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Les métiers des pompes funèbres : conseiller funéraire, le cœur du système

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Assistants funéraires de la Dynastie Ming
Assistants funéraires de la Dynastie Ming

Quels métiers pour les pompes funèbres ? Thanatopracteurs, marbriers, Maîtres de Cérémonies, ont tous leur importance dans le dispositif des obsèques. Commençons par celui qui est au cœur de la machine, qui en pose et active les rouages, le métier le plus important de tous, parce que sans lui, rien ne se passerait : l’assistant ou le conseiller funéraire.

Au fait, conseiller ou assistant ?

On pose parfois la question de la différence entre le conseiller et l’assistant funéraire. Il n’existe, en fait, aucune législation pour définir ces deux postes.

Simplement, l’usage, jusqu’à il y a quelques temps, faisait que l’on commençait assistant funéraire, et que l’on passait conseiller lorsqu’on avait suffisamment d’expérience. Un assistant est capable de faire son métier, recevoir une famille, organiser des obsèques, et un conseiller funéraire est capable de faire plus, prendre la direction d’une agence, par exemple.

Mais surtout, le conseiller funéraire avait reçu suffisamment de familles et vécu assez de situations hors normes pour pouvoir venir à bout de presque toutes les difficultés, et voler au secours des assistants désespérés.

Tout ceci a volé en éclat lorsque certains se sont avisés que « conseiller » était un terme plus valorisant qu’assistant, et se sont mis à l’appliquer à quiconque avait un diplôme de funéraire, vidant ces termes de leur sens. C’est dommage.

Conseiller funéraire, le cœur du système

Il existe une constante dans le métier des pompes funèbres : l’erreur humaine. Se tromper de nom, au cours d’un hommage, ne serait-ce qu’une fois, peut détruire tout le travail d’une équipe.

C’est le travail du conseiller funéraire, d’éviter ce genre d’incidents. S’enquérir des causes du décès pour éviter les incidents, vérifier que tous les documents sont bien complétés et que les prestations correspondent aux souhaits de la famille, tout cela fait partie de ses attributions.

La tâche des porteurs est de porter, aussi bien les cercueils en cérémonie que les brancards sur le lieu du décès, le Maître de Cérémonies a la fonction de chef d’équipe et doit s’assurer que tout se déroule conformément à un protocole établi, l’agent de funérarium s’occupe des défunts durant leur séjour à une maison funéraire, le thanatopracteur effectue les soins de conservation, et l’assistant funéraire a la charge de coordonner tout ce petit monde en fonction des volontés des familles, entre autres nombreuses fonctions.

La principale de ces missions est, bien entendu, de recevoir la famille en deuil. En cette occasion, il sera tout à la fois logisticien, commercial, psychologue et juriste.

Les métiers d’un métier

Logisticien, parce qu’il va devoir coordonner de nombreux intervenants. Dans le cadre d’obsèques dans une église, par exemple, il devra s’assurer de la disponibilité du bâtiment, d’un prêtre, de trois ou quatre porteurs, d’un Maître de Cérémonies, d’un corbillard, des fossoyeurs au cimetière…

Et calculer les horaires en fonction des lieux et heures d’intervention : aller d’une chambre funéraire à un lieu de culte à l’autre bout d’une ville peut voir le temps de trajet varier du simple au triple, selon l’heure et les conditions de circulation. Et, bien entendu, il devra, si tel est le souhait des proches, rédiger un avis de décès portant à la connaissance de tous ces information.

Lors de ces instants qu’il passera avec la famille, il devra déployer des trésors de psychologie. Pour ce faire, il doit connaître et savoir identifier les différentes étapes du deuil. En dehors du fait qu’il a face à lui une famille dans l’affliction, avec tout ce que cela comporte d’impondérables, de réactions parfois disproportionnées où surprenantes si un mot malheureux est prononcé, il devra, comme nous l’avons vu plus haut, essayer d’obtenir des information qui peuvent s’avérer cruciale, sur la cause du décès, la présence de certaines maladies…

La partie commerciale de son travail consistera à proposer aux familles divers produits complémentaires. Et, parfois, de justifier ses tarifs : beaucoup ne comprennent pas que les pompes funèbres ne soient pas un service gratuit.

Juriste avant tout

Enfin, et surtout, il est chargé d’appliquer la législation. Chaque entreprise de pompes funèbres doit être titulaire d’une habilitation préfectorale, beaucoup plus difficile à obtenir qu’à perdre. Et les embûches, en droit Français, sont nombreuses : on peut dire, en caricaturant à peine, que si une opération funéraire ne fait pas l’objet d’une demande d’autorisation auprès de l’administration, elle doit faire l’objet d’une déclaration dans un autre service.

Le conseiller funéraire doit s’assurer que tout se déroule à la fois en conformité avec la loi, avec les souhaits des familles et en conformité avec les impératifs techniques et logistiques.

On peut affirmer, donc, sans conteste, qu’il est au poste le plus important des pompes funèbres. Les autres auront beau jeu de protester, mais, sans conseiller funéraire, pas de travail pour eux.

EFFA, l’école de formation aux métiers funéraire qui prépare l’avenir

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EFFA ecole de formation funeraire

Pour faire carrière dans le funéraire, tout commence par une bonne formation. Le choix d’une bonne école est donc primordial. Du haut de ses 35 ans d’expérience, jouissant d’une réputation d’excellence sans faille dans les métiers du funéraire, EFFA Formation, pour ses élèves, est en tout cas le meilleur choix à faire. Raisons d’un succès.

Depuis 1981

EFFA Formation n’est pas un nouveau venu dans le secteur de la formation aux métiers du funéraire : l’école a en effet été fondée en 1981, et a toujours appliqué la même philosophie : dispenser la formation pour chaque corps de métiers selon les programmes imposés, mais avec quelque chose en plus.

Ce quelque chose en plus, c’est l’expérience de ses formateurs. Tous professionnels issus du terrain, ils apportent leur expérience et leur éclairage précieux à la théorie de l’enseignement. Un détail qui a toute son importance : à la stricte application du contenu réglementaire de la formation, les enseignants d’EFFA apportent un enrichissement, celui de pouvoir expliquer l’importance concrète de ces connaissances.

Les formations d’EFFA sont accessibles à tous les publics : salarié dans son parcours de développement de carrière, personne en reconversion, créateur d’entreprise, etc.

A la pointe du progrès

Quoique idéalement située à Paris, non loin de nombreux transports en commun, dans un quartier agréable, EFFA a bien pris note que, pour certains élèves, des déplacements trop nombreux pouvaient parfois s’avérer contraignants et onéreux. Voilà pourquoi l’école a mis en place une plate-forme de e-learning.

Les étudiants ont donc la possibilité d’étudier, soit directement dans le centre de formation parisien, soit de leur domicile, voire directement depuis leur lieu de travail. Une solution souple et économique, en temps comme en argent, évitant les déplacements et l’hébergement sur place.

Les premiers retours sont très concluants. Les étudiants n’ont aucun problème pour comprendre la plate-forme facile d’accès, ils se repèrent facilement et peuvent communiquer rapidement avec un cyber-professeur présent constamment pour répondre à leurs questions.

Pourquoi choisir EFFA

Nous n’en faisons pas mystère : les formations professionnelles funéraires sont devenus une jungle où n’importe qui peut ouvrir son centre de formation. Il est primordial, pour qui souhaite faire carrière dans le secteur funéraire, de bien choisir son école. Et EFFA appartient à la très petite liste des écoles reconnues par la profession pour son sérieux.

Dans une profession devenue « à la mode », en effet, parmi la pléthore des Curriculum Vitae reçus par les employeurs, l’école est un facteur important. Un employeur qui recrute préférera un diplômé d’une école reconnue.

Plus de 85 % des élèves d’EFFA trouvent un poste dans les semaines qui suivent leur remise de diplôme, un taux très supérieur à la moyenne des centres. Ceci, grâce à une sélection rigoureuse des élèves sur leur motivation, et une réputation d’excellence sans faille depuis 36 ans.

Le site internet d’EFFA : effa-formation.com

Orage sur la thanatopraxie : la désunion fait la faiblesse

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foudre orage sur la thanatopraxie

Orage sur la thanatopraxie : suite à notre article de l’autre jour sur le spleen des thanatopracteurs, de nombreux témoignages ont continué à nous parvenir, attestant la crise profonde que traverse cette profession. Un témoignage fort et un condensé de l’histoire de la thanatopraxie qui explique, sans doute, beaucoup de choses.

Les premières années

« Lorsque je suis devenue thanatopracteur, j’étais employé dans une entreprise de pompes funèbres. J’étais polyvalent, je faisais un peu de tout et beaucoup de soins. J’étais payée au soin et je gagnais très bien ma vie. Et puis est arrivée la loi sur les DASRI… Les Thanatopracteurs sont devenus personæ non gratta dans les pompes funèbres, trop compliqués, trop encombrants, et surtout trop chers… »

« Viré comme beaucoup d’entre nous, je suis alors devenue conseiller funéraire. Un pis-aller, le travail sédentaire n’était pas pour moi, et je me suis installé à mon compte. »

« A cette époque, certaines entreprises de Thanatopraxie s’étaient développées et avaient un quasi monopole dans certaines régions. J’ai dû faire mon trou face à l’une d’elle et découvrir par la même occasion qu’on ne me demanderait pas d’être le meilleur Thanato, mais surtout le plus rapide et le moins cher ».

Guerre des prix

« Lorsque je n’avais qu’un concurrent, même s’il s’agissait d’une énorme machine, il me suffisait de pratiquer des tarifs à peine plus bas. Je ressentais déjà un sentiment d’incompréhension et d’injustice par rapport aux marges que les pompes funèbres appliquaient,en toute illégalité, sur les soins, mais je continuais à gagner correctement ma vie. »

« Et puis est arrivée la médiatisation de la profession, une émission de télé, une série à succès et voilà que la Thanatopraxie devient tendance et que les écoles poussent comme des champignons. La pratique des soins se développe dans le même temps, certes, mais pas aussi vite. »

« Et voici qu’arrivent sur le marché tous ces Thanatopracteurs sans expérience ni références, qui n’ont rien d’autre à vendre que des tarifs… Et les prix des soins, du Thanatopracteur aux pompes funèbres entament une chute libre, qui continue encore quatorze ans plus tard, alors qu’ils continuent à augmenter pour les familles. »

« Les Thanatopracteurs se mettent à casser les prix et les pompes funèbres se frottent les mains. Bien-sûr, les fournitures et le carburant sont, logiquement de plus en plus chers. Car c’est ça la logique et non l’inverse. »

Homo homini lupus

« Réduits à l’état de loups solitaires et affamés, les Thanatopracteurs se livrent des guerres fratricides et sanglantes au lieu de se fédérer pour tenter de sortir de ce système qui leur maintient la tête sous l’eau , pour le plus grand bonheur des pompes funèbres, qui continuent en toute illégalité et en toute quiétude, à appliquer des marges, parfois phénoménales, sur les soins. »

« La situation n’en finit pas de se détériorer, les grosses sociétés de Thanatopraxie finissent par être également touchées et s’engage alors une autre lutte, celle des gros contre les petits, lutte perdue par les deux parties. Et devinez qui se frotte encore les mains ? »

« Depuis toutes ces années, je n’ai toujours pas réussi à comprendre comment nous avons pu en arriver là. Comment nous thanatopracteurs, détenteurs d’une science et d’un savoir faire qui ne souffre aucune comparaison avec n’importe quelle branche des pompes funèbres, en sommes-nous arrivés à nous prostituer pour le compte de commerçants cupides ? Pourquoi acceptons-nous ça ? Qu’est-ce qui peux justifier que le fruit de notre travail profite à d’autres que nous ? Pourquoi ne sommes-nous pas capables de nous libérer de ce ce système ? »

« Nous pourrions sans problème renverser la vapeur et remettre tout ce petit monde au pas… Mais pour cela, il faudrait que l’on soit capables de s’entendre. Pour ma part, j’ai cessé d’y croire. »

Décès d’un enfant : quand les professionnels du funéraire doivent faire face

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décès enfant

De la naissance au premier anniversaire, le risque de décéder est aujourd’hui très faible, de l’ordre de 40 pour 10 000, et les décès avant 1 an sont concentrés juste après la naissance. Le risque annuel est minimal pour les enfants : entre 5 et 10 ans, un enfant sur 10 000 décède chaque année. Le risque augmente fortement à l’adolescence, jusqu’à atteindre, à 18 ans, 3 pour 10 000 chez les filles et 8 pour 10 000 chez les garçons. Le décès d’un enfant est un véritable tsunami pour sa famille, mais il est aussi difficile à gérer pour les professionnels du funéraire.

« Je suis thanatopracteur depuis neuf ans. En neuf ans je n’ai pas dû avoir plus d’enfants à traiter que le nombre de mes années d’expérience. Le décès d’un enfant c’est souvent dû soit à un accident soit à une maladie. Dans le dernier cas surtout, les familles ne veulent plus qu’on touche à leur enfant, il y a donc moins de soin. » Julien, thanatopracteur

« C’est à chaque fois pareil et pourtant tout le temps différent, y a les bébés, qui nous font vraiment beaucoup de peine, et puis il y a ceux qui ont eu une histoire, la maltraitance ou cet enfant là, qui a le même âge que le mien », explique Romain, conseiller funéraire. « Un jour est arrivé une famille en pleur, la mère tenait à peine debout, le fils de 5 ans venait de décéder et bien sûr mon fils avait 5 ans à ce moment là. J’ai mis des semaines à m’en remettre alors que pourtant mon fils, lui était en vie, que je pouvais l’embrasser chaque soir en rentrant. C’est là que j’ai commencé à prendre conscience de la douleur des familles qui venaient à mon bureau, le sentiment là, ne s’en va jamais tout à fait. » Romain, conseiller funéraire

« La première fois que j’ai fait un soin sur un enfant, c’était un bébé… Son jumeau était mort à la naissance, lui avait survécu deux semaines. Tout était minusculement petit, j’ai dû demander des instruments précis à des collègues. Ça a été un exercice, même si le mot est maladroit très particulier et très intense, comme si tout se jouait là, en un seul soin. » Katharina, thanatopractrice.

« Ça n’est pas moi personnellement qui m’en suis occupé, je ne vendais « que » les fleurs. Mais cette histoire médiatique m’a beaucoup touché, je ne m’en remettais pas. Les pompes funèbres sont mes voisins et amis. J’ai déposé les fleurs sur le cercueil, fait des tonnes de compositions pour la ville et ses habitants qui s’étaient mobilisés. Le deuil collectif ils appellent ça. Toute la ville avait changé, on savait que plus rien ne serait jamais comme avant. » Sylvaine, fleuriste

« Un enfant qui naît, ça change une vie, un enfant qui meurt, ça change tout. »

« En tant que brancardier j’en ai descendu des corps à la morgue. Mais cette petite fille là…je m’en souviendrais toute ma vie. On venait d’arriver dans ce nouvel hôpital, tout n’était pas encore fonctionnel. Le labyrinthe avec la puce allongée là sur ma table, ça a eu l’air de durer des heures. Je n’avais qu’une envie : arriver en bas et partir. Pourtant quand je suis arrivé à la morgue, j’ai pas pu bouger, mon collègue l’agent d’amphi m’a dit que c’était bon, qu’il allait bien s’en occuper mais y avait rien à faire, j’avais les mains agrippées sur la table, je ne voulais pas l’abandonner. » Cyril, brancardier.

« Je m’y ferai jamais aux pièces anatomiques, c’est pas possible ça, ce sont des bébés quand même, les parents sont tellement tristes, et démunis, et moi je suis là à coller une étiquette sur un fût à DASRI, ça me dépasse à chaque fois. » Anton, agent d’amphi.

Thanatopracteurs, coup de mou ou grand ras-le-bol ?

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le cri munch thanatopracteurs raz-le-bol

Hasard ou coïncidence, alors qu’il y a peu, Funéraire Info publiait le témoignage d’un ancien confrère qui avait renoncé au métier des pompes funèbres, de nombreux témoignages de thanatopracteurs me sont parvenus, partageant le même sentiment de ras-le-bol. Spleen saisonnier ou symptôme d’un malaise plus profond ? Votre avis nous intéresse.

Note : pour diverses raisons, essentiellement professionnelles, les auteurs de ces témoignages ont souhaité garder l’anonymat.

Spleen et idéal

Il y a quelque chose de mystique dans la thanatopraxie, ou, du moins, le sentiment d’accomplir une mission. Mission fatigante, usante, exigeante. « Je suis Thanato, depuis longtemps, très (trop?) longtemps et je traverse une crise de foi. Il fait chaud, très très chaud, je suis épuisé et sur les nerfs, mais pas plus que tout le monde. Non, toute cette colère et ce découragement n’ont aucun rapport avec la canicule. Pour la première fois depuis que je pratique ce beau métier, que j’aime toujours et c’est bien le pire dans tout ça, j’ai vraiment envie de raccrocher les gants. Je comprends ce que ressent un prêtre ou une religieuse qui a perdu la foi. »

Et certaines interrogations se rejoignent, en une sorte de vertige existentialiste « Se dire qu’on a passé toutes ces années à croire en des chimères et voir tout à coup tout ce qui fait notre vie, tout ce qui nous a fait nous, partir en fumée. J’ai l’impression de me réveiller d’un long sommeil et voilà, ma vie est passée. Je n’ai rien vu, rien fait, j’ai tout sacrifié à ce boulot et maintenant… Et maintenant, quoi ? »

Il y a, dans beaucoup de messages, un sentiment commun, celui des illusions perdues « Quand j’ai débuté dans la profession, j’avais la certitude, pas l’espoir, la certitude, de voir la thanatopraxie acquérir ses lettres de noblesse. »

Autre point récurrent, le sentiment de faire un travail mal récompensé. Trop de thanatopracteurs, trop de concurrence ont, en effet, rogné les revenus de beaucoup. C’est, si vous avez de la chance, un métier à peine bien payé… Pour un tout petit nombre. « Je croyais vraiment qu’un jour, la reconnaissance viendrait. J’ai compris, enfin… Comme un déclic, une illumination, ou plutôt une extinction. Celle de cette petite flamme qui m’animait. J’essayais de faire abstraction de toutes ces choses révoltantes, comme le fait de ne pas percevoir le fruit de mon travail, mais seulement les miettes qu’on accepte de me jeter. Des miettes de plus en plus petites, qu’on me jette de plus en plus loin… »

Tempus Fugit

Autres chose, la répétitivité, qui impose, au fur et à mesure des années, sa présence envahissante « Les soins s’enchaînent, je porte, défais, range et porte encore mes valises, je répète toujours les mêmes gestes, machinalement, ce sont ces corps qui sont morts, mais c’est bien moi qui suis un fantôme. Je ne ressens plus rien j’ai oublié ce que je faisais là. Et puis au milieu du vide, le passé resurgit. On m’envoie travailler là où tout a commencé. J’étais jeune, c’est étrange de me dire que j’ai été jeune. Ce chariot rafistolé, je l’ai connu neuf. Mon Dieu, je suis encore bien plus vieille que lui… »

Même la reconnaissance des familles n’y suffit plus « Je m’arrête au bureau pour mendier un café avant de repartir sur le soin suivant et j’y croise le père d’un accidenté à qui j’ai peiné des heures à rendre un visage humain. J’échange quelques mots avec lui, je lui donne les recommandations d’usage et aussi mon numéro de téléphone. Ce sera plus simple. Je lui dis que je vais repasser voir son fils, je sais qu’il y aura nécessairement des retouches. On me remercie, c’est bien, j’ai fait du beau, du bon travail… Et toujours rien, toujours cette envie de pleurer. C’est trop tard, à force de tirer sur la fameuse corde… Et bien voilà, elle a fini par casser. »

Ce dernier constat, fataliste : ce ne sont pas les désillusions d’un petit nombre de thanatopracteurs, mais un spleen qui devient majoritaire dans le métier. Pourtant, de nombreux jeunes continuent de s’y jeter à corps perdu, persuadés que ce thanatopracteur dégoûté de son métier, ce ne sera pas eux. « Peu importe qui je suis, je suis vous et vous êtes moi, un jour j’ai été vous, un jour vous serez moi et vous aussi vous tiendrez votre tête entre vos mains et vous sangloterez, assis tout seul sur les marche de votre escalier et vous demanderez : et maintenant ?. »

Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir

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Benjamin Bonnaud thanatopracteur
Benjamin Bonnaud, thanatopracteur

Lorsque j’ai demandé à Benjamin quelques notes pour me rédiger son profil, j’ai eu le droit à quelques lignes modestes. Pourtant son parcours, et lui-même sont aussi complexes et riches que les œuvres d’Ernest Hemingway. Le résumer à « thanatopracteur » serait une hérésie et pourtant c’est ce qui le définit le mieux.

Diplômé en 2007. Évaluateur à l’examen pratique, en dix ans il a mis le temps à profit pour parfaire sa formation :  Formation cosmétiques et restauration make up forever niveaux 1 et 2 , Formation à l’Air Brush Théorie du Moulage mortuaire. D’un BTS en gestion, Benjamin est devenu un thanatopracteur émérite.

pacemaker Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
pacemaker

Pourquoi je l’ai choisi pour cet article ? Il y a moins de 1 000 thanatopracteurs en exercice en France. Des centaines de personnes chaques années tentent leur chance sur les bancs de l’école sachant qu’entre le numerus clausus, la concurrence, et les reins solides, non seulement peu décrocheront le fameux sésame, et encore moins seront capables d’en faire quelque chose. Forcément plus les places sont chères plus le métier fait rêver, c’est le fantasme de la contradiction humaine. Certains thanatopracteurs peuvent donc tomber dans l’illusion de passer plus de temps à s’épancher sur internet qu’à être sur le terrain, car c’est la pratique qui fait des thanatopracteurs de meilleurs thanatos. Benjamin fait partie des discrets, de ceux qui sont sur le terrain, de ceux qui conseillent judicieusement et modestement. C’est de ceux là que je veux tout savoir, c’est ceux là que je veux mettre en exergue, parce que c’est de ceux là que vous apprendrez le plus.

Comme tous les thanatopracteurs, Benjamin a acquis en même temps que sa technique, le sens de la mobilité :

« Première affectation dans le nord où je suis resté quelques années où j’ai acquis une grande partie de mon savoir faire et ou j’ai reçu de solides bases notamment en restauration faciale », puis l’ « envie de découvrir d’autres choses, je suis parti un an faire un remplacement en Midi-Pyrénées. Ensuite « prise de poste en Finistère où j’étais thanato/assistant funéraire/Maitre de Cérémonie et où je m’occupais de toute la partie gestion, et du recouvrement des vieux impayés »

Mobile sur le terrain, il est aussi polyvalent : « Le poste de thanato pompe m’a en outre permis de parfaire mes techniques de restauration, puisqu’il est plus aisé de prendre du temps- et de développer des méthodes qui me sont propres. »

Benjamin, s’est fixé en Mayenne il y a 5 ans maintenant.

Mais avant ça …

On le connaît le refrain doux et mélodieux du secteur funéraire « je suis arrivé ici par hasard et je n’en suis plus jamais parti » et il est vrai qu’il y a quelque chose dans le secteur du funéraire de tellement attachement, que l’on est si humainement impliqué qu’il est difficile d’en sortir – même si, évidemment tout n’est pas rose aux pays des carnets noirs. Benjamin lui est tombé dans la marmite de la pompe funèbre tout de suite, « j’ai toujours eu un vif intérêt pour le secteur de la pompe funèbre. Ce qui, au départ tenait plus d’une curiosité de connaitre les coulisses d’un milieu méconnu, est devenu un réel centre d’intérêt. J’ai étudié toutes les possibilités de métiers que pouvaient m’offrir le secteur et celui qui retint mon attention au départ était celui de thanatopracteur. » Sage et discipliné, il a d’abord passé un BTS en gestion afin d’avoir un bagage solide. Pour pour Benjamin il y a quelque chose d’ « assez magique » dans le métier de thanatopracteur, bien qu’il n’ « imaginai(t)  pas à l’époque à quoi pouvait ressembler une personne décédée sans traitement. ». Le chemin est long pour en arriver au thanatopracteur qu’il est aujourd’hui, valises à la main, mais c’est grâce au concours à la fois de sa détermination mais aussi de son entourage qu’il a réussit : « J’ai eu la chance de pouvoir me faire payer la formation par ma mère, son coût étant, déjà à l’époque, assez élevé. J’ai eu aussi la chance d’avoir plusieurs maîtres de stage, qui m’ont ouvert à beaucoup de techniques différentes. »

Apprendre est définitivement le maître mot de Benjamin, absorber tout ce qu’il pouvait sur le métier, puis la formation, puis la technique en elle-même, et maintenant il transmet son savoir faire, tant dans des articles qu’en école, mais également en gérant le Forum de thanatopracteurs où il conseille invariablement les futurs aspirants thanatopracteurs qui souhaitent se lancer dans le métier.

La thanatopraxie, la vis de serrage du milieu funéraire

Il faut voir ça d’un point de vue macro social. Benjamin est thanatopracteur depuis une dizaine d’années maintenant : « j’adore mon métier.  J’ai aussi fait de la pompe funèbre, à ce jour, je maîtrise l’ensemble des métiers de la pompe, à l’exception de la marbrerie que je ne connais qu’en théorie.  C’est un milieu que j’aime sincèrement, et j’envisage d’y travailler à long terme, avec, pourquoi pas plus tard d’autres responsabilités. J’envisage aussi de compléter mes études avec, pourquoi pas, une maîtrise en économie ou en droit ».  

canules Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
canules

Si l’urgence est le maître mot de la thanatopraxie, Benjamin est le maître du temps, la thanatopraxie stoppe pour un temps les stigmates de la mort, et lui stoppe pour un temps les aiguilles du cadran afin de faire un travail de qualité qu’il juge comme étant primordial : « Je mets toujours le meilleur de moi-même dans chaque soin, et je prends le temps qu’il faut. Il m’est déjà arrivé de passer plus de 5 heures sur un travail restauratif. A côté de ça, j’ai déjà croisé des thanatos qui, à peine arrivés sur place, recevaient déjà un appel pour aller en faire un autre. Comment voulez vous faire du travail de qualité avec une pression comme ça ? »

L’homme derrière le trocart

Dandy propulsé au XXI ème s, Benjamin est un idéaliste triste, une sorte de Baudelaire moderne où parfois il se désole de voir le monde du funéraire, son monde, celui où il a grandi, vieilli, mûri, devenir un lieu où l’argent prend parfois le pas sur la question éthique. Empathique il explique que « c’est un métier qu’on ne peut faire que si l’on aime les gens. La qualité devrait être le maître mot, déjà en pompes funèbres, mais particulièrement plus encore en thanatopraxie. Le corps, c’est ce qui se voit. La plupart des familles ne pardonneront pas que le corps de leur être cher ne soit pas présenté au mieux de ce qui se fait. »

trocart Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
Trocart

Thanato, oui, mais pas que, Benjamin insiste sur le fait, qu’il y a une vie une fois les valises posées. « Quand je rentre chez moi, je pose mon costume de thanato pour reprendre celui d’homme. Avant d’être thanato, je suis homme, amant, conjoint. Ça marche aussi au féminin d’ailleurs.  Ceux qui ont des enfants ne doivent pas oublier aussi d’être père, cela doit être même leur premier rôle. »

La vie et la mort ne doivent pas s’opposer

Mais comme à beaucoup, ça lui a pris du temps pour le comprendre, « les premières années de ma carrière, j’ai eu tendance à me consacrer trop au travail et pas assez au reste. C’est une erreur. Il faut savoir aussi donner du temps pour les autres. Pour ceux qui sont autour, vivants eux. » « Il ne faut jamais oublier qui nous sommes avant d’être thanato ». Vivre pour et par la thanatopraxie en permanence est une erreur. « Notre métier est tellement passionnant qu’on peut avoir tendance à faire passer les morts avant les vivants. Je crois qu’il faut un juste milieu à tout. Un temps pour le travail, et un temps pour les proches. » C’est là que j’ai envie de vous dire « un peu comme dans les autres métiers », certes, mais Benjamin l’explique très bien

« Si la mort est notre quotidien, elle est exceptionnelle pour la plupart des gens »

Le corps au cœur du soin

crochet Benjamin Bonnaud : récit de vie d’un thanatopracteur aux valises chargées de savoir
crochet

C’est ce que je suis déjà venue vous expliquer à de nombreuses reprises, le corps est l’objet maître de la thanatopraxie. Conservé, présenté, il n’est plus tout à fait lui-même, mais il n’appartient pas à la famille non plus, il est là, en tant qu’objet à part entière, sublimé au cœur d’un véritable théâtre où dans les coulisses les thanatopracteurs représentent le trait d’union. Benjamin à la conscience tranquille, il fait toujours pour le mieux « Il est toujours frustrant de voir que certains corps ne réagissent pas comme on le voudrait. Par contre, je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’on a une obligation de moyens. On a une obligation de résultat. Le corps traité doit être visible ».

La famille en ligne de mire

Même si la famille n’est pas le client des thanatopracteurs – il s’agit des pompes funèbres- le thanatopracteur est prestataire de service, dans le but de satisfaire la famille et de participer avec la cérémonie et les autres moments forts des obsèques à aider à ouvrir la porte du deuil. « On peut se permettre d’émettre des réserves, mais si on a accepté de prendre le corps en charge, la famille doit pouvoir se recueillir paisiblement dessus. Tous les corps ne sont pas traitables. C’est une hérésie d’affirmer le contraire. Bien sûr, on peut faire un soin « d’hygiène » sur un corps dans un état de putréfaction très avancé, mais est-ce honnête vis à vis de la famille que de facturer un acte non visible et substituable ? Je pars du principe que soin = corps visible et présenté. Mieux vaut se recueillir sur un cercueil fermé que de garder de mauvais souvenirs d’un être cher dont les transformations étaient très avancées. »

Élève et maître à la fois, c’est le mélange savant des deux états qui fait de Benjamin un bon thanatopracteur, mais aussi une bonne personne. Altruiste, il offre un accompagnement aux élèves volontaires et désireux d’apprendre. Il voit ainsi la thanatopraxie non seulement comme un art à part entière mais aussi comme faisant partie d’un tout, un marché, un secteur, une culture.

 

Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiables

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Peugeot 308 voitures thanatos

D’ordinaire lorsque je viens vous parler de thanatopraxie, vous pouvez toujours être certains que la polémique n’est pas loin. Que nenni ici. Sujet plus léger aujourd’hui mais au combien essentiel. S’il y a bien une particularité de votre travail c’est… la route. Les kilomètres défilent sur le tableau de bord aussi vite que les secondes sur une horloge. Et pour cause, les thanatos font –en moyenne– 50 000 km par an. Il vous faut donc une voiture qui tienne la route, une confortable et une pratique. Zoom sur les voitures des thanatos.

  • Voitures des thanatos : La 308, la petite préférée ?

La 308, moderne, récente, confortable, elle est aussi économique. Élue quatre années consécutives pour son titre de la meilleure compacte elle s’est écoulée à plus de 600 000 Peugeot-308-SW Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiablesexemplaires. Plus de 1100 km de parcouru avec un plein de 60 litres, ça vous promet des soins sans passer à la pompe à essence. Que vous la choisissiez SW ou non, la commerciale est parfaite pour y insérer vos valises. Prévoyez une surface lavable, style lino à poser au fond du coffre pour un meilleur lessivage, au cas où.

  • Le haut de gamme comme voitures des thanatos

Ceux qui préfèrent le haut de gamme, Audi, Volvo ou Mercedes. Les indépendants sont parfois enclins à préférer ce type de modèle et c’est normal car il s’agit surtout de confort pour ces thanatos longue distance. Le risque ? Les pompes funèbres qui parfois voient d’un mauvais œil leur thanato arriver dans une voiture haut de gamme, mais les thanatopracteurs s’en défendent, en précisant qu’aucune famille n’a jamais rien dit à ce propos, et qu’ils ont bien d’autres choses à penser que la voiture du thanato. Plus de confort, c’est aussi plus de sécurité et quand on fait de la route, c’est essentiel.

audi Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiables

  • L’utilitaire

L’utilitaire, moi qui adore mon partner, je ne peux que plébisciter ce type de véhicule. Pratique à la conduite, stable et agréable pour les longues routes, le plus de ce type de véhicule c’est la place, vous pouvez charger comme vous voulez ( pas en déchets hein, mais on y reviendra ). fiat-doblo- Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiablesFacile à ranger, c’est aussi pratique dans la mesure où vous n’avez pas besoin de monter très haut vos valises et donc d’abîmer votre voiture avec le frottement de celles-ci et de vous casser le dos un peu plus.

  • La toyota Yaris

La toyota yaris, dans la même veine que la 308, cette citadine sexy, fabriquée à Valenciennes, elle est la première petite étrangère à recevoir le label France. C’est la voiture la plus produite en France et le modèle le plus vendu de Toyota et ça n’est pas pour rien. Comme la 308, son volant est pratique et stylé.

toyota-yaris- Les voitures des thanatos, utiles, agréables, confortables et fiablesBreak ou pas break ?

Ça dépend du matériel que vous utilisez et si vous partez pour la journée. Aucun intérêt si votre cercle de travail est dans une circonférence rapprochée et que vous pouvez vous rendre à votre matériel régulièrement. Le SW c’est aussi une alternative à l’utilitaire. Agréable vous avez la même voiture en plus long, pratique donc même si le coût est plus élevé.

Équipements

Dans tous les cas deux choses essentielles : la climatisation et le GPS pour vos domiciles. Bien sur à cela ajoutez une pincée de réglementation que je vous invite à relire attentivement ici. Je rappelle que le poids des DASRI est réglementé sur vos transports et qu’en cas d’accident, tout cela n’est pas vraiment terrible. Aérateur, ptit champignon sur le dessus de votre véhicule, et à défaut, au moins une grille de séparation entre le coffre et l’habitacle. Les vitres teintées à l’arrière et une grande plage arrière ou une couverture c’est un conseil de thanato bien avisé qui souhaite « ne pas éveiller la curiosité ».

Commerciale ?

C’est un peu comme le leasing, à vous de voir avec votre budget, n’oubliez pas que ceux qui utilisent leur véhicule à des fins personnelles doivent s’acquitter de la TVS – taxe sur les véhicules de société-, coût non négligeable. Il est parfois conseillé d’avoir deux véhicules, un pour le travail et l’autre pour le privé, d’autant que niveau hygiène, et même si vous êtes irréprochables dans l’entretien intérieur de votre véhicule, vous transportez du formol et du sang, transportez les enfants à l’école et les copains aux activités extra scolaires, n’est pas toujours la meilleure solution, même si je sais, qu’il n’est pas toujours possible de faire autrement.

Entretien

Que vous choisissiez une voiture d’occasion, une de leasing avec option achat ou une neuve, faites l’effort de la laver régulièrement. Oui vous faites de la route, oui vous n’avez pas toujours le temps, mais il n’y a rien de pire que d’arriver chez un client ou chez une famille avec une voiture sale, ça n’est pas absolument pas professionnel. Préférez donc un coloris satiné sur lequel on voit moins la poussière, d’après des études australiennes, la couleur noire verrait quelques degrés de plus en pleine chaleur, à penser donc, lorsque vous choisirez la couleur.

Et vous, avec quoi roulez-vous ?

Thanatopraxie : la vidéo du scandale

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video thanatopraxie

Une vidéo sur You Tube a causé l’émoi en thanatopraxie en toute fin de semaine dernière. Un jeune homme prétendait y expliquer sa profession de thanatopracteur. Deux problèmes : il n’était pas thanatopracteur et il racontait, globalement, n’importe quoi. S’il n’a pas semblé voir le problème, la profession, si. Attention à ce qu’on raconte sur Internet…

La vidéo du scandale

C’est une pastille vidéo comme il en existe tant sur Youtube. Un jeune homme explique, en cinq minutes et quelques, en quoi consiste son métier de thanatopracteur. Sauf que… Il apparaît assez rapidement, au vu de ses nombreuses approximations, que, non seulement il n’est pas thanato, mais que, de surcroît, il ne s’est manifestement pas donné la peine de se renseigner auprès des personnes compétentes.

Jusqu’ici, rien que de très classique : des bêtises, on en trouve à la pelle sur le web, Youtube ou ailleurs. Le problème particulier, dans le cas qui nous (pré)occupe, c’est que, dans le titre et la vidéo, son auteur se présente lui-même comme étant thanatopracteur.

Thanatofantaisie

Un thanatopracteur, en France, est une personne correspondant aux critères régis par une partie législative définie par l’article L 2223-45 du CGCT et par une partie réglementaire définie par le Décret D 2223-122 modifié par le Décret n° 2010-516 du 18/05/10-article 1 et définis par les articles D2223-122 à D2223-131. (Nous ne détaillons pas les dispositions antérieures, l’auteur de la vidéo étant manifestement très jeune, il n’est très probablement pas concerné).

En un mot : c’est un métier réglementé. Ce qui veut dire que l’exercer sans disposer de la qualification adéquate revient à s’exposer à des sanctions très lourdes.

Dans ce cas précis, l’auteur de la vidéo n’exerce pas à proprement dit la thanatopraxie. Mais il se prétend thanatopracteur, et peut donc être attaqué par les syndicats et associations professionnelles pour diffusion de fausses informations, voire diffamation. Il suffit d’un bon avocat.

La défense de l’interessé

Interpellé, souvent vivement, le jeune homme s’est rapidement mis sur la défensive. On passera sur sa défense, les critiques à son endroit étant considérées comme du racisme, puisqu’il est noir. Nous lui ferons remarquer que, que l’on soit blanc, noir, asiatique, amérindien, quel que soit son sexe, son origine, sa religion, quand on dit une bêtise, ça reste une bêtise. Argument infondé et irrecevable, donc.

Deuxième axe de défense : « Houla, mais c’est une parodie » Oui, mais ce n’est mentionné nulle part. Dans ce cas, une incrustation dans la vidéo précisant que « ceci est une parodie » serait nécessaire. Si il ne sait pas faire, il y a des tutos, sur Youtube, justement.

Anecdotes du funéraire : ces témoignages de votre terrain professionnel

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anecdotes du funéraire

Ça fait longtemps que je ne vous ai pas écrit un petit article témoignage. Voilà qui est chose faite, d’autant que ces derniers mois il vous est arrivé plein de choses.

C’est sûr à vous, elles ne vous ont pas fait beaucoup rire sur le moment, mais vous verrez les lire trois mois après… ça fait du bien, enfin j’espère. Allez en scène, vos meilleures anecdotes du funéraire, merci à tous les professionnels de les avoir partagées.

« Je bosse dans le funéraire depuis 10 ans comme conseillère, la plupart du temps, je suis au bureau ou en démarches, ce qui reste un petit job tranquille pour moi, sauf que là, plein de décès sont tombés en même temps, mon collègue me demande un coup de main pour préparer un cercueil avant la mise en bière. Il sait pourtant que ça me fait peur d’aller au hangar avec tous les cercueils debout, mais bon, je l’aide c’est mon collègue. J’arrive à l’heure prévu, hangar vide, noir, cercueils debout sauf celui qui était en place pour la préparation qu’il avait placé au sol en faisant attention de mettre un truc en dessous pour pas l’abîmer. L’horreur absolue. Je lance un « ouh ouh » comme dans un film d’horreur, personne… je commence à trembler un peu, et bien sûr mon téléphone est au bureau…J’attends encore quelques minutes et lorsque je commence à tourner les talons, je vois mes collègues crier « SURPRISE ! » en arrivant avec un énorme gâteau. Moi je cris, je hurle, je pars en arrière et je tombe en plein… dans le cercueil! Je m’en rappellerai de mes 35 ans.

Cendrine, assistante funéraire.

« Je suis thanato depuis 3 ans, je commence à devenir routinier dans mes procédures et ça me va très bien. À l’hôpital ou ailleurs je passe pour le chieur de service parce que je vérifie toujours tout trois fois. Une fois n’est pas coutume, j’arrive à la morgue, je vérifie le nom sur la porte, sur le bracelet, je demande à l’agent d’amphi, je vérifie sur mes fiches. Et je m’aperçois que le nom que j’ai est « D….t » alors que là devant moi j’ai « D….d ». « T’inquiète pas c’est qu’une erreur de frappe. » J’appelle mon patron, je revérifie encore, ce qui fait doucement fumer la tête de l’agent d’amphi et j’attaque mon soin. En fait oui… j’avais raison. Deux dames, même âge même prénom, même nom de famille à… une lettre près, sauf que la dame en question n’était pas encore descendue, le médecin n’avait pas signé le certificat. Heureusement l’autre dame devait aussi avoir un soin, de quoi ne pas améliorer les rapports avec mon concurrent, et de repasser mes procédures au peigne fin. « 

Alexis, thanatopracteur.

« Les obsèques à l’américaine, ça n’est pas trop mon genre, je suis plutôt discret, sobre comme maître de cérémonie. J’écoute ce que les familles veulent et j’essaie de m’adapter au mieux à leur demande. Là j’ai eu une cérémonie avec une grande famille, de celles qui pleurent à chaudes larmes très fort et très bruyamment pour les obsèques de papi. Après tout, chacun sa manière de réagir. Dans l’assemblée beaucoup de dames, dont une jeune femme apprêtée et maquillée pour aller en soirée visiblement. Je voyais qu’elle me regardait étrangement mais bon, je restais concentré. Juste avant la fin de mon laïus, elle se lève en trombe, court dans mes bras en me disant merci et m’embrasse sur la bouche ! J’avais du rouge à lèvre rouge partout et j’étais tellement gêné que mon collègue qui retenait son rire à du reprendre la suite. »

Javier, maître de cérémonie.

« Qui dit période de grosse chaleur, dit période d’affluence au niveau des décès, en tout cas c’était le cas à ce moment là. On réserve tout, le convoi est prêt, on arrive à l’Église avec toute la famille qui nous suit depuis le départ de la morgue et on tombe sur… un autre convoi, pour d’autres obsèques, au même moment, dans le même lieu. Le culte nous avait « oublié ». Sympa pour expliquer à la famille qu’il va falloir attendre pour la cérémonie mais que si elle veut il y a un bar en face. »

Gustin, directeur d’agence de pompes funèbres

« Premier jour, première boulette, j’arrive pour aller chercher un corps dans un domicile. Pas à l’aise du tout car le défunt était un jeune père de famille, j’essaie d’être le plus discret possible, surtout que le bébé de 15 mois dort à poing fermé pour la sieste. Manque de bol, je suis tellement stressé, qu’à peine arrivé je marche sur un jouet du petit, bruyant bien sûr, qui réveille le bébé, et je me casse la figure. Dans mon élan je me rattrape à la première chose qui me passe par la main… la mère… qui tombe sur le défunt. La fin de ma vie. »

Frédéric, porteur, maître de cérémonie.

Ah comme je vous adore, même lorsqu’ils vous arrivent pleins d’aventures comme ça, surtout d’ailleurs !

D’autres anecdotes du funéraire ? Faîtes un tour sur les tranches de vie ou plongez-vous dans la lectures de quelques ouvrages.

Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

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valise thanatopracteurs

L’arrêté du 10 mai fixait les conditions dans lesquelles les thanatopracteurs pourront effectuer les soins à domicile. Ces derniers devaient à l’origine être interdits, mais le projet de loi a été retoqué à l’assemblée nationale, et des petits alinéas sont apparus. Dans la famille thanato, il y a des divisions et ça n’est pas nouveau. Ceux qui sont outrés par le décret, ceux qui considèrent que ça ne changera rien, et ceux qui trouvent que c’est une avancée.

Le décret précise en autre :

Les soins de conservation ne peuvent être réalisés à domicile que dans une pièce répondant aux exigences suivantes :

1° La surface au sol utilisable de la pièce est d’au moins dix mètres carrés ;
2° La pièce est isolée du reste du logement par une porte. Cette pièce n’est pas accessible pendant la durée du soin ;
3° La pièce comporte au moins une ouverture donnant à l’air libre permettant d’assurer une ventilation naturelle suffisante durant toute la durée du soin. Cette ventilation est prolongée après la réalisation du soin. Le thanatopracteur informe la famille de cette obligation de ventilation de la pièce où le soin a été réalisé ;
4° Le revêtement du sol et des murs de la pièce doit pouvoir être lavé et désinfecté en totalité après la réalisation du soin de conservation ou être protégé par tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs. Le moyen imperméable utilisé est à usage unique et est éliminé comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
5° Un éclairage adapté à la réalisation des soins de conservation par le thanatopracteur.

 Et encore :

Les éléments suivants sont nécessaires à la réalisation des soins de conservation :
1° Un support pour la réalisation du soin de conservation, lit médicalisé ou table de soin. Ce support est installé dans la pièce où le soin de conservation est réalisé pour permettre la libre circulation du thanatopracteur sur tous les côtés du support. Il est réglable en hauteur ;
2° Une housse imperméable, telle que prévue à l’article R.2213-15 du code général des collectivités territoriales, disposée entre le support prévu au 1° et le corps du défunt et éliminée comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
3° Un ou des dispositifs d’occultation visuelle de nature à garantir la réalisation du soin de conservation hors de la vue des personnes présentes à domicile, du voisinage et des personnes extérieures, sans faire obstacle à l’aération de la pièce prévue au 3° de l’article 5 du présent arrêté ;
4° Des emballages à usage unique destinés à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés mentionnés à l’article R.1335-6 du code de la santé publique ;
5° Le cas échéant, un ou plusieurs dispositifs d’éclairage d’appoint ;
6° Tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs ;
7° Le matériel nécessaire au nettoyage et à la désinfection du support mentionné au 1° du présent article, des revêtements des sols et des murs de la pièce dans laquelle le soin de conservation est réalisé.
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Cédric Ivanès, thanatopracteur et président du Syndicat Professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés

L’hygiène et la santé en ligne de mire pour les thanatopracteurs

Pour Cédric Ivanès, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés –SPTIS ce décret va dans le bon sens « c’est une très bonne chose, ce texte va permettre de réduire les interventions à domicile dans des conditions qui au XXIème siècle, sont inacceptables. » D’ailleurs on est « un des derniers européens à pratiquer les soins au domicile ». En tant que président, Cédric le constate tous les jours avec les retours que lui font les autres thanatopracteurs. Ces derniers souffrent de plus en plus de problèmes de dos.

Donc même si ce décret n’interdit pas les soins à domicile, il va conduire à en limiter la réalisation.

Car en réalité ce décret ne sort pas de nulle part, il s’inscrit dans la levée des soins sur les personnes porteurs du VIH dont le prochain arrêté devrait paraître cet été. Un sujet lourd de responsabilité qui divise la planète thanatopraxie.

Thanatopracteurs indépendants et salariés logés à la même enseigne ?

Un des reproches que j’ai pu lire sur ce décret c’est que les indépendants ne pourront pas refuser ces soins à domicile, car la concurrence fait rage, et qu’il sera toujours autant aisé pour une pompe funèbre d’appeler un autre thanato. « Pas nécessairement » me répond Cédric qui juge que les salariés eux devront respecter ces règles puisque les entreprises qui les embauchent ne se mettront pas hors la loi. Quant aux thanatopracteurs indépendants, le milieu est très petit et si un thanatopracteur commence à se mettre hors la loi, c’est sa réputation qui va vite être entachée. Il demande donc à « tous les thanatopracteurs, de respecter scrupuleusement ce décret, c’est dans leur intérêt ». Et ça n’est pas qu’une question de travail mais aussi de santé et d’hygiène : « si le thanatopracteur ne respecte pas ces directives, en cas de coupure, il ne sera pas couvert ».

« Le SPTIS ne dénoncera personne bien sûr, en revanche, si un de ses adhérents ne respecte pas la loi, il sera radié ».  Pour Cédric « impossible de défendre quelqu’un qui ne va pas respecter ces conditions ».

« Un thanatopracteur qui ne va pas respecter la loi, portera une atteinte à sa propre profession ».

Quid de la responsabilité des pompes funèbres par rapport aux thanatopracteurs ?

Néanmoins cela fait beaucoup de matériel, beaucoup de conditions. Cédric me l’explique lui-même : « un soin à domicile, c’est deux soins en funé, niveau force ». Il a lu beaucoup d’avis suite à la publication de ce décret et déplore que certains thanatopracteurs déclarent « que si un thanato n’est pas capable de faire un soin à domicile c’est qu’il n’est pas fait pour ce travail ». « Certes », confirme Cédric « mais ceux qui disent cela sont en fonction depuis moins de 3 ans, lorsqu’ils auront 10 ans derrière eux et des dizaines, des centaines de soins à domicile derrière eux qui auront mis leur santé et leur physique à mal, on en reparlera ».

Comment faire alors pour ne pas surcharger davantage le thanatopracteur ?

« En responsabilisant les pompes funèbres ». Pour Cédric, il y a encore du travail à faire «  Les pompes funèbres se dégagent souvent, en envoyant d’abord le thanatopracteur sur place, prendre les mesures, sans se soucier des conditions d’hygiènes ni de la faisabilité du soin dudit domicile ». « Pour une mise en bière, les pompes funèbres sont aidées, en revanche nous, on est tous seul ».

En somme « ces installations énoncées dans ce décret sont du ressort de la pompe funèbre ». Si l’on prend le cas de la table sur laquelle le défunt devra être en cas d’absence de lit médicalisé, aucun thanatopracteur ne peut transporter ça dans sa voiture, sans compter le coût et le poids d’un tel support.

Pour Alexandre, thanatopracteur du Poitou-Charentes, même s’il compte en parler autour de lui jusqu’au premier janvier il reste sceptique en se demandant « ce que ça va vraiment donner ».

LA phrase qui change tout

C’était dans la partie du premier décret. La phrase la voici :

décret-thanatopraxie-soins-à-domicile Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

Donc voilà, il n’y aura plus de rapatriement de l’hôpital par exemple vers un domicile. Seuls les personnes décédées au domicile pourront bénéficier d’un soin de conservation à domicile. Ce qui met, mes thanatopracteurs d’accord. Pour Cédric, c’était une condition sine qua non. Pour Benjamin : « Le fait qu’il soit prévu d’interdire les soins à domicile d’une personne qui n’est pas décédée à domicile est dans une bonne logique. Cela dit, beaucoup de pompes funèbres sont déjà très arrangeant à ce sujet là, et il n’est pas rare qu’ils fassent transiter le corps par leur funérarium pour nous permettre de travailler dans de meilleures conditions. » Quant à Alexandre il va même plus loin, il pense que les soins à domicile devraient être interdits si une chambre funéraire est à moins de 15 km du domicile du défunt.

Et si on arrêtait les soins à domicile, tout simplement ?

Si la loi a été retoquée, en revanche les conditions plus dures, vont peut-être permettre d’arrêter cela. « La solution la plus simple c’est de transférer le corps au funérarium ». Un coût supplémentaire pour les familles clame le peuple. Pourtant, pour Cédric, la solution est évidente, « les pompes funèbres n’auront qu’à, dans ces cas, précis baisser leur marge sur les soins ».

Certains thanatopracteurs s’offusquent « on a toujours fait comme ça », « et dans les campagnes alors ? ». Pourtant aujourd’hui il y a « beaucoup plus de chambres funéraires qu’auparavant » constate Cédric. Ce sont les mêmes « thanatopracteurs qui ont râlé pour le liquide agréé, pourtant aujourd’hui tout le monde respecte cela, pourquoi ne pas respecter ça aussi ? ».

déclaration-préalable-de-soins Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsablesPour une meilleure traçabilité

Si Alexandre et Benjamin sont plus septiques en se demandant « qui va vraiment vérifier cela », Cédric s’appuie sur la loi, « le maire de la commune à un pouvoir de vérification, notamment avec la déclaration préalable au soin ». Si un thanatopracteur est mis en doute « son habilitation risque de sauter ».

Les thanatopracteurs inquiets : l’ombre du VIH derrière le décret

Comme je vous le précisais, ce décret vise plus particulièrement à se décharger sur les questions d’hygiène pour ensuite permettre les soins sur personnes décédées porteuses du VIH. S’il y a des thanatopracteurs avec lesquels je m’entends peu, en revanche leur position sur le sujet nous rassemble. Il est fort possible que cet article finisse encore sur un site au nom virulent et que je finisse définitivement cataloguée comme une « horrible personne discrimante » comme j’ai déjà pu le lire. Qu’à cela ne tienne. Pour Cédric aussi le combat est long « Encore aujourd’hui, aucune donnée scientifique ne permet de déterminer avec certitude si le risque est réel ou non ».

Le dialogue reste rompu entre les associations de défense de personnes atteintes du VIH et les thanatopracteurs qui ne parlent définitivement pas de la même chose. Pour les thanatopracteurs il n’y a pas de discrimination, il faut absolument que les « pompes funèbres expliquent correctement et qu’une toilette parfaitement réalisée permet aux familles de voir le défunt dans des conditions tout à fait décentes ». De l’autre côté on s’insurge « et les infirmières par exemple ? » Les infirmières ont un matériel à usage unique, impossible pour un thanatopracteur, qui, même s’il prend soin de son trocart, ne peut pas en changer à chaque soin. C’est également l’avis de Benjamin « les conditions exigées dans l’agencement de la pièce, les critères d’hygiène excessifs et inapplicables dans les faits, ne me semblent être qu’un moyen de nous imposer de faire des soins sur les corps contagieux. Sauf que ce texte montre la méconnaissance totale de notre métier, car ce n’est pas une pièce entièrement lessivable qui va nous protéger d’une piqûre d’aiguille ou d’un risque de projection de sang. » Pour les thanatopracteurs il est hors de question « de risquer sa vie pour une personne qui est décédée ».

Responsabiliser le gouvernement et les médecins

Pour Benjamin, « Les médecins arrivent déjà bien souvent à oublier de faire figurer un pacemaker extrêmement visible sur le certificat de décès, je pense qu’ils « oublieront » de faire figurer la mention de la contagion. Ce n’est pas ce genre de textes de loi qu’il faut. Il en faut un qui responsabilise le médecin dans sa rédaction du certificat de décès. Combien de fois ai-je vu un médecin signer un décès sans même aller voir le corps ? Combien de fois ai-je vu les cases mal cochées voire même pas cochées ? »

De plus, Cédric le rappelle, contrairement à un salarié, « un indépendant n’est pas suivi par la médecine du travail ».

Pour ce faire, le SPTIS entreprend de grands chantiers, le premier est « d’interroger le nouveau gouvernement sur la manière dont pourra s’effectuer le droit de retrait », car si un salarié pourra légalement le faire dans le cadre de son travail, rien ne précise pour l’instant ce droit de retrait pour un indépendant.

De même, le syndicat compte bien demander une étude sur les risques réels de contamination.

Alors finalement ça va changer quoi tout ça ?

Benjamin s’interroge : « A quand un ministre qui s’intéressera réellement à nous, en consultant tout le monde ? »