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Du muguet en mai, des chrysanthèmes en novembre

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Après les cloches de Pâques, les clochettes du muguet du 1er mai. Certains pourront considérer qu’il y a, ce jour-là, quelque chose qui cloche justement : on célèbre le travail, on le fête … en chômant et en manifestant manifestement. Le 1er mai c’est exactement la moitié de l’année du secteur funéraire qui comme chacun le sait commence à la Toussaint avec ses chrysanthèmes ! Le 1er mai, on offre du muguet pour porter bonheur à ceux que nous aimons. Pourquoi ces clochettes blanches et parfumées et pas du lilas, ou autres fleurs de saison ?

Depuis la fin du XIXe siècle, le 1er mai, fête du travail, est la journée des revendications sociales, la journée internationale des travailleurs n’est pas l’occasion de faire bloc pour les syndicats, à quelques exceptions près, comme le 1er mai 2002. Ce jour-là, 1,3 million de personnes avaient manifesté. Mais aujourd’hui, le muguet va fleurir dans les rues partout en France. Il est de tradition d’en offrir pour porter bonheur, de préférence avec 13 clochettes.

Le muguet, une tradition ?

Les Romains fêtaient déjà, au début du mois de mai, les Florales, en l’honneur de Flora, la déesse des fleurs. En Grèce, la tradition existe toujours : on suspend des couronnes de fleurs à l’entrée des maisons.

La tradition remonterait à la Renaissance: le 1er mai, il était d’usage, dans les campagnes, d’offrir une branche de quelque chose pour célébrer la fin de l’hiver. En 1560, le roi Charles IX en visite dans la Drôme où on lui offrit un brin de muguet et l’année suivante il en offrit aux dames de la Cour en guise de porte-bonheur.

Le chansonnier toulonnais Félix Mayol, auteur du célèbre « viens poupoule« , en débarquant à Paris, gare Saint-Lazare le 1er mai 1895, va offrir un bouquet de muguet à son amie parisienne Jenny Cook et suite à son succès sur la scène du « Concert parisien », ou il arborait quelques brins à sa jaquette, il conservera ce muguet porte-bonheur. Depuis 1921, le muguet de Mayol est d’ailleurs devenu l’emblème du Rugby Club Toulonnais.

Le 1er mai 1900, lors d’une fête organisée par les grands couturiers parisiens, toutes les femmes reçurent un brin de muguet.

En avril 1941, Pétain instaure la « fête du Travail et de la Concorde sociale « , le 1er mai et le muguet remplace l’églantine rouge, associée à la gauche.

Nous vous souhaitons un bon 1er mai et nous pensons à ceux qui sont d’astreinte ou au travail en ce premier jour du bien joli mois, les professionnels des pompes funèbres, assistants funéraires ou thanatopracteurs, mais aussi les pompiers, les policiers, les professionnels du secteur de la santé et ceux que nous aurions pu oublier !

 muguet-mai Du muguet en mai, des chrysanthèmes en novembre

Le premier mai, des origines à nos jours…

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Aujourd’hui, c’est le premier mai, fête du travail. Le principe est simple, pour fêter le travail, on ne travaille pas, sauf une longue liste de personnes indispensables. Mais d’où vient cette jolie tradition ?

muguet-300x225 Le premier mai, des origines à nos jours...Journée internationale des travailleurs

La fête internationale tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du XIXe siècle.

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai, date du moving day parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l’ouvrier devant déménager (d’où le terme de moving day) pour retrouver du travail. La grève générale du 1er mai 1886, impulsée par les anarchistes, est largement suivie. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.

À Chicago, la grève se prolonge dans certaines entreprises, et le 3 mai 1886, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester. Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.

C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort (Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg) ; quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 (connu depuis comme Black Friday ou « vendredi noir ») malgré l’inexistence de preuves, le dernier (Louis Lingg) s’étant suicidé dans sa cellule. Trois autres sont condamnés à perpétuité.

Juste après la diffusion de la nouvelle de l’assassinat de dirigeants anarchistes de Chicago, en 1888, les habitants de Livourne se retournèrent d’abord contre les navires américains ancrés dans le port, puis contre le siège de la police, où on disait que le consul américain s’était réfugié.

Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés, August Spies :

« Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui »

Importation en France

En 1889, la IIe Internationale socialiste se réunit à Paris, à l’occasion du centenaire de la Révolution française et de l’exposition universelle.

Sous l’impulsion de Jules Guesde et de son PO (Guesde inventera le terme de « fêtes du travail » en 1890) et sur une proposition de Raymond Lavigne, cette Internationale décide le 20 juillet 1889 de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé).

À l’époque, la durée de la journée de travail est de 10 h, voire plus, dans la plupart des pays industrialisés.

Le 1er mai 1890, l’événement est ainsi célébré dans la plupart des pays, avec des participations diverses.

Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, en France, la manifestation tourne au drame : la police tire sur les ouvriers et fait neuf morts. Avec ce nouveau drame, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Les militants épinglent une églantine écarlate, fleur traditionnelle du Nord, en souvenir du sang versé et en référence à Fabre d’Eglantine.

Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l’Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.

Institutionnalisation

Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain instaure officiellement par la loi Belin le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale », appliquant ainsi la devise Travail, Famille, Patrie : par son refus à la fois du capitalisme et du socialisme, le régime pétainiste recherche une troisième voie fondée sur la corporatisme, débaptisant « la fête des travailleurs » qui faisait trop référence à la lutte des classes. À l’initiative de René Belin, ancien dirigeant de l’aile anticommuniste de la CGT devenu secrétaire d’État au travail dans le gouvernement de François Darlan, le jour devient férié, chômé et payé. La radio ne manque pas de souligner que le 1er mai coïncide aussi avec la fête du saint patron du maréchal, saint Philippe. L’églantine rouge, associée à la gauche, est remplacée par le muguet. Cette fête disparaît à la Libération.

En France, en avril 1947 sur proposition du dé­puté socialiste Daniel Mayer et avec le soutien du ministre communiste du Travail Ambroise Croizat, le 1er mai est ré-institué jour chômé et payé dans le code du travail, sans être une fête nationale (mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail). Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

Le muguet

Le 1er mai, avant d’être la journée des travailleurs, était célébré en Europe par les coutumes de l’arbre de mai. Il en subsiste quelque chose dans certains des premiers défilés. Une des jeunes filles victimes de la fusillade de Fourmies, Marie Blondeau, participait à cette manifestation en robe blanche, portant des branches d’églantine.

En 1907, à Paris, le muguet, remplace l’églantine. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge. Au début du XXe siècle, il devient habituel, à l’occasion du 1er mai, d’offrir un brin de muguet, symbole du printemps en Île-de-France. Une tradition parisienne voulait que les forts des Halles portent le muguet au président de la République au Palais de l’Élysée le matin de chaque premier mai. Aujourd’hui, une tolérance de l’administration fiscale dans certaines communes permet aux particuliers et aux organisations de travailleurs de vendre les brins de muguet sans formalités ni taxes sur la voie publiqueen respectant toutefois les autres obligations légales (il s’agit par exemple de muguet du jardin ou des bois et non pas de muguet acheté, sinon ce serait de la revente).