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Le rôle des pompes funèbres lors d’une levée de corps médico-légale

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Illustration autopsies

Une levée de corps médico-judiciaire ne concerne pas directement les pompes funèbres. En revanche, il est possible qu’un jour où l’autre vous y soyez confrontés. Dans ce cas, il est intéressant d’en connaître les protocoles.

La découverte du corps

Lors de la découverte d’un corps, les choses peuvent plus ou moins se compliquer et plus ou moins durer dans le temps. La police arrive sur les lieux et constate les premiers éléments. Si rien ne vient corroborer un fait suspect, un médecin est appelé pour venir effectuer l’acte de décès. A ce moment précis, il peut y avoir encore la possibilité d’un obstacle médico-légal.

Mais si la découverte du corps présente des caractéristiques suspectes ou criminelles, dans ce cas le procureur de la république, demandera une autopsie et mande donc un médecin légiste.

Suivant les circonstances du lieux, du décès, du climat, de l’environnement, du nombre de corps, parce que ça peut arriver également, les constatations peuvent être longues entre les différents intervenants que sont, entre autre, les policiers de l’identité judiciaire.

Dans le cas de l’arrivée du médecin légiste

Avant que le corps ne soit déplacé, le médecin légiste arrive sur les lieux afin de définir un créneau horaire de décès. On est bien d’accord que l’on est pas dans une série policière alors oubliez le  » d’après la température du foie, la personne est morte à 5h48 précise ». Je vous invite à lire un article consacré à ce sujet ici.  Puis, le médecin légiste va procéder à un examen de corps afin d’en définir les éléments immédiatement visibles et superficiels.

Ensuite viendront les premiers prélèvements et les relevés d’identification, et pour cela je vous invite à relire l’article que nous avions consacré à ce sujet ici.

A ce moment précis, nous n’en sommes pas encore à la réquisition, qui elle ne sera délivrée que s’il y a des investigations poussées à faire. L’Officier de Police Judiciaire présent, reçoit alors un rapport oral des premières constatations. Dans le cadre d’une réquisition, un rapport écrit sera joint au dossier.

S’en suit désormais l’autopsie, une fois que le corps, placé dans une housse scellée, sera admis à l’institut médico-légal.

Le rôle des pompes funèbres dans tout ça

En un mot : aucun. Repartons dans fiction 5 min, il est rare dans une série policière de voir arriver les pompes funèbres sur les lieux d’une découverte de corps. Sans doute parce qu’il est plus intéressant pour le téléspectateur bien calé dans son canapé de voir arriver un binôme d’inspecteurs qui font semblant de se détester et de ne rien ressentir, tous deux habillés d’une veste en cuir, qu’un véhicule de transport de corps. Dans la vraie, les pompes funèbres arrivent fréquemment sur le lieu de la découverte de corps avant l’étape d’arrivée du médecin légiste. D’où le fait de ne rien faire, et en somme, de ne rien dire non plus.

Sachant que le lieu de découverte est une scène considérée comme éventuelle celle de crime, que tout est en désordre, et que tout est prélevé, ne commencez pas à faire les cent pas dans la boue, ou toucher à toute la déco. Demandez directement aux policiers le périmètre dans lequel vous pouvez intervenir et cantonnez-vous-y, ça vous évitera probablement des problèmes ultérieurs ou une remontrance de l’équipe en place ou de votre propre patron(e).

Le transport du corps en housse doit se faire de la façon la plus simple possible. Bien entendu, sous aucun prétexte, la housse ne doit être ouverte.

Heureusement cela ne vous arrivera pas tous les jours, mais des situations délicates de ce genre peuvent vite devenir dramatiques et angoissantes pour vos équipes si elles n’ont pas été briefées auparavant. D’où l’utilisation abusif de la pédagogie.

De toute façon, c’est un discours récurent, lorsque vous allez en chambre mortuaire l’on vous dit souvent « ça n’est pas chez vous, c’est chez eux », idem dans une chambre funéraire lieu de passage de tout le monde, et dans un crématorium. Le métier de pompes funèbre est celui de l’effacement, et il n’y a finalement que chez vous…où vous êtes chez vous.

Séjour d’un corps dans l’eau, noyade et décomposition : ça touche le fond

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paul delaroche noyade Ophelie la jeune martyre 1853

L’été, c’est la saison des… La saison des… Celui qui a répondu « vacances » est prié de se dénoncer, on est dans un journal funéraire, ici. Donc, l’été, c’est la saison de la noyade et décomposition. Et les croque-morts vous le diront : récupérer un noyé, c’est pas agréable, et c’est parfois bizarre. On vous dit tout.

Noyade et décomposition : une mort spécifique

En réalité, plus que de noyade et décomposition, c’est de mort dans l’eau dont il sera question ici : intervention sur un corps récupéré après un séjour en milieu aquatique. Parce que la noyade n’est qu’un des causes de décès dans l’eau. Il y en a trois naturelles : la noyade, proprement dite, l’hydrocution, et la mort subite dans l’eau. On arrive même à se noyer sans eau, avec la noyade sèche c’est dire !

La noyade, on connaît : le corps est immergé dans l’eau. Il y a différentes écoles en la matière. L’école Archimède, « Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas vers le haut égale au poids du volume de liquide déplacé ». L’école Desproges, « Lorsqu’on plonge son corps dans la baignoire, le téléphone sonne » et, celle qui nous intéresse, l’école naturaliste « Au bout d’un certain délai d’immersion dans l’eau, l’envie de respirer se fait irrésistible. »

L’hydrocution est un choc thermique entre le corps humain et l’environnement aquatique. En somme, plus la différence de température entre le corps et l’eau est importante, plus les risques d’hydrocution sont élevés. Le choc provoque un arrêt cardio-ventilatoire, qui peut suffire à provoquer la mort, ou bien affaiblir suffisamment la victime pour qu’elle subisse une noyade.

A ce propos, l’idée selon laquelle il ne faut pas se baigner après avoir mangé est fausse, digestion et hydrocution n’étant pas liés, du moins, si vous allez juste faire trempette. En revanche, tout effort physique, même au sec, juste après avoir mangé, est une très mauvaise idée, de l’avis général.

Enfin, il y a la mort subite en milieu aquatique, surnommée par les initiés « pas de pot ». Le sujet vérifie soigneusement la température de l’eau pour éviter l’hydrocution, vérifie qu’il a pied partout pour éviter la noyade, il se mouille précautionneusement, entre dans l’eau, et est terrassé par un infarctus massif ou par une rupture d’anévrisme. Pas de pot.

La flottaison, un fleuve non tranquille

Oubliez l’intertitre. Le parcours aquatique d’un corps est tout, sauf un long fleuve tranquille.

L’eau est un milieu généralement mouvant. Phénomènes de marées et de courants en mer, déplacement dans un milieu fluvial ou une rivière, incidents de parcours, corps bloqué par une branche, déchiqueté par des hélices de bateau, dévoré par la faune, milieu salin ou non, saison avec des changements de température, le parcours est différent et le résultat à l’arrivée aussi.

La faune aquatique diffère beaucoup entre milieux maritimes, fluviaux et lacustres, mais, hormis quelques rares exceptions, crocodiles, requins… Le corps d’un mort en milieu aqueux sera surtout la proie des petits animaux, qui ont une prédilection pour les parties molles. Globes oculaires et organes génitaux masculins font leur régal et sont les premiers à partir. Pour le reste, c’est plus rare, les charognards ne sont pas virulents en milieu marin.

Il est fascinant de constater que le corps d’un homme et celui d’une femme n’auront pas la même position durant ce trajet, du fait de morphologies différentes.

L’homme flottera vers le bas, le corps presque plié en deux. On pourra voir sur un noyé masculin des traces de frottement au fond sur le front et les jambes, des genoux aux pieds. La femme flottera courbée, sur le dos, et on verra le frottement du fond sur les talons, les fesses et l’arrière du crâne.

Ballastage, déballastage

Pour le reste, la noyade et décomposition dans l’eau obéit à certains principes. On constatera, exactement comme pour tout processus de décomposition humaine, l’apparition de la tache verte abdominale, qui s’étendra ensuite à l’ensemble du corps.

Une intense activité bactérienne intestinale va, dans le même temps, produire une quantité importante de gaz (méthane, hydrogène, dioxyde de carbone, sulfure d’hydrogène, pour votre culture générale, même si c’est compliqué de la placer dans une conversation) qui va distendre l’abdomen, de manière parfois impressionnante.

Cette dilatation gazeuse est responsable de la remontée du corps à la surface ainsi que de l’apparition plus marquée du système veineux, appelée « circulation posthume ». Une odeur pestilentielle se dégage alors du cadavre, typique de la chair en décomposition.

L’éclatement de la peau, due à sa fragilisation, va permettre aux gaz de s’échapper, et entraîner à nouveau le corps vers le fond. Beaucoup d’entre eux sont définitivement perdus à partir de ce moment là, à moins d’être récupérés par des filets de pêche ou d’être échoués sur le rivage par des courants de fond.

L’ordre de décomposition dépend de la quantité de matière à décomposer : dans l’ordre, les articulations, poignets et chevilles, les pieds, les mains, puis les mandibules et le crâne, suivies des chairs des membres, bras puis jambes, pour finir par le tronc. C’est pour cela que, pour les noyés de plus longue date, pas encore totalement décomposés, on peut voir remonter des corps se résumant à un tronc et de moignons.

Tout cela ne vous éclairera pas sur la meilleure façon de récupérer un noyé. La réponse est simple : avec beaucoup de courage. Mais analyser ces éléments permet de s’occuper un peu l’esprit et de détourner son attention de ce qui, autrement, va vous tarauder : la nausée.

Et si l’on passait à côté d’homicides faute d’autopsie ?

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a côté d'homicides faute d'autopsie

Je vous parlais il y a peu des médecins légistes. Je vous expliquais, entre autre, qu’il n’y avait aucune harmonisation entre les différents parquets de France quant aux critères sur lesquels se basent les procureurs de le République pour ordonner ou non une autopsie. Et si l’on passait à côté d’homicides faute d’autopsie ?

Encore une fois, si l’on suit les recommandations du Conseil de l’Europe, les autopsies devraient être réalisées en cas de mort non naturelle évidente. Ce qui sous-entend :

–        les homicides,

–       les morts subites,

–       les suicides,

–       les suspicions d’erreurs médicales,

–       les accidents de transport,

–       les cas de maladies professionnelles,

–       les catastrophes naturelles,

–       les décès en détention

–       les corps non identifiés.

Ça c’est la théorie, en réalité, au jour d’aujourd’hui selon la région dans laquelle vous vivez, et à posteriori où vous mourrez, ce sera du cas par cas. C’est le procureur de la République qui doit décider. Tant mieux parfois. Tant pis souvent.

Selon les derniers chiffres de l’INSEE, il y a eu 600.000 décès en 2015 dont 9.000 autopsies médico-légales au maximum pratiquées en France. Cela fait 1,5%.

La réforme de la médecine légale de 2010 a permis aux médecins légistes de se regrouper dans des hôpitaux régionaux, ce qui a aidé à centraliser les moyens. Et encore une fois comme je l’expliquais précédemment le rôle des médecins légistes est de davantage s’occuper des vivants que des morts, y compris pour les personnes placées en garde à vue.

Professionnels du funéraire, vous savez tous ce qu’est une levée de corps. Et lors de cette levée de corps, il faut effectuer un examen du défunt sur le lieu même de la mort, or rien dans la loi n’établit que seuls les médecins légistes fassent cet examen, et c’est là que des erreurs peuvent survenir. La médecine légale permet de comprendre les marques sur un corps, et de déceler un indice suspect qu’un médecin généraliste ne sera pas habitué à voir.

Malgré la réforme de 2010, des services et des régions de France sont totalement sous évalués. Les corps ne sont pas assez vite pris en charge, et pas non plus assez vite pris en charge pour les obsèques et je ne vous parle même pas de la lenteur pour le certificat de décès.

Augmenter le nombre d’autopsies ? Pas forcément, mais si tout le monde appliquait à la lettre les protocoles, plus rien ne passerait entre les mailles du filet.


À lire aussi : https://www.funeraire-info.fr/medecin-legiste-la-mort-la-justice-et-le-vivant-103072/

Décès brutal au domicile, intervenir en présence de la famille

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C’est un cas de figure qui peut se présenter : vous êtes appelés pour l’enlèvement d’un défunt, souvent sur réquisition, dans un contexte délicat, mort violente ou corps abîmé, et la famille est présente. C’est une situation inconfortable, qu’il va falloir savoir gérer. Quelques pistes à explorer.

Cas pratique

C’est un cas qui se présente : alertés par la famille, la police fait une découverte de corps au domicile, une dame âgée qui est tombée violemment suite à un malaise. Le corps est là depuis quelques jours, il a fait chaud, il y a d’importantes quantités de sang, autant dire que la scène n’est pas belle.

L’officier de police, après que le médecin ait confirmé que la mort ne présentait pas de contre-indication médico-légale, appelle les pompes funèbres, puis prévient la famille. Qui arrive aussitôt et se trouve là quand vous parvenez sur place.

Généralement, la police n’a pas permis à la famille d’accéder à la pièce où se retrouve le défunt, et sont très heureux de vous refiler la patate chaude.

Prendre ses précautions

Si il y a bien une chose à faire dans ces cas-là, c’est de ne RIEN dire tant que vous n’avez pas une vision globale de la situation. Parce que la famille, dans l’immense majorité des cas, va vous poser une question « Est-ce qu’on peut la voir ? ».

Commencez par expliquer que vous devez d’abord vous rendre compte de la situation. Pas de façon aussi formelle : on ne le dira jamais assez, utilisez vos mots. Sur place, près du corps, examinez attentivement la situation : est-ce que vous pouvez nettoyer suffisamment le visage et les mains pour faire une présentation rapide ? Est-ce que vous pouvez masquer les autres traces dans la pièce ?

Dans 99 % des cas, la réponse à cette question sera « non ».

Manque de neutralité

L’élément important à retenir ici, c’est que vous n’êtes pas dans un endroit neutre. Vous êtes au domicile du défunt. C’est à dire un endroit où ses proches se rendaient, où ils ont des souvenirs, qu’ils connaissent dans des circonstances souvent heureuses.

Au lieu de les rassurer, cette intimité ne fait qu’augmenter le stress. Au choc du décès qu’ils viennent d’apprendre, vous ajoutez un lieu intime et chargé de sensations positives transformé en piège mortifère. Le tout consécutivement à un décès soudain et inattendu.

Accompagner, expliquer, ne pas promettre

La première chose à faire est expliquer en détail ce que vous allez faire. La procédure est classique, enlever le corps, le déposer dans le TSC. Ensuite, anticipez : le but est de faire en sorte que la famille passe le moins de temps possible dans la pièce, voire sur les lieux, dans un premier temps.

Expliquez-leur ensuite qu’en allant se rendre compte, par eux-même, du lieu du décès, ils ne feront qu’aggraver leur choc et ne pourront pas, de toute manière, réfléchir avec les idées claires. Ne leur dites pas que c’est une mauvaise idée d’y aller, soulignez que c’est surtout le moment qui est mal choisi.

Par exemple : le défunt est décédé dans sa chambre. Après avoir enlevé le corps, essayez de dissimuler avec ce que vous avez sous la main les tâches de fluides (l’emballage de la housse de corps, par exemple, s’il n’est pas transparent, et accompagnez un membre de la famille pour choisir des vêtements pour l’habillage. Essayez toujours de focaliser son attention sur sa mission, et tenez vous le plus possible entre la personne que vous accompagnez et l’endroit du décès.

Ensuite, assurez-vous qu’ils emportent avec eux les éventuels papiers dont ils auront besoin, et qu’ils n’aient pas besoin de retourner au domicile du défunt. Parce que, si vous les avez convaincu de ne pas aller dans la pièce sur le moment, le lendemain, la tentation sera supérieure à la conviction.

tache-de-sang-domicile Décès brutal au domicile, intervenir en présence de la familleLe syndrome de la coquille vide

La question que vous vous poserez est peut être « qu’est-ce que ça change qu’ils aillent dans la pièce où a eu lieu le décès sur le moment ou plus tard, après les obsèques ? » et la réponse est simple : tout.

L’étape du deuil dans laquelle se retrouve la famille est importante, particulièrement à ce stade. Dans l’exemple de la dame âgée dont nous parlions en ouverture de cet article, ses enfants sont en état de choc. Ils n’ont pas encore assimilé le décès.

Lorsqu’ils reviennent au domicile, quelques jours plus tard, pour entamer le tri, le rangement, toutes ces corvées afférentes à un décès, ils ont intégré l’idée que leur proche n’était plus là. L’habitation n’est alors plus, dans leur esprit, un espace de vie, mais une coquille vidée, dénuée d’âme. Les souvenirs qui y ont été fabriqués ne se trouvent plus, à ce moment précis, que dans leur tête.

Un petit mot sur la rubrique

J’ai, l’autre jour, reçu un message d’un collègue des pompes funèbres au sujet d’un autre article formation : il m’expliquait qu’il faisait différemment, que sa technique marchait très bien, mais qu’il n’avait pas osé la mettre en commentaire, ni sur Facebook, ni sur l’article, parce qu’il ne voulait pas me contredire publiquement.

Au contraire, c’est fait pour. Déjà, parce que l’ancien étudiant en philosophie que je suis sait que la vérité n’existe pas, je vous laisse réfléchir là dessus et relèverai vos copies dans quatre heures. Ensuite, parce que n’ayant ni tout vu, ni tout fait, l’expérience que je partage ici n’est qu’un retour situations vécues pour aider ceux qui en ont besoin, et non pas un cours magistral sur « c’est comme ça, et pas autrement ».

Donc, vous faites autrement, et ça marche, venez nous le dire, bien au contraire, et partageons notre expérience. Par contre… Vous avez suivi mes conseils et vous vous êtes lamentablement gaufré, mettez-y les formes, il y a un petit cœur qui bat sous la cravate…

Cercueil et mise en bière : vocabulaire

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Cercueil et mise en bière sont deux fondamentaux inséparables des pompes funèbres. Mais au fait, ferme-ton le capot ou le couvercle ? Et quand fait on la levée de corps ?

Capot ou couvercle ?

Un débat qui secoue discrètement le petit monde des pompes funèbres est « Est ce que la planche qui sert à fermer le cercueil s’appelle le capot ou le couvercle ? ».

Sémantiquement, le capot désigne tout ce qui est destiné à protéger. Reste à savoir si le couvercle d’un cercueil est destiné à protéger son contenu, ou simplement à clôturer la boîte, puisqu’il s’agit bien d’une boîte.

Nous avons demandé à une spécialiste, Stéphanie, des Cercueils Bernier. « Nous appelons cette partie le couvercle. Il est vrai que, dans certaines régions, on l’appelle capot, mais il s’agit certainement d’une appellation qui varie selon les régions et les habitudes. Aucune des deux dénominations, capot ou couvercle, n’est incorrecte ».

Pour l’anecdote, la parie supérieure d’un cercueil de type « tombeau » est appelée clef ou pilastre. Les planches qui forment le pourtour de la caisse du cercueil sont appelées ceintures « Il s’agit néanmoins d’une dénomination de menuiserie plus que de pompes funèbres » souligne Stéphanie.

Le meilleur moyen de savoir si vous avez affaire à un capot ou à un couvercle est de poser la question, de préférence avant de partir en convoi, cela vous évitera des moments de solitude devant la famille.

Différents types de cercueils

On dénombre quatre types de cercueils : le parisien, le lyonnais, le tombeau ou le coffre.

Le modèle parisien est le plus répandu, avec une ceinture à six côtés, et un couvercle plat. Le cercueil tombeau a la même forme que le cercueil parisien, avec un couvercle rehaussé. Le cercueil lyonnais a une forme trapézoïdale, avec une ceinture à quatre pans. Enfin, le cercueil coffre a une forme rectangulaire, pour les bières très haut de gamme, c’est le modèle standard que l’on voit le plus dans les films américains.

cercueils Cercueil et mise en bière : vocabulaire

Levée de corps

Certains débutants ont été surpris d’entendre parler de levée de corps lors de réquisitions de police ou lors de mise en bière avant le départ du convoi, deux moments très différents.

Techniquement, le terme levée de corps s’utilise à deux moments précis.

Sur le lieu du décès, il s’agit de l’enlèvement du corps après des constatations. Généralement, ce sont les forces de l’ordre qui l’utilisent « Le médecin légiste a donné son accord pour la levée du corps ». Les pompes funèbres peuvent alors transférer le corps vers le lieu qui leur a été indiqué. Rien n’empêche les pompes funèbres d’utiliser elles-même le terme, mais cela donne un côté superfétatoire. On préférera parler de transfert ou transport de corps.

La levée du corps, pour les pompes funèbres, correspond au moment ou le cercueil fermé est enlevé du lieu de repos du défunt, maison funéraire ou domicile, par exemple, au moment du convoi, ce qui ne se passe pas toujours immédiatement après la mise en bière.

Dans les deux cas, on parle de levée de corps sur des lieux ou le défunt a, justement, perdu la vie, et ou il a séjourné pour y recevoir visites et hommages.

Il est inutile de parler de levée de corps, à contrario, à chaque manipulation. A la fin d’une cérémonie, on parlera par exemple de « sortie » qui englobe l’ensemble des opérations.

Bernier-Probis-300-par-250 Cercueil et mise en bière : vocabulaire

Bière

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cercueil-300x212 BièreLa bière est l’autre mot qui désigne le cercueil. Le cercueil est une boîte généralement en bois ou l’on installe le défunt.

Origines du mot et usage

Bière vient du vieux Français « bera », qui lui-même vient du latin. A l’origine, il désignait un brancard. C’est durant les grandes épidémies de peste que le nom « bera » a été donné aux charrettes sur lesquelles l’on entassait les morts afin de les conduire au bûcher ou à la fosse commune. Par extension, l’on a parlé de « mise en bière » lord du dépôt du corps sur un catafalque, puis « bière », en tout dernier lieu a fini par désigner le cercueil.

L’on appelle généralement un cercueil « cercueil » mais il n’est pas inadéquat de l’appeler « bière », même si cette désignation appartient au registre plus soutenu. La « mise en bière » correspond donc au moment ou l’on installe le corps dans le cercueil.

La bière, avant l’usage généralisé et obligatoire du cercueil, désignait le linceul.

cercueil2-207x300 BièreCe mot n’a absolument aucun rapport avec le houblon.

Pratique

09041918B500cercueil-300x225 BièreLe cercueil est obligatoire en France, et la mise en bière correspond au moment ou le défunt est installé à l’intérieur. Il est possible de procéder à un recueillement en cercueil ouvert, mais interdit de transporter ainsi le défunt. Celui-ci devra âtre déplacé soit en civière, avant mise en bière, soit en cercueil, après la fermeture de celui-ci.

Une fois le cercueil fermé, il est interdit de le rouvrir pendant cinq ans, sauf réquisition donnée par le procureur de la république.

Le moment ou le cercueil est amené par les pompes funèbres du lieu de fermeture au véhicule de convoi est appelé « levée de corps ». Ce même terme a un autre usage en médecine légale, puisqu’il désigne l’entame d’une autopsie.

Il est à noter que vous pouvez demander une bière dans une échoppe de pompes funèbres ou dans un estaminet. L’on ne vous servira pas le même produit. Si l’usage immodéré de la bière peut vous mener à la bière, se trouver en bière vous ôtera la possibilité d’en consommer.