sur une table d’autopsie, pendant tout le film. L’actrice confiait d’ailleurs que la partie la plus difficile avait été les longues séances de pose de prothèses, pour les effets spéciaux du film.

C’est comment ?

Ne vous attendez pas à un grand film réaliste. Le film est trop ancré dans la culture américaine pour ne pas surprendre l’habitué des pratiques funéraires européennes, et, surtout, une autopsie ne ressemble pas à cela. Rien de plus normal, en même temps : l’histoire du film, finalement, c’est celle d’une autopsie qui ne se déroule pas du tout comme prévu.

Petit à petit, les éléments du puzzle se mettent en place pour dévoiler l’identité de Jane Doe. Une demi-surprise, un spectateur attentif l’aura deviné un peu avant durant le film, mais pas trop tôt.

Surtout, la force de André Øvredal, c’est de faire en sorte que le spectateur sursaute alors même qu’il se doutait qu’il allait se passer quelque chose. L’autre force, c’est d’installer tout au long du film une tension qui ne se relâche plus, grâce à des éléments souvent anodins, comme la clochette, sujet de plaisanterie au début du film, qui se métamorphose en l’élément le plus stressant du métrage.

Bref, l’on ne saurait trop vous inciter à aller au cinéma, pour, vous aussi, vous poser la question : mais qui est Jane Doe ?

« The Jane Doe Identity » actuellement au cinéma.

Cinéma : « Mama », fête des mères aux enfers

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mama-208x300 Cinéma : "Mama", fête des mères aux enfers« Mama » est arrivé dans les salles françaises depuis une semaine, auréolé des prix qu’il a raflé dans les festivals. Alors, bon film ou mauvais film ? Bon film, sans conteste.

Auréolé de gloire

Ainsi, « Mama » s’avance enfin dans nos salles de cinéma, auréolée de la gloire que lui confère son carton plein au festival de Gerardmer, Grand Prix, Prix du public et du Prix du jury jeune, le premier film de l’Argentin Andres Muschietti, un Argentin d’origine Italienne devenu pape, du film d’épouvante dans ce cas, dites donc, faudrait pas que ça devienne une habitude. Et la dame en noir n’est pas la pour rigoler : contrairement à beaucoup de films, le métrage ne cède pas à l’artifice du rire salutaire et salvateur, affichant au contraire l’ambition de maintenir une tension continue tout au long du métrage. Ambition atteinte, au passage.

Avec « Mama », le réalisateur adapte un court-métrage qu’il avait lui-même réalisé, adaptation faite avec l’aide, au poste de producteur, de Guillermo Del Toro, connu autant pour ses réalisations (« Hellboy », « Le Labyrinthe de Pan », « L’échine du Diable »), ses scenarii (la trilogie du Hobbit avec Peter Jackson, entre autres) que ses productions (« Le chat Potté », « Splice »). On pourra s’étonner de ce passage du court au long, tant le film, d’une durée de 1 H 45, ne semble pas encore aller au fond de toutes les pistes qu’il ouvre. Ou plutôt, il utilise beaucoup de raccourcis.

De qui ça parle ?

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Megan Charpentier (Victoria, au fond) et la petite Isabelle Nélisse (Lilly), inquiétantes et émouvantes au possible

Victoria et Lily, deux sœurs âgées de 1 et 3 ans sont toutes deux victimes d’un accident de voiture avec leur père venant tout juste de tuer leur mère dans la résidence familiale. Après avoir marché durant des heures dans les bois, ils tombent sur une étrange cabane délabrée et sinistre.

Lorsque leurs père tente de mettre fin aux jours de Victoria, un étrange esprit apparaît et le fait disparaître.

Cinq ans plus tard, les deux filles devenues sauvages sont retrouvées et partent vivre chez leur oncle Lucas et sa compagne Annabel. Mais les deux fillettes sont accompagnées de « Mama », un esprit que l’on pourra qualifier de frappeur.

Et ça ressemble à quoi ?

La-beaute-et-l-horreur-peuvent-cohabiter-d-apres-le-realisateur-de-Mama_portrait_w532-300x197 Cinéma : "Mama", fête des mères aux enfers
Jessica Chastain, impériale dans son rôle de mère malgré elle

« Mama » est un film d’épouvante, au sens noble du terme, et l’on a du mal à croire qu’il s’agit du premier long métrage du réalisateur, tant sa maîtrise des effets est parfaite. « Mama » fait grâce à cela une entrée remarquée dans le club des grands films de « BOUH ! », ces œuvres ou la caméra scrute l’obscur et travelle à travers des décors banals néanmoins rendus sinistres par une sourde présence que l’on devine et croit anticiper jusqu’à ce que soudainement « BOUH ! » vous sursautez sur votre siège parce que Mama vient de traverser le couloir juste derrière Annabel, et re-« BOUH ! » elle vient faire un petit coucou par dessus l’épaule de cette dernière, qui ne se rend compte de rien. Gratuit, inutile au terme de l’histoire, mais peu importe : c’est efficace, on sursaute dans son siège, et on a payé pour ça.

La fin, particulièrement, se fait remarquer. Il y a deux façons de finir un récit d’épouvante : une victoire éprouvante, qu’un ultime rebondissement peut faire passer pour non définitive, ou un carnage total. Andres Muschietti opte pour une troisième voie, mélodramatique. L’intensité émotionnelle du final est une vraie surprise.

Alors, on va le voir, ou non ?

Présenté comme un chef d’œuvre, « Mama » ne l’est pas encore tout à fait. Un soupçon d’effets gratuits, quelques points de détail laissés en suspens, il y a encore quelques petites choses à corriger. Mais le film impressionne par un autre aspect : donnant l’impression d’avoir été réalisé par un roublard ayant vingt films au compteur, ce premier opus laisse augurer de la marge de progression énorme du réalisateur. On attend donc avec une impatience mal contenue le prochain film de Andres Muschietti.

En attendant, on se précipite pour aller voir « Mama ». Parce que, s’il n’est pas le meilleur film du genre sorti cette décennie, il est sans conteste le meilleur, pour l’instant, sorti cette année. Ce qui n’est déjà pas si mal. Et le film a en lui ce qui fait la différence entre un mauvais film d’épouvante et un bon : une profondeur, ici dans la réflexion sur l’instinct maternel.