Accueil Tags VIH

Tag: VIH

Thanatopraxie : un dossier récapitulatif des décrets et arrêtés 2017

0
thanatopraxie dossier récapitulatif

Lorsqu’il se passe quelque chose dans le milieu de la thanatopraxie c’est exactement comme un tremblement de terre, où il faut impérativement activer l’alerte tsunami. Et cette année des secousses il y en a eu, soins à domicile, VIH, vaccination, hépatite, pacemaker. Comment éviter l’inondation ? En étant informé au mieux des décrets et arrêtés. C’est pourquoi à Funéraire Info, nous vous avons réalisé un dossier récapitulatif sur l’ensemble des décrets et arrêtés qui vous concernent.

Capture-d’écran-2017-12-05-à-16.41.54 Thanatopraxie : un dossier récapitulatif des décrets et arrêtés 2017Levée de l’interdiction de soins sur les défunts porteurs du VIH, soins à domicile encadrés, vaccination obligatoire, toutes les modifications sur votre profession sont à prendre en compte dès le 1er Janvier 2018, dans moins d’un mois donc. Force est de constater qu’un nombre certains de thanatopracteurs ne sont pas encore informé de ce que ça va changer dans leur quotidien. Et nous ne pouvons pas leur en vouloir, il y a eu beaucoup de modifications et – hormis dans la presse professionnelle – aucune information ne leurs a été délivrée de manière formelle.

Vous informez sur les décrets c’est aussi connaitre vos obligations et vos droits, car cela va engager non seulement votre responsabilité, mais aussi votre santé – je pense à la vaccination – et votre habilitation si vous ne respectez pas les lois. A Funéraire-Info, nous sommes là pour vous informer mais aussi vous donnez les outils pratiquent de la mise en place de ces décrets avec le compte rendu des soins à domicile que vous devrez rédiger à compter du 1er Janvier 2018 ou encore une lettre type pour informer vos clients.

Nous avons tenté de décrypter l’actualité avec vous cette année, la thanatopraxie entame des mutations profondes. Nous suivrons avec vous tout au long de l’année prochaine ces applications sur le terrain : les décrets sont ils réalisables ? Doit-il y avoir des ajustements ? Quels seront les impacts sur vous, les familles, les pompes funèbres ?

dossier thanatopraxie 

Thanatopracteurs et soins à domicile : lettres pour informer vos clients

1
soins à domicile

Je suis en train de réaliser un dossier pour faire le point sur cette année, riche en décrets et lois concernant le monde de la thanatopraxie. Des soins à domicile à la levée des soins concernant les défunts porteurs du VIH, en passant par l’obligation de la vaccination contre l’hépatite B, pas simple de s’y retrouver.

En attendant, une des choses à rappeler c’est que les soins à domicile sont nouvellement encadrés par des dispositions qui changent le paysage de cette procédure. Lieux adaptés, conditions des soins à domicile légiférées, beaucoup de choses sont à savoir et elles vont être mises en place à partir du 1er Janvier 2018.

Le problème c’est que les pompes funèbres sont souvent peu informées concernant les nouvelles réglementations en thanatopraxie. Et il est fort à parier que ça sera le cas ici encore. La plupart des thanatopracteurs ont pris leurs dispositions depuis la parution des décrets en informant directement leurs clients. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, nous vous fournissons deux modèles de lettre type pour faciliter votre échange, l’un est un modèle à personnaliser, l’autre est une notice d’information à imprimer. ( à la fin de l’article)

Je vous laisse lire, relire, et vous imprégner totalement du décret aux deux liens ci après : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/5/10/AFSP1703920A/jo/texte

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/5/10/AFSP1703905D/jo/texte

À retenir concernant les soins à domicile :

  • Les soins à domicile ne seront possible QUE lorsque le décès est survenu au domicile du défunt, dans un délai de 36 heures après le décès (délai qui peut être prorogé de 12 heures pour tenir compte de circonstances particulières), et lorsque le domicile répond à des exigences minimales de configuration de la pièce où sont réalisés ces soins.
  • « Les soins de conservation ne peuvent être réalisés à domicile que dans une pièce répondant aux exigences suivantes :
    1° La surface au sol utilisable de la pièce est d’au moins dix mètres carrés ;
    2° La pièce est isolée du reste du logement par une porte. Cette pièce n’est pas accessible pendant la durée du soin ;
    3° La pièce comporte au moins une ouverture donnant à l’air libre permettant d’assurer une ventilation naturelle suffisante durant toute la durée du soin. Cette ventilation est prolongée après la réalisation du soin. Le thanatopracteur informe la famille de cette obligation de ventilation de la pièce où le soin a été réalisé ;
    Le revêtement du sol et des murs de la pièce doit pouvoir être lavé et désinfecté en totalité après la réalisation du soin de conservation ou être protégé par tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs. Le moyen imperméable utilisé est à usage unique et est éliminé comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
    5° Un éclairage adapté à la réalisation des soins de conservation par le thanatopracteur. »
  • Les éléments suivants sont nécessaires à la réalisation des soins de conservation :
    1° Un support pour la réalisation du soin de conservation, lit médicalisé ou table de soin. Ce support est installé dans la pièce où le soin de conservation est réalisé pour permettre la libre circulation du thanatopracteur sur tous les côtés du support. Il est réglable en hauteur ;
    Une housse imperméable, telle que prévue à l’article R.2213-15 du code général des collectivités territoriales, disposée entre le support prévu au 1° et le corps du défunt et éliminée comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
    3° Un ou des dispositifs d’occultation visuelle de nature à garantir la réalisation du soin de conservation hors de la vue des personnes présentes à domicile, du voisinage et des personnes extérieures, sans faire obstacle à l’aération de la pièce prévue au 3° de l’article 5 du présent arrêté ;
    4° Des emballages à usage unique destinés à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés mentionnés à l’article R.1335-6 du code de la santé publique ;
    5° Le cas échéant, un ou plusieurs dispositifs d’éclairage d’appoint ;
    6° Tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs ;
    7° Le matériel nécessaire au nettoyage et à la désinfection du support mentionné au 1° du présent article, des revêtements des sols et des murs de la pièce dans laquelle le soin de conservation est réalisé.
  • A l’issue du soin de conservation, le thanatopracteur rédige un compte-rendu d’intervention, dont le contenu et le modèle sont fixés en annexe du présent arrêté, et l’adresse à la régie, l’entreprise ou l’association et leurs établissements, habilités conformément à l’article L. 2223-23 du code général des collectivités territoriales, qui l’emploie pour la réalisation du soin de conservation.  
  • Les soins de conservation réalisés à domicile font l’objet d’une traçabilité par la régie, l’entreprise ou l’association et leurs établissements, habilités conformément à l’article L. 2223-23 du code général des collectivités territoriales. A cet effet la régie, l’entreprise ou l’association et leurs établissements conservent, pour chaque soin de conservation facturé, les documents suivants :
    1° La déclaration préalable du soin de conservation prévue à l’article R.2213-2-2 du code général des collectivités territoriales ;
    2° La vérification préalable prévue à l’article 9 du présent arrêté ;
    3° Le compte-rendu d’intervention prévu à l’article 7 du présent arrêté ;
    4° L’expression écrite des dernières volontés de la personne décédée ou une demande de toute personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles prévue à l’article R. 2213-2-2 du code général des collectivités territoriales.
    La régie, l’entreprise ou l’association et leurs établissements, habilités conformément à l’article L. 2223-23, conserve ces documents pendant une durée de cinq ans, sur tout support et par tout moyen, et la tient à disposition du préfet du département lui ayant délivré l’habilitation et des agents mentionnés au 1° de l’article L. 511-6 du code de la consommation.

    Le problème c’est que les pompes funèbres sont souvent peu informées concernant les nouvelles réglementations en thanatopraxie. Et il est fort à parier que ça sera le cas ici encore. La plupart des thanatopracteurs ont pris leurs dispositions depuis la parution des décrets en informant directement leurs clients. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, nous vous fournissons deux modèles de lettre type pour faciliter votre échange, l’un est un modèle à personnaliser, l’autre est une notice d’information à imprimer. 

    Vous les retrouverez en téléchargement libre ici :

    Note d’information 1

Sabrina Lavolot, Nova formation et sa session de thanatopraxie

0
Sabrina Lavolot Nova formation session de thanatopraxie

Sabrina Lavolot est responsable formation en thanatopraxie chez Nova formation. Depuis un an maintenant elle mène les futurs aspirants thanatopracteurs vers leur objectif. Une année riche d’enseignement où l’engouement ne faiblit pas. Et pour cause, la qualité des enseignements dispensés par Nova formation attire de plus en plus.

Sarah, Funéraire Info : Nova en est combien de formations de thanatopracteurs ?

Il s’agit maintenant de notre 3ème groupe en formation, et donc du dernier pour cette année.

17778820_10210928584964168_322103439_o Sabrina Lavolot, Nova formation et sa session de thanatopraxie
Sabrina LAVOLOT, responsable pédagogique thanatopraxie Nova Formaiton

Sarah, Funéraire Info : Un an après l’ouverture de cette session de thanatopraxie, quel bilan en tires tu ?

Sabrina Lavolot : Cette année de lancement a été satisfaisante. En effet grâce à la réputation de NOVA FORMATION sur les formations funéraires, la thanatopraxie est apparue comme une évidence et a entraîné de nombreuses sollicitations. De plus notre volonté de réduire les sessions à 15 élèves pour assurer un suivi personnalisé et faciliter les échanges entre intervenants et stagiaires a été bénéfique au niveau pédagogique. La qualité des intervenants et des supports de cours contribue grandement à former nos étudiants pour le concours mais aussi à les préparer à leur vie professionnelle future. Enfin, étant désormais certifié NF214 par l’AFNOR, cette année a été riche en évolution de nos outils pédagogiques, tout particulièrement pour l’évaluation des acquis de compétences. La réactivité et le conseil sur les dossiers de financement de chaque formation sont également un réel élément de satisfaction pour l’ensemble de l’équipe.

Sarah, Funéraire Info : Le métier suscite t il toujours le même engouement ?

Sabrina Lavolot : Encore méconnu, ce métier suscite de nombreuses interrogations de la part des candidats. L’engouement est toujours présent comme en atteste le nombre grandissant d’appels téléphoniques et d’entretiens individuels. Malgré cela, il me semble très important d’être transparent et précis quant à la réalité du métier afin que les personnes formées soient pleinement conscientes de leurs choix et objectifs de carrière, et que l’on puisse les aider à y parvenir.

Sarah, Funéraire Info : Quels sont les profils rencontrés ?

Sabrina Lavolot : Les profils sont très divers. Tout âge confondu, les parcours sont malgré tout souvent similaires. Nous constatons que beaucoup d’aides soignantes, d’infirmières ou d’étudiants en médecine se réorientent vers la thanatopraxie. Quelques conseillers funéraires viennent également suivre le cursus, motivés par ce métier après l’avoir côtoyé dans leur quotidien professionnel. Le dénominateur commun est bien souvent le fait de prendre soin des défunts tout en aidant dans l’ombre les proches en deuil.

Sarah, Funéraire Info : On parle depuis quelques années de la féminisation du métier, est-ce quelque chose que tu remarques également ?

Sabrina Lavolot : La féminisation avait commencé il y a plusieurs années mais effectivement elle s’intensifie aujourd’hui. Il y a encore du travail à faire sur l’accessibilité au métier des femmes pour des raisons de port de charges lourdes, ou de grossesse entre autres. On doit néanmoins avouer que la profession n’a eu d’autres choix que de se féminiser compte tenu du nombre de candidates reçues chaque année et aussi compétentes que nos confrères masculins.

Sarah, Funéraire Info : Décrets et arrêtés ont rythmé l’année, les polémiques ne s’amenuisent pas, entre le nouveau certificat de décès (sur la partie complémentaire suite à l’autopsie en cas d’obstacles médico légal, les soins sur les personnes porteurs du VIH, les soins à domicile, le droit de retrait, etc) , comment appliquer cela à la formation ?

Sabrina Lavolot : Au niveau de la formation, je pense qu’il faut continuer la prévention, encourager le port de l’EPI (Equipement de Protection Individuel) et bien faire comprendre les risques d’AES (Accident d’Exposition au Sang) ainsi que le comportement à adopter lors de ce genre de situations. Par ailleurs la loi doit être appliquée donc en terme de réglementation funéraire, il s’agit simplement de transmettre les informations. En ce qui concerne la polémique, nous sommes là pour former, informer, préparer à un métier, pas pour émettre un avis qui influencerait des personnes en voie d’être thanatopracteurs, et donc les priver d’une réflexion et d’une opinion propre. Les cours sur la microbiologie, la sécurité sanitaire et la réglementation leur permettront de se faire leur avis, que je laisse à leur discrétion.

Sarah, Funéraire Info : Comment ces nouvelles dispositions sont accueillies par les futurs aspirants ? Sont ils réellement conscients de cela ?

Sabrina Lavolot : Ces nouvelles dispositions déclenchent beaucoup d’interrogations chez les candidats. En effet beaucoup d’informations plus ou moins fondées circulent dans les médias et notamment sur les réseaux sociaux. J’essaie de les amener à prendre en considération uniquement le texte de loi tel qu’il est écrit et nos intervenants en médecine (spécialisés en biologie cellulaire) prennent également le temps de répondre à leurs questions et inquiétudes. La compréhension des risques, expliqués notamment dans les matières enseignées est obligatoire pour le concours, et aide grandement à une réelle prise de conscience sur ces questions.


Information complémentaire utile de Sabrina LAVOLOT : 

Après s’être renseignés auprès du ministère de la santé, nous venons d’apprendre que les inscriptions au concours de thanatopraxie débuteront en novembre 2017 pour un passage du concours théorique courant janvier 2018.


http://www.formations-funeraires.com/

https://www.facebook.com/novaformations/

Une pétition contre la levée des soins pour les défunts porteurs du VIH

2
pétition contre la levée des soins
pétition contre la levée des soins

Le décret est sorti il y a un mois tout juste. Nous vous l’avons retransmis ici,  le décret du 12 juillet 2017, fixe les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires mentionnées à l’article R. 2213-2-1 du code général des collectivités territoriales. Ce qui veut dire en d’autres termes que les soins sur les défunts porteurs du VIH seront désormais possibles. Face à cette levée, le SPTIS, syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés présidé par Cédric Ivanes, lance une pétition contre la levée des soins pour les personnes porteurs du VIH.

SPTIS, thanatopraxie et VIH

La pétition la voici. Que nous apprend-elle ? L’interdiction des soins était souvent vu pour les associations de défense comme étant discriminant, terme que refusent les thanatopracteurs.

« Les soins de conservation sont un procédé invasif, où le risque de piqûre ou coupure est réel, malgré le port des équipements de protection individuelle recommandés.

Nous, thanatopracteurs, acceptons de pratiquer des toilettes mortuaires, un acte qui est identique au soin, à l’exception des actes invasifs de conservation (Sutures et incisions) et qui permet de se recueillir dans les mêmes circonstances auprès du défunt. »

Pour le président du syndicat, peu importe toutes les précautions qui pourraient être prises pour éviter une contamination, elles ne peuvent pas s’appliquer à la pratique des soins de conversation. Pour appuyer leur argumentation, le rapport de l’OMS :

« L’OMS souligne la recrudescence des taux d’infection associée aux soins sur les 20 dernières années, ce qui pose des « difficultés majeures pour la médecine moderne ».

« Les patients infectés résistent au traitement et certains ne guériront pas » précise l’OMS dans son compte-rendu.

Comme le stipule l’OMS dans son rapport[1], « l’exposition percutanée survient en cas d’utilisation d’objets piquants ou tranchants contaminés », ce qui nous concerne puisque nous utilisons ce type de d’instruments. »

Pour les thanatopracteurs, travailler sur des personnes décédées dont la prolifération des bactéries est déjà considérable, c’est refuser de mettre davantage leur vie ainsi que celle de leur proche en danger pour des défunts alors même que d’autres solutions existent pour permettre aux familles de faire leur travail de deuil sans faire preuve de discrimination.

Cette levée intervient après des années de luttes entre thanatopracteurs, et des associations de défense de défunts porteurs du VIH. Que l’on soit pour ou contre cette levée, ce décret, ainsi que celui des soins à domicile marquent tous deux un tournant pour la profession, sans cesse en évolution. Une année 2018, à suivre attentivement.

Les soins sur les défunts atteints du VIH possibles dès janvier 2018

0
Levée des soins sur les défunts atteints du VIH

L’arrêté du 12 juillet 2017 fixant les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires mentionnées à l’article R. 2213-2-1 du code général des collectivités territoriales vient de paraître au Journal Officiel de la République Française ce 20 juillet 2017.

Soins sur les défunts atteints du VIH

Cet arrêté abroge son prédécesseur, qui fixait lui aussi les listes des infections transmissibles prescrivant ou portant interdiction de certaines opérations funéraires, à savoir les soins de conservation sur les corps atteints au moment du décès de l’une de ces infections.

La liste des infections avec obligation de mise en bière immédiate dans un cercueil hermétique équipé d’un système épurateur de gaz est la suivante :

1° Orthopoxviroses ;
2° Choléra ;
3° Peste ;
4° Charbon ;
5° Fièvres hémorragiques virales graves et contagieuses.

La liste des infections avec obligation de mise en bière immédiate dans un cercueil simple est la suivante :

1° Rage ;
2° Tuberculose active sensible aux antituberculeux, non traitée ou traitée pendant moins d’un mois et tuberculose active documentée ou fortement suspectée d’être à souche multi ou ultra-résistante (MDR ou XDR) quel que soit le traitement ;
3° Toute maladie émergente infectieuse transmissible (syndrome respiratoire aigu sévère…) après avis du Haut Conseil de la santé publique. Les avis du Haut Conseil de la santé publique sont disponibles sur le site du haut conseil (http://www.hcsp.fr).

1er janvier 2018

De fait, la levée des soins sur les défunts atteints du VIH et d’hépatites sera effective au 1er janvier 2018.

Les associations AIDES et ACT UP se sont réjouies de la nouvelle via des tweets, cette dernière soulignant qu’elle resterait vigilante à la bonne application de l’arrêté, car une partie des thanatopracteurs y était réticente.

Cet arrêté avait déjà été sujet à de nombreux articles dans nos colonnes. Il est à noter que sa version complète à paraître au 1er janvier limitera également la possibilité d’effectuer des soins de conservation au domicile du défunt.

Levée de l’interdiction des soins sur les défunts atteints du VIH aller plus loin :

Notre dernier article

Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

1
valise thanatopracteurs

L’arrêté du 10 mai fixait les conditions dans lesquelles les thanatopracteurs pourront effectuer les soins à domicile. Ces derniers devaient à l’origine être interdits, mais le projet de loi a été retoqué à l’assemblée nationale, et des petits alinéas sont apparus. Dans la famille thanato, il y a des divisions et ça n’est pas nouveau. Ceux qui sont outrés par le décret, ceux qui considèrent que ça ne changera rien, et ceux qui trouvent que c’est une avancée.

Le décret précise en autre :

Les soins de conservation ne peuvent être réalisés à domicile que dans une pièce répondant aux exigences suivantes :

1° La surface au sol utilisable de la pièce est d’au moins dix mètres carrés ;
2° La pièce est isolée du reste du logement par une porte. Cette pièce n’est pas accessible pendant la durée du soin ;
3° La pièce comporte au moins une ouverture donnant à l’air libre permettant d’assurer une ventilation naturelle suffisante durant toute la durée du soin. Cette ventilation est prolongée après la réalisation du soin. Le thanatopracteur informe la famille de cette obligation de ventilation de la pièce où le soin a été réalisé ;
4° Le revêtement du sol et des murs de la pièce doit pouvoir être lavé et désinfecté en totalité après la réalisation du soin de conservation ou être protégé par tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs. Le moyen imperméable utilisé est à usage unique et est éliminé comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
5° Un éclairage adapté à la réalisation des soins de conservation par le thanatopracteur.

 Et encore :

Les éléments suivants sont nécessaires à la réalisation des soins de conservation :
1° Un support pour la réalisation du soin de conservation, lit médicalisé ou table de soin. Ce support est installé dans la pièce où le soin de conservation est réalisé pour permettre la libre circulation du thanatopracteur sur tous les côtés du support. Il est réglable en hauteur ;
2° Une housse imperméable, telle que prévue à l’article R.2213-15 du code général des collectivités territoriales, disposée entre le support prévu au 1° et le corps du défunt et éliminée comme un déchet d’activité de soins à risque infectieux ;
3° Un ou des dispositifs d’occultation visuelle de nature à garantir la réalisation du soin de conservation hors de la vue des personnes présentes à domicile, du voisinage et des personnes extérieures, sans faire obstacle à l’aération de la pièce prévue au 3° de l’article 5 du présent arrêté ;
4° Des emballages à usage unique destinés à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux et assimilés mentionnés à l’article R.1335-6 du code de la santé publique ;
5° Le cas échéant, un ou plusieurs dispositifs d’éclairage d’appoint ;
6° Tout moyen imperméable garantissant la protection du revêtement du sol et des murs ;
7° Le matériel nécessaire au nettoyage et à la désinfection du support mentionné au 1° du présent article, des revêtements des sols et des murs de la pièce dans laquelle le soin de conservation est réalisé.
18697463_10211809318180952_489765671_o Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables
Cédric Ivanès, thanatopracteur et président du Syndicat Professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés

L’hygiène et la santé en ligne de mire pour les thanatopracteurs

Pour Cédric Ivanès, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés –SPTIS ce décret va dans le bon sens « c’est une très bonne chose, ce texte va permettre de réduire les interventions à domicile dans des conditions qui au XXIème siècle, sont inacceptables. » D’ailleurs on est « un des derniers européens à pratiquer les soins au domicile ». En tant que président, Cédric le constate tous les jours avec les retours que lui font les autres thanatopracteurs. Ces derniers souffrent de plus en plus de problèmes de dos.

Donc même si ce décret n’interdit pas les soins à domicile, il va conduire à en limiter la réalisation.

Car en réalité ce décret ne sort pas de nulle part, il s’inscrit dans la levée des soins sur les personnes porteurs du VIH dont le prochain arrêté devrait paraître cet été. Un sujet lourd de responsabilité qui divise la planète thanatopraxie.

Thanatopracteurs indépendants et salariés logés à la même enseigne ?

Un des reproches que j’ai pu lire sur ce décret c’est que les indépendants ne pourront pas refuser ces soins à domicile, car la concurrence fait rage, et qu’il sera toujours autant aisé pour une pompe funèbre d’appeler un autre thanato. « Pas nécessairement » me répond Cédric qui juge que les salariés eux devront respecter ces règles puisque les entreprises qui les embauchent ne se mettront pas hors la loi. Quant aux thanatopracteurs indépendants, le milieu est très petit et si un thanatopracteur commence à se mettre hors la loi, c’est sa réputation qui va vite être entachée. Il demande donc à « tous les thanatopracteurs, de respecter scrupuleusement ce décret, c’est dans leur intérêt ». Et ça n’est pas qu’une question de travail mais aussi de santé et d’hygiène : « si le thanatopracteur ne respecte pas ces directives, en cas de coupure, il ne sera pas couvert ».

« Le SPTIS ne dénoncera personne bien sûr, en revanche, si un de ses adhérents ne respecte pas la loi, il sera radié ».  Pour Cédric « impossible de défendre quelqu’un qui ne va pas respecter ces conditions ».

« Un thanatopracteur qui ne va pas respecter la loi, portera une atteinte à sa propre profession ».

Quid de la responsabilité des pompes funèbres par rapport aux thanatopracteurs ?

Néanmoins cela fait beaucoup de matériel, beaucoup de conditions. Cédric me l’explique lui-même : « un soin à domicile, c’est deux soins en funé, niveau force ». Il a lu beaucoup d’avis suite à la publication de ce décret et déplore que certains thanatopracteurs déclarent « que si un thanato n’est pas capable de faire un soin à domicile c’est qu’il n’est pas fait pour ce travail ». « Certes », confirme Cédric « mais ceux qui disent cela sont en fonction depuis moins de 3 ans, lorsqu’ils auront 10 ans derrière eux et des dizaines, des centaines de soins à domicile derrière eux qui auront mis leur santé et leur physique à mal, on en reparlera ».

Comment faire alors pour ne pas surcharger davantage le thanatopracteur ?

« En responsabilisant les pompes funèbres ». Pour Cédric, il y a encore du travail à faire «  Les pompes funèbres se dégagent souvent, en envoyant d’abord le thanatopracteur sur place, prendre les mesures, sans se soucier des conditions d’hygiènes ni de la faisabilité du soin dudit domicile ». « Pour une mise en bière, les pompes funèbres sont aidées, en revanche nous, on est tous seul ».

En somme « ces installations énoncées dans ce décret sont du ressort de la pompe funèbre ». Si l’on prend le cas de la table sur laquelle le défunt devra être en cas d’absence de lit médicalisé, aucun thanatopracteur ne peut transporter ça dans sa voiture, sans compter le coût et le poids d’un tel support.

Pour Alexandre, thanatopracteur du Poitou-Charentes, même s’il compte en parler autour de lui jusqu’au premier janvier il reste sceptique en se demandant « ce que ça va vraiment donner ».

LA phrase qui change tout

C’était dans la partie du premier décret. La phrase la voici :

décret-thanatopraxie-soins-à-domicile Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsables

Donc voilà, il n’y aura plus de rapatriement de l’hôpital par exemple vers un domicile. Seuls les personnes décédées au domicile pourront bénéficier d’un soin de conservation à domicile. Ce qui met, mes thanatopracteurs d’accord. Pour Cédric, c’était une condition sine qua non. Pour Benjamin : « Le fait qu’il soit prévu d’interdire les soins à domicile d’une personne qui n’est pas décédée à domicile est dans une bonne logique. Cela dit, beaucoup de pompes funèbres sont déjà très arrangeant à ce sujet là, et il n’est pas rare qu’ils fassent transiter le corps par leur funérarium pour nous permettre de travailler dans de meilleures conditions. » Quant à Alexandre il va même plus loin, il pense que les soins à domicile devraient être interdits si une chambre funéraire est à moins de 15 km du domicile du défunt.

Et si on arrêtait les soins à domicile, tout simplement ?

Si la loi a été retoquée, en revanche les conditions plus dures, vont peut-être permettre d’arrêter cela. « La solution la plus simple c’est de transférer le corps au funérarium ». Un coût supplémentaire pour les familles clame le peuple. Pourtant, pour Cédric, la solution est évidente, « les pompes funèbres n’auront qu’à, dans ces cas, précis baisser leur marge sur les soins ».

Certains thanatopracteurs s’offusquent « on a toujours fait comme ça », « et dans les campagnes alors ? ». Pourtant aujourd’hui il y a « beaucoup plus de chambres funéraires qu’auparavant » constate Cédric. Ce sont les mêmes « thanatopracteurs qui ont râlé pour le liquide agréé, pourtant aujourd’hui tout le monde respecte cela, pourquoi ne pas respecter ça aussi ? ».

déclaration-préalable-de-soins Thanatopracteurs, soins à domicile et VIH : tous responsablesPour une meilleure traçabilité

Si Alexandre et Benjamin sont plus septiques en se demandant « qui va vraiment vérifier cela », Cédric s’appuie sur la loi, « le maire de la commune à un pouvoir de vérification, notamment avec la déclaration préalable au soin ». Si un thanatopracteur est mis en doute « son habilitation risque de sauter ».

Les thanatopracteurs inquiets : l’ombre du VIH derrière le décret

Comme je vous le précisais, ce décret vise plus particulièrement à se décharger sur les questions d’hygiène pour ensuite permettre les soins sur personnes décédées porteuses du VIH. S’il y a des thanatopracteurs avec lesquels je m’entends peu, en revanche leur position sur le sujet nous rassemble. Il est fort possible que cet article finisse encore sur un site au nom virulent et que je finisse définitivement cataloguée comme une « horrible personne discrimante » comme j’ai déjà pu le lire. Qu’à cela ne tienne. Pour Cédric aussi le combat est long « Encore aujourd’hui, aucune donnée scientifique ne permet de déterminer avec certitude si le risque est réel ou non ».

Le dialogue reste rompu entre les associations de défense de personnes atteintes du VIH et les thanatopracteurs qui ne parlent définitivement pas de la même chose. Pour les thanatopracteurs il n’y a pas de discrimination, il faut absolument que les « pompes funèbres expliquent correctement et qu’une toilette parfaitement réalisée permet aux familles de voir le défunt dans des conditions tout à fait décentes ». De l’autre côté on s’insurge « et les infirmières par exemple ? » Les infirmières ont un matériel à usage unique, impossible pour un thanatopracteur, qui, même s’il prend soin de son trocart, ne peut pas en changer à chaque soin. C’est également l’avis de Benjamin « les conditions exigées dans l’agencement de la pièce, les critères d’hygiène excessifs et inapplicables dans les faits, ne me semblent être qu’un moyen de nous imposer de faire des soins sur les corps contagieux. Sauf que ce texte montre la méconnaissance totale de notre métier, car ce n’est pas une pièce entièrement lessivable qui va nous protéger d’une piqûre d’aiguille ou d’un risque de projection de sang. » Pour les thanatopracteurs il est hors de question « de risquer sa vie pour une personne qui est décédée ».

Responsabiliser le gouvernement et les médecins

Pour Benjamin, « Les médecins arrivent déjà bien souvent à oublier de faire figurer un pacemaker extrêmement visible sur le certificat de décès, je pense qu’ils « oublieront » de faire figurer la mention de la contagion. Ce n’est pas ce genre de textes de loi qu’il faut. Il en faut un qui responsabilise le médecin dans sa rédaction du certificat de décès. Combien de fois ai-je vu un médecin signer un décès sans même aller voir le corps ? Combien de fois ai-je vu les cases mal cochées voire même pas cochées ? »

De plus, Cédric le rappelle, contrairement à un salarié, « un indépendant n’est pas suivi par la médecine du travail ».

Pour ce faire, le SPTIS entreprend de grands chantiers, le premier est « d’interroger le nouveau gouvernement sur la manière dont pourra s’effectuer le droit de retrait », car si un salarié pourra légalement le faire dans le cadre de son travail, rien ne précise pour l’instant ce droit de retrait pour un indépendant.

De même, le syndicat compte bien demander une étude sur les risques réels de contamination.

Alors finalement ça va changer quoi tout ça ?

Benjamin s’interroge : « A quand un ministre qui s’intéressera réellement à nous, en consultant tout le monde ? »

 

Levée des soins pour les porteurs du VIH et soin à domicile, un décret très attendu

3
levée des soins
Cédric Ivanes, président du SPTIS

Je reste toujours à l’affût des nouvelles concernant la levée des soins de thanatopraxie pour les porteurs du VIH ainsi que l’interdiction supposée des soins à domicile afin que vous en soyez avertis le plus rapidement possible. Le décret attendu courant avril, n’est pas encore publié. J’ai demandé à Cédric Ivanes, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés -SPTIS, sa réaction.

Je vous en ait parlé ici, même si le décret n’est pas encore publié il a été validé au Conseil d’État. Cédric Ivanes ne peut pas encore nous donner les détails de cette publication, en revanche nous savons que des discussions ont continué pendant ces trois derniers mois.  Le CNOF, le Conseil National des Opérations Funéraires a été interrogé le 1er mars ainsi que le Conseil d’Évaluation des Normes le 9 mars dernier. Le Conseil d’Orientation des Conditions de Travail s’est quant à lui réuni le 5 avril et le décret a été examiné le 18. Il est donc en passe d’être publié.

En pleine élection présidentielle nous obtiendrons ainsi les détails de cette publication dès début mai. Cédric, qui est resté très confidentiel, reviendra pour nous sur les détails de ce décret, qui, ne fera que renforcer ce qui a déjà été dit : entre l’obligation pour les thanatopracteurs de se faire vacciner contre l’hépatite B et le tout nouveau décret sur le volet complémentaire qui précisera les causes du décès, en tout état de cause cette levée devrait intervenir dès le 1er Janvier 2018. Le temps de vérifier l’efficacité du vaccin ainsi que de pouvoir mettre en place pour les thanatopracteurs toutes les conditions pour exercer leur travail.

Quelques questions restent en suspens : Les soins à domicile vont-ils être réglementés ? On parle déjà de table pour les thanatopracteurs et de lieux adaptés en terme de m2 par exemple. Et surtout, les thanatopracteurs auront-ils un droit de véto concernant les soins sur les défunts porteur du VIH ?

Des questions dont les réponses arrivent dès les prochains jours. Vous en serez les premiers informés, sur Funéraire Info.

VIH, soins à domicile, levée de l’interdiction : un décret complémentaire attendu ce printemps

1
test VIH

Chaque année, le 1er Décembre a lieu la journée mondiale de la lutte contre le VIH, et le 24, 25 et 26 mars, c’est le SIDACTION qui lutte à son tour contre la maladie. À ces occasions, les associations démontent une à une toutes les discriminations qui sont faites à l’encontre des malades. Mais c’est aussi un moment où associations et thanatopracteurs s’affrontent sur l’épineuse question de la levée de l’interdiction des soins pour les défunts porteurs du VIH. Petit point sur l’état des avancées.

Le dernier article qui traite de ce sujet nous vient de LCI, il explique la levée de l’interdiction des soins funéraires pour les défunts porteurs du VIH, promise par Marisol Touraine avant la fin de son mandat dans le cadre de la loi Santé.

« Discrimination », « sérophobie », les associations font vent debout contre les thanatopracteurs depuis des années maintenant afin de rendre les soins de conservations possibles, sur les porteurs du VIH. La grande avancée pour les associations a été le résultat du rapport par le Haut conseil à la santé publique qui déclarait que cette levée pouvait être possible.

Pourquoi ça n’est pas en place ? L’article 52 de la loi santé dont on parle sans cesse, cherchait à mettre en place tous les moyens pour que des lieux dédiés soit mis en place afin de réaliser ces soins. C’est ainsi que nous avons parlé de la fin des soins à domicile, qui, pour les thanatopracteurs ne concernaient pas seulement le problème du VIH, mais des conditions de travail insupportables pour certains, mais un dispositif essentiel pour d’autres.

Cette première proposition n’a pas été retenue, car elle a été rejeté par un amendement. Mais loin de s’avouer vaincue, Marisol Touraine détourne le problème par une première mesure adoptée :

La vaccination obligatoire contre l’hépatite B pour tous les thanatopracteurs. Ce qui concrètement veut dire « Vous pouvez être en danger malgré ce qu’on tend à vous dire alors vaccinez-vous, mais puisqu’on ne peut pas guérir du VIH, vaccinez-vous contre l’hépatite B ça ira ». Et il est là le fond du problème pour les thanatopracteurs, un « ça ira » inaudible qu’aujourd’hui personne ne peut garantir.

La deuxième mesure arrive ce mois-ci puisque le décret qui encadrera les conditions d’interventions des thanatopracteurs sera présenté au Conseil d’État. Des réponses sont donc attendues ce printemps afin de mettre en place cette levée dès janvier 2018. Ce que l’on peut déjà vous dire c’est que même s’il est peu probable que les soins à domicile soient interdits, les conditions dans lesquelles ils pourront être réalisés vont devenir drastiques, au point de décourager les plus téméraires des familles et des conseillers funéraires.

Aucun risque ? La maladie ne survit pas ? Ce sont les questions que se posent les thanatopracteurs sur la transmission du virus post-mortem. Mais quelles preuves y-a-t-il aujourd’hui ? Le fait est que des thanatopracteurs ont déjà eu, dans leur carrière, recours aux soins de trithérapie dans l’urgence suite à une blessure dont les gants en latex, même doublé, ne peut pas protéger.

Tous les thanatopracteurs ne sont pas non plus à la même enseigne, le nombre de thanatopracteurs indépendants sur le territoire ne cesse de croître. Les thanatopracteurs salariés bénéficient d’un suivi médical bien mieux encadré qu’un indépendant qui n’a pour suivi médical que sa seule conscience, qui bien souvent revient à un bilan sanguin par an.

Pour les associations de lutte contre les discriminations il s’agit simplement de « pédagogie » à faire pour les thanatopracteurs. Et si la pédagogie c’était surtout d’expliquer qu’un défunt porteur du VIH peut bénéficier d’une toilette tout à fait décente sans acte invasif qui risque la santé du thanatopracteur, sans pour autant faire preuve de discrimination ? Car après tout, aimer la vie, est-ce être sérophobe ?

France : De quoi meurt-on exactement ?

0
électrocardiogramme

Nous allons tous mourir c’est certain, derrière la banalité de cette affirmation, certains se préoccupent peu de savoir de quoi, d’autres au contraire prennent tous les conseils de prévention à la lettre pour éviter d’être dans les statistiques. Mais d’abord, de quoi meurt-on exactement en France ?

Contrairement à la plupart des pays européens qui font des maladies cardiovasculaires leur top 1, la première position sur le podium des décès en France revient aux cancers. Ils représentent ainsi près de 30% des décès. En tête des cancers nous retrouvons le cancer des poumons qui dans 90 % des cas est attribué au tabagisme actif, voire passif. Le cancer du colon et de la prostate sont également dans les cancers les plus mortels surtout s’ils ne sont pas dépistés à temps.

En deuxième position nous retrouvons donc les maladies cardiovasculaires. Ils représentent près de 20 % des décès. Là encore des mesures de prévention sont appliquées mais jugées insuffisantes par la plupart des organismes de santé. L’obésité entre autre étant considéré comme un facteur aggravant.

Classés dans la catégorie des accidents domestiques, les accidents vasculaires cérébraux AVC sont la troisième cause de mortalité en France, même si dans la majorité des cas elle concerne les plus de 75 ans, les jeunes ne sont pas exclus des statistiques. Ainsi si l’on prend la récente enquête de Santé Publique France réalisée sur 12 ans entre 2000 et 2012, les accidents de la vie courante sont la troisième cause de décès en France. Exemple en 2012, il y a eu 21 470 décès causés par un accident domestique. Premier de ces accidents les AVC viennent ensuite les suffocations, puis les noyades, les intoxications et les accidents par le feu.

La maladie d’Alzheimer est en augmentation et cela est dû notamment au vieillissement de la population.

Le diabète trop souvent sous-estimé fait également parti des nombreux décès. Il peut également causer une cécité, des insuffisances rénales et des maladies cardio-vasculaires ainsi que des accidents vasculaires cérébraux.

La grippe reste une cause fréquente des décès ainsi que la pneumonie. La grippe figure parmi les 10 causes de mortalités les plus fréquentes en France soit près de 2% des décès. Même si ce n’est pas forcément du virus que l’on meurt, la maladie provoque d’autres virus et dégénérescence, plus de détails dans l’article que nous avons consacré au sujet ici.

Toujours dans les dix premiers de la liste, le suicide est encore trop présent. Il est même parmi les plus élevés d’Europe de l’Ouest. Un article entier avait été consacré au sujet ici.

En neuvième position nous retrouvons les maladies broncho-pneumathiques appelés également bronchites chroniques. Tout comme le cancer du poumon et les pneumonies elle elles sont dues dans 90 % des cas au tabagisme.

En dixième place, là encore c’est une maladie dont on parle peu, il s’agit de l’insuffisance rénale. Pour les causes évoquées l’on retrouve le diabète, l’hypertension certains médicaments également.

On constate donc que les causes de décès sont toujours les mêmes et que l’ordre diffère peu ces dernières années. On notera par ailleurs que cette liste s’applique pour les personnes ayant plus de 45 ans. En revanche avant 45 ans ce sont la plupart du temps des décès « évitables » qui prédominent : accidents, suicides,. Mais aussi les complications de la grossesse et de l’accouchement chez les moins d’un an. Absent de ce classement le VIH qui représente moins de 1% des décès grâce notamment à la prévention mais aussi aux avancées médicales – Mais on en meurt encore -.

 

2017 : L’année de toutes les évolutions ?

0
loi 2017

2017, année importante s’il en est, puisqu’il s’agit de l’année des élections présidentielles. Derrière les candidats, nous sommes en droit de nous demander ce que la classe politique a prévu pour le secteur funéraire. Rien ? Tout ? En tout cas certaines choses changent, disparaissent, évoluent. Don d’organes, normes 2018 pour les crématoriums, soins palliatif, levée de l’interdiction des soins pour les personnes porteuses du VIH, dématérialisation du certificat de décès. Nous faisons un rapide tour d’horizon sur les choses à prendre en considération.

Crématorium

Guillaume vous l’a dit et répété, c’est le moment de faire contrôler vos installations funéraires. Des travaux importants sont envisagés dans certains endroits afin d’être aux normes 2018 sur les émissions de gaz des crématoriums.  Ce n’est pas seulement un filtre qui doit être changé, les filtres de crémation sont très grands et nécessitent parfois des travaux sur le bâti.

Pour le grand Nancy, c’est tout le crématorium qui est démoli afin d’être reconstruit. Le crématorium de Vandoeuvre mis en service en 1991 va être détruit pour construire un nouveau complexe, avec un système de dépollution amélioré et aux normes. Ce projet est porté par la société d’économie mixte Crélor. Un appareil à rayon X verra aussi le jour permettant de vérifier le contenu des cercueils et détecter ainsi la présence d’éventuels implants médicaux.

Don d’organes

La réforme entre en vigueur le 23 Janvier. Auparavant nous étions tous potentiellement donneurs, mais dans les faits, il valait mieux avoir sur soi la carte de donneur d’organes. Les proches pouvaient s’opposer très facilement au prélèvement. L’idée est de passer sur trois années de 32,5 % de refus actuels à 25 %. Il sera désormais possible de s’inscrire en ligne sur le registre national des refus via un formulaire et une copie de la pièce d’identité. Il sera également possible d’effectuer un refus partiel en excluant certains organes.

Fin de vie

Les revendications se font entendre et si la loi évolue doucement c’est qu’elle doit concilier bon nombre de paramètres éthiques. La loi sur la bioéthique en 2018 devrait aller plus loin sur les conditions de la fin de vie. Du palliatif elle parlera aussi de l’euthanasie qui pour l’instant n’est autre que l’arrêt des soins et de la sédation, comme je vous l’expliquais ici. Benoît Hamon, candidat à la primaire de la Gauche, s’est exprimé sur ce point dans Libération en décembre : « une aide médicale pour mourir dans la dignité ». Comprendre : un patient en fin de vie face à une maladie incurable a le choix de mourir, ou non. Mais il le sait, «ce débat est difficile car chez certains ça touche aux croyances »

Thanatopraxie

Pacemaker

Deux points en thanatopraxie, le premier concerne le nano pacemaker, utilisé depuis peu et qui pose problème lors d’un décès. Si les chirurgiens sont formels en déclarant que ce nouveau pacemaker n’impactera en rien les fours des crématoriums, les responsables des crématoriums préfèrent ne pas prendre le risque. Quand aux thanatopracteurs, ils ne sont pas formés pour extirper ce nouveau stimulateur car en effet il est implanté à même le cœur. Cette accumulation de difficulté empêche les familles d’organiser les obsèques comme ce fut le cas il y a peu. L’évolution de cette année irait peut-être dans le sens d’une formation complémentaire pour les thanatopracteurs, mais cet acte invasif n’est pas simple à pratiquer. Une vaste question sur laquelle les politiques doivent se pencher.

VIH

Deuxième point et non des moindres parce qu’il divise le monde de la thanatopraxie, c’est la levée de l’interdiction des soins sur les personnes porteuses du VIH. Demandé depuis des années, par les associations de luttes contre les discriminions et de lutte contre le VIH, les évolutions légales tendent à répondre à cette requête. Or des choses sont encore à régler pour les thanatopracteurs, les soins à domicile, l’absence parfois de normes dans certains funérariums, des conditions de travail qui ne permettent pas toujours une protection optimale face aux risques bactériologiques. Les toilettes funéraires semblaient être une alternative tout à fait digne pour le défunt et ses proches mais les associations voient ce refus comme un acte discriminatoire. Les thanatopracteurs seront-ils demain plus exposés qu’ils ne le sont aujourd’hui alors même que parallèlement la loi vient de les obliger à se faire vacciner contre l’hépatite B ? Des réponses seront certainement apportées en cours d’année.

Agence funéraire

Dans le cadre de la mise au norme d’accessibilité des commerces et entreprises aux handicapés, les établissements devaient à compter de 2015 mettre au norme leurs accès. Si tel n’était pas le cas, ils devaient avant fin septembre 2015 déposer un agenda d’accessibilité programmée ( Ad’AP ) pour un agenda de 3 ans maximum portant sur un seul ERP. C’est donc cette année que les normes doivent être à jour, même si des détails sur les délais des travaux sont à lire ici, auprès du service public.

Dématérialisation du certificat de décès

Je vous ai fais un article pour en parler ici, mais ça y est c’est attendu par un grand nombre d’opérateurs funéraires afin de faciliter les démarches. Une expérimentation est en cours dans nombre de communes. Une grande évolution dans ce secteur.

Beaucoup de questions restent en suspens, depuis le CQP pour les assistant(e)s funéraires, y a aura t il une évolution de la formation ? De même depuis le débat autour des funérailles publiques, comment sera l’avenir des maîtres de cérémonie ? Le CGCT va t il connaître de nouveaux changements dans la réglementation des cimetières ? Quid des assurances et contrats obsèques ainsi que des obsèques en ligne ? On dit souvent que le funéraire bouge lentement, mais certaines choses évoluent plus vite que les lois, sur lesquelles les politiques se doivent de réfléchir et de faire évoluer.