Accueil Tags Thanatopracteur

Tag: thanatopracteur

Thanatopracteurs, coup de mou ou grand ras-le-bol ?

2
le cri munch thanatopracteurs raz-le-bol

Hasard ou coïncidence, alors qu’il y a peu, Funéraire Info publiait le témoignage d’un ancien confrère qui avait renoncé au métier des pompes funèbres, de nombreux témoignages de thanatopracteurs me sont parvenus, partageant le même sentiment de ras-le-bol. Spleen saisonnier ou symptôme d’un malaise plus profond ? Votre avis nous intéresse.

Note : pour diverses raisons, essentiellement professionnelles, les auteurs de ces témoignages ont souhaité garder l’anonymat.

Spleen et idéal

Il y a quelque chose de mystique dans la thanatopraxie, ou, du moins, le sentiment d’accomplir une mission. Mission fatigante, usante, exigeante. « Je suis Thanato, depuis longtemps, très (trop?) longtemps et je traverse une crise de foi. Il fait chaud, très très chaud, je suis épuisé et sur les nerfs, mais pas plus que tout le monde. Non, toute cette colère et ce découragement n’ont aucun rapport avec la canicule. Pour la première fois depuis que je pratique ce beau métier, que j’aime toujours et c’est bien le pire dans tout ça, j’ai vraiment envie de raccrocher les gants. Je comprends ce que ressent un prêtre ou une religieuse qui a perdu la foi. »

Et certaines interrogations se rejoignent, en une sorte de vertige existentialiste « Se dire qu’on a passé toutes ces années à croire en des chimères et voir tout à coup tout ce qui fait notre vie, tout ce qui nous a fait nous, partir en fumée. J’ai l’impression de me réveiller d’un long sommeil et voilà, ma vie est passée. Je n’ai rien vu, rien fait, j’ai tout sacrifié à ce boulot et maintenant… Et maintenant, quoi ? »

Il y a, dans beaucoup de messages, un sentiment commun, celui des illusions perdues « Quand j’ai débuté dans la profession, j’avais la certitude, pas l’espoir, la certitude, de voir la thanatopraxie acquérir ses lettres de noblesse. »

Autre point récurrent, le sentiment de faire un travail mal récompensé. Trop de thanatopracteurs, trop de concurrence ont, en effet, rogné les revenus de beaucoup. C’est, si vous avez de la chance, un métier à peine bien payé… Pour un tout petit nombre. « Je croyais vraiment qu’un jour, la reconnaissance viendrait. J’ai compris, enfin… Comme un déclic, une illumination, ou plutôt une extinction. Celle de cette petite flamme qui m’animait. J’essayais de faire abstraction de toutes ces choses révoltantes, comme le fait de ne pas percevoir le fruit de mon travail, mais seulement les miettes qu’on accepte de me jeter. Des miettes de plus en plus petites, qu’on me jette de plus en plus loin… »

Tempus Fugit

Autres chose, la répétitivité, qui impose, au fur et à mesure des années, sa présence envahissante « Les soins s’enchaînent, je porte, défais, range et porte encore mes valises, je répète toujours les mêmes gestes, machinalement, ce sont ces corps qui sont morts, mais c’est bien moi qui suis un fantôme. Je ne ressens plus rien j’ai oublié ce que je faisais là. Et puis au milieu du vide, le passé resurgit. On m’envoie travailler là où tout a commencé. J’étais jeune, c’est étrange de me dire que j’ai été jeune. Ce chariot rafistolé, je l’ai connu neuf. Mon Dieu, je suis encore bien plus vieille que lui… »

Même la reconnaissance des familles n’y suffit plus « Je m’arrête au bureau pour mendier un café avant de repartir sur le soin suivant et j’y croise le père d’un accidenté à qui j’ai peiné des heures à rendre un visage humain. J’échange quelques mots avec lui, je lui donne les recommandations d’usage et aussi mon numéro de téléphone. Ce sera plus simple. Je lui dis que je vais repasser voir son fils, je sais qu’il y aura nécessairement des retouches. On me remercie, c’est bien, j’ai fait du beau, du bon travail… Et toujours rien, toujours cette envie de pleurer. C’est trop tard, à force de tirer sur la fameuse corde… Et bien voilà, elle a fini par casser. »

Ce dernier constat, fataliste : ce ne sont pas les désillusions d’un petit nombre de thanatopracteurs, mais un spleen qui devient majoritaire dans le métier. Pourtant, de nombreux jeunes continuent de s’y jeter à corps perdu, persuadés que ce thanatopracteur dégoûté de son métier, ce ne sera pas eux. « Peu importe qui je suis, je suis vous et vous êtes moi, un jour j’ai été vous, un jour vous serez moi et vous aussi vous tiendrez votre tête entre vos mains et vous sangloterez, assis tout seul sur les marche de votre escalier et vous demanderez : et maintenant ?. »

Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir

0
Benjamin Bonnaud thanatopracteur
Benjamin Bonnaud, thanatopracteur

Lorsque j’ai demandé à Benjamin quelques notes pour me rédiger son profil, j’ai eu le droit à quelques lignes modestes. Pourtant son parcours, et lui-même sont aussi complexes et riches que les œuvres d’Ernest Hemingway. Le résumer à « thanatopracteur » serait une hérésie et pourtant c’est ce qui le définit le mieux.

Diplômé en 2007. Évaluateur à l’examen pratique, en dix ans il a mis le temps à profit pour parfaire sa formation :  Formation cosmétiques et restauration make up forever niveaux 1 et 2 , Formation à l’Air Brush Théorie du Moulage mortuaire. D’un BTS en gestion, Benjamin est devenu un thanatopracteur émérite.

pacemaker Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
pacemaker

Pourquoi je l’ai choisi pour cet article ? Il y a moins de 1 000 thanatopracteurs en exercice en France. Des centaines de personnes chaques années tentent leur chance sur les bancs de l’école sachant qu’entre le numerus clausus, la concurrence, et les reins solides, non seulement peu décrocheront le fameux sésame, et encore moins seront capables d’en faire quelque chose. Forcément plus les places sont chères plus le métier fait rêver, c’est le fantasme de la contradiction humaine. Certains thanatopracteurs peuvent donc tomber dans l’illusion de passer plus de temps à s’épancher sur internet qu’à être sur le terrain, car c’est la pratique qui fait des thanatopracteurs de meilleurs thanatos. Benjamin fait partie des discrets, de ceux qui sont sur le terrain, de ceux qui conseillent judicieusement et modestement. C’est de ceux là que je veux tout savoir, c’est ceux là que je veux mettre en exergue, parce que c’est de ceux là que vous apprendrez le plus.

Comme tous les thanatopracteurs, Benjamin a acquis en même temps que sa technique, le sens de la mobilité :

« Première affectation dans le nord où je suis resté quelques années où j’ai acquis une grande partie de mon savoir faire et ou j’ai reçu de solides bases notamment en restauration faciale », puis l’ « envie de découvrir d’autres choses, je suis parti un an faire un remplacement en Midi-Pyrénées. Ensuite « prise de poste en Finistère où j’étais thanato/assistant funéraire/Maitre de Cérémonie et où je m’occupais de toute la partie gestion, et du recouvrement des vieux impayés »

Mobile sur le terrain, il est aussi polyvalent : « Le poste de thanato pompe m’a en outre permis de parfaire mes techniques de restauration, puisqu’il est plus aisé de prendre du temps- et de développer des méthodes qui me sont propres. »

Benjamin, s’est fixé en Mayenne il y a 5 ans maintenant.

Mais avant ça …

On le connaît le refrain doux et mélodieux du secteur funéraire « je suis arrivé ici par hasard et je n’en suis plus jamais parti » et il est vrai qu’il y a quelque chose dans le secteur du funéraire de tellement attachement, que l’on est si humainement impliqué qu’il est difficile d’en sortir – même si, évidemment tout n’est pas rose aux pays des carnets noirs. Benjamin lui est tombé dans la marmite de la pompe funèbre tout de suite, « j’ai toujours eu un vif intérêt pour le secteur de la pompe funèbre. Ce qui, au départ tenait plus d’une curiosité de connaitre les coulisses d’un milieu méconnu, est devenu un réel centre d’intérêt. J’ai étudié toutes les possibilités de métiers que pouvaient m’offrir le secteur et celui qui retint mon attention au départ était celui de thanatopracteur. » Sage et discipliné, il a d’abord passé un BTS en gestion afin d’avoir un bagage solide. Pour pour Benjamin il y a quelque chose d’ « assez magique » dans le métier de thanatopracteur, bien qu’il n’ « imaginai(t)  pas à l’époque à quoi pouvait ressembler une personne décédée sans traitement. ». Le chemin est long pour en arriver au thanatopracteur qu’il est aujourd’hui, valises à la main, mais c’est grâce au concours à la fois de sa détermination mais aussi de son entourage qu’il a réussit : « J’ai eu la chance de pouvoir me faire payer la formation par ma mère, son coût étant, déjà à l’époque, assez élevé. J’ai eu aussi la chance d’avoir plusieurs maîtres de stage, qui m’ont ouvert à beaucoup de techniques différentes. »

Apprendre est définitivement le maître mot de Benjamin, absorber tout ce qu’il pouvait sur le métier, puis la formation, puis la technique en elle-même, et maintenant il transmet son savoir faire, tant dans des articles qu’en école, mais également en gérant le Forum de thanatopracteurs où il conseille invariablement les futurs aspirants thanatopracteurs qui souhaitent se lancer dans le métier.

La thanatopraxie, la vis de serrage du milieu funéraire

Il faut voir ça d’un point de vue macro social. Benjamin est thanatopracteur depuis une dizaine d’années maintenant : « j’adore mon métier.  J’ai aussi fait de la pompe funèbre, à ce jour, je maîtrise l’ensemble des métiers de la pompe, à l’exception de la marbrerie que je ne connais qu’en théorie.  C’est un milieu que j’aime sincèrement, et j’envisage d’y travailler à long terme, avec, pourquoi pas plus tard d’autres responsabilités. J’envisage aussi de compléter mes études avec, pourquoi pas, une maîtrise en économie ou en droit ».  

canules Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
canules

Si l’urgence est le maître mot de la thanatopraxie, Benjamin est le maître du temps, la thanatopraxie stoppe pour un temps les stigmates de la mort, et lui stoppe pour un temps les aiguilles du cadran afin de faire un travail de qualité qu’il juge comme étant primordial : « Je mets toujours le meilleur de moi-même dans chaque soin, et je prends le temps qu’il faut. Il m’est déjà arrivé de passer plus de 5 heures sur un travail restauratif. A côté de ça, j’ai déjà croisé des thanatos qui, à peine arrivés sur place, recevaient déjà un appel pour aller en faire un autre. Comment voulez vous faire du travail de qualité avec une pression comme ça ? »

L’homme derrière le trocart

Dandy propulsé au XXI ème s, Benjamin est un idéaliste triste, une sorte de Baudelaire moderne où parfois il se désole de voir le monde du funéraire, son monde, celui où il a grandi, vieilli, mûri, devenir un lieu où l’argent prend parfois le pas sur la question éthique. Empathique il explique que « c’est un métier qu’on ne peut faire que si l’on aime les gens. La qualité devrait être le maître mot, déjà en pompes funèbres, mais particulièrement plus encore en thanatopraxie. Le corps, c’est ce qui se voit. La plupart des familles ne pardonneront pas que le corps de leur être cher ne soit pas présenté au mieux de ce qui se fait. »

trocart Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
Trocart

Thanato, oui, mais pas que, Benjamin insiste sur le fait, qu’il y a une vie une fois les valises posées. « Quand je rentre chez moi, je pose mon costume de thanato pour reprendre celui d’homme. Avant d’être thanato, je suis homme, amant, conjoint. Ça marche aussi au féminin d’ailleurs.  Ceux qui ont des enfants ne doivent pas oublier aussi d’être père, cela doit être même leur premier rôle. »

La vie et la mort ne doivent pas s’opposer

Mais comme à beaucoup, ça lui a pris du temps pour le comprendre, « les premières années de ma carrière, j’ai eu tendance à me consacrer trop au travail et pas assez au reste. C’est une erreur. Il faut savoir aussi donner du temps pour les autres. Pour ceux qui sont autour, vivants eux. » « Il ne faut jamais oublier qui nous sommes avant d’être thanato ». Vivre pour et par la thanatopraxie en permanence est une erreur. « Notre métier est tellement passionnant qu’on peut avoir tendance à faire passer les morts avant les vivants. Je crois qu’il faut un juste milieu à tout. Un temps pour le travail, et un temps pour les proches. » C’est là que j’ai envie de vous dire « un peu comme dans les autres métiers », certes, mais Benjamin l’explique très bien

« Si la mort est notre quotidien, elle est exceptionnelle pour la plupart des gens »

Le corps au cœur du soin

crochet Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
crochet

C’est ce que je suis déjà venue vous expliquer à de nombreuses reprises, le corps est l’objet maître de la thanatopraxie. Conservé, présenté, il n’est plus tout à fait lui-même, mais il n’appartient pas à la famille non plus, il est là, en tant qu’objet à part entière, sublimé au cœur d’un véritable théâtre où dans les coulisses les thanatopracteurs représentent le trait d’union. Benjamin à la conscience tranquille, il fait toujours pour le mieux « Il est toujours frustrant de voir que certains corps ne réagissent pas comme on le voudrait. Par contre, je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’on a une obligation de moyens. On a une obligation de résultat. Le corps traité doit être visible ».

La famille en ligne de mire

Même si la famille n’est pas le client des thanatopracteurs – il s’agit des pompes funèbres- le thanatopracteur est prestataire de service, dans le but de satisfaire la famille et de participer avec la cérémonie et les autres moments forts des obsèques à aider à ouvrir la porte du deuil. « On peut se permettre d’émettre des réserves, mais si on a accepté de prendre le corps en charge, la famille doit pouvoir se recueillir paisiblement dessus. Tous les corps ne sont pas traitables. C’est une hérésie d’affirmer le contraire. Bien sûr, on peut faire un soin « d’hygiène » sur un corps dans un état de putréfaction très avancé, mais est-ce honnête vis à vis de la famille que de facturer un acte non visible et substituable ? Je pars du principe que soin = corps visible et présenté. Mieux vaut se recueillir sur un cercueil fermé que de garder de mauvais souvenirs d’un être cher dont les transformations étaient très avancées. »

Élève et maître à la fois, c’est le mélange savant des deux états qui fait de Benjamin un bon thanatopracteur, mais aussi une bonne personne. Altruiste, il offre un accompagnement aux élèves volontaires et désireux d’apprendre. Il voit ainsi la thanatopraxie non seulement comme un art à part entière mais aussi comme faisant partie d’un tout, un marché, un secteur, une culture.

 

Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiables

2
Peugeot 308 voitures thanatos

D’ordinaire lorsque je viens vous parler de thanatopraxie, vous pouvez toujours être certains que la polémique n’est pas loin. Que nenni ici. Sujet plus léger aujourd’hui mais au combien essentiel. S’il y a bien une particularité de votre travail c’est… la route. Les kilomètres défilent sur le tableau de bord aussi vite que les secondes sur une horloge. Et pour cause, les thanatos font –en moyenne– 50 000 km par an. Il vous faut donc une voiture qui tienne la route, une confortable et une pratique. Zoom sur les voitures des thanatos.

  • Voitures des thanatos : La 308, la petite préférée ?

La 308, moderne, récente, confortable, elle est aussi économique. Élue quatre années consécutives pour son titre de la meilleure compacte elle s’est écoulée à plus de 600 000 Peugeot-308-SW Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiablesexemplaires. Plus de 1100 km de parcouru avec un plein de 60 litres, ça vous promet des soins sans passer à la pompe à essence. Que vous la choisissiez SW ou non, la commerciale est parfaite pour y insérer vos valises. Prévoyez une surface lavable, style lino à poser au fond du coffre pour un meilleur lessivage, au cas où.

  • Le haut de gamme comme voitures des thanatos

Ceux qui préfèrent le haut de gamme, Audi, Volvo ou Mercedes. Les indépendants sont parfois enclins à préférer ce type de modèle et c’est normal car il s’agit surtout de confort pour ces thanatos longue distance. Le risque ? Les pompes funèbres qui parfois voient d’un mauvais œil leur thanato arriver dans une voiture haut de gamme, mais les thanatopracteurs s’en défendent, en précisant qu’aucune famille n’a jamais rien dit à ce propos, et qu’ils ont bien d’autres choses à penser que la voiture du thanato. Plus de confort, c’est aussi plus de sécurité et quand on fait de la route, c’est essentiel.

audi Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiables

  • L’utilitaire

L’utilitaire, moi qui adore mon partner, je ne peux que plébisciter ce type de véhicule. Pratique à la conduite, stable et agréable pour les longues routes, le plus de ce type de véhicule c’est la place, vous pouvez charger comme vous voulez ( pas en déchets hein, mais on y reviendra ). fiat-doblo- Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiablesFacile à ranger, c’est aussi pratique dans la mesure où vous n’avez pas besoin de monter très haut vos valises et donc d’abîmer votre voiture avec le frottement de celles-ci et de vous casser le dos un peu plus.

  • La toyota Yaris

La toyota yaris, dans la même veine que la 308, cette citadine sexy, fabriquée à Valenciennes, elle est la première petite étrangère à recevoir le label France. C’est la voiture la plus produite en France et le modèle le plus vendu de Toyota et ça n’est pas pour rien. Comme la 308, son volant est pratique et stylé.

toyota-yaris- Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiablesBreak ou pas break ?

Ça dépend du matériel que vous utilisez et si vous partez pour la journée. Aucun intérêt si votre cercle de travail est dans une circonférence rapprochée et que vous pouvez vous rendre à votre matériel régulièrement. Le SW c’est aussi une alternative à l’utilitaire. Agréable vous avez la même voiture en plus long, pratique donc même si le coût est plus élevé.

Équipements

Dans tous les cas deux choses essentielles : la climatisation et le GPS pour vos domiciles. Bien sur à cela ajoutez une pincée de réglementation que je vous invite à relire attentivement ici. Je rappelle que le poids des DASRI est réglementé sur vos transports et qu’en cas d’accident, tout cela n’est pas vraiment terrible. Aérateur, ptit champignon sur le dessus de votre véhicule, et à défaut, au moins une grille de séparation entre le coffre et l’habitacle. Les vitres teintées à l’arrière et une grande plage arrière ou une couverture c’est un conseil de thanato bien avisé qui souhaite « ne pas éveiller la curiosité ».

Commerciale ?

C’est un peu comme le leasing, à vous de voir avec votre budget, n’oubliez pas que ceux qui utilisent leur véhicule à des fins personnelles doivent s’acquitter de la TVS – taxe sur les véhicules de société-, coût non négligeable. Il est parfois conseillé d’avoir deux véhicules, un pour le travail et l’autre pour le privé, d’autant que niveau hygiène, et même si vous êtes irréprochables dans l’entretien intérieur de votre véhicule, vous transportez du formol et du sang, transportez les enfants à l’école et les copains aux activités extra scolaires, n’est pas toujours la meilleure solution, même si je sais, qu’il n’est pas toujours possible de faire autrement.

Entretien

Que vous choisissiez une voiture d’occasion, une de leasing avec option achat ou une neuve, faites l’effort de la laver régulièrement. Oui vous faites de la route, oui vous n’avez pas toujours le temps, mais il n’y a rien de pire que d’arriver chez un client ou chez une famille avec une voiture sale, ça n’est pas absolument pas professionnel. Préférez donc un coloris satiné sur lequel on voit moins la poussière, d’après des études australiennes, la couleur noire verrait quelques degrés de plus en pleine chaleur, à penser donc, lorsque vous choisirez la couleur.

Et vous, avec quoi roulez-vous ?

Thanatopraxie : la vidéo du scandale

0
video thanatopraxie

Une vidéo sur You Tube a causé l’émoi en thanatopraxie en toute fin de semaine dernière. Un jeune homme prétendait y expliquer sa profession de thanatopracteur. Deux problèmes : il n’était pas thanatopracteur et il racontait, globalement, n’importe quoi. S’il n’a pas semblé voir le problème, la profession, si. Attention à ce qu’on raconte sur Internet…

La vidéo du scandale

C’est une pastille vidéo comme il en existe tant sur Youtube. Un jeune homme explique, en cinq minutes et quelques, en quoi consiste son métier de thanatopracteur. Sauf que… Il apparaît assez rapidement, au vu de ses nombreuses approximations, que, non seulement il n’est pas thanato, mais que, de surcroît, il ne s’est manifestement pas donné la peine de se renseigner auprès des personnes compétentes.

Jusqu’ici, rien que de très classique : des bêtises, on en trouve à la pelle sur le web, Youtube ou ailleurs. Le problème particulier, dans le cas qui nous (pré)occupe, c’est que, dans le titre et la vidéo, son auteur se présente lui-même comme étant thanatopracteur.

Thanatofantaisie

Un thanatopracteur, en France, est une personne correspondant aux critères régis par une partie législative définie par l’article L 2223-45 du CGCT et par une partie réglementaire définie par le Décret D 2223-122 modifié par le Décret n° 2010-516 du 18/05/10-article 1 et définis par les articles D2223-122 à D2223-131. (Nous ne détaillons pas les dispositions antérieures, l’auteur de la vidéo étant manifestement très jeune, il n’est très probablement pas concerné).

En un mot : c’est un métier réglementé. Ce qui veut dire que l’exercer sans disposer de la qualification adéquate revient à s’exposer à des sanctions très lourdes.

Dans ce cas précis, l’auteur de la vidéo n’exerce pas à proprement dit la thanatopraxie. Mais il se prétend thanatopracteur, et peut donc être attaqué par les syndicats et associations professionnelles pour diffusion de fausses informations, voire diffamation. Il suffit d’un bon avocat.

La défense de l’interessé

Interpellé, souvent vivement, le jeune homme s’est rapidement mis sur la défensive. On passera sur sa défense, les critiques à son endroit étant considérées comme du racisme, puisqu’il est noir. Nous lui ferons remarquer que, que l’on soit blanc, noir, asiatique, amérindien, quel que soit son sexe, son origine, sa religion, quand on dit une bêtise, ça reste une bêtise. Argument infondé et irrecevable, donc.

Deuxième axe de défense : « Houla, mais c’est une parodie » Oui, mais ce n’est mentionné nulle part. Dans ce cas, une incrustation dans la vidéo précisant que « ceci est une parodie » serait nécessaire. Si il ne sait pas faire, il y a des tutos, sur Youtube, justement.

Anecdotes du funéraire : ces témoignages de votre terrain professionnel

0
anecdotes du funéraire

Ça fait longtemps que je ne vous ai pas écrit un petit article témoignage. Voilà qui est chose faite, d’autant que ces derniers mois il vous est arrivé plein de choses.

C’est sûr à vous, elles ne vous ont pas fait beaucoup rire sur le moment, mais vous verrez les lire trois mois après… ça fait du bien, enfin j’espère. Allez en scène, vos meilleures anecdotes du funéraire, merci à tous les professionnels de les avoir partagées.

« Je bosse dans le funéraire depuis 10 ans comme conseillère, la plupart du temps, je suis au bureau ou en démarches, ce qui reste un petit job tranquille pour moi, sauf que là, plein de décès sont tombés en même temps, mon collègue me demande un coup de main pour préparer un cercueil avant la mise en bière. Il sait pourtant que ça me fait peur d’aller au hangar avec tous les cercueils debout, mais bon, je l’aide c’est mon collègue. J’arrive à l’heure prévu, hangar vide, noir, cercueils debout sauf celui qui était en place pour la préparation qu’il avait placé au sol en faisant attention de mettre un truc en dessous pour pas l’abîmer. L’horreur absolue. Je lance un « ouh ouh » comme dans un film d’horreur, personne… je commence à trembler un peu, et bien sûr mon téléphone est au bureau…J’attends encore quelques minutes et lorsque je commence à tourner les talons, je vois mes collègues crier « SURPRISE ! » en arrivant avec un énorme gâteau. Moi je cris, je hurle, je pars en arrière et je tombe en plein… dans le cercueil! Je m’en rappellerai de mes 35 ans.

Cendrine, assistante funéraire.

« Je suis thanato depuis 3 ans, je commence à devenir routinier dans mes procédures et ça me va très bien. À l’hôpital ou ailleurs je passe pour le chieur de service parce que je vérifie toujours tout trois fois. Une fois n’est pas coutume, j’arrive à la morgue, je vérifie le nom sur la porte, sur le bracelet, je demande à l’agent d’amphi, je vérifie sur mes fiches. Et je m’aperçois que le nom que j’ai est « D….t » alors que là devant moi j’ai « D….d ». « T’inquiète pas c’est qu’une erreur de frappe. » J’appelle mon patron, je revérifie encore, ce qui fait doucement fumer la tête de l’agent d’amphi et j’attaque mon soin. En fait oui… j’avais raison. Deux dames, même âge même prénom, même nom de famille à… une lettre près, sauf que la dame en question n’était pas encore descendue, le médecin n’avait pas signé le certificat. Heureusement l’autre dame devait aussi avoir un soin, de quoi ne pas améliorer les rapports avec mon concurrent, et de repasser mes procédures au peigne fin. « 

Alexis, thanatopracteur.

« Les obsèques à l’américaine, ça n’est pas trop mon genre, je suis plutôt discret, sobre comme maître de cérémonie. J’écoute ce que les familles veulent et j’essaie de m’adapter au mieux à leur demande. Là j’ai eu une cérémonie avec une grande famille, de celles qui pleurent à chaudes larmes très fort et très bruyamment pour les obsèques de papi. Après tout, chacun sa manière de réagir. Dans l’assemblée beaucoup de dames, dont une jeune femme apprêtée et maquillée pour aller en soirée visiblement. Je voyais qu’elle me regardait étrangement mais bon, je restais concentré. Juste avant la fin de mon laïus, elle se lève en trombe, court dans mes bras en me disant merci et m’embrasse sur la bouche ! J’avais du rouge à lèvre rouge partout et j’étais tellement gêné que mon collègue qui retenait son rire à du reprendre la suite. »

Javier, maître de cérémonie.

« Qui dit période de grosse chaleur, dit période d’affluence au niveau des décès, en tout cas c’était le cas à ce moment là. On réserve tout, le convoi est prêt, on arrive à l’Église avec toute la famille qui nous suit depuis le départ de la morgue et on tombe sur… un autre convoi, pour d’autres obsèques, au même moment, dans le même lieu. Le culte nous avait « oublié ». Sympa pour expliquer à la famille qu’il va falloir attendre pour la cérémonie mais que si elle veut il y a un bar en face. »

Gustin, directeur d’agence de pompes funèbres

« Premier jour, première boulette, j’arrive pour aller chercher un corps dans un domicile. Pas à l’aise du tout car le défunt était un jeune père de famille, j’essaie d’être le plus discret possible, surtout que le bébé de 15 mois dort à poing fermé pour la sieste. Manque de bol, je suis tellement stressé, qu’à peine arrivé je marche sur un jouet du petit, bruyant bien sûr, qui réveille le bébé, et je me casse la figure. Dans mon élan je me rattrape à la première chose qui me passe par la main… la mère… qui tombe sur le défunt. La fin de ma vie. »

Frédéric, porteur, maître de cérémonie.

Ah comme je vous adore, même lorsqu’ils vous arrivent pleins d’aventures comme ça, surtout d’ailleurs !

D’autres anecdotes du funéraire ? Faîtes un tour sur les tranches de vie ou plongez-vous dans la lectures de quelques ouvrages.

Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

1
valise thanatopracteurs

L’arrêté du 10 mai fixait les conditions dans lesquelles les thanatopracteurs pourront effectuer les soins à domicile. Ces derniers devaient à l’origine être interdits, mais le projet de loi a été retoqué à l’assemblée nationale, et des petits alinéas sont apparus. Dans la famille thanato, il y a des divisions et ça n’est pas nouveau. Ceux qui sont outrés par le décret, ceux qui considèrent que ça ne changera rien, et ceux qui trouvent que c’est une avancée.

Le décret précise en autre :

Les soins de conservation ne peuvent être réalisés à domicile que dans une pièce répondant aux exigences suivantes :

1° La surface au sol utilisable de la pièce est d’au moins dix mètres carrés ;
2° La pièce est isolée du reste du logement par une porte. Cette pièce n’est pas accessible pendant la durée du soin ;
3° La pièce comporte au moins une ouverture donnant à l’air libre permettant d’assurer une ventilation naturelle suffisante durant toute la durée du soin. Cette ventilation est prolongée après la réalisation du soin. Le thanatopracteur informe la famille de cette obligation de ventilation de la pièce où le soin a été réalisé ;
4° Le revêtement du sol et des murs de la pièce doit pouvoir être lavé et désinfecté en totalité après la réalisation du soin de conservation ou être protégé par tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs. Le moyen imperméable utilisé est à usage unique et est éliminé comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
5° Un éclairage adapté à la réalisation des soins de conservation par le thanatopracteur.

 Et encore :

Les éléments suivants sont nécessaires à la réalisation des soins de conservation :
1° Un support pour la réalisation du soin de conservation, lit médicalisé ou table de soin. Ce support est installé dans la pièce où le soin de conservation est réalisé pour permettre la libre circulation du thanatopracteur sur tous les côtés du support. Il est réglable en hauteur ;
2° Une housse imperméable, telle que prévue à l’article R.2213-15 du code général des collectivités territoriales, disposée entre le support prévu au 1° et le corps du défunt et éliminée comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
3° Un ou des dispositifs d’occultation visuelle de nature à garantir la réalisation du soin de conservation hors de la vue des personnes présentes à domicile, du voisinage et des personnes extérieures, sans faire obstacle à l’aération de la pièce prévue au 3° de l’article 5 du présent arrêté ;
4° Des emballages à usage unique destinés à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés mentionnés à l’article R.1335-6 du code de la santé publique ;
5° Le cas échéant, un ou plusieurs dispositifs d’éclairage d’appoint ;
6° Tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs ;
7° Le matériel nécessaire au nettoyage et à la désinfection du support mentionné au 1° du présent article, des revêtements des sols et des murs de la pièce dans laquelle le soin de conservation est réalisé.
18697463_10211809318180952_489765671_o Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables
Cédric Ivanès, thanatopracteur et président du Syndicat Professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés

L’hygiène et la santé en ligne de mire pour les thanatopracteurs

Pour Cédric Ivanès, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés –SPTIS ce décret va dans le bon sens « c’est une très bonne chose, ce texte va permettre de réduire les interventions à domicile dans des conditions qui au XXIème siècle, sont inacceptables. » D’ailleurs on est « un des derniers européens à pratiquer les soins au domicile ». En tant que président, Cédric le constate tous les jours avec les retours que lui font les autres thanatopracteurs. Ces derniers souffrent de plus en plus de problèmes de dos.

Donc même si ce décret n’interdit pas les soins à domicile, il va conduire à en limiter la réalisation.

Car en réalité ce décret ne sort pas de nulle part, il s’inscrit dans la levée des soins sur les personnes porteurs du VIH dont le prochain arrêté devrait paraître cet été. Un sujet lourd de responsabilité qui divise la planète thanatopraxie.

Thanatopracteurs indépendants et salariés logés à la même enseigne ?

Un des reproches que j’ai pu lire sur ce décret c’est que les indépendants ne pourront pas refuser ces soins à domicile, car la concurrence fait rage, et qu’il sera toujours autant aisé pour une pompe funèbre d’appeler un autre thanato. « Pas nécessairement » me répond Cédric qui juge que les salariés eux devront respecter ces règles puisque les entreprises qui les embauchent ne se mettront pas hors la loi. Quant aux thanatopracteurs indépendants, le milieu est très petit et si un thanatopracteur commence à se mettre hors la loi, c’est sa réputation qui va vite être entachée. Il demande donc à « tous les thanatopracteurs, de respecter scrupuleusement ce décret, c’est dans leur intérêt ». Et ça n’est pas qu’une question de travail mais aussi de santé et d’hygiène : « si le thanatopracteur ne respecte pas ces directives, en cas de coupure, il ne sera pas couvert ».

« Le SPTIS ne dénoncera personne bien sûr, en revanche, si un de ses adhérents ne respecte pas la loi, il sera radié ».  Pour Cédric « impossible de défendre quelqu’un qui ne va pas respecter ces conditions ».

« Un thanatopracteur qui ne va pas respecter la loi, portera une atteinte à sa propre profession ».

Quid de la responsabilité des pompes funèbres par rapport aux thanatopracteurs ?

Néanmoins cela fait beaucoup de matériel, beaucoup de conditions. Cédric me l’explique lui-même : « un soin à domicile, c’est deux soins en funé, niveau force ». Il a lu beaucoup d’avis suite à la publication de ce décret et déplore que certains thanatopracteurs déclarent « que si un thanato n’est pas capable de faire un soin à domicile c’est qu’il n’est pas fait pour ce travail ». « Certes », confirme Cédric « mais ceux qui disent cela sont en fonction depuis moins de 3 ans, lorsqu’ils auront 10 ans derrière eux et des dizaines, des centaines de soins à domicile derrière eux qui auront mis leur santé et leur physique à mal, on en reparlera ».

Comment faire alors pour ne pas surcharger davantage le thanatopracteur ?

« En responsabilisant les pompes funèbres ». Pour Cédric, il y a encore du travail à faire «  Les pompes funèbres se dégagent souvent, en envoyant d’abord le thanatopracteur sur place, prendre les mesures, sans se soucier des conditions d’hygiènes ni de la faisabilité du soin dudit domicile ». « Pour une mise en bière, les pompes funèbres sont aidées, en revanche nous, on est tous seul ».

En somme « ces installations énoncées dans ce décret sont du ressort de la pompe funèbre ». Si l’on prend le cas de la table sur laquelle le défunt devra être en cas d’absence de lit médicalisé, aucun thanatopracteur ne peut transporter ça dans sa voiture, sans compter le coût et le poids d’un tel support.

Pour Alexandre, thanatopracteur du Poitou-Charentes, même s’il compte en parler autour de lui jusqu’au premier janvier il reste sceptique en se demandant « ce que ça va vraiment donner ».

LA phrase qui change tout

C’était dans la partie du premier décret. La phrase la voici :

décret-thanatopraxie-soins-à-domicile Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

Donc voilà, il n’y aura plus de rapatriement de l’hôpital par exemple vers un domicile. Seuls les personnes décédées au domicile pourront bénéficier d’un soin de conservation à domicile. Ce qui met, mes thanatopracteurs d’accord. Pour Cédric, c’était une condition sine qua non. Pour Benjamin : « Le fait qu’il soit prévu d’interdire les soins à domicile d’une personne qui n’est pas décédée à domicile est dans une bonne logique. Cela dit, beaucoup de pompes funèbres sont déjà très arrangeant à ce sujet là, et il n’est pas rare qu’ils fassent transiter le corps par leur funérarium pour nous permettre de travailler dans de meilleures conditions. » Quant à Alexandre il va même plus loin, il pense que les soins à domicile devraient être interdits si une chambre funéraire est à moins de 15 km du domicile du défunt.

Et si on arrêtait les soins à domicile, tout simplement ?

Si la loi a été retoquée, en revanche les conditions plus dures, vont peut-être permettre d’arrêter cela. « La solution la plus simple c’est de transférer le corps au funérarium ». Un coût supplémentaire pour les familles clame le peuple. Pourtant, pour Cédric, la solution est évidente, « les pompes funèbres n’auront qu’à, dans ces cas, précis baisser leur marge sur les soins ».

Certains thanatopracteurs s’offusquent « on a toujours fait comme ça », « et dans les campagnes alors ? ». Pourtant aujourd’hui il y a « beaucoup plus de chambres funéraires qu’auparavant » constate Cédric. Ce sont les mêmes « thanatopracteurs qui ont râlé pour le liquide agréé, pourtant aujourd’hui tout le monde respecte cela, pourquoi ne pas respecter ça aussi ? ».

déclaration-préalable-de-soins Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsablesPour une meilleure traçabilité

Si Alexandre et Benjamin sont plus septiques en se demandant « qui va vraiment vérifier cela », Cédric s’appuie sur la loi, « le maire de la commune à un pouvoir de vérification, notamment avec la déclaration préalable au soin ». Si un thanatopracteur est mis en doute « son habilitation risque de sauter ».

Les thanatopracteurs inquiets : l’ombre du VIH derrière le décret

Comme je vous le précisais, ce décret vise plus particulièrement à se décharger sur les questions d’hygiène pour ensuite permettre les soins sur personnes décédées porteuses du VIH. S’il y a des thanatopracteurs avec lesquels je m’entends peu, en revanche leur position sur le sujet nous rassemble. Il est fort possible que cet article finisse encore sur un site au nom virulent et que je finisse définitivement cataloguée comme une « horrible personne discrimante » comme j’ai déjà pu le lire. Qu’à cela ne tienne. Pour Cédric aussi le combat est long « Encore aujourd’hui, aucune donnée scientifique ne permet de déterminer avec certitude si le risque est réel ou non ».

Le dialogue reste rompu entre les associations de défense de personnes atteintes du VIH et les thanatopracteurs qui ne parlent définitivement pas de la même chose. Pour les thanatopracteurs il n’y a pas de discrimination, il faut absolument que les « pompes funèbres expliquent correctement et qu’une toilette parfaitement réalisée permet aux familles de voir le défunt dans des conditions tout à fait décentes ». De l’autre côté on s’insurge « et les infirmières par exemple ? » Les infirmières ont un matériel à usage unique, impossible pour un thanatopracteur, qui, même s’il prend soin de son trocart, ne peut pas en changer à chaque soin. C’est également l’avis de Benjamin « les conditions exigées dans l’agencement de la pièce, les critères d’hygiène excessifs et inapplicables dans les faits, ne me semblent être qu’un moyen de nous imposer de faire des soins sur les corps contagieux. Sauf que ce texte montre la méconnaissance totale de notre métier, car ce n’est pas une pièce entièrement lessivable qui va nous protéger d’une piqûre d’aiguille ou d’un risque de projection de sang. » Pour les thanatopracteurs il est hors de question « de risquer sa vie pour une personne qui est décédée ».

Responsabiliser le gouvernement et les médecins

Pour Benjamin, « Les médecins arrivent déjà bien souvent à oublier de faire figurer un pacemaker extrêmement visible sur le certificat de décès, je pense qu’ils « oublieront » de faire figurer la mention de la contagion. Ce n’est pas ce genre de textes de loi qu’il faut. Il en faut un qui responsabilise le médecin dans sa rédaction du certificat de décès. Combien de fois ai-je vu un médecin signer un décès sans même aller voir le corps ? Combien de fois ai-je vu les cases mal cochées voire même pas cochées ? »

De plus, Cédric le rappelle, contrairement à un salarié, « un indépendant n’est pas suivi par la médecine du travail ».

Pour ce faire, le SPTIS entreprend de grands chantiers, le premier est « d’interroger le nouveau gouvernement sur la manière dont pourra s’effectuer le droit de retrait », car si un salarié pourra légalement le faire dans le cadre de son travail, rien ne précise pour l’instant ce droit de retrait pour un indépendant.

De même, le syndicat compte bien demander une étude sur les risques réels de contamination.

Alors finalement ça va changer quoi tout ça ?

Benjamin s’interroge : « A quand un ministre qui s’intéressera réellement à nous, en consultant tout le monde ? »

 

Présidentielle : cinq ans à l’Elysée, trois millions de morts

0
Macron Le Pen second tour élection présidentielle

Ca y est (enfin) : on connaît les deux finalistes de l’élection présidentielle 2017, ce seront Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Quel que soit l’heureux (-se) élu(e), ce sera, pour trois millons de français qui décéderont durant le mandat, le ou la dernier ou dernière présidente. Qu’est-ce que les candidats ont prévu pour eux ?

Note : même, sans considération politique d’aucune sorte, s’il est toujours bien d’avoir une femme au second tour, il est extrêmement pénible pour le journaliste qui écrit (et le lecteur qui lit), de décliner chaque proposition au masculin et au féminin par souci de neutralité. Aussi, nous avons pris un juge de paix, à savoir la Constitution de la Cinquième République, qui parle du président, et avons décidé de conserver uniquement le masculin, sans signification politique d’aucune sorte, simplement que, sans ça, ce serait barbant.

Emmanuel Macron

Le candidat le mieux placé dans les sondages pour la course à l’Elysée reste fidèle jusqu’au bout à l’idée de son mouvement : les morts ne marchant pas, il n’y a rien pour eux.

Emmanuel Macron fait beaucoup de propositions pour les personnes âgées et dépendantes. Faciliter le maintien à domicile, aider les aidants, c’est à dire les membres de famille qui s’occupent de personnes âgées dépendantes, soutenir la télémédecine dans les EHPAD, soutenir les personnels qui œuvrent dans le champ du vieillissement.

Puis, après, plus rien. Une fois le certificat de décès signé, le Président Macron considère que le défunt a avalé, non seulement son certificat de baptême, mais aussi sa carte d’électeur.

Le programme santé de Emmanuel Macron réserve, par contre, une part non négligeable pour les décès anticipés. L’idée de En Marche est de prévenir plutôt que guérir, en axant sa politique de santé sur la prévention, pour empêcher les accidents et maladies professionnelles, plutôt que les guérir une fois qu’elles sont survenues. Un service sanitaire obligatoire de trois mois sera institué pour les étudiants en santé.

Rien, en revanche, sur la fin de vie, les soins palliatifs ou l’euthanasie. Avec une nuance, les soins palliatifs pouvant s’insérer dans les propositions pour personnes âgées et dépendantes, mais ce point n’est pas explicité.

On peut résumer le programme du candidat Macron sur le funéraire par « On va essayer de vous garder en vie le plus longtemps possible, mais, après, tant pis pour vous ».

Marine Le Pen

La candidate du Rassemblement Bleu Marine a exactement le même programme que son adversaire sur le funéraire. A savoir rien.

Un seul point s’approche de la fin de vie, un chapitre de deux lignes sur la dépendance, mieux couverte par la sécurité sociale.

C’est un peu biaisé, il faut le reconnaître, la présentation du programme santé de Marine Le Pen. La candidate prend de nombreuses mesures, sur le numérus clausus à la fac de médecine, sur le maillage territorial, sur la modernisation du système de santé, et, globalement, sa philosophie générale se rapproche de son challenger : améliorer l’existence des personnes âgées, en augmentant leur pension de retraite, entre autres.

Enfin, uniquement si vous êtes français, évidemment. Pour les autres, ça sera plus compliqué.

Mais, comme Emmanuel Macron, Marine Le Pen veut devenir la présidente de tous les français vivants.

petit-chat-suppliant-300x225 Présidentielle : cinq ans à l’Elysée, trois millions de mortsEt nous, alors ?

Il n’empêche : il y aura, durant le mandat du président de la république, trois millions de morts sur le territoire. Vieillesse, maladie, accidents, etc. Et, à ce point, il apparaît nécessaire de signaler, pour lever toute ambiguïté, que nous ne les accusons de rien. Des gens meurent, c’est ainsi, et les politiques ne peuvent pas tout faire. Bon, certes, parfois, même ce qu’ils peuvent faire, ils ne le font pas, mais c’est un autre sujet.

Ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen n’abordent le sujet de l’après dans leur programme. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour la démocratie, je me rappelle d’un temps ou certains faisaient voter les morts, mais une moins bonne nouvelle pour nous, professionnels du secteur. Certaines choses sont à améliorer, d’autres à changer, et, parfois, certaines sont à défaire.

Le risque, c’est que, de temps à autre, un député isolé se remémore notre existence et fasse une loi, juste pour pouvoir laisser son nom sur un registre de l’assemblée nationale, dans l’indifférence totale de l’exécutif. Cela donne, par exemple, les obsèques laïques.

Espérant que l’oubli est involontaire, nous avons envoyé une demande à chacun des candidats. Nous feront une relance, et uniquement une, pour chacun. Si nous recevons une réponse, nous la publieront, et si l’un répond et l’autre non, alors ce sera tant pis pour le muet : il se passera des un million six cent mille lecteurs de Funéraire Info qui, de près ou de loin, sont intéressés par le sujet.

Enfin, pour finir, certains peuvent demander quelle est la position de Funéraire Info sur cette élection. Elle est toujours la même : peu importe, de toute façon, c’est celui qui ferme le cercueil qui a le dernier mot.

Les métiers du funéraire : une grande famille

0
Jeu des sept familles
Rémi Malingrëy

Tu travailles dans le funéraire ? Oui…Mais encore ? Avant la fin du monopole « pompe funèbre » cela voulait dire « croque-mort ». Mais aujourd’hui ? De conseiller(e)s funéraires, à porteurs, à maître de cérémonie en passant par la thanatopraxie, la formation ou les commerciaux, vous êtes des milliers à travailler dans le domaine. Focus sur ces métiers du funéraire qui vous vont comme un gant.

Dans la famille Funéraire je demande : la mère

Le/a conseiller(e) funéraire, est sans doute l’un des métiers qui a le plus évolué. On peut parfaitement être conseiller(e) et en même temps maître de cérémonie, porteur, voire gérant(e) d’agence de pompe funèbre. Mais il est vrai qu’au fur et à mesure des années, le métier s’est spécialisée et surtout s’est professionnalisé.

Il faut avoir son diplôme de conseiller(e) en poche si l’on veut espérer être embauché par une agence de pompe funèbre. Pourquoi c’est important ? Parce qu’il ne s’agit pas simplement de vendre une prestation, ni d’avoir « une vocation » ou je ne sais quoi pour le genre humain. Il faut faire preuve d’empathie… mais pas trop, d’abnégation… mais pas trop, de sens commercial… mais pas trop. Bref un métier d’équilibriste qui est dans la mesure.

Métier qui, en se spécialisant a fini par se féminiser, pour ses qualités d’écoute que, personnellement je retrouve tout aussi bien chez un homme. Toujours est-il que l’on en demande plus au conseiller aujourd’hui car les besoins des familles évoluent. Plus question de s’occuper uniquement des obsèques à l’instant T, mais aussi de faire de la prévoyance via les contrats obsèques et donc de tenir un rôle de conseil.

C’est aussi un métier de l’après, qu’il s’agisse de marbrerie ou de gestion du deuil. De plus en plus rares sont les conseillers funéraires qui ne revoient les familles que pour le paiement des obsèques. Ils les conseillent également pour l’administration post-obsèques ou le lourd travail du deuil. Tant de choses à apprendre qui sont dispensées dans les différents organismes de formation.

Dans la famille funéraire je demande : le père

Le ou la directrice d’agence. Comme je le disais au-dessus, il se peut que ce poste soit totalement polyvalent, mais si une agence est importante ou s’il s’agit d’un groupe ou d’un réseau le poste est unique et particulier. Il allie à la fois les compétences du conseiller mais aussi la lourde gestion administrative, financière, les rachats, les partenariats, les fournisseurs, et bien sur la gestion du personnel.

Les décisions prises ont un impact direct sur l’image que l’on souhaite donner à sa pompe funèbre : low cost ? Proche des familles ? Réactive ? etc. Des responsabilités lourdes, dispensées également en centre de formation, métier qui est certifié par le diplôme de niveau VI. Même s’il est encore très masculin, cela n’est pas dû forcément au funéraire mais au parallèle que l’on peut faire dans la société entre le grade et le genre. Chef, dirigeant, etc. Mais c’est en passe de se modifier, les entreprises de pompes funèbres sont pour certaines encore très familiales et la relève féminine n’est jamais loin.

Dans la famille funéraire je demande : le grand-père

Les porteurs, qui sont également souvent maître de cérémonie, sont principalement des hommes. Pourquoi ? tout simplement parce que la loi désigne qu’une femme dans son exercice professionnel ne peut pas porter un poids excédant 25 kilos, même si l’on en voit de temps en temps, évidemment. À quatre, à deux, le porteur a une charge physique très lourde à gérer, et est en toute première ligne pendant la cérémonie. C’est vers lui que la famille se tourne, c’est à lui qu’elle s’adresse, ou au maître de cérémonie.

C’est un véritable chef d’orchestre qui doit allier une tenue irréprochable tant physique que psychologique car la famille va se souvenir de toutes les étapes des obsèques et ces étapes sont nécessaires au travail de deuil. Même si les porteurs sont souvent  vacataires -et ont un autre métier à côté- de plus en plus d’entreprises embauchent en CDI, une manière d’avoir ses employés à soi, un peu comme une marque de fabrique, et c’est aussi grâce à la formation. Auparavant les porteurs n’étaient pas formés mais de plus en plus aiment à se perfectionner en passant leur diplôme de porteur ce qui donne un plus à l’entreprise. Une manière aussi d’évoluer au sein de l’entreprise par la suite.

Dans la famille funéraire je demande : la grand-mère

Les maîtres de cérémonie, j’avoue ce sont mes petits chouchous ! Pourquoi ? Parce qu’ils écrivent rho évidemment mais pas que, ils doivent sans cesse se renouveler pour ne pas faire d’une cérémonie particulière pour chaque famille un banal copié collé du discours précédent. Très à l’écoute des familles, ils essaient de recueillir le plus d’informations possibles sur le défunt mais aussi sur l’assemblée réunie le jour là pour créer une interaction et faire de cette cérémonie un moment très particulier. Lorsqu’on interroge une famille c’est de la cérémonie qu’elle se souvient le plus, de la douceur et du tact du maître de cérémonie. Impassible et en même temps impliqué il est le pilier central des obsèques.

Dans la famille funéraire je demande : le fils

Il a tout intérêt à être costaud ! Avec son poste polyvalent, il creuse les fosses, coule les caveaux, assemble les monuments funéraires, je vous présente : le marbrier.

Ses connaissances s’étendent de la maçonnerie aux matières qu’il travaille, des matériaux les plus fins comme la feuille d’or aux outils dangereux qu’il manipule. Il grave, sculpte parfois, taille, poli… Son métier est peu mis en valeur, et pourtant il peut être à l’origine des plus belles « dernières demeures ».

Dans la famille funéraire je demande : la fille

C’est la petite dernière finalement, la plus jeune, au sens profession telle qu’on la connaît aujourd’hui. Évidemment si on parle d’embaumement elle aurait sans doute la carte arrière-arrière-arrière grand-mère. Hommes, puis femmes, ces dernières se sont petit à petit créé une jolie place au sein de la profession à tel point qu’aujourd’hui en formation il y a plus de femmes que d’hommes.

Plus physique, plus spécialisée, plus technique, elle est aussi plus longue à son apprentissage. Savoir médical, savoir rituel, savoir technique et organisationnel, la formation est lourde en théorie et en pratique où 100 soins sont à faire avant de pouvoir passer le fameux diplôme dispensé par le ministère de la santé. Protégée par un numerus clausus qui fait débat, elle est aussi, même si c’est une profession de l’ombre, sous le feu des projecteurs car elle est souvent soumise à de nouvelles règles en termes d’hygiène et de pratique.

Dans la famille funéraire je demande : le cousin

Oui parce que voyez-vous, mon jeu est issu d’une grande famille qui s’agrandit au fur des années. Le commercial, -qui n’est donc pas propre au milieu du funéraire- est pourtant une partie non négligeable. Par commercial j’entends aussi fournisseurs et distributeurs. Un métier / des métiers très complexes car le milieu du funéraire est sans cesse montré du doigt pour son aspect pécuniaire, or c’est grâce au talent de créateurs qui innovent par des urnes, ou des pierres tombales par exemple, et au savoir-faire des commerciaux que les pompes funèbres disposent aujourd’hui d’un panel de plus en plus grand et représentatif pour offrir aux familles un choix en accord avec leurs besoins.

Dans la famille funéraire je demande : la cousine

Je vous en parle depuis tout à l’heure : la formation. Aujourd’hui il est possible d’être formé dans tous les domaines du funéraire. Elle est un peu la base de l’entonnoir au bout duquel va ressortir des spécialités. Être formateur ce n’est pas seulement connaître le métier, c’est surtout connaître la pédagogie pour la transmettre. Faire de néophytes, des professionnels en devenir, leurs donner confiance en soi, et leur apporter les premières clés d’un trousseau qu’ils vont étoffer par la suite avec leur propre expérience de terrain.

Dans la famille funéraire je vous présente les copains et les copines, les voisins et les voisines : les granitiers, les dessinateurs industriels, les concepteurs de crématorium, les gestionnaires de créma, le personnel d’état civil, les agents d’amphithéâtre, les créateurs de logiciels, la prévoyance funéraire, les artistes, les chercheurs, les associations de deuil.

Je nous présente  aussi, les rédacteurs, à votre service, pour mieux mettre chaque jour en lumière les facettes multiples, colorées et variées de votre profession. La plus belle des familles, celle à laquelle je souhaite de très belles fête de Pâques.


Pour aller plus loin :

Nova Formation : http://www.formations-funeraires.com/

Effa formation : http://effa-formation.com/

Confédération professionnelle des métiers du funéraire : http://www.cpfm.fr/

Fédération française des pompes funèbres : http://www.federationpompesfunebres.com/

l’ENAMEF : http://www.federationpompesfunebres.com/presentation-enamef/siege-ecole-enamef/

ROC ECLERC ACADEMIE : http://www.roc-eclerc-academie.com/

 

NOVA Formation : fin de session théorique pour les élèves de Sabrina LAVOLOT

0
nova thanato reconstruction

Et voilà, le dernier jour de formation théorique mené par Sabrina Lavolot au métier de thanatopracteur, s’est terminé le 31 mars, le lendemain de l’inauguration du nouveau siège social de Nova Formation, à Gallargues le Montueux.

C’est dans une nouvelle salle dédiée, que les dix étudiants s’affèrent à mémoriser le plus d’informations possibles. Sabrina LAVOLOT, responsable pédagogique de la session thanatopraxie de Nova ne laisse rien passer à ses étudiants. Pleine de bienveillance, elle sait à quel point cela peut être compliqué de retourner sur les bancs l’école surtout lorsque l’on est déjà dans la vie active.

Comme à chaque session, le panel est très varié. Âges différents, environnements différents, motivations différentes. Seuls deux hommes sont présents à cette session, Aurélien et Axel, ce qui confirme donc la tendance de ces dernières années à la féminisation du secteur.

Ce 31, c’est atelier pratique, maquillage le matin et reconstruction faciale sur mannequin l’après-midi. Un moyen de décompresser un peu dans le flot d’informations à apprendre et les QCM à remplir. Le maquillage se passe bien, la pratique est à parfaire, mais il y a encore le temps, pour l’instant nous n’en sommes qu’à la formation théorique donc, rien ne presse.

En tout début d’après-midi, Sabrina est rejointe par son ancien collègue de formation Romain RAIG, thanatopracteur indépendant sur Toulon et sa région. Loin du diplôme, il arrive le costume et les valises impeccables délivrer ses bons conseils à la jeune garde, attentive et admirative de celui qui a aujourd’hui toute la panoplie du thanatopracteur en exercice. La reconstruction faciale n’est pas un exercice facile, mais pourtant nécessaire car le but même de la thanatopraxie au-delà de la conservation c’est de pouvoir présenter le défunt à ses proches. Une maladie défigurante – cancer de la langue ou de la gorge – accident de voiture, suicide, etc., sont autant de situations dans lesquelles la maîtrise de la reconstruction est primordiale.

Pendant que Sabrina garde l’œil sur chaque tête de mannequin, elle en profite pour corriger les copies de ses élèves afin qu’ils puissent avoir le résultat de leurs tests avant la fin de leur formation.

Quant à Romain, loin de se sentir au-dessus de ce travail, il se plie également à l’exercice. Là encore, cela permet aux étudiants de mieux comprendre toutes les nuances d’un travail bien fait. L’exercice est minuté, car pour un thanatopracteur deux choses sont essentielles pour réussir efficacement un soin : sa gestion du temps, et sa logique organisationnelle.

17886910_10210996561343535_412162335_o NOVA Formation : fin de session théorique pour les élèves de Sabrina LAVOLOTPuis Sabrina et Romain montrent aux élèves tout le matériel de thanatopraxie du tube de ponction à la pompe électrique, de la crème hydratante à la gestion de la valise du thanatopracteur pour qu’elle soit bien pensée, utile et pas trop chargée. Romain ouvre comme une vraie malle aux trésors ses valises, devant les yeux pétillants des aspirants thanatos.

La journée est presque finie, le temps de filer se changer et d’arriver à l’heure pour l’inauguration de ce soir, où les étudiants retrouveront le docteur BENSILMA, – responsable de l’institut médico légale de Nîmes, qui les a accompagnés lors de leur journée à l’institut et de rencontrer les professionnels du secteur.

Une session qui se termine le lendemain non sans emprunt d’une certaine nostalgie, car en thanatopraxie, contrairement aux autres formations, le temps d’apprentissage est plus long, les contacts se nouent. Un temps de repos est annoncé … avant les révisions.

 

Thanatopraxie : du nouveau dans les Hauts-de-France

0

Il y a quelques mois, par l’intermédiaire des réseaux sociaux,  j’ai fait la connaissance d’une jeune femme passionnée, Aurélie Claeyssen, en passe de réussir le concours d’accès à l’examen national de thanatopracteur, tant convoité par les aspirants.

Cette dernière me confiait alors ses doutes, ses craintes et ses appréhensions mais au delà de ça, c’est impressionné par sa motivation, son travail et la persévérance dont elle faisait preuve que nous avons continué à échanger durant des mois sur l’évolution de sa formation.

Qui aurait pu dire, à ce moment là, que nos destins allaient se croiser.

Aurélie est une jeune femme, la trentaine passée, issue du milieu médical et hospitalier. En effet, c’est riche d’une expérience en palliatif que cette dernière a pris la décision de troquer blouse blanche et protocoles infirmiers contre une paire de gants en latex et un tube de ponction mettant ainsi entre parenthèses sa vie professionnelle et personnelle.

Cette dernière me confiait encore il y a quelques temps souffrir d’un “sentiment de trop peu” après le décès de certains de ses patients, comme si l’arrêt de la vie signifiait l’arrêt de sa tâche et ça, Aurélie avait de plus en plus de mal à le supporter.

C’est au détour d’un couloir, à proximité de la chambre mortuaire du centre hospitalier où elle officiait, qu’Aurélie a découvert, un peu par hasard, la thanatopraxie. La suite, on la connaît : démission, inscription à l’EFFA, concours théorique et pour finir, stage pratique.

C’est justement lors de cette dernière étape, que la relation virtuelle (et professionnelle) que nous entretenions a basculé dans le réel. Jusqu’alors en proie à un stage pratique chaotique, et ce, malgré de très agréables rencontres enrichissantes aussi bien d’un point de vue technique que personnel, Aurélie a émis le souhait de parfaire et terminer sa formation auprès de moi au sein de l’entreprise qui m’emploie.

De cette période, je ne retiens que du bon. Certes, les difficultés du quotidien d’un thanatopracteur ont mis à rude épreuve sa patience mais sa motivation et ses qualités de professionnelle lui ont permis de mener à bien son projet et décrocher le précieux diplôme en décembre dernier.

Depuis quelques semaines ce sont des projets plein la tête et des objectifs ambitieux qui régissent la vie d’Aurélie. En effet, cette dernière est en passe de devenir la chef de sa propre entreprise de thanatopraxie baptisée THF (Thanatopraxie des Hauts-de-France), domiciliée sur la commune de Brouckerque dans le 59 et interviendra dans les secteurs du Dunkerquois, Audomarois et Calaisis. A l’heure où je rédige cet article, THF est en attente de recevoir son numéro d’habilitation des mains de la préfecture.

En parallèle, Aurélie, parfait sa formation, consciente des lacunes qui touchent les jeunes diplômés, et c’est en toute humilité que cette dernière continu de suivre régulièrement les thanatopracteurs qui ont contribué à sa réussite et depuis peu, se teste au moulage.

Comme une affaire qui tourne est souvent une histoire de famille, Aurélie a mis en place un partenariat avec son propre frère, photographe depuis de nombreuses années, Nicolas Claeyssen (www.nicolasclaeyssen.com). Ensemble, ils proposent aux familles endeuillées d’immortaliser l’image de leur défunt, comme eux en ont ressenti le besoin lors d’un deuil qui les a touché de près il y a quelques années. Nicolas avec son oeil artistique et ses qualités de photographe vous proposera un service personnalisé, cela peut être le défunt en entier, ou simplement un visage, une main…

Entrepreneur de pompes funèbres, particuliers, vous pouvez d’ores et déjà prendre contact avec la société THF par téléphone et/ou par mail, les coordonnées se trouvent sur la carte de visite annexée au présent article. Aurélie se fera une joie de répondre à vos questions ou à vos demandes de devis.

Thanatopraxie-des-Hauts-de-France Thanatopraxie : du nouveau dans les Hauts-de-FranceFier de ce qu’Aurélie entreprend, je me devais de la mettre en lumière aujourd’hui, sans compter que pour moi, c’est un réel plaisir de retrouver les pages de funeraire-info.

Aurélie, je te souhaite plein de bonheur et de réussite dans ce que tu entreprends et j’entrevois une longue et belle vie pour THF et surtout, bienvenue parmi nous!

Mickaël CURTI

Sur les réseaux

17,918FansJ'aime
64FollowersSuivre
460FollowersSuivre
15AbonnésSouscrire