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Caméra de surveillance au cimetière , faire justice soi-même ?

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caméra de surveillance au cimetière

Pour faire face aux vols récurrents dans les cimetières, qui en dehors du vol du bien en lui-même affecte profondément les familles dans leur douleur, comme je vous en parlais ici une famille a décidé de poser une caméra de surveillance au cimetière d’Avignon. Problème : c’est illégal. Partagé entre la révolte des vols et le droit français, quid de faire justice soi-même ?

Vous vous souvenez je vous avais déjà parlé de Mike et Catherine Delhaye, responsables de l’association Un sourire après les larmes. Ils avaient été eux aussi victimes d’un vol sur la tombe de leur enfant et avaient fait appel aux réseaux sociaux pour les aider à retrouver leur petit objet sacré.

Les cimetières ou les sites cinéraires sont considérés, dans le droit français, comme des espaces publics. Théoriquement, il ne peut y avoir de cimetière ou de site cinéraire privé. impossible d’y placer une caméra en tant que particulier, le seul moyen d’avoir une caméra dans un lieu où il y a du public, c’est d’avoir une autorisation préfectorale.

D’un côté nous avons les vols, la violation d’un lieu sacré et de l’autre la violation du droit français. Lorsqu’on touche à la mort, et à la douleur des personnes nous serions tentés de prendre partie pour la famille qui a posé cette caméra. Mais la loi est très claire

Dura lex, sed lex 

La loi est dure mais c’est la loi

« La demande d’autorisation d’installation de caméras de surveillance sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public doit être effectuée auprès du préfet du lieu d’implantation »

Concrètement que risque la famille en cas d’installation d’une caméra de surveillance au cimetière  ?

Art. L254-1 du Code de la sécurité intérieure :
Le fait d’installer un système de vidéoprotection ou de le maintenir sans autorisation, de procéder à des enregistrements de vidéoprotection sans autorisation, de ne pas les détruire dans le délai prévu, de les falsifier, d’entraver l’action de la commission départementale de vidéoprotection ou de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, de faire accéder des personnes non habilitées aux images ou d’utiliser ces images à d’autres fins que celles pour lesquelles elles sont autorisées est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, sans préjudice des dispositions des articles 226-1 du code pénal et L. 1121-1, L. 1221-9, L. 1222-4 et L. 2323-32 du code du travail.
Et je ne vous parle même pas des conséquences psychologiques. Imaginez que quelqu’un soit reconnu sur les vidéos et soit mis à tabac, voire pire ? La personne doit être sanctionnée par la justice et non pas les victimes.

Comment résoudre le problème ?

– Sensibiliser les mairies sur ces vols, c’est le maire qui a la responsabilité du cimetière est donc est à même d’obtenir cette autorisation préfectorale.
– Rétablir le plus possible les gardiens de cimetière, car il faut bien le dire ces vols sont beaucoup plus fréquents depuis quelques années.
– Déposer une plainte systématiquement si un vol à eu lieu. Vous aurez beau avec une caméra, les images seront totalement inexploitables par les autorités si celles-ci ont été prises sans autorisation préalable et sans dépôt de plainte.
– Quelques conseils pour se prémunir des vols ici.
Voir la vidéo ici 

Affaire non résolue, comment faire le deuil ?

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affaire non résolue deuil

Affaire Dupont de Ligonnès, Francis Heaulme, le petit Grégory. Ces titres dans les journaux depuis des années, toutes ces impasses, ces questionnements et derrière les tabloïdes des familles endeuillées incapables d’avancer. Entre deuil médiatique, deuil collectif, retardé et deuil impossible comment faire le deuil d’un proche lorsque son corps est au cœur d’une enquête et d’une affaire non résolue ?

Après un décès, on le sait, notre monde est bouleversé mais notre famille et notre entourage le sont aussi, d’autant plus si le décès se médiatise et lors d’une affaire non résolue. Certaines familles rompent sous le poids du chagrin.

Affaire non résolue : la justice comme seule horizon

J’ai coutume de dire que le deuil commence lors de la cérémonie, bien sûr dans ces cas précis, la cérémonie est toute aussi importante, mais la justice devient la représentante ultime de la porte qui se ferme. Plus le temps passe, plus le besoin de trouver les réponses et de punir les coupables deviennent obsessionnels pour calmer la souffrance. C’est comme une sorte de porte battante qui ne pourrait pas se refermer et qu’à chaque vent ou passage de quelqu’un, elle faisait ce bruit insupportable. Leur porte du deuil ressemble à ça, à une porte battante.

Avancer et faire le deuil sont deux choses différentes

Avancer est inévitable et même si l’on est là immobile, la vie se charge pour nous de nous pousser avec elle, c’est-à-dire de vieillir. En revanche faire le deuil est une démarche active contrairement à ce que l’on en dit souvent. « Il faut laisser faire le temps », certes, mais le temps est un outil et le deuil est une action, un mouvement, une mobilité. Dans le cas des affaires non résolues, les faits restent figés dans le temps. Un événement T a marqué l’histoire personnelle et le fait de ne pas trouver le coupable ou le fait que la justice ne soit pas rendue ou le corps non retrouvé, font de cet instant quelque chose d’immuable. Or c’est complètement antinomique avec l’élan nécessaire au chemin du deuil.

Le silence tue

Faire le deuil d’une affaire médiatique et non résolue est tout aussi délicat que faire le deuil de quelqu’un dont on n’a jamais retrouvé le corps. Il y a beaucoup de spéculation, et dans le brouhaha des opinions peu de faits sont concrets, réels ou utiles. Il suffit de voir les commentaires sur les réseaux sociaux. De la même manière au cœur des familles les conflits éclatent, les clans se forment, des gens divorcent, et lorsqu’il n’y a pas de procès, certaines personnes peuvent même en arriver au suicide. Au milieu de tout ce bruit, c’est finalement le silence qui ressort le plus, celui du secret, des choses non dévoilées, des choses que l’on apprendra jamais et ce sont ces choses là, ces non réponses qui marquent un obstacle dans les étapes de deuil, bloquées irrémédiablement sur la colère.

Comment en arriver jusqu’à l’acceptation ?

Pour faire le deuil de la personne décédée il faut comprendre qu’il n’y a pas un mais deux deuils à faire, et le premier étant celui qui va permettre d’amorcer le second, un peu comme deux rouages. Il s’agit de faire le deuil des réponses, accepter de ne pas savoir. Ça à l’air facile, là, comme ça mis bout à bout sur mon article et pourtant c’est l’une des choses les plus difficiles à faire.

Ça n’est pas qu’une question de justice, c’est parfois une question de survie, dire au revoir, dire je t’aime, avant que la vie s’achève sur un deuil inachevé.


Pour aller plus loin :

Les différentes catégories de deuil : apprendre à les repérer

Le deuil collectif : première partie, les accidents et catastrophes

La mémoire collective des enfants morts sur les réseaux sociaux

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réseaux sociaux

Peut-on montrer ses enfants sur les réseaux sociaux ? A l’heure du tout numérique, la tentation est grande de partager chaque progrès et chaque moment de bonheur. C’est un débat qui n’a pas fini de donner ses propres opinions. C’est une question encore plus épineuse lorsqu’il s’agit d’enfants morts ou disparus.

Parler de la mort c’est tabou…ou presque. Sur les réseaux sociaux en tout cas on parle de tout, tout le temps, et surtout, on écrit trop. Nous manquons de recul sur les pratiques numériques, il est donc légitime de s’interroger sur l’exposition des enfants décédés sur la toile. Les photos sont exposées, partagées, téléchargées, stockées et surtout exploitées.

Des familles, aux médias.

Il n’est pas rare aujourd’hui de voir un tragique fait divers d’une famille confrontée au décès d’un enfant dans un article sur internet, relayé par les réseaux sociaux. Un reportage est fait sans l’accord de la famille, et annonce même parfois le décès avant l’ensemble des personnes concernées. Mais il n’est surtout pas rare de voir ces mêmes familles commenter sous les posts, l’horreur qu’ils sont en train de vivre. Un enfant mort c’est horrible, mais c’est aussi des clics, des likes, des partages, des avis de décès suffisamment court pour qu’ils rentrent dans un tweet. On entre dans leur vie, on entre dans leur mort.

Libérer la peine

Pour certaines familles, les réseaux sociaux sont un moyen d’exprimer leur peine avec d’autres, connus ou inconnus. C’est une façon d’extérioriser la souffrance, la vivre pour s’en défaire. C’est ce qu’à fait ce jeune couple belge confronté à la lourde épreuve du deuil périnatal. Décidés à poster une photo d’eux avec leur bébé mort né dans les bras, la photo a fait polémique et le réseau social à demandé son retrait. Ce couple de Montréalais a utilisé le même réseau social pour parler de son histoire.

Les belles réussites

C’est le cas de l’alerte enlèvement. Le dispositif déployé en France dès 2006 à été déclenché  18 fois et son taux de réussite est de 100 %. Les réseaux sociaux, les images sont comme un immense arbre dont chaque branche se multiplie à l’infini.

C’est aussi un moyen de financer des opérations, comme l’histoire de petit garçon afghan , sauvé d’une mort certaine grâce au réseau social Facebook.

Les internautes, les nouveaux justiciers ?

Quand le coupable est identifié dans une affaire de crime, la violence de la tristesse est portée directement sur le responsable. Mais que faire lorsqu’on en veut à la vie, à la mort, à la maladie ? Parfois les réseaux sociaux sont aussi le moyen de demander réparation. C’est le cas avec la mort du jeune Corentin, 11 ans, décédé suite une opération de l’appendicite il y a deux ans. Cette opération ratée aurait pu être évitée et a donc suscité l’émoi sur la toile. Aujourd’hui les deux médecins responsables de l’opération sont mis en examen pour homicide involontaire, et au delà de la famille, c’est toute la société qui demande réparation.

L’ultime combat

L’année dernière c’est la petite Cassandra qui a ému toute la toile face à son combat contre la leucémie. « Il y a dix-neuf mois, nous avons fait le choix de raconter le combat de Cassandra contre la leucémie sur cette page Facebook. Nos objectifs étaient simples : sensibiliser le plus de monde possible à la leucémie du nourrisson, aux cancers pédiatriques, et aux dons de vie. » Vidéos sur Youtube, articles, crowdfunding pour ses obsèques, nous avons tous pu suivre son histoire de l’annonce de sa maladie, à son décès et partager la douleur de la famille.

Réveiller les consciences 

Si je vous dis Alan Kurdi, tout le monde a en tête l’image de ce petit garçon et de sa photo mort sur la plage, conséquence de la terrible crise des migrants. « Je ne veux plus voir cette photo ! » peut on lire sur internet  Oui..moi non plus, mais j’espère surtout qu’elle n’existera plus. Elle dérange, elle fait mal, et je vous avouerai que ce qui me choque le plus, c’est que cela ne me choque pas. Nécessaire ou non, mise en scène ou pas, cette photo est la représentation de ce qu’il se passe lorsqu’on ferme les yeux. Elle n’est pas sans rappelée la photo de la petite fille Kim Phuc brûlée au Napalm qui, à elle seule, est le symbole terrible de la guerre du Vietnam. Les réseaux sociaux n’existaient pas à l’époque mais l’image des enfants a toujours le même pouvoir.

Mémoire collective

Tout le monde se souvient de Chloé, la petite fille de 9 ans enlevée et tuée à Calais en avril 2015. On se souvient aussi de l’effroyable mort du petit Lucas à Joeuf, poignardé à la sortie de l’école en octobre 2015 et si l’on s’en souvient, au delà de l’horreur qu’elles ont suscitées, ces morts ont été relayées des milliers de fois sur les réseaux. Des marches blanches ont été organisées, symbole récent de la mémoire collective.

La vie en un titre, la mort en un tweet

Photo : http://www.topyweb.com/divertissement/top-sites-reseaux-sociaux.php

Commodes tueuses : Ikea rappelle des meubles instables en Amérique

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(capture Facebook)

Ils ont souvent des noms imprononçables, occupent les dimanches après-midi, ornent nombre de logements et à la fin, il y a toujours une vis en trop. Ce sont… les meubles Ikea. En Amérique du nord, certains seraient même dangereux pour les enfants, selon l’entreprise qui va rappeler un modèle de commodes (Malm).

C’est ce que le numéro un de l’ameublement a annoncé ce mardi. Cela concerne les marchés américains et canadiens uniquement (pas français), après que des médias ont évoqué hier soir des morts suspectes d’enfants, écrasés quand ces commodes ont basculé.

Ces bambins avaient probablement essayé d’escalader ces meubles. La chaîne de télévision ABC a avancé le chiffre de six morts comptabilisés depuis 1989. Une autre chaine, NBC, a évoqué trois décès depuis l’an dernier.

Pourtant, en 2015, Ikea avait rappelé que ces commodes devaient être fixées au mur. Cela figure en toutes lettres dans la notice de montage. Il semble que cela n’ai pas suffit. Ce rappel va concerner entre 20 et 30 millions d’unités rien qu’aux Etats-Unis, où cette commode se décline en plusieurs versions, selon le nombre de tiroirs.

Le quotidien économique Les Echos explique que les autorités fédérales en charge de la sécurité des produits de consommation enquêtent depuis février dernier sur le décès le plus récent (un enfant de 22 mois), et que l’entreprise suédoise est menacée de poursuites.

Ce modèle Malm est fabriqué aux Etats-Unis depuis 2002 et est vendu entre 80 et 200 dollars. Selon Ikea, la moitié des 147 millions de ses commodes vendues dans le monde sont des Malm.

La nuit, l’infirmier criminel tuait l’ennui à l’hôpital, mais pas que …

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Mourir d’ennui, cet infirmier allemand condamné à perpétuité l’an dernier en Basse-Saxe pour deux assassinats le redoutait par-dessus tous. Aussi, en quête d’un peu d’action, il aurait empoisonné « beaucoup plus » qu’une trentaine de malades entre 2000 et 2005. D’après les parties civiles, on frôlerait les 200 personnes.

Personne ne saura vraiment combien de victimes Niels, 39 ans, a bien pu tuer à l’hôpital. Lors de son procès, l’homme avait convenu qu’il avait au moins abrégé la vie d’une trentaine de patients par overdose là où il a travaillé. Ces derniers jours, il aurait passé de nouveaux aveux devant les enquêteurs. Et la liste s’allonge.

Le plus souvent la nuit, il pénétrait « de façon spontanée » dit-il dans la chambre des malades, leur injectant dans les veines des surdoses de produits pour insuffisance cardiaque. Pourquoi ? Parce qu’il s’ennuyait, et que se battre pour tenter de ranimer ces malades mettait un peu d’action dans sa vie. Cela le valorisait aussi aux yeux de ses collègues.

Pour tenter de cerner l’ampleur des faits, la justice allemande emploie de gros moyens. Une centaine d’exhumations d’anciens patients a déjà eu lieu, à la recherche de traces de poison. Selon le procureur d’Oldenburg, 33 cadavres se sont révélés positifs. On ne saura jamais ce qu’il en est pour les malades passés entre les mains de l’infirmier, décédés puis crématisés.

Les enquêteurs ont repris tous les dossiers médicaux des services hospitaliers où le dénommé Niels a exercé. Cela représente potentiellement « plusieurs centaines de cas ». Évidemment, tous n’ont pas succombé entre les mains du tueur en série. Le pire dans cette histoire est que dès 2001, le comportement très bizarre de Niels avait été soupçonné dans un hôpital qui l’embauchait. On l’avait remercié, sans pour autant prévenir la police. Muni d’un certificat de travail en règle émis par cet établissement médical, Niels avait alors pu trouver un autre emploi.

Du tapin au sapin, tontons flingueurs aux pompes funèbres

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La générosité, l’altruisme, les relations de bon voisinage, voilà des valeurs qui fleurent bon le temps d’antan, et qui ont pourtant encore cours de nos jours. Mais pas n’importe où et chez n’importe qui… Tranche de vie de valeurs reprises de justesse.

C’était un vendredi après-midi d’hiver, à quelques heures d’un week end de trois jours bien mérité. Les gens entrèrent dans l’agence, et restèrent, comme cela arrive parfois, à l’entrée, un peu intimidés, jetant des regards autour d’eux. Trois hommes et une femme. Le conseiller funéraire se leva de son bureau et alla les accueillir.

« C’est pour un décès » expliqua un homme, la quarantaine, assez grand, qui semblait avoir un peu plus d’assurance que les autres. « Mais la défunte n’avait pas de famille, on voulais savoir si on pouvait s’en occuper ».

« Vous êtes qui, par rapport à elle ? » s’enquit le conseiller.

« A la fois ses voisins, et ses plus proches amis » répondit l’homme. « Elle n’a plus aucune famille, juste nous ».

Le conseiller réfléchit un instant, puis conclut par « Allons dans le bureau. »

Une fois installés, l’homme reprit son explication « Elle vivait seule, sa sœur est morte il y a plusieurs années, je crois, elle a peut êtres des neveux et nièces, mais sa famille l’avait reniée il y a de cela… Houla, un paquet d’années. Une histoire compliquée. »

« Et donc, vous voulez vous occuper des obsèques ? » demanda le conseiller funéraire.

« Oui, on s’est cotisés. On a réunis quatre mille euros, vous pensez que ça ira ? »

« Oui, largement » dit le conseiller funéraire. « En tout cas, c’est généreux de votre part, entre voisins, c’est tellement rare ».

C’était au tour de l’homme de questionner « Ah bon ? »

« Oui, le plus souvent, chez les voisins, c’est l’indifférence qui prime ».

« Pas dans notre immeuble » expliqua l’homme « Chez nous, c’est un peu… particulier »

« Ah ? » la curiosité du conseiller funéraire était à son comble, mais il n’osait pas poser la question.

L’homme n’épilogua pas. L’entretien se poursuivit jusqu’à ce que vienne sur le tapis la question de l’avis dans la presse « Non, pas la peine, je pense » répondit un autre homme, qui s’était peu exprimé jusque là « Tous les gens qu’elle connaissait, on les connaissait aussi, et puis ses anciens clients ne se donneront certainement pas la peine de se déplacer. »

« Elle était dans le commerce ? » s’enquit, l’air innocent, le conseiller. Tout ce qu’il avait su jusqu’à présent, c’est que la défunte était retraitée, sans plus de précisions.

« Bon » commença l’homme qui avait débuté l’entretien, « autant que vous sachiez, puisque de toute façon, vous aurez besoin des informations pour le recueillement. Simone était une prostituée à la retraite ».

« Ah. D’accord. » se contenta de dire le conseiller funéraire, qui ne s’attendait vraiment pas à ça. « Notez, ça n’a strictement aucune importance. Vous m’indiquerez si j’en parle lors du recueillement ou pas, simplement ».

« Oh, ça, ça dérangera personne. » dit la femme, qui elle aussi était restée silencieuse « Dans l’immeuble, on a tous une histoire. Paulo » dit-elle en désignant le second homme « est le propriétaire de l’immeuble, et il loue à des repris de justice ».

« D’accord. Et bien… C’est très bien, j’imagine que louer un appartement, ce n’est pas très facile, dans cette situation » tremblota le conseiller funéraire, qui pesait chacun de ses mots, jusqu’aux virgules.

« Bah, ça, on peut le dire » soupira le dénommé Paulo. « J’ai hérité l’immeuble de mon infortunée maman. Je vois que vous vous demandez qui a fait quoi ? Moi, c’est Paulo, perceur de coffre, quinze ans à l’ombre ; Elle » désignant la femme, une aimable mamie qui devait avoir dans les 70 ans « C’est Judith, elle tenait une agence d’intérim du sexe, si vous voyez ce que je veux dire. Dédé ici présent » désignant le troisième homme, un petit vieux en veste et chemise, qui s’était contenté de faire quelques plaisanteries, l’œil rieur et le sourire aux lèvres « a pris en tout trente cinq ans de peines cumulées »

« Trente huit » interrompit le dénommé Dédé.

« Pardon, trente huit, en tout, pour emprunt à sens unique à l’aide d’une arme à feu dans quelques établissements bancaires. Un braqueur, quoi. Quand à Jérôme ici présent » désignant l’homme plus jeune qui avait mené une grande partie de la préparation « Il n’a rien fait, à part de l’art. Comme c’est dur de trouver un logement quand on est artiste, il a fini chez nous. Il y a d’autres gusses qui sortent de tôle et qui auraient besoin d’un logement, peut être, mais… Bon, disons qu’on n’a pas la même mentalité, avec ceux de la nouvelle génération. »

la suite de l’entretien se passa sans encombres. Le conseiller funéraire se fit la réflexion qu’il y avait plus d’humanité chez ces anciens criminels que chez bien des familles au casier vierge qu’il recevait. Il se dit aussi que, lors des apéros que ces voisins organisaient régulièrement, les souvenirs des vétérans devaient être particulièrement gratinés.

Enfin, tout fut réglé, et ils prirent congé. « Donc elle arrivera ce soir ? » demanda Dédé, l’ancien braqueur.

« Oui, le transfert de son corps depuis l’hôpital est en cours, les soins seront faits immédiatement, elle sera en salon vers 19 H ».

« Je ne sort plus à la tombée de la nuit » soupira Dédé « Les rues ne sont pas sûres. Dites, ça vous ennuie si je dépose des fleurs pour elle ici maintenant ? »

« Bien sûr que non. Je serais encore là, j’irai les lui déposer au salon en partant. Il y a un fleuriste juste là, si vous voulez ».

« Ouaip. Je vais passer retirer du liquide à la banque, avant. » il tapota ses poches… « Mince, on dirait que j’ai oublié ma carte bleue… Il n’y aurait pas une armurerie, dans le coin, à tout hasard ? » et, dans un grand éclat de rire, l’ancien braquo sortit son portefeuille et partit acheter des fleurs.

Thanatopracteur condamné à Perpignan : la réaction du SPTIS

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levée des soins
Cédric Ivanes, président du SPTIS

Un thanatopracteur a été condamné par la justice, en début de semaine, pour avoir déversé du sang dans la nature en lieu et place des moyens de traitement habituels. Une affaire ou le SPTIS (Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés) était partie civile. Cédric Ivanes, le président du syndicat, fait part de sa réaction.

Funéraire Info : Pourquoi le SPTIS était partie civile dans cette affaire ?

Cédric Ivanes : Il faut remonter au début, en 2013. La gendarmerie en charge de l’affaire a contacté le syndicat pour obtenir des précisions sur la pratique de la thanatopraxie. L’affaire a débuté un mercredi, dès le lendemain, j’étais dans les bureaux de la gendarmerie. J’y suis resté six heures : les enquêteurs souhaitaient se faire une idée très précise de la pratique « normale » d’un soin de conservation, et de ses suites, traitement des DASRI, etc…

Dès lors, il apparaissait logique que le SPTIS se porte partie civile. Parce que nous étions déjà impliqués, du fait de cette convocation, bien entendu. Mais surtout parce que l’affaire était médiatisée, et qu’il nous est apparu comme essentiel de pouvoir accéder au dossier afin de pouvoir avoir connaissances des faits et de pouvoir expliquer aux familles que « ce n’est pas la pratique normale de la thanatopraxie ». Et nous avons eu raison.

FI : Dans quel sens ?

CI : Le système de défense du thanatopracteur accusé était de soutenir qu’il pratiquait une technique différente, produisant très peu de sang. Il prétendait percer le cœur pour que le sang s’évacue dans les cavités dorsales. Les experts ont expliqué qu’en procédant de cette manière, le soin de conservation aurait été de piètre qualité

Présent et ayant connaissance des éléments du dossier, le SPTIS pouvait contrer ces arguments et expliquer pourquoi ils n’étaient pas recevables. Il y avait, principalement, deux choses de condamnable dans ces accusations : répandre des DASRI en pleine nature, avec tous les risques que cela comporte en termes de santé publique. Et facturer à des familles des prestations non effectuées. Et une troisième chose : ne pas traiter ses DASRI lui permettait de casser les prix, ce qui constitue une concurrence déloyale vis à vis de ses confrères.

FI : Quelle est la réaction du SPTIS au verdict ?

CI : Nous sommes très satisfaits que ce thanatopracteur ait été reconnu coupable. Cela signifie que ce n’est pas une pratique normale et répandue dans la thanatopraxie.

Sur les peines en elle-même, nous ne les commentons pas. Nous demandions une interdiction complète d’exercer, le tribunal n’a pas suivi cette demande pour ne pas exclure de la société ce thanatopracteur qui n’a que ce métier et cette seule source de revenus, alors qu’il est dans une situation personnelle difficile. Il a le droit de travailler en tant que salarié. Ceci implique que son employeur serait, à l’avenir, co-responsable de ses pratiques en cas de récidive. Le SPTIS l’observera, de toute façon, de très près.

FI : Le SPTIS a reçu des dommages et intérêts, qu’allez-vous en faire ?

CI : Il a en effet été condamné à verser 4000 euros au SPTIS. Nous allons utiliser cette somme en intégralité pour communiquer sur la pratique normale, transparente et honnête de la thanatopraxie. La médiatisation de cette affaire a donné une mauvaise image du métier, nous allons travailler à la rétablir.

Le site du SPTIS

Du sang dans la nature : un thanatopracteur condamné

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Un an de prison avec sursis, cinq ans d’interdiction d’exercer et des dédommagements : soupçonné d’avoir conservé du sang humain chez lui et l’avoir déversé dans la nature, un thanatopracteur catalan a été condamné hier mardi par le tribunal correctionnel de Perpignan (Pyrénées Orientales).

Cet homme âgé de 58 ans, raconte le journal L’Indépendant, exerçait en libéral pour le compte de plusieurs pompes funèbres du département, fort d’une vingtaine d’années de pratique… mais sans licence depuis fin 2012.

Selon l’enquête menée sur dénonciation par les gendarmes au printemps 2013, ce thanatopracteur se serait débarrassé frauduleusement de milliers de litres de sang et de déchets humains, peut-être dans des fossés sur le bord de routes et dans des canalisations d’eaux usées, pour ne pas avoir à payer l’incinération des déchets. Aucune trace d’élimination plus classique ni de contrats avec des sociétés spécialisées n’ont été trouvées.

Quelques 700 litres de sang se trouvaient encore conservés dans des bocaux, dans son garage. En deux années, il serait intervenu sur près de 1.400 corps. Devant ses juges, le prévenu a nié les faits.

 

Dérapages : des pompes funèbres aux faits divers

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Sale temps pour le funéraire, à feuilleter les pages « faits divers » de la presse régionale. Familles abusées en Bretagne, en Charente. Méli-mélo autour d’une entreprise de pompes funèbres dans l’Aube. Pas bon pour la confiance.

Direction d’abord les Côtes d’Armor. Révélée par Le Parisien, une affaire met en cause les pratiques d’une société désormais sous le coup d’investigations des gendarmes. En cause : la réutilisation de garnitures (capitons, crucifix, housses mortuaires) pour plusieurs défunts. On ignore encore combien de fois. Une exhumation à Etables-sur-Mer a semble t-il confirmé mercredi dernier les soupçons, faisant apparaître un cercueil vidé de ses ornements. C’est un marbrier qui a alerté, ayant lui-même recueilli des confidences d’employés. Le dirigeant attend d’être convoqué par les enquêteurs pour s’expliquer.

A Angoulême, autre cas. La justice correctionnelle a tranché voici dix jours, infligeant un an de prison ferme et une lourde amende à l’ancien gérant d’une société de pompes funèbres, franchisé d’un grand réseau. Selon le journal 20 Minutes, l’homme aurait détourné la somme de 450.000 euros au préjudice de 146 de ses clients. Il leur a  vendu pendant plusieurs années des contrats obsèques sans valeur, sans souscrire de contrats auprès des assurances.

Tout autre chose dans la région de Troyes, à en croire le quotidien L’est Eclair qui parle d’un étrange polar ». Là, l’ex-gérant d’une pompe funèbre se dit victime d’un « complot visant à le dépouiller » de son entreprise. Il désigne son associée. Une affaire démarrée en juin 2014, quand il a été arrêté par les gendarmes et incarcéré, soupçonné d’avoir « manqué de respect » à des corps dans l’exercice de sa profession. Des faits assez sordides, mais contestés. Dès lors, à la justice de trancher.

Le Choix Funéraire face à la tempête, Philippe Martineau fixe le cap

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Philippe Martineau, le choix Funéraire
Philippe Martineau, président du Choix Funéraire

Philippe Martineau, président du Choix Funéraire, a choisi Funéraire Info pour s’exprimer sur l’affaire qui secoue le milieu des pompes funèbres : un entrepreneur costarmoricain soupçonné d’escroquerie.

L’affaire

Les pompes funèbres Morice, entreprise adhérente au Choix Funéraire avec quatre établissements dans les Côtes-d’Armor, sont dans la tourmente depuis mercredi soir depuis un article paru dans Ouest-France. Suite au témoignage d’un marbrier ayant reçu les confidences d’une ancienne conseiller funéraire, il apparaîtrait que des capitons garnissant les cercueils aurait été subtilisés et revendus à d’autres familles. Une exhumation a été effectuée mercredi sur réquisition du Parquet de Saint-Brieuc, les gendarmes ont constaté qu’il n’y avait pas d’habillage dans le cercueil, alors qu’il avait été facturé à la famille….

Une procédure en cours

Les dysfonctionnements ont été portés à la connaissance du Choix Funéraire « Depuis juin, nous avions entendu des rumeurs au sujet de dysfonctionnements dans cette entreprise » explique Philippe Martineau, président de la société. « Nous avons pris ces accusations au sérieux, et nous avons adressé à la société accusée une demande d’explication. » la réponse a été claire « L’entrepreneur dont il est question a fermement démenti les faits après réunion de son personnel, qui a corroboré les déclarations de Monsieur Morice. Il s’est engagé à exercer un contrôle strict de sa société, expliquant qu’il ne pouvait pas contrôler absolument tout ce qu’il se passait, ce qui peut se comprendre. Ils s’est par ailleurs engagé à venir s’expliquer lors du conseil d’administration de septembre, ce qu’il a fait. »

Et les accusations ? « Un de mes collaborateurs a indiqué à la personne que, si elle pensait que ces affirmations étaient fondées, seule la gendarmerie avait compétence pour mener des investigations. »

Ou en est-on aujourd’hui « Je tiens a rappeler que la présomption d’innocence existe, avant toute chose. » souligne Philippe Martineau « la presse s’est emparée de cette affaire, et c’est bien compréhensible, nos métiers font l’objet d’une sensibilité particulière. Néanmoins, le procureur a refusé de s’exprimer pour l’instant, et les éléments dont nous disposons sont à mettre au conditionnel. »

Le Choix Funéraire face à la tempête

Quelle est la position officielle du Choix Funéraire ? « Nous avons à cœur de défendre avant tout les familles qui nous accordent leur confiance, et l’image de notre groupement constitué de sociétés familiales et indépendantes. Aussi, le président du conseil d’administration, Pierre Buil, a demandé à Monsieur Morice, qui est adhérent à notre réseau, de tomber provisoirement les panneaux et de mettre en sommeil sa participation à notre groupe les temps que la justice fasse son office. »

Monsieur Martineau, quel est votre ressenti personnel sur cette affaire « Je n’arrive pas à la concevoir. Ce qui n’est nullement un commentaire sur l’action de la justice, mais vous comprendrez, comme tous les professionnels qui nous lisent, que ce dont on accuse Monsieur Morice est tellement invraisemblable, que ça semble impossible à croire. Je m’en remet, pour faire la lumière sur cette affaire, entièrement à la justice, qui nous dira si tout cela est vrai ou faux. Mais j’ai de la peine pour l’image donnée à notre profession, qui ne rend pas justice au travail et à l’humanité que l’ensemble de la profession met au service des familles ».

 

Le site internet du Choix Funéraire : www.le-choix-funeraire.com

Le Choix Funéraire

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